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TITRE:

KAMERA OBSCURA (16 JANVIER 2018)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

METAL INDUSTRIEL



Kamera Obscura nous entraîne dans un monde plein de cris et de fureur pour une interview très privée!
ADRIANSTORK - 20.02.2018 -
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Quelle est la question que l’on vous a trop souvent posée ?

Jean-Philippe : Il n’y a pas vraiment de questions qui nous ennuie. Le plus gênant, c’est de répondre à des questions passe-partout de la part de quelqu’un qui n’a visiblement pas écouté ce qu’on fait. Mais ce n’est pas ton cas, alors tout va bien !


Etiez-vous à la base des musiciens ou des cinéphiles ou les deux?

Jean-Philippe : Les 2 mon général ! J’ai toujours été passionné de cinéma et de musique. Quand j’ai démarré le groupe, le mélange des 2 univers a été une évidence dès la première compo. Il s’agissait d’un morceau inspiré du film ''Les 3 visages de la peur'' de Mario Bava, un film à sketch avec 3 histoires. On a donc composé un morceau en 3 parties différentes qui s’enchaînaient, avec plein de samples de dialogues et de bruitages tirés du film. Il est présent sur notre premier album “Dark Reels”.





Le titre "The Final Cut" évoque le cinéma mais il peut également se lire comme le dernier coup (de couteau) de Kamera Obscura. Pour autant il ne s´agira pas de votre dernier album?


Jean-Philippe : J’espère bien que non ! Ce titre a un double sens. C’est effectivement le coup fatal d’un psychokiller à sa victime, mais c’est aussi le montage final d’un film.


L´un de vos précédents albums "Copycat" prenait le même corpus, est-ce qu´un jour vous pensez vous extraire de ce cadre?

Jean-Philippe : Comme je disais avant, ce mélange musique/cinéma fait partie du groupe depuis sa création. Ça fait partie d’un concept global qui est aussi et surtout présent en live puisque nous jouons devant un écran avec des vidéos montées à partir d’images des films dont les morceaux s’inspirent. Le montage est synchronisé avec ce que nous jouons. Si jamais nous en venions à abandonner ce concept, ce serait un tout autre groupe, avec un autre nom je pense. Quant à ''Copycat'', la démarche était un peu spéciale. Il a été conçu comme une parenthèse entre 2 albums, une sorte d’EP long. D’abord, il n’est sorti qu’en téléchargement gratuit. Ensuite les 4 premiers morceaux étaient des covers qu’on jouait régulièrement sur scène et qu’on a voulu enregistrer. Et les 4 morceaux suivants étaient des remixes indus de titres de notre premier album par des gens qu’on aime bien dans ce milieu.


Si jamais nous en venions à abandonner ce concept, ce serait un tout autre groupe, avec un autre nom je pense. 



Avec la première piste ´The Howling´, on a le droit à un démarrage industriel, avec une voix en transe. Etait-ce une façon de montrer à l´auditeur : "Ça y est vous y êtes et vous n´en rééchapperez pas" ?

Jean-Philippe : Je ne trouve pas que ce morceau soit industriel. D’ailleurs, sur cet album nous nous sommes assez éloignés de ce côté indus. Il n’y a pas de boucles electro, les synthés sont moins présents dans le mix et quand il y en a, on est plus sur des sonorités de claviers old school qui rappellent les sonorités des B.O des films des années 70/80. Des Mellotrons, orgues Hammond saturés, Prophet, ARP etc …On a choisi d’ouvrir l’album sur ce morceau car il a une longue intro instrumentale et un peu théâtrale. Un peu comme la scène d’ouverture d’un film d’horreur qui te prépare à bien flipper avant de découvrir les protagonistes de l’histoire.


On sent quand même une évolution plus aérienne avec votre précédent album, la voix se fait plus douce, voire faussement innocente (´Lucifer Rising´) ou désespérée ´(I Spit On Your Tomb´), les guitares semblent moins lourdes et implacables. Pensez-vous qu´horreur ne doit pas seulement rimer qu´avec lourdeur?

Jean-Philippe : Je trouve que c’est le contraire. Sur cet album, nous sommes plus heavy, moins “droit” dans les compos. Ce que tu appelles “plus aérien”, je dirais que c’est plutôt une volonté d’avoir des compos moins linéaires, avec des ruptures de tons. Des phases lourdes, presque doom, des plages plus rapides, des refrains qui s’envolent, des breaks atmosphériques avant de t’achever sur une fin chaotique etc... Sur le premier album, ''Dark Reels'', il y avait des titres comme 'Interceptor' ou 'Flesh Eaters' qui sonnaient un peu plus punk/indus à la Ministry. C’est quelque chose qu’on a moins ici.


On a l´impression que la musique du film vous sert de base (en particulier les claviers) et que vous brodez dessus quitte à prendre de nouvelles directions? Est-ce une façon d’échapper à vos inspirations pour ne pas vous réduire à des copycat?


Jean-Philippe : Sur l’album, il n’y a qu’une reprise d’un thème de film, c’est le morceau 'Phantasm'. Et encore, c’est une reprise avec des digressions à notre manière. Pour le reste, la base des compos reste avant tout le combo chant/guitare/basse/batterie. Les claviers viennent juste apporter une sous-couche qui rappelle les sonorités des B.O des films de l’époque. On est plus dans le clin d’œil que dans la citation.





Comment choisissez-vous les films dont vous allez interpréter la musique sur vos albums ? La méthode a-t-elle toujours été la même que par le passé?

Jean-Philippe : Sur cet album, on a décidé de se focaliser sur le cinéma américain des années 70/80. Sur beaucoup de titres, la compo vient en premier et ensuite nous choisissons le film qui correspondra le mieux à l’atmosphère du morceau. Et parfois c’est le contraire mais la démarche est la même : retranscrire l’atmosphère du film dans la musique et les paroles.


Pourquoi avoir choisi "Beyond the valley of Dolls" qui n´appartient pas au registre terrifiant ? A cause de Charles Manson?



Jean-Philippe : Parce que nous aimons le cinéma de genre en général, pas uniquement les films d’horreur. 'Obey' s’inspire d’ ''Invasion Los Angeles'' qui est un film d’anticipation. 'Lucifer Rising', c’est une référence à 2 films expérimentaux de Kenneth Anger : ''Lucifer Rising'' et ''Invocation of my Demon Brother''. Quant à 'Beyond the Valley of the Dolls', le morceau s’inspire d’un film de Russ Meyer de 1970. Ça raconte l’histoire d’un petit girls band qui est découvert par un producteur connu. Avec le succès, le groupe finit par sombrer dans une débauche très Meyerienne et le film se termine sur un massacre … Je n’en dis pas plus … Regardez-le !


Pourquoi avoir choisi d´inclure à votre corpus le film "Antichrist" (celui de Lars Von Trier) ?


Jean-Philippe : Rien à voir avec le film de Lars Von Trier ! Là on est plus dans l’hommage aux films d’enfants démoniaques : ''Rosemary’s Baby", ''L’Exorciste'', ''La Malédiction''...


Peut-on considérer cet album comme un palimpseste de films d´horreur, un album-concept qui en sélectionnant viscéralement des grands classiques de l´horreur nous laisse entendre la BO d´un superfilm d´horreur?


Jean-Philippe : Oui, c’est le but. Et pas uniquement sur cet album. Tout ce que fait Kamera Obscura est un hommage à ce cinéma qu’on adore et à leurs créateurs : John Carpenter, Dario Argento, George Romero, Tobe Hooper … Tout ce cinéma qu’on appelle “série B”, “Z”, “Bis” etc mais qui pour moi n’a rien à envier au cinéma mainstream en termes de créativité et de qualité cinématographique, bien au contraire !


Tout ce que fait Kamera Obscura est un hommage à ce cinéma qu’on adore et à leurs créateurs.



Comment naissent les paroles? Est-ce que vous essayez de rester proche du thème du film ou vous laissez libre cours à votre imagination?

Jean-Philippe : On n’est pas trop dans l’idée de raconter l’histoire du film dans les paroles. Cécile, la chanteuse, va plus entrer dans la peau d’un personnage du film pour décrire ses sentiments, ses expériences etc... Aussi bien dans les paroles que dans l'interprétation.

Avec l´intro de ´Texas Chainsaw´, ne voudriez-vous pas tenter une nouvelle existence sur les dancefloors?

Jean-Philippe : Ça fait longtemps que tu n’es pas allé en boite ?! Je crois que nous ne sommes pas vraiment prêts à attaquer les plate-bandes de David Guetta. Mais si quelqu’un veut faire un remix dance, qu’il se manifeste !


C´est en jouant à chat et à la souris avec le diable que finalement vous avez réussi à sauver votre âme et imposer votre identité. Etes-vous d´accord?

Jean-Philippe : Le diable est le méchant de cinéma ultime. Plus tordu que Freddy Krueger, plus malin que Leatherface. On a raconté plein d’histoires autour de lui. Nous imposons notre identité par nos choix artistiques, nos références musicales et cinématographiques. Aucun premier degré là dedans, ce n’est que du spectacle.


Question plus cinéma : Qu´est-ce que vous aimez le plus dans le film d´horreur. Pouvez-vous livrer chacun votre top 3?


Jean-Philippe : C’est très compliqué de n’en choisir que 3 ! Je dirais ''Suspiria'' de Dario Argento, ''Le cauchemar de Dracula'' de Terence Fisher et ''The Thing'' de John Carpenter. Le plus drôle, c’est qu’aucun de ces 3 films n’a donné lieu à un morceau de Kamera Obscura. Le cinéma est une source inépuisable d’influences. Ça nous laisse donc plein de possibilités pour le futur !

Franck : Mon top 3 : 'Zombi' (G. Romero), 'Night of the living dead' (G. Romero), 'Shivers' (Cronenberg).

Cécile : J’adore les révélations bien glauques, l’inattendu. 'Profondo Rosso' (D. Argento) à cause de ce qui se trouve derrière le mur, 'Don’t look now' (N.Roeg) à cause du nain,  'La Casa dalle finestre che ridono' (P. Avati) à cause de la nonne !

Thibaut : C’est parti ! 'The devil’s Rejects' (Rob Zombie), 'Le silence des agneaux' (Jonathan Demme) et 'Le labyrinthe de Pan' (Guillermo Del Toro).


On a commencé par la question que l’on vous a trop souvent posée, au contraire, quelle est celle que vous  souhaiteriez que je vous pose ?


Jean-Philippe : Où et quand votre prochain concert ? La réponse est le 15 mars à Paris, à la péniche antipode. Ce sera l’occasion de fêter la sortie de l’album, avec plein d’amis dans la salle et sur scène avec nous pour des featurings inédits. On vous attend !


Pour finir, un dernier mot pour les lecteurs de Music Waves ?

Jean-Philippe : Allez écouter notre album. Il est dispo sur Bandcamp et les différentes plateformes en ligne. Et il sera même disponible en CD et vinyle !


Plus d'informations sur https://www.facebook.com/kameraobscurafr/
 
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