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TITRE:

In Theatrum Denonium 2018 Act III - Denain - 13 Janvier 2018


TYPE:
COMPTE-RENDUS DE CONCERT
GENRE:

DEATH METAL



Pour sa troisième édition et toujours dans le cadre somptueux du théâtre de la ville In Théatrum Denonium nous propose une affiche de grande qualité avec en point d'orgue la venue de Septicflesh.
NOISE - 23.01.2018 -
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En ce samedi 13 janvier nous sommes à Denain pour la troisième édition du In Theatrum Denonium. Fondé en 2016, il permet à la ville nordiste de continuer son histoire d’amour avec le metal. Pour cette édition les organisateurs gardent le même format avec quatre formations dans le cadre somptueux du théâtre de la ville. Avec une affiche teintée extrême le festival a très vite affiché complet. Il faut dire qu’en accueillant une date de la tournée réunissant Septicflesh et Inquisition, les organisateurs ont frappé un joli coup.

Avant l’arrivée de ces ténors, la soirée débute sous le coup de 18h. D’emblée il faut souligner à quel point le théâtre avec ses 100 ans d’histoire possède un charme fou et une âme rare. Les organisateurs ont bien fait les choses, les bénévoles portent la cape, la salle est décorée avec les magnifiques motifs créés pour le festival. Cela amène une ambiance particulière, sombre et hors du temps qui va être amplifiée d’entrée. La prestation courte mais intense de NKRT accompagné du Cabaret du cœur fendu va imposer un charme mystérieux à cette soirée. NKRT œuvre dans le dark ambiant et est porté par un seul homme, Frater Stéphane. Pour sa musique il utilise des instruments primitifs en os ou en bois et propose un chant s’inspirant des chants grégoriens et mongols. Peu évidente d’accès, cette musique amène une ambiance froide donnant l’impression d’un plongeon dans les origines de notre planète. Dans le cadre du théâtre cette prestation est très hypnotique et fascine les profanes. A ses côtés la prestation des deux actrices du Cabaret apporte une force d’âme remarquable. Le duo joue sur les émotions et intrigue avec des aspects sombres et malsains en se livrant à un délicat effeuillage. Cette prestation hors du temps pleine de force et de sensibilité a donné l’impression d’être la bande-son d’une œuvre de Lovecraft avec des aspects sataniques et oniriques prenant au profond de l’âme des spectateurs.


Avec Odious, le festival revient à un cadre plus classique et moins troublant. Les Egyptiens œuvrent depuis 20 ans dans un black death teinté d’influences orientales dans l’esprit de Melechesh. Leur musique épique, aventureuse et orchestrale est taillée pour le cadre du théâtre, la magie de l’Orient se mariant avec ravissement avec la beauté de l’endroit. Mais le groupe n’est pas que folklore, il est aussi metal et sur ce point il va en impressionner plus d’un avec intensité porté par le growl d’un Bassem Fakrhi charismatique. On pense à Behemoth pour la puissance de la musique. Dans la salle, l’ambiance reste feutrée et la plupart des spectateurs restent assis, laissant la fosse juste devant la scène encore inoccupée mais chacun est attentif et savoure ce concert. ‘New Mystery’ fait apprécier une force mystique intense servie par un son puissant et clair grâce à l’impressionnante acoustique du lieu. La suite du concert va confirmer la classe du groupe qui nous sert une prestation haute en couleur mixant les cultures avec majesté et ouverture d’esprit. L’intelligence d’Odious est aussi de semer ces passages orientaux avec parcimonie sans trop en rajouter pour un résultat très fort. Ce concert a été un excellent moment qui lance la soirée sous les meilleurs augures.


Après une courte attente qui permet de profiter du cadre du théâtre et des nombreux stands de merchandising, ce sont les Polonais de Furia qui investissent la scène. La scène polonaise regorge de formations de talent et Furia ne fait pas exception. Ils œuvrent dans un black dépressif et expérimental qui aime prendre le temps de laisser s’installer une ambiance lugubre parfaitement adaptée au cadre. D’entrée le groupe va prendre à la gorge son auditoire, qui à présent remplit bien la petite fosse. Il ne fait pas dans la simplicité et balance un long titre lancinant à la fois intense et posé. Le chant n’arrive que tardivement et ce côté violent et abrasif fait mal dans l’esprit d’un Behemoth avec une fureur glaciale. ‘Opetaniec’ enchaîne et garde cet esprit lancinant, quasi progressif avec de longs passages instrumentaux. L’ambiance est recueillie et attentive et chacun se laisse prendre à cette ambiance particulière. L’intensité monte de plusieurs crans au fur et à mesure. Furia a lancé un appât et a pris le temps de laisser mordre son public pour mieux l’attraper et ne plus le lâcher. ‘I Spokoj’, ‘Cisza’ ou encore ‘Sa To Kola’ ne font pas semblant avec un ton black death furieux et rageur. Furia est une formation hors normes, surprenante et qui aime sortir des sentiers battus. Ce concert aura été intense et prenant avec un décor qui aura aussi contribué à sa réussite.


L’intensité ne va pas retomber avec la venue d’Inquisition. Le duo colombien est réputé pour ses prestations brutales taillées dans le meilleur d’un black metal hargneux et sataniste et sans concessions ni fioritures. La crainte d’une annulation a un temps été d’actualité suite à l’hospitalisation du batteur Incubus à Bologne. Mais heureusement il est d’attaque et on sent une attente certaine. La fosse est même bouillante et prête à exploser. En une heure le duo ne va pas faire semblant avec une intensité énorme. Dagon est seul devant la batterie avec sa guitare, cela surprend mais la conviction qu’il met dans son chant est telle qu’on oublie vite ce détail. Ce black pur et dur et d’une froideur glaciale, dans l’esprit des débuts d’Immortal, est taillé pour être joué dans ce cadre avec un côté malsain renforcé, l’acoustique parfaite ajoutant une force énorme. Les titres vont s’enchainer sans guère de pitié, Dagon étant fort peu bavard, et coller une sévère raclée. La fosse s’embrase même sous ce coup de marteau-piqueur. Dans ces 12 titres et cette heure dédiée au mal on retiendra en début de concert le très martial ‘Dark Mutilation Rites’, le très intense et écrasant ‘Ancient Monumental War Hymn’. Tirés du classique "Involking The Majestic Throne Of Satan", ‘Embraced By The Unholy Power Of Death And Destruct’ et ‘The Realm Of Shadows Shall Forever Reign’ sont deux odes au mal d’une force redoutable. En fin de concert un titre comme ‘Infinite Interstellar Genocide’ a fait le même effet. Dans la salle les novices sont assommés par sa puissance et les fans sont aux anges. L’enfer s’est abattu sur Denain, le charme vénéneux d’Inquisition a fait son effet. Il a montré toute la force de son art et a conquis son auditoire. Le duo a illuminé de sa noirceur le cadre de ce somptueux théâtre.


Après cette bourrasque il y a peine le temps de souffler que débarque une très attendue tête d’affiche, Septicflesh. En matière de death symphonique et orchestral les Grecs sont des maitres respectés, auteurs d’albums de grande classe notamment depuis leur retour avec "Communion" en 2008. Depuis ils ne cessent d’épater par la grandeur épique de leur musique et viennent de signer avec "Codex Omega" un nouveau grand cru. Les fans sont serrés devant la scène et même les premiers rangs du théâtre sont debout, et bien plus d’une fois cette fosse minuscule va exploser avec quelques slams - chose assez inédite pour le lieu. Pour ce concert d’une heure les Grecs vont se concentrer sur les 4 derniers disques ; bien sûr certains regrettent les temps anciens, mais Septicflesh ne va décevoir personne. Porté par un Spiros charismatique derrière sa basse et dans son costume bodybuildé il va retranscrire avec une classe folle toute la majesté de ses chansons. Certes il y a pas mal de samples mais cela n’a jamais été un souci, le groupe a toujours su faire oublier ce détail par la force de ses musiciens et la puissance vocale de Spiros. D’entrée le premier titre de "Codex Omega", ‘Dante’s Inferno’ fait un tabac. Épique à souhait et montant en puissance de manière phénoménale il est le parfait exemple du meilleur de l’art du groupe, combinaison idéale entre death furieux et orchestration lumineuse.


Après ce coup de poing initial Septicflesh ne va pas relâcher la pression et va enchainer les titres forts pour le plus grand plaisir du public. Spiros est bavard, on le sent heureux d’être là et sa sympathie fait beaucoup pour la réussite de ce concert. Avec ‘The Vampire From Nazareth’ puis ‘Martyr’ le groupe propose un enchainement énorme. La première est toujours aussi épique et grandiloquente tandis que la deuxième scotche par son intensité. Par la suite avec ‘Prototype’, ‘Pyramide God’ et ‘Enemy Of Truth’ la pression ne se relâche pas et la chaleur monte. La puissance épique de ces chansons est formidable et prend aux tripes avec force. ‘Communion’ enchaine pour le plus grand plaisir de tous. Ce titre est devenu un incontournable en live avec son refrain fédérateur et sa force émotionnelle. Avant ‘Prometheus’ Spiros fait un petit speech sympa et derrière c’est de nouveau la grosse claque avec ce titre. La fin du concert voit le groupe balancer deux autres extraits de son dernier album, ‘Portrait Of A Headless Man’ et ‘Dark Art’, deux pures réussites de death orchestral qui ravissent le public. Au milieu ‘Anubis’ a fait son effet, cet extrait de "Communion" étant toujours imparable. Septicflesh a frappé fort avec ce concert fort en émotions et en puissance. Il repart en ayant marqué les esprits et en donnant l’envie de vite le revoir.


Ceci achève une soirée bien remplie, le théâtre se vide doucement et chacun peut reprendre ses esprits. Cette édition du In Theatrum Denonium a été une réussite à tout les points de vue et a permis aux spectateurs d’assister non seulement à des concerts remarquables mais aussi de voyager grâce à un cadre superbe et une belle ambiance noire et feutrée. Il nous reste à remercier les organisateurs, Nat et Frédéric et leurs équipes, pour nous avoir permis de suivre cette édition dans des conditions remarquables et avec une chaleur humaine appréciable. Souhaitons-leur de continuer longtemps cette belle aventure.



Plus d'informations sur http://www.septicflesh.com/
 
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