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NOTHING MORE (05 DECEMBRE 2017)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
METAL ALTERNATIF

Seulement deux heures avant de monter sur scène le 5 décembre dernier aux Etoiles à Paris, Jonny Hawkins nous a accordé une entrevue pour parler du dernier album de Nothing More, pépite marquante dans la carrière du groupe...
PHILX - 02.02.2018 - 13 photo(s) - (0) commentaire(s)
Nous sommes heureux de pouvoir te rencontrer à nouveau depuis 2014, et notamment depuis la sortie de ton dernier album "The Stories We Tell Ourselves", d'autant que nous y avons accordé la meilleure note possible : 5/5.

Génial, ça fait super plaisir, merci les gars !


Première question, comment te sens-tu, seulement 2 heures avant de fouler la scène ?

Seulement deux heures ? Mince ! En général, je suis crevé et m'endors environ 30 minutes, 2h avant le début ! A H-1, je commence à m'échauffer, je saute partout, dans tous les sens. Je fais des pompes, travaille mes jambes histoire de faire circuler le sang dans tout mon corps. Ensuite, quelques exercices de respiration et de voix pendant les 30 minutes qu'il reste. Un expresso, un whisky Jameson histoire de prendre l'énergie nécessaire et ensuite, 5 minutes avant le début, je me relaxe à nouveau. Je reprends ma respiration, me focalise sur mon corps, et comme ça, je suis concentré, c'est une sorte de rituel que je me tiens à respecter.


Nous vous avons applaudis lors de votre dernier passage à Paris et nous pouvons dire que votre performance scénique envoie du lourd. Nous avons également été bluffé par cette idée originale des 6 mains sur la basse. Comment l'idée vous est-elle venue ?

Merci ! En fait, ça a commencé d'une idée beaucoup plus simple et elle a évolué avec le temps. Dan et Mark bossaient ensemble comme manutentionnaires et ils ont élaboré cette idée de jouer simultanément sur la basse de Dan, Mark jouant sur la partie basse du manche. Ils sont venus en répet bosser sur cette idée. J'étais derrière les fûts et en les voyant faire, j'ai proposé de me joindre à eux, avec mes baguettes. Un an plus tard environ, Dan a construit le socle, qui est resté comme ça encore un an. Puis Dan a appris à souder, s'est débrouillé pour la rendre mobile, pour en arriver à ce résultat !








N'avez-vous pas une pression particulière quand vous vous remettez à la composition d'un nouvel album après une tournée pendant laquelle vous avez élargi votre fan base ?

C'est vrai que la pression s'installe au fur et à mesure qu'on sait que les attentes sont là, mais il y a aussi tellement plus d'excitation de savoir qu'une fois sorti, ça va toucher plus de monde qu'avant, comme quand on était plus jeune et qu'on travaillait d'arrache-pied pour conquérir tout ce monde.


Ce nouvel album sort 4 ans après le précédent. Cela peut nous paraître long, mais on sait également que vous avez tourné 3 ans à travers le monde : ça vous laisse seulement un an pour tout faire. Tout d'abord, est-ce que la tournée a été source d'inspiration pour récolter des idées, ou avez-vous commencé de rien, une fois rentrés chez vous ?

Principalement de rien. On avait quelques idées, mais on ne peut commencer à vraiment bosser que lorsqu’on s'octroie le temps nécessaire. En tournée, tu ne peux qu'avoir quelques idées par ci par là, pas plus tellement le rythme est éprouvant. J'aimerais écrire, mais l'emploi du temps en tournée est blindé. Je dois également me reposer, entretenir ma voix. Il faut être présent et disponible d'esprit pour être capable d'écrire de vraies choses. Il nous a fallu attendre de rentrer chez nous après la tournée, récupérer...





Du coup, tout s'est passé très vite !

Pour certains, ça peut paraître long, pour d'autres moins. Il se peut que pour le prochain ça aille beaucoup plus vite !


Alors ok, mais déjà sur cette tournée, vous avez parcouru les US, cela fait quelques temps que vous êtes en Europe, et vous retournez aux US pour la poursuivre. Est-ce que vous êtes partis pour 3 ans à nouveau ?

Peut-être pas aussi longtemps que la précédente tournée en tout cas. Enfin, on verra comment les chansons de cet album se développent d'elles-mêmes. Je parie plutôt sur une tournée de deux ans.


Nothing More a atteint un nouveau niveau avec cet album. Vous vous êtes débarrassés des quelques longueurs qui étaient présentes par ailleurs (dans 'Pyre' par exemple) et avez transformé l'essai avec "The Stories We Tell Ourselves". Qu'est-ce qui a changé ? Aviez-vous identifié nominativement quoi faire et quoi éviter ?

D'une certaine façon, je dirais que oui. On s'est réuni avec les autres membres avant de commencer à composer pour se mettre d'accord sur la direction à adopter. On était près d'un lac, tableau blanc à portée de main, et on s'est simplement posé la question de comment on voulait se démarquer, comment rester proche de notre dernier album tout en apportant quelque chose de nouveau. On s'est mis d'accord sur le fait que la basse devait transporter plus de poids que la guitare rythmique, que beaucoup de groupes de rock chargent en ajoutant des pistes de guitares dans tous les sens. La guitare, elle, doit gérer tout ce qui est plus haut, plus aigu, pour accentuer les différences de dynamiques. On a fait beaucoup d'essais dans les gammes de basse pour voir lesquelles nous offraient le plus de possibilités. C'est la plus grande différence dans cet album, dans lequel on a également travaillé la guitare pour la rendre peut-être un peu moins metal mais plus blues, à la Incubus, sans perdre l'identité du groupe. Au niveau de la voix, je voulais expérimenter davantage. J'ai construit un pédalier à la suite de nombreuses répétitions où j'essaye d'ajouter des effets à ma voix. Ça a énormément joué et m'a élargi le champ de possibilités.


Avec ce nouvel album, vous assumez plus que jamais vos choix artistiques et ne perdant pas de temps sur la façon de délivrer votre message, tellement il est homogène. Il est frais et il semble le fruit d'un processus naturel, sans difficulté. Est-ce le cas ?

Une partie des titres oui, c'est vrai, mais la majorité nous a demandé beaucoup de travail. Mais je comprends ta question : on a travaillé sur l'efficacité des morceaux. Nous sommes tous musiciens et travaillons individuellement nos instruments pour les mettre au service de titres percutants, mélodiques, et efficaces. Tu vois, s'il y a un solo de guitare, alors il faut qu'il soit musical. Chaque partie de batterie doit servir à améliorer un sentiment. Si ce n'est pas le cas, c'est raté, un instrument n'est pas là pour jouer seul.


L'album débute avec un hit, 'Do You Really Want It', suivi par 'Let Em' Burn' et 'Ripping Me Appart' ou encore 'Funny Little Creatures' et ses accroches modernes, aussi belles qu'intenses. Il y a de nombreux contrastes dans les chansons (les aspects sombres et clairs renforcés par les noms des interludes) sans perdre l'auditeur, toujours très directs. La touche Nothing More est omniprésente, avec un sens même plus fort. Avez-vous la sensation que c'est aujourd'hui le meilleur album que vous ayez sorti ? Celui qui vous représente le mieux et le message que vous développez ?

Ouaw, merci ! Je suis encore très attaché à l'album éponyme et je le considère, lui, comme LE tournant de notre carrière. Si on arrive à maintenir ce niveau et à confirmer ce qu'on a fait dans le précédent, alors l'objectif est atteint ! (rires)








La très émouvante 'Just Say When', la fédératrice 'Who We Are', la plus atmosphérique 'Go To War', l'accrocheuse 'Funny Little Creatures' et 'Let 'Em Burn' sur laquelle on ne peut s'empêcher de chanter, vous embarquez l'auditeur dans un voyage émotionnel. Est-ce que les interludes servent à aérer le propos, à marquer une pause pour l'auditeur, ou à planter le décor de celles qui arrivent ? L'exemple parfait est '(Alone; Together)' qui précède 'Go To War' dont on ne se lasse pas.

Merci encore ! Difficile à dire, beaucoup sont là parce qu'on les imaginait simplement faire des transitions entre les chansons. Quand on compose, on a les idées qui servent aux chansons, et ce qu'on appelle, les "Extra Ideas". Ces dernières peuvent aussi bien être mises dans des chansons que non. Parfois on essaye de les intégrer dans des chansons, mais on s'aperçoit qu'elles ne servent pas forcément la chanson comme on le voudrait. Donc avec cette réserve de brouillons, on voit ensuite ce qu'on en fait, on définit un nombre d'interludes à positionner, et on essaye effectivement de faire des transitions fluides entre les titres, ou alors de planter un décor qui serve d'introduction au morceau suivant. C'est comme faire un puzzle avec des piès ces qui pourraient très bien être mises n'importe où !


Que faites-vous des idées, "extra" ou non, qui ne sont pas retenues dans les albums ? Vous les gardez pour plus tard ?

Oui, on les conserve. Elles pourraient très bien nous être utiles dans des contextes différents.


Est-ce que ça a été le cas dans celui-ci, d'avoir eu recours à des idées inutilisées lors de l'album précédent ?

Oui ! Et même d'avant il me semble, des idées pour lesquelles on n'avait pas trouvé de place ! La guitare sur "React / Respond" en est une par exemple.


'FadeInFadeOut' serait bien le titre le plus progressif de l'album, avec ces paroles traitant de la relation père/fils. Sont-elles tirées de ton expérience de fils, ou celle que tu envisages en tant que père dans le futur ?

Alors pour le coup, c'est une chanson qui concerne plus Mark, notre guitariste. Il a un fils qui s'appelle Phoenix, qui symbolise la mort et la renaissance, c'est une chanson sur eux.





Il y a également davantage d'éléments electro par rapport au précédent album ('Ripping Me Appart', l'énormissime 'Don't Stop', 'The Great Divorce'...). Présents depuis le tout début du groupe, il y a un travail plus approfondi sur les arrangements qui dévoile de nouveaux détails à chaque écoute. Comment avez-vous réussi cette manœuvre sans perdre l'auditeur dans trop de détails ?

En fait, on ne se limite pas dans l'ajout de pistes qui nous paraissent justifiées pour l'écoute, et qui servent la chanson d'une façon ou d'une autre. Puis c'est dans la phase de mixage qu'on détermine leur mise en avant. Tout jouer simultanément n'est pas toujours une bonne chose et on doit choisir ce qu'on met en retrait. Que ce soit le volume ou dans l'équaliseur, selon que la chanson évoque quelque chose de sombre, ou au contraire de positif, va changer les priorités de ces couches. Un peu comme si un chef d'orchestre dirigeait un ensemble, on joue sur les effets pour insister sur des points précis, avec les éléments qui les illustrent le mieux. On essaye de rester ouvert le plus souvent possible pour enrichir notre musique de ce genre de détails.


Il est plus difficile que jamais de comparer Nothing More avec un autre groupe. On peut faire le rapprochement avec la folie d'un Fair To Midland comme avec les débuts d'un Incubus dont vous semblez vous rapprocher. Sont-ce des modèles de carrière pour vous ?

Oui, de certaines façons, Incubus et leur parcours m'inspire. Je pense ne jamais m'éloigner autant de nos racines comme eux ont pu le faire. Et par rapport à Fair To Midland, je pense qu'ils sont plus obscurs que nous, ils restent dans une niche alors qu'on essaye d'être plus mainstream. Je dirais qu'on se situe un peu au milieu des deux.


L'artwork, tout comme des chansons comme 'Let'em burn' (qui matche bien l'artwork), 'Funny Little Creatures', 'Don't Stop', parmi tant d'autres semblent vouloir pousser l'auditeur dans ses retranchements. L'individu de l'artwork (dénué de genre et origine) a ses yeux masqués par les mains de quelqu'un qu'on ne voit même pas... Qui est-ce ? Le systême ?

Excellente question ! Je ne veux pas ruiner ce que les gens ont pu imaginer de cet artwork car on veut garder le débat ouvert. Tu vois, Carl Gustav Jung ou même Freud sont des pionniers de la psychologie analytique. Jung avait cette pensée de l'ombre représentant ce qui est invisible dans ta conscience. Tu sais, toutes ces choses que tu fais machinalement dans la journée, et dont tu n'es réellement conscient qu'à quelques pourcents seulement. C'est un mécanisme régi par nos relations, nos personnalités, notre prisme de perception. C'est quand tu prends conscience de cet inconscient que tu as la possibilité de les modifier. Sans ça, tu entretiens cet inconscient qui continue de répéter les choses de la même façon, jusqu'à ce que tu apprennes. Les mains de l'artwork qui cachent les yeux sont ces ombres, qu'on ait conscience ou non de leur présence.


Impossible de nommer quelques titres qui se détachent sans tous les citer. Non seulement votre musique a atteint un nouveau niveau, mais tu sembles, en tant que chanteur, avoir trouvé un terrain de jeux particulièrement vaste. 'Still in Love' est incroyable, sur laquelle ta voix transmet énormément d'émotion... Lors du dernier concert, tu forçais un vibrato en te tapant la gorge, as-tu bossé dur ta voix pour arriver à tant d'aisance ?

Oui, bien sûr. Chaque année je cherche à l'améliorer et à apprendre de nouvelles choses et notamment quand on travaille sur un nouvel album, où j'essaye d'expérimenter davantage ce que je peux en faire.





Lors de notre dernière rencontre, tu nous disais considérer 2013 comme une étape importante, un tournant dans votre carrière. Certes, mais ne considères-tu pas que ce nouvel album qui en découle naturellement est également une nouvelle étape à part entière ?

Si, c'est vrai, je dois l'avouer. Le précédent album était une étape pour nous dans le milieu du rock, alors que celui-ci est une étape pour nous dans le monde autour du rock. On s'est ouvert à une audience plus large...


Nous insistons sur cette nouvelle étape parce que c'est quand même grâce à cet album que vous êtes nommés 3 fois aux prochains Grammy Awards (le 29 janvier 2018) aux côtés de Metallica, Mastodon... C'est simple, vous êtes nommés dans les 3 catégories Rock. Vous attendiez une telle reconnaissance ?

Non, vraiment, non. Allez, j'espérais peut-être secrètement une nomination, à un moment dans notre carrière, mais pas trois, et encore moins si tôt ! Mais ouais, c'est fou !


Tu penses avoir des chances d'en emporter un ?

Franchement, c'est dur... Il y a une catégorie où on est en face de Chris Cornell, donc déjà là, impossible ! (rires) Je pense qu'on ne fait pas le poids face aux géants de Metallica, Foo Fighters, Mastodon, QOTSA... Les stats ne nous donnent pas gagnants ! Meilleur album rock serait un réel honneur ceci dit...


'Go To War' a servi de bande son pour le film 'War for the planet of the apes'. La machine Nothing More est instoppable !

(rires) En tout cas, c'est clair qu'on n’a jamais été aussi bien ! Ce qui, je pense, a été déterminant, c'est qu'on a créé un certain élan dans la chanson en version radio. Ça nous l'a propulsée dans les charts et sur le net. Et quelqu'un qui bossait sur la bande-annonce a dû chercher une chanson sur le net qui traite de guerre, chanson, rock et ce titre a dû matcher sa recherche parce qu'elle avait pris pas mal d'importance sur le net. Bien sûr, nous avons fait en sorte qu'elle réponde à ce genre de recherche, mais nous ne l'avons pas fait explicitement pour ce film.


Lors de notre dernière rencontre, tu nous disais seulement savoir dire "Bonjour mes nouveaux amis" en Français. As-tu appris davantage, notamment pour ce soir ?

(rires) J'essaye d'apprendre mais j'oublie toujours tout !! C'est pas facile pour moi, bizarrement, je serais plus à l'aise avec l'italien. Mais non, désolé...





Même pas une punch line toute faite pour ton public ce soir ?

Non, mais apprends-moi : "Paris, on t'aime !" Je vais la ressortir ce soir ! (c'est en effet ce qu'il fera vers la fin du concert, bravo Jonny ! NDLR)


Merci énormément, Jonny !

Merci à toi, mec, c'était vraiment cool !


Plus d'informations sur http://www.nothingmore.net
 
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