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TITRE:

VISIONS OF ATLANTIS (05 FEVRIER 2018)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

METAL GOTHIQUE



Nous avions rendez-vous avec la chanteuse française de Visions of Atlantis pour évoquer ce "The Deep & The Dark" que nous n'attendions plus...
STRUCK - 21.02.2018 -
4 photo(s) - (0) commentaire(s)

... Nous avons fait le point avec Clémentine Delauney sur l'ambition du groupe qui avait bien failli disparaître...


Quelle est la question qu’on t'a trop souvent posée ?


En fait, ça dépend du contexte. Quand j’étais en promo pour Exit Eden, la question était "Comment Exit Eden a vu le jour ?" et aujourd’hui avec Visions of Atlantis, c’est "Pourquoi vous avez encore changé de line-up ?" (Rires) !





L’actualité de Visions of Atlantis est justement la sortie de “The Deep & The Dark”, comment te sens-tu à quelques jours de sa sortie et de faire la promo de cet album seule alors que tu es nouvelle dans le groupe ?

A partir du moment où je n’habite pas le même pays que les autres membres du groupe, je fais beaucoup de choses toute seule (Sourire) et je ne suis donc pas forcément surprise de devoir faire cette promo seule. Mais je suis ravie de pouvoir le faire et défendre cet album dont je suis très, très contente et qui existe.
En effet, pendant des années, comme tous les autres membres du groupe, j’ai douté… Je suis donc ravie de présenter à la France ce que je fais depuis des années parce que mine de rien, tout le monde ne sait pas que la France a une chanteuse qui a une carrière à l’étranger (Rires) !


L’album qui devait succéder à "Ethera" devait donc bien être le dernier parce que Thomas Caser le fondateur du groupe avait atteint les limites de sa motivation et sa foi dans le projet



Ces dernières années ont été pour le moins mouvementées pour Visions of Atlantis avec des changements de line-up conséquents. On a l’impression que "Ethera" aurait pu être la fin du groupe, il a été présenté comme un final et une tournée d’adieu puis un EP "Old Routes – New Waters" est sorti en 2016, qui n’a semble-t-il pas marché avec le line-up qui y était présenté… Avec le recul, comment perçois-tu cette période ?

Quand j’ai intégré le groupe en 2013, l’idée était de faire un dernier album et une tournée d’adieu. L’album qui devait succéder à "Ethera" devait donc bien être le dernier parce que Thomas Caser le fondateur du groupe avait atteint les limites de sa motivation et sa foi dans le projet vu ce qui venait de se passer avec notamment les changements de line-up.


Quel a été le déclic qui a inversé la tendance finalement ?

Quand on a commencé à jouer ensemble, à faire des concerts, il s’est rendu compte qu’il y avait une nouvelle dynamique, une nouvelle énergie et qu’il y avait un intérêt du public. Il y a donc eu une attente qui s’est créée autour de ce nouvel album et à partir de là, il a décidé de continuer. Cela a pris au final quatre ans mais on a réussi (Sourire)…


Visions of Atlantis n’a jamais perdu contact avec ses fans.






Justement comme tu l’as dit, votre précédent album était "Ethera" date d’il y a cinq ans... comment expliques-tu que la demande existe toujours à l’heure d’Internet où tout va si vite ?

Visions of Atlantis est un vieux groupe qui a 15 ans d’existence. On faisait partie des pionniers du metal symphonique juste après l’arrivée de Nightwish. Donc pour les gens qui ont découvert le groupe à cette époque, il y a une trace qui est écrite dans le temps. Et quand ils ont appris que de nouvelles choses allaient être mises en place, avec un nouveau line-up, ils n’ont pas perdu espoir qu’on allait sortir un album qui allait leur plaire. Visions of Atlantis n’a jamais perdu contact avec ses fans. Dans le metal, nous avons la chance d’avoir un public fidèle qui est hors des courants des modes et quand ils ont aimé un groupe, quand ce même groupe donne des nouvelles, ils sont toujours là !


Thomas est à présent le seul membre d’origine de la formation. A côté toi, Clémentine et Siegfried (NdStruck : Siegfried Samer, au chant) pourtant arrivés en 2013 semblent être devenus des piliers du groupe, comment expliquent-ils cette intégration si rapide ?

Thomas est effectivement le fil rouge du groupe. C’est lui qui a redonné du sens au groupe à partir de fin 2013 en voulant revenir aux origines du metal symphonique et ainsi briser la tendance qui s’était installée sur les deux albums précédents. Comme il voulait tout de même avoir du chant classique et qu’il me connaissait au travers de ma collaboration avec Serenity, il m’a appelé pour savoir si j’étais intéressée pour les aider à faire un dernier album qui serait un album de metal symphonique comme Nightwish et Visions of Atlantis le faisaient à l’époque. Dans ces termes, j’étais partante pour aider le groupe à finir sur une note positive sachant que j’avais de la sympathie pour le projet pour avoir tourné avec eux. Depuis, il a fallu qu’on se comprenne, qu’on se coordonne sur la vision globale… et en cinq ans de collaboration,  nous y sommes arrivés sachant que c’est quelqu’un à l’écoute.


Etant donné tous les changements de line-up, ne craignez-vous pas le public pense que c’est un album solo de Thomas, accompagné de musiciens, plutôt qu’un nouveau Visions of Atlantis ?

Ce n’est pas faux dans le sens où il a voulu revenir à l’origine, il a rappelé d’anciens membres fondateurs, c’est lui qui a fait la sélection de chanteurs… Il agit effectivement en leader du groupe. Il a donc fallu que nous trouvions notre place mais comme je le disais, il est à l’écoute pour que nous soyons épanouis dans ce que nous faisons c’est-à-dire que sur cet album, je n’ai pas uniquement chanté en chant classique. On a tous fait des compromis pour arriver à un résultat qu’on soit tous heureux de défendre… et ce résultat n’est pas uniquement la vision de Thomas.


Pour renforcer cette idée, les musiques sont de Frank Pitters qui est crédité en tant qu’invité. Pourquoi lui avoir laissé le champ libre pour presque toutes les compositions sachant que de la part d’un invité, cela n’invite pas à penser que le groupe est totalement stable ?

Non, non… Malheureusement, non ! Ça aurait été le cas si les membres fondateurs ne s’étaient pas engagés un peu à la légère. Au bout de deux ans et demi, on s’est rendu compte qu’on n’arriverait à rien de concret. On leur a donné du temps mais à un moment donné, ce n’était plus possible : on ne peut pas forcer des gens qui ont une famille, des enfants, un travail à côté… Soit on arrêtait simplement en disant qu’on a essayé de faire ainsi mais ça ne marche pas donc on arrête, soit on le fait autrement quitte à passer pour des menteurs par rapport aux propos qu’on a tenu précédemment qui était qu’on allait sortir un album avec l’ancien line-up. On a donc dû revoir notre copie…


Et au niveau scène, comment est-ce que cela va se concrétiser ?

Ces membres qui manquaient de disponibilité pour les concerts ont été remplacés depuis deux par ceux qui ont rejoint le groupe. Donc en fait, l’album "The Deep & the Dark" est la fusion de l’ancien line-up et du nouveau : par exemple, la basse est jouée par le bassiste fondateur du groupe (NdStruck : Michael Koren).


On a l’impression que le groupe est maudit en ne réussissant pas à instaurer de la stabilité



Cet album ne reflète donc pas totalement Visions of Atlantis dans sa nouvelle configuration…

Non, mais c’est un groupe qui a toujours eu du mal à trouver sa stabilité : on en rigole entre nous, on a l’impression que le groupe est maudit en ne réussissant pas à instaurer de la stabilité (Rires) !


Je m’inscris dans le long terme avec ce groupe, après il faut que le reste fonctionne mais de mon côté, j’ai donné tout ce que j’avais à donner…





Justement, ça ne t’effraie pas de t’impliquer dans un groupe "maudit" ou alors tu te dis que peu importe, tu prends ce que tu as à prendre, c’est une bonne expérience à prendre et éventuellement à vendre en tant que carte de visite ?

Je ne pense pas franchement en termes de carte de visite, cela fait des années que j’attendais qu’on fasse cet album… Ce que je rêve de faire en tant que chanteuse depuis que j’ai un pied dans ce monde, c’est de pouvoir m’exprimer et faire partie d’un projet qui me donne la possibilité de le faire. Et aujourd’hui, je suis très heureuse de pouvoir dire que Visions of Atlantis est ce projet. Je m’inscris dans le long terme avec ce groupe, après il faut que le reste fonctionne mais de mon côté, j’ai donné tout ce que j’avais à donner…


Par ailleurs Clémentine, tu es créditée de la magnifique balade ‘Prayer of The Lost’, comment as-tu réussi à avoir une espace de composition ?

C’est simple, on me l’a donné ! J’ai toujours composé de mon côté mais je ne compose pas du tout de metal symphonique, j’ai une approche piano/ voix beaucoup plus personnelle presque hors registre du metal.
Nous tenions à ce que j’amène une de mes compositions sur cet album. Et une ballade, c’est beaucoup plus facile à réarranger pour que ça fasse une sorte de power ballade. C’est que nous avons donc fait…


On a souvent lu que c’était risqué de finir un album sur une ballade. Est-ce que c’était nécessaire de terminer par du calme après la tempête, ou pour simplement pour mettre en lumière tous tes talents qu’ils soient de chanteuse ou de compositrice ?

Je pense que cette chanson a été mise à la fin dans le sens où elle a un côté très personnel : elle était peut-être trop différente du reste de l’album pour être au milieu. Et puis personnellement, ça ne me dérange pas de terminer cet album par cette ballade qui est assez conclusive quelque part : le refrain passe d’une gamme négative à une gamme positive et le sujet me tient particulièrement à cœur. C’est une chanson que j’ai écrite pour ma sœur qui traverse une grosse période de doute et le doute est le premier sujet de la première chanson ‘The Deep & the Dark’ : ça permet de boucler la boucle !


Avec cet album nous avons trouvé un bon équilibre avec des influences plus modernes, plus pop notamment dans l’approche du chant tout en gardant la signature du metal symphonique…



Comme tu l’as dit cette composition est assez différente du metal symphonique classique, elle est presque pop, et termine l’album, est-ce une sorte de teaser pour le prochain album qui sera différent ou pop ?

Je pense qu’avec cet album nous avons trouvé un bon équilibre avec des influences plus modernes, plus pop notamment dans l’approche du chant tout en gardant la signature du metal symphonique… et je pense que le prochain album de Visions of Atlantis sera toujours dans cette même veine c’est-à-dire un album qui allie passé et présent. Donc non, Visions of Atlantis ne deviendra pas un groupe de pop metal !


Visions of Atlantis ne deviendra pas un groupe de pop metal !


Comme nos amis d’Atlantis Chronicles, le concept de votre musique est basé sur l’Atlantide, pourquoi elle vous fascine tant que cela ? Est-ce une source inépuisable de mythes et d'histoires ?

Oui je pense parce que c’est quelque chose qui reste de l’ordre de l’inconnu ou qui ouvre tous les fantasmes possibles liés à l’exploration, la chasse aux trésors, les anciennes civilisations… c’est quelque chose qui parle à tout le monde !
Après, par rapport à notre musique et le nom du groupe qui a été choisi il y a 15 ans, aujourd’hui, l’album ne parle pas de ça. La chanson ‘Return to Lemuria’ est une métaphore du lieu secret où se retrouvent les amants, j’avais envie qu’à travers cette chanson, tout le monde puisse se dire qu’il a son propre Lemuria avec quelqu’un quelque part sans se dire que c’est absolument le mythe de cet endroit disparu… Tout ce qui a attrait aux océans, aux voyages, à l’exploration peut être aussi interprété de façon introspective et cet album a cette double lecture.


Ta voix et celle de Siegfried se marient à merveille, est-ce que vous avez été choisis dans cette optique de complémentarité ?

C’est plutôt de la chance (Rires) ! En fait, Thomas connaissait Siegfried et il me connaissait par ailleurs, on a intégré le groupe : il fallait que ça marche !
Donc après que nos timbres fonctionnement très bien ensemble, nous en sommes ravis…


… mais as-tu par exemple travaillé pour que ce soit le cas ?

Nous avons dû travailler les harmonies dans le sens où selon la façon dont je plaçais ma partie de chant, il fallait que son harmonie soit plutôt en-dessous ou au-dessus… Avec le producteur, nous avons travaillé pour que selon les parties chantées, les tessitures de chant de chacun fonctionnent… et on peut dire qu’à ce niveau, ça a été bien fait !
 

Je sais ce que je ne voulais pas faire : je ne voulais pas sonner comme d’autres chanteuses !


Est-ce que vous avez conscience avec toi le groupe possède une grande voix capable de rivaliser avec Tarja, sans jamais la copier, en apportant ta touche personnelle, avec une voix plus âpre ?

(Rire gêné) Et bien tout d’abord merci, c’est un grand compliment que tu me fais… C’est très difficile pour moi d’être objective sur mon chant mais je sais ce que je ne voulais pas faire : je ne voulais pas sonner comme d’autres chanteuses ! Je voulais avoir ma voix unique, mon empreinte et me dire que j’existe en tant que chanteuse et artiste en dehors des comparaisons même si les gens compareront toujours surtout quand il s’agit de metal symphonique et de chant classique.
Donc oui, dans mon chant classique, il y a son influence lointaine qui est présente aussi parce que le chant classique quelque part c’est une base technique que toutes les chanteuses classiques ont et qui fait perdre un peu d’identité à la voix. C’est pour ça que j’ai insisté pour amener ma voix de poitrine dans le reste des autres morceaux pour amener une vraie identité à Visions of Atlantis et pas se dire que c’est un énième groupe qu’on peut confondre avec les autres.


Votre musique ressemble beaucoup à Avantasia, est-ce une source d'inspiration pour vous ?

Je connais le groupe bien sûr mais je n’écoute pas du tout Avantasia (Rires) ! Pour le coup, on nous a déjà dit que ce que nous faisions ressembler à du Ensiferum, du Sonata Arctica… mais je pense que l’interprétation, les rapprochements qu’on peut faire avec d’autres groupes sont très personnels sachant que cet album est représentatif d’un style qui n’est pas très personnel en soi ! Nous faisons du metal symphonique avec de grosses mélodies et c’est forcé que certaines de ces mélodies fassent penser à d’autres à partir du moment qu’on a une bonne culture de ce genre musical. Mais ce qui est certain, c’est que nous n’avons jamais pensé à faire les choses pour que ça ressemble, nous faisons juste du metal symphonique et que ça ressemble à du metal symphonique, j’ai envie de dire « tant mieux » (Rires) parce que c’est ce que nous voulions faire !


Contrairement à beaucoup de groupe de metal symphonique, votre musique est avant tout metal, le symphonisme étant un habillage…

Tout à fait !


… la puissance et toujours là et les guitares jamais écrasées. Est-ce que c’était une volonté de votre part de se démarquer de cette façon ?

Nous sommes un groupe de metal donc la guitare est forcément présente dans l’écriture et dans le son mais nous n’avons pas traité la guitare de la même façon selon les morceaux : nous lui avons donné plus de place là où elle avait vraiment un rôle phare c’est-à-dire sur les riffs de ‘The Grand Illusion’ ou ‘The Silent Mutiny’, elle est mise en avant parce que c’est elle qui brille à ce moment. Après, le metal symphonique implique des refrains avec beaucoup d’emphase et donc là, on met l’accent sur les chœurs, sur les violons, sur le côté un peu dramatique de la musique… Donc c’est un équilibre qui se trouve en fonction du rôle que va jouer chaque instrument à certain moment…


Aujourd’hui, Visions of Atlantis a besoin de redorer son blason, de retrouver ses valeurs, de reconquérir les cœurs qu’il a pu avoir dans le passé et montrer ce qu’il est capable de faire et d’offrir





Vous aimez autant les climats intimistes, au piano, comme dans un piano bar, que les grosses cavalcades, et ces deux éléments s’ajustent, comment avez-vous réussi cet équilibre ?

C’est un pari en fait ! C’est vrai que moi-même avec un peu de recul, j’aurais peut-être du mal à me dire que le morceau ‘The Deep & the Dark’ peut s’écouter juste avant ou juste après une de nos ballades. Après, j’ai envie de dire que notre album est fait pour explorer ce que nous sommes en tant que musiciens, en tant que personnes et ce serait dommage de ne se cantonner qu’à une seule facette. Et aujourd’hui, Visions of Atlantis a besoin de redorer son blason, de retrouver ses valeurs, de reconquérir les cœurs qu’il a pu avoir dans le passé et montrer ce qu’il est capable de faire et d’offrir… du coup, on nous a permis d’offrir musicalement une palette de morceaux aussi bien de speed metal comme ‘Return To Lemuria’ que des choses un peu plus posées comme ‘Ritual Night’ avec des ambiances celtiques et orientales et puis du piano/ voix sur des ballades parce que c’est aussi la signature du metal à chanteuse…


N’avez-vous pas craint de déstabiliser votre public avec cette palette assez large ?

Je pense que le fil rouge est ma voix ! Justement, je ne voulais pas faire une ballade au chant classique parce que ça aurait été trop artificiel. Du coup, ramener ma voix de poitrine dans toutes sortes de morceaux permet de faire le lien entre ces morceaux parce que c’est toujours la même voix !


Il y a des touches proches de Mike Oldfield dans votre musique et la voix de Clémentine fait penser à Maggie Reilly, est-ce une volonté de votre part, est-ce simplement des influences parmi d’autres ?

Je crois que c’est totalement inconscient (Rires)…


Qu’est-ce qui a été le plus difficile dans cet album : ne pas mettre de vocalises d’opéra partout, ne pas mettre de solo de guitare partout, ou ne pas mettre d’orchestrations symphoniques partout ?

C’est effectivement un travers propre au style… Personnellement, je ne voulais pas mettre de chant classique partout, c’est sûr, et avec le producteur, on s’est rapidement entendu sur ce point. On a réussi à éviter certains écueils et trouver un certain équilibre parce que notre producteur a un sens juste de l’écriture et a su nous guider pour arriver à un metal symphonique équilibré !


Nous avons tous écouté tellement de choses que nos influences sont inconscientes sinon ce n’est plus une influence, c’est du plagiat et nous nous défendons de vouloir faire le moindre plagiat



Votre musique fait penser à Kamelot ou encore Manticora, est-ce que ce sont des influences pour vous ? Est-ce que tu penses avoir renouvelé le genre avec cet album, sans parodier d’autres groupes ?

L’influence de Kamelot ? C’est possible ! Manticora ? Je ne sais pas… C’est difficile parce que nous avons tous écouté tellement de choses que nos influences sont inconscientes sinon ce n’est plus une influence, c’est du plagiat et nous nous défendons de vouloir faire le moindre plagiat même si on peut faire des raccourcis très rapides avec le Nightwish de l’époque, je le reconnais tout à fait !
Renouveler le style ? Oui dans le sens où cet album est nouveau et nous ne refaisons pas ce qui a déjà été fait de la même manière. Je ne chante pas comme les chanteuses symphoniques de l’époque et c’était pour moi une de mes conditions : je ne voulais pas tomber dans le cliché !
Malgré tout, suis-je old-school, suis-je le renouveau ? Je ne peux pas me définir mais Visions of Atlantis m’a permis d’amener au metal symphonique ce que je suis… Les gens jugeront si nous renouvelons ou non le style (Rires)…


Je ne chante pas comme les chanteuses symphoniques de l’époque et c’était pour moi une de mes conditions : je ne voulais pas tomber dans le cliché !


Le fait que la tête pensante de Kamelot justement Thomas Youngblood dise que cet album est très impressionnant constitue un tournant… Qu’en penses-tu ?

Je n’en revenais pas parce que Thomas Youngblood est un très, très grand musicien qui n’a pas le compliment facile. C’est une personne que Thomas Caser connaît personnellement mais il ne faut pas en conclure pour autant que ce compliment a été payé ou été dit par sympathie (Rires)… Je pense qu’il parle de tournant parce que si on écoute "The Deep & the Dark" et qu’on écoute les deux albums précédents : ça n’a rien à voir en termes de musique, de qualité… nous avons pris un vrai tournant à ce niveau ! Après, la portée du tournant, seul l’avenir le dira !


Tu disais que Visions of Atlantis devait redorer son blason, avez-vous eu une pression particulière au moment de composer cet album : en gros, c’est l’album de la dernière chance ?

Quand Visions of Atlantis s’est reformé fin 2013, nous n’avions plus d’ambition : nous avions modestement l’envie de faire un dernier album, une dernière tournée pour clôturer une carrière afin que cette dernière ne se finisse pas en eau de boudin. Le fait d’avoir continué et de constater qu’il y avait toujours une attente des fans toujours présents, ça nous a mis la pression et on se l’est mise aussi nous-mêmes ensuite parce qu’il y a un vrai potentiel : il y a un potentiel de gens qui aime encore ce que la musique qu’on a envie de faire ! Nous ne voulons juste pas décevoir ces personnes-là mais nous n’avons aucune pression liée à une quelconque ambition sachant que de toute façon, nous ne décidons pas ! Si l’album a du succès, c’est uniquement parce que les gens le voudront !


Donc vous êtes partis du principe qu’il fallait finir en beauté en vous faisant plaisir sachant qu’après toutes les péripéties vécues par le groupe vous ne pouviez pas avoir d’attente particulière…

Exactement ! Nous sommes partis de rien…


Bref, aujourd’hui, ce que vous vivez n’est que du bonus !

Tout à fait ! Ce n’est que du bonus et même aujourd’hui, ce qui se passe autour de l’album -les réactions, le nombre de vues…- c’est inattendu, c’est inespéré : nous ne comptions pas dessus. Si demain, Visions of Atlantis fait des tournées intéressantes, je serai très contente parce que ce sera quelque part la récompense de notre travail… Nous avons juste voulu faire un bon album parce que c’est notre ambition personnelle !


Qu’on dise que c’est un bon album ou pas, je m’en fiche, aujourd’hui, je suis juste contente qu’il existe !



Et avec le recul, aujourd’hui, penses-tu que vous avez fait un bon album ?

Oui, dans le sens où nous avons pris énormément de plaisir à le faire et je suis très contente d’avoir autant pu y contribuer que ce soit sur les lignes de chant, les paroles… Qu’on dise que c’est un bon album ou pas, je m’en fiche, aujourd’hui, je suis juste contente qu’il existe ! Quand il a commencé à prendre forme, cet album a été un processus très positif !
Et pour répondre à ta question, je pense que c’est un bon album parce que les morceaux marchent quand on les joue sur scène. Ça fonctionne : les gens réagissent, les mélodies restent en tête… Après, on nous a reproché un manque total d’originalité mais nous n’avons jamais cherché à être originaux ! Même moi, en recevant certains morceaux, je me disais "C’est très, très Nightwish !" mais on a essayé de détourner cela avec moi qui du coup, ai chanté d’une autre manière : j’ai approché les lignes de chant différemment pour casser le côté très Nightwishien avec un chant qui ne le sera pas… Du coup, j’espère avoir créé un hybride qui serait Visions of Atlantis !


Après, on nous a reproché un manque total d’originalité mais nous n’avons jamais cherché à être originaux !


Au final, qu’attendez-vous de cet album ?

De pouvoir en faire un autre (Rires) ! Dans le sens, de pouvoir se dire qu’on a la possibilité de continuer notre carrière…


Compte tenu de l’accueil, des premiers retours… penses-tu que c’est envisageable ?

Oui, oui, je pense ! Pour le moment, il y a un très bon retour sur le premier titre ‘Return To Lemuria’. Certes, ce n’était pas une très grosse prise de risque que de sortir ce titre en tant que premier single parce que c’est la signature de Visions of Atlantis : on part d’un ancien morceau (NdStruck : ‘Lemuria’ tiré du deuxième album sorti en 2004, "Cast Away"), on fait la boucle avec le passé avec une mélodie justement du morceau originel… Donc ce n’était pas une très grosse prise de risque et c’est pour ça qu’elle a été choisie dans un premier temps pour rassurer un peu tout le monde : on a dit qu’on revenait aux origines, on a donc montré qu’il y avait des morceaux de ce style dans l’album mais il n’y a pas que ça ! Et j’espère -à l’écoute totale de l’album et des autres morceaux et notamment les ballades- pouvoir surprendre et séduire des gens qui n’aimaient pas forcément ce style !


Peut-on dire que cet album ouvre la porte d’un Visions of Atlantis 2.0 ?

Je pense que c’était déjà le cas quand Maxi (NdStruck : Maxi Nil, quatrième chanteuse du groupe qui a officié de 2009 à 2013) est arrivée parce qu’elle ne chantait pas du tout dans un registre classique, elle avait donc rompu avec le passé mais malheureusement, ce n’est pas à ce moment-là que le groupe a eu les meilleures opportunités et il n’a pas su rencontrer son propre public à ce moment-là non plus…
Aujourd’hui, j’ai l’espoir que les gens comprennent ce qu’on a fait avec cet album et qu’ils l’apprécient pour ce qu’il est, parce que si tout le monde s’en tient à certains retours que j’ai pu avoir, à savoir que nous ne sommes pas du tout originaux et que ça a déjà été fait… effectivement, ces gens n’ont pas compris ce que nous avons voulu faire et dans ces cas-là, nous ne nous adressons pas à ces personnes, nous nous adressons à ceux qui aiment ce style et qu’ils veulent en voir la suite (Sourire)…


On a commencé par la question qu’on a trop souvent posée, au contraire, quelle est celle que tu souhaiterais que je te pose ?

Ce qui me frustre dans ces interviews, c’est qu’on parle effectivement beaucoup de musique mais on ne parle jamais de nous personnellement. Je suis très engagée dans ma vie, sur plein d’aspects et je n’ai jamais trop l’occasion d’en parler : pourquoi je suis vegan ? pourquoi je suis productrice de concerts ? qu’est-ce qui me motive à ne pas vouloir entrer dans le moule du monde dans lequel on vit ? J’aimerais avoir parfois la fenêtre de défendre autre chose que juste ma musique…





Est-ce que c’est quelque chose que tu comptes évoquer à l’avenir dans Visions of Atlantis ?

Peut-être… Mes paroles sont déjà assez engagées et elles sont très liées à ce que je suis parce que je suis incapable d’écrire des choses qui ne seraient pas lien avec ma vie. On peut me connaître un peu mieux personnellement et comprendre ce que je défends dans le monde actuel (Sourire)…


On développera ça à la prochaine interview…

Avec plaisir !


Merci beaucoup

Merci à toi !


Merci à Thibautk et Noise pour leur contribution...


Plus d'informations sur https://www.facebook.com/visionsofatlantisofficial
 
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