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TITRE:

NESSERIA (02 janvier 2018)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

HARDCORE



Jérôme, guitariste de Nesseria, a longuement répondu à nos questions, à l'occasion de la sortie de "Cette érosion de nous-mêmes'.
CHILDERIC THOR - 06.02.2018 -
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Quelle est la question que l’on vous a trop souvent posée ?

Hello ! Hé bien écoute, celle qui revient à chaque fois depuis des années et peu importe le pays qui fait l’interview c’est tout ce qui concerne le chant en français ! Incroyable que ça turlupine autant les gens...ne me dis pas que tu le demande aussi ? (NDLR : Bingo !). Sinon le mot qui revenait systématiquement c’était “CONVERGE”. On a réussi à se débarrasser enfin de ça.


Nesseria est désormais solidement implanté. Quel regard portez-vous sur les quinze années qui se sont écoulées depuis la naissance du groupe ?

N’en déplaise sûrement à quelques personnes, mais on s’accroche à la scène comme une moule a son rocher ! En regardant dans le rétroviseur je vois des milliers de kilomètres de routes,  quelques aéroports, des concerts ratés, des concerts excellents, des endroits pour dormir en tous genres, le Kremlin comme jamais tu ne le verras, des lendemains difficiles, des centaines d’heures à répéter, des hauts, des bas, pas assez de disques sortis par rapport à notre durée de vie, des concepts pas poussés jusqu’au bout donc on a dû rater quelques trains du “succès”, des modes musicales qui passent, des groupes qui s’arrêtent, plein de chanteurs virés, un bassiste qui est parti. Mais on a fait une bonne thérapie avec le nouveau line up et on a sorti notre meilleur album à ce jour et je crois qu’on ne s’est jamais aussi bien porté que maintenant !   


Vous avez déclarez que "Cette érosion de nous-mêmes" a été simple à réaliser ? Que voulez-vous dire ? Est-ce le résultat de la maturité acquise ? Ou bien est-ce dû au caractère moins douloureux et agressif de ce troisième album ?

A réaliser dans son ensemble artistique non, car je compte là-dedans le studio, le concept visuel et toute la communication autour. Mais sur la composition pure, oui. Alors précision, techniquement cette album est plus difficile à jouer, il est plus fin, plus nuancé. C’est bien plus compliqué que de jouer tout à blinde comme des veaux. Il a été plus simple car avant on recommençait mille fois les morceaux, c’était faire et défaire pendant des mois du coup ça ne ressemblait plus à rien. Quelques morceaux sur “Fractures” ont perdu de l’authenticité avec cette “non-méthode”. A toujours vouloir faire ultra violent ou coller à image que l’on nous flanquait on perdait tout ou partie de notre créativité et de la fraîcheur dans les compositions. Mettre du son clair ou trop de mélodie c’était limite interdit dans le cahier des charges. Mais les choses changent, tout comme le line up. La venue de Benjamin à la basse et Désiré au chant ont permis d’apporter un vent nouveau et moins de frustrations. Pour ma part j’ai pu faire tout ce qui me plait dans cet album au niveau des guitares et c’est je pense le cas pour tout le monde.


Peut-on dire que cet effort est plus accessible sinon mélodique, que ses devanciers ? Je pense par exemple au morceau 'Les Ruines'...

Mélodique, ça oui assurément, bien qu’on ait toujours cherché à en mettre dans les albums d’avant. C’était juste plus compliqué d’amener ce genre d’idées. Plus accessible car plus musical tout simplement ou du moins accessible pour tout un pan de la scène la plus extrême. Dans tout les cas, ça continuera à faire chier tes collègues au bureau et provoquer l’interrogation de ton entourage. Concernant 'Les Ruines', il a clairement un côté Rock un peu catchy. C’est notre hommage à tout les groupes qu’on écoute comme Amanda Woodward, Aussitôt Mort, Daïtro and co...





Ceci dit, "Cette érosion de nous-mêmes" s'impose dans sa variété qui le rend bouillonnant et vous éloigne du hardcore de vos débuts. On y trouve des éléments issus du post rock, de l'atmo etc.... Cela n'a-t-il pas été difficile de combiner toutes ces influences sans perdre en cohésion ?

En effet cet album est assez varié et est tout simplement plus intéressant et riche. Notre premier album avec les chiens, j’y arrive plus, je sais même pas comment on a pu composer un truc pareil avec le recul. Ça tabasse mais sur la richesse harmonique c’est comme un long jour sans pain. Pour ce qui est de la cohérence non pas tant, au final. Le black, le screamo, le post hardcore, l’atmo ont tous un tas de points en communs. Je ne trouve pas que ce soit si éloigné. Mais évidemment ça demande une dose de travail spécifique pour amener ces éléments entre eux. Je suis persuadé qu’on l’on peut tout faire coïncider mais il faut travailler les transitions, les enchaînements. C’est surtout un travail d’agencement et d’harmonisations et à un plus gros niveau une track list logique qui semble raconter un truc et dérouler une ambiance.   


Comprenez-vous que certains fans puissent être déçus par cette évolution ?

Oui, tout à fait. Après je regrette aussi que les gens te collent une étiquette de laquelle il est parfois compliqué de s’évader. Artistiquement parlant faire 15 fois le même album, non merci ! Sur Facebook un mec a commenté un truc du genre “Avant je respectais le groupe mais votre virage screamo je peux pas”. A part “d’accord” je vois pas quoi lui répondre. Je vais te dire, on préfère que ça crée un peu de discorde et de mécontentements, ça prouve que ça ne laisse pas indifférent et que le changement est bien réel.


"Fractures" n'était composé que d'un seul texte. Avez-vous été tenté de réitérer l'expérience ? 

Non c’était juste le concept de “Fractures” et des sujets qu’il abordait. Et puis honnêtement c’était un gros boulot pour Julien à l’époque de faire ça et pas grand monde ne l’a relevé. Dans l’absolu à quoi bon se faire chier…. 


Désiré vous a rejoint au chant pour cet album mais les textes sont toujours l'œuvre de Julien, son prédécesseur. Allez-vous continuer à fonctionner ainsi ?
 
En fait on avait commencé l’album avec Julien donc il avait écrit des textes sur des thèmes que l’on avait évoqués. C’était logique que son travail apparaisse sur l’album. Il a une qualité d’écriture indéniable mais pour la suite Désire a écrit avec un ami, Nicolas, dont la plume est tout aussi cool. Aucune idée de comment se fera la suite mais j’aime bien cet aspect collaboratif !


Du coup, les paroles sont-elles toujours aussi personnelles ? Sans être un groupe "engagé", vous avez toujours été attachés à des sujets ancrés dans notre société. Quels thèmes vous ont inspiré cette fois-ci ?

Je crois que les paroles de cette album sont bien plus personnelles qu’avant. On y aborde l’enfance, notre tournée en Russie, l’usure dans le couple etc etc. On avait ce côté engagé sur les deux premiers albums mais il reste des textes de cette nature dans “Cette érosion de nous-mêmes”. Mais si tu vas du coté de notre premier split et des démos, on avait déjà des thèmes plus personnels de ce genre. Dans un sens, je trouve ça moins donneur de leçon et ça tombe moins dans le constat.





Le chant en français est-il une obligation ?

Ahahahahaha LA question ! Non ce n’est pas une obligation mais on trouve plus naturel de chanter en français. En revanche c’est une galère sans nom à caler ! Après pourquoi pas tester l’anglais hein mais je crois que bien souvent c’est une question de facilité et ça cache un propos sans grand intérêt. En français, c’est compliqué de masquer la maigreur de ton texte, t’es à poil. 


Certains titres sont assez surprenants. Pouvez-vous dire quelques mots sur 'On prendra l'habitude', 'Chasse aux écureuils' et 'A l'usure' ?

C’est typique les morceaux en quelques minutes ou répétitions ! On avait changé de line up à ce moment là , la composition était moins prise de tête, plus directe, spontanée, on mettait tout ce qu’on aime en termes d’influences et d’envies. “On prendra l’habitude” a été fait en trois heures, c’est l’antithèse de “Fractures”, tout s'enchaîne logiquement, des mélodies, du climax et de l’énergie. “La chasse aux écureuils” c’est le parfait rendu de ce qu’on écoute, du screamo, du post-hardcore, du post-black, c’est un des morceaux préférés pour nous tous et un des plus cool à jouer. Enfin “A l’usure” est un morceau initié par Désiré, j’étais le premier sceptique mais on était posé chez le batteur avec la guitare acoustique et en 30 minutes c’était plié et approuvé par tous.


Quels sont projets pour 2018 ?

Pas mal de dates et des festivals en France et à l’étranger. On à le second clip en montage également et si on peut faire un troisième c’est cool.


Qu'attendez-vous de la promo de l'album avec Dooweet ?

Dans l’absolu ce que l’on peut attendre du boulot d’une attachée de presse donc nous aider dans notre évolution, dans notre communication, nous trouver des médias un peu plus inédits et plus visibles, décrocher des exclus comme ce fut le cas avec New Noise et augmenter notre visibilité. En gros pouvoir bénéficier du réseau Dooweet et obtenir plus que ce que l’on pouvait avoir quand on cherchait par nous-mêmes. Pour le moment j’ai pas assez de recul pour savoir si c’est efficace à notre niveau. De base on est 20 fois moins gros qu’Amen Ra donc je ne me rends pas trop compte de l’impact que ça peut avoir sur un petit poisson comme nous.


On a commencé par la question que l’on vous a trop souvent posée, au contraire, quelle est celle que vous  souhaiteriez que je vous pose ?

J’en ai pas en tête la mais j’avoue que l’on nous pose peu de questions extra musicales. Ça reste toujours très sérieux, parfois le mec va te demander ce que tu lis et du coup tu vas te sentir obligé de passer pour un érudit et sortir un tas de bouquins improbables. J’avoue que des questions sur nos vrais boulots, la dernière série regardée ou les jeux vidéos ça pourrait être chouette et moins cadré “pro”. Dernièrement on nous a demandé “quelle est votre plus lointain souvenir sonore (hors musique)”. Le gars était musico-thérapeute et bosse pour un webzine également, Daily Rock.


Pour finir, un dernier mot pour les lecteurs de Music Waves ?

Un grand merci a ceux qui nous suivent et de manière générale aux personnes qui se bougent pour aller à des concerts de groupes underground. Mastodon ça compte pas. Grâce à vous, on peut garder notre motivation pour faire des bornes et venir jouer. Et puis merci à  toi pour l’interview  !  






Plus d'informations sur https://fr-fr.facebook.com/nesseria.music/
 
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