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TITRE:

BLACK STONE CHERRY (05 MARS 2018)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

ROCK



Black Stone Cherry poursuit son ascension après le très apprécié "Kentucky" avec un nouvel album aux influences diversifiées que le guitariste Ben Wells et le batteur John Fred Young sont venus nous présenter
DARIALYS - 18.04.2018 -
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Black Stone Cherry continue sur sa lancée avec un sixième album, "Family Tree", s'inscrivant dans la lignée de son prédécesseur, "Kentucky". Après deux premiers albums encourageants, les musiciens ont été critiqués par certains jugeant leur musique trop commerciale. Depuis, le quatuor américain semble finalement avoir trouvé son credo et s'impose peu à peu dans le milieu rock/metal, comme nous l'expliquent Ben Wells et John Fred Young, le guitariste et le batteur de la formation.




Nous nous sommes rencontrés il y a 2 ans pour la sortie de l’album "Kentucky", et aujourd’hui, nous nous retrouvons pour la promo de "Family Tree". Après avoir sorti 6 albums, est-ce que vous vous considérez comme une référence dans le genre ?

Ben Wells (guitare) : Après 6 albums, je l’espère. Mais le point positif est que l’on continue de se développer, d’avoir de nouveaux fans. Il y a toujours des gens qui n’ont jamais entendu parler de Black Stone Cherry. C’est excitant de se dire qu’avec chaque nouvel album on va plaire à notre base de fans existante, mais aussi à de nouvelles personnes qui n’ont aucune idée de qui nous sommes. C’est la partie excitante. Avec chaque album, on continue de grandir et d’attirer de nouveaux fans.


On est devenus beaucoup plus créatifs en tant que musiciens

La dernière fois, tu m’avais dit que "Kentucky" était l’album qui représentait le plus le groupe. Tu étais plus confiant que jamais concernant votre processus d’écriture, mais aussi parce que cet album reprend toutes vos influences. Est-ce qu’on peut dire que "Kentucky" a été un nouveau chapitre pour Black Stone Cherry, notamment avec la signature chez le label Mascot Records, et que ce nouvel album, "Family Tree", suit le chemin que vous avez construit avec l’album précédent ?

John Fred Young (batteur) :  Avec "Family Tree", encore une fois, on est entrés dans le studio et on a réussi à dire qui on était en tant que musiciens. Chris (Robertson, ndr), notre chanteur, a mixé l’album, et Jon (Lawhon, le bassiste, ndr) a fait notre pochette. Je pense que "Kentucky" a été un point d’entrée qui décrivait bien qui nous sommes. Avec ce nouvel album, il n’y a pas de limite, nous avons écrit la musique que nous voulions. Il y a des cuivres, de l’orgue, des choses comme ça. Il y a toujours eu des groupes avec un son énorme, avec des spectacles incroyables. On essaye de suivre leurs traces. On est devenus beaucoup plus créatifs en tant que musiciens.



Avec ces deux derniers albums, la signature chez Mascot Records, vous êtes bien implantés. Je vois aussi que tu as une nouvelle coupe de cheveux, Ben. Est-ce que c’est quelque chose sur laquelle tu travailles, est-ce que c’est votre management ou votre label qui vous demandent de travailler sur certains aspects pour montrer que vous n’êtes plus des débutants mais un groupe bien installé ?

Ben : Je déteste mes cheveux peroxydés ! (Rires). Non, nous sommes qui nous sommes. Nos fans aiment ça.


Mais sur cet album, on dirait que vous travaillez davantage sur votre image. C’est le cas ? Car la dernière fois que l’on s’est vus, tu portais une casquette (lors de la dernière interview, le groupe était en concert la veille à Paris, et les musiciens s’étaient habillés très modestement, ndr).

Ben (éclate de rire) : Quand on est en tournée, on a souvent des interviews, des shootings photo… On voyage en bus etc, donc on se met à l’aise, comme dans la vie de tous les jours.


Chris s’est occupé de la production, du mixage, Jon, de la pochette. Ben, quel a été ton apport sur cet album ?

Ben : On l’a produit tous les quatre. Avec Jon, on a eu des idées au niveau du travail des guitares. On a contribué tous les quatre à la création de l’album. Chris est plus dans un registre technique, il s’occupait du mixage, il nous disait : « peux-tu régler ceci ou cela ? », « est-ce que tu peux monter telle chose ? ». On était tous très impliqués, même au niveau des photos. John s’est occupé de prendre des photos.

John : C’est du travail d’équipe, que ce soit au niveau de l’écriture des morceaux ou au niveau de la production. On fait ça depuis qu’on est gamins. On est une équipe, une unité. On fait tous des choses différentes. Chaque membre a son rôle, on a la chance d’avoir un système comme celui-là.


Que ce soit au niveau du groupe, de l’équipe, de nos familles, tout le monde est très impliqué




Du coup, le nom de l’album, "Family Tree", reflète très bien ce système. Votre groupe n’est pas qu’un groupe mais une famille.

John : Bien sûr !

Ben : C’est comme ça que notre business est fait. Que ce soit au niveau du groupe, de l’équipe, de nos familles, tout le monde est très impliqué. On est très reconnaissant de ça. C’est pour ça que ce titre nous a semblé approprié. Il n’y avait pas vraiment d’autre titre envisageable, on savait qu’il fallait choisir celui-là.


Vous avez réalisé un EP l’an dernier ("Black To Blues", ndr) avec des reprises de blues. Était-ce un moyen de montrer vos racines et d’obtenir une certaine crédibilité auprès de vos fans, et notamment de vos anciens fans ?

John : Cet EP, nous l’avons fait juste pour nous amuser. Ça faisait un moment qu’on en parlait, alors on l’a fait. On a pris 5 jours pour enregistrer les 6 chansons. On s’est dit que nos fans aimeraient l’album et que ça en resterait là, mais l’EP a fini numéro 1 au Billboard et il est resté 4 semaines dans les charts de blues. On a vraiment été impressionnés. On a effectivement gagné en crédibilité auprès des fans de blues américains, et pourtant ce sont des personnes difficiles à satisfaire. Le blues est très sophistiqué, donc les fans de blues savent quand une chanson est authentique et sincère.  Alors être accepté par la communauté des fans de blues, c’est très positif. Cet EP nous a aussi aidés à poser les bases du prochain album. Nous nous sommes dit : « soyons le Black Stone Cherry que nous voulons être ». Si l’on veut changer de direction, qu’on le fasse. Nous avons posé de nouvelles règles. Si une chanson a des influences funk, blues, rock, metal, peu importe, soyons qui nous voulons être ! On ne sait pas vraiment où on va, mais c’est nous ! Et ça, c’est grâce à cet EP.


C’est super, car au début de votre carrière, votre musique a reçu des critiques, mais grâce à ce nouvel album, vous avez réussi à unifier toutes vos influences de sorte à ne plus être critiqués à l’avenir.

John : Sur notre premier album sorti en 2006 et sur "Folklore", le deuxième album, (sorti en 2008, ndr), on a mis en lumière nos vraies racines. Mais l’album "Between The Devil And The Deep Blue Sea", (troisième album sorti en 2011, ndr), était très différent. Il est venu à 100% de notre label. C’était un album industriel de groupe de rock commercial faisant des chansons pour la radio. Ce qui est marrant à ce sujet, c’est que l’on ne voulait pas sonner de la sorte, mais en même temps, c’était assez cool car ça a été une bonne expérience.
 

Face aux critiques que vous avez reçues, est-ce que le fait de garder le même line-up depuis la fondation du groupe vous a aidés à dépasser tout ça ? Sans cet aspect familial que l’on retrouve dans votre groupe, auriez-vous peut-être abandonné suite aux problèmes que vous avez rencontrés ?

Ben : Les critiques dérangent, mais tout le monde critique derrière son ordinateur. Maintenant, quand on lit des retours négatifs, ça nous fait rire. Mais quand on a commencé, ça nous touchait beaucoup.

Est-ce que la meilleure réponse à ces critiques est de dire que Warren Haynes (guitariste de Gov’t Mule, ndr) chante et joue sur le titre ‘Dancing In The Rain’ ? Est-ce que ce featuring représente l’authenticité du groupe ?

John : On est fans de Warren et de Gov’t Mule depuis que l’on est de jeunes adolescents. C’est énorme de l’avoir sur cet album. Pour les guitaristes, c’est quelque chose d’incroyable.

Qui pourrait être le prochain invité sur l’album suivant ? Joe Bonamassa par exemple ?

John : Oui !

Ben : On ne sait jamais !


Encore une fois, vous réalisez un album avec 13 pistes. Était-ce un choix délibéré déterminé à l’avance, ou alors votre créativité est-elle tellement importante que vous vous êtes retrouvés avec 13 chansons ?

Ben : On a écrit 17 chansons ! (Rires). On met toujours 13 chansons sur chaque album.


Durant les années d’or du rock, la longueur des albums n’excédait pas 40 minutes. Songez-vous à revenir à cette durée-là pour proposer un contenu plus puissant. En d’autres mots, avec 13 chansons, ne craignez-vous pas que cela limite l’impact de l’album ?

Ben : On essaye de ne pas mettre trop de chansons dans chaque album. Mais on a confiance en nos chansons. Aujourd’hui, les fans apprécient ça, ils veulent plus de chansons. La clé est de garder un bon niveau de qualité. C’est ce que l’on essaye de faire. Sur un album de 13 chansons, on va essayer d’avoir 2 ou 3 singles.

John : Pour notre groupe, ce n’est pas viable d’avoir 3 chansons taillées pour la radio, et de remplir le reste de l’album avec des chansons « bouche-trous », car on ne s’occupe plus de la radio à présent. Les gens vont venir nous voir en live, donc on a besoin de 13 ou 14 chansons que l’on pourra utiliser en concert. C’est très bien d’avoir le choix.


Lors de notre dernière interview, nous avons parlé de James Brown quand on parlait de la voix féminine sur le refrain du titre ‘Soul Machine’ (sur l’album "Kentucky", ndr). Vous m’aviez dit que James Brown et la Motown faisaient partie de votre identité. Est-ce que à partir de cette interview que vous avez écrit la chanson ‘James Brown’ sur "Family Tree" ?

John : Absolument ! (Rires)


Sans des personnes comme Little Richard, James Brown ou Sam Cooke, il n’y aurait pas eu de rock’n’roll




Plus sérieusement, j’imagine que vous avez fait cette chanson car le retour de votre public a été positif concernant ‘Soul Machine’ (titre figurant sur l'album précédent, "Kentucky", ndr) ?

John : ‘Soul Machine’ est une chanson incroyable, c’est ma chanson préférée à jouer en live. Chacun d’entre nous aime jouer de nombreux genres musicaux. Je me suis dit que la première musique que j’avais probablement écoutée était celle du label Motown, les albums de Marvin Gaye… Pour moi, personnellement, c’est ma musique préférée. En tant que fans de la Motown, nous avons ces éléments-là dans notre musique. Il y a de la soul, du RnB, du funk. Sans des personnes comme Little Richard, James Brown ou Sam Cooke, il n’y aurait pas eu de rock’n’roll. J’ai très hâte de jouer ‘James Brown’ en live.


Maintenant que vous avez écrit cette chanson, ‘James Brown’, quel serait l’autre personne ou groupe à qui vous pourriez rendre hommage lors du prochain album ?

Ben : Je ne sais pas ! On ne sait jamais !

John : Ce que j’admire dans notre groupe, c’est qu’on ne se dit pas : "il faudrait que l’on écrive une chanson à propos de telle personne". On écrit une mélodie et ça nous rappelle une influence.

Ben : Sur ‘James Brown’, le riff d’intro est funky dans le style de James Brown. La chanson s’est en quelque sorte nommée toute seule, on ne l’a pas nommée comme ça consciemment.


Sur la chanson ‘Bad Habit’, vous ralentissez le rythme. Était-ce un moyen de sonner plus « heavy » et de marquer votre territoire dès le début de l’album ?

John : Tous les groupes de hard rock au monde ont des chansons un peu cliché, et nous aussi. Sur cette chanson, il y a des changements de mesure, et ça la rend cool. Quand on crée des choses comme ça, on a hâte de voir ce que ça donnera en live, les gens vont se demander ce qui se passe.


Il y a un super groove sur la chanson ‘New Kinda Feelin’…

John : C’est marrant, tout le monde me parle de cette chanson !


Nous avons joué dans des très grandes salles, mais dans les petites salles, il y a une véritable énergie, c’est captivant



Est-ce un moyen de montrer que vous pouvez toujours jouer dans des petites salles comme dans des bars ?

Ben : Nous avons joué dans des très grandes salles, mais dans les petites salles, il y a une véritable énergie, c’est captivant. On a l’impression d’être sur scène avec le public !

John : Si on nous disait : "les gars, vous n’allez jouer que sur des grosses scènes jusqu’à la fin de votre vie !", forcément, ce serait incroyable, mais les petites scènes nous manqueraient. Quand on a commencé, je me rappelle de certaines tournées où il y avait 30 ou 40 personnes dans la salle. Mon père me disait quelque chose dont je me rappelle, il disait : "peu importe combien il y a de personnes dans le public : qu’il y ait 10 personnes ou 10 000 personnes, joue comme s’il y en avait 100 000". Il m’a raconté l’histoire de ZZ Top qui était venu jouer à Louisville dans le Kentucky dans les années 70. Ils avaient joué dans un bar, et il y avait 15 personnes. Le patron leur avait même proposé d’annuler le concert. Plus tard, quand ils sont revenus dans le coin, ils ont joué dans un stade. On a grandi aux États-Unis, et des fois, des groupes apparaissent et sortent des hits énormes. Et quand tu découvres un groupe comme ça, tu deviens obsédé par ce groupe. Nous avons des fans partout dans le monde. Ils ont créé une fan page sur Facebook qui s’appelle "Cherry Heads". Ces gens sont incroyables d’avoir créé ce groupe. Ils veulent nous encourager et ça n’a pas de prix, vraiment, c’est incroyable.


‘My Last Breath’ est la seule ballade sur l’album. Était-ce un choix de votre part ou est-ce que cela s’est fait naturellement ?

Ben : Cela s’est fait naturellement. On ne se réunit jamais pour dire : "il faut qu’on écrive une ballade". On veut que l’album soit diversifié. On avait plutôt des chansons rock’n’roll, mais on a cette longue ballade qui nous est venue comme ça.


Il y a aussi des chansons comme ‘Southern Fried Friday Night’ ou ‘You Got The Blues’ où les ambiances sont plus joyeuses.

John : C’est assez particulier car chaque album a ses côtés sombres. C’est humain, nous ressentons des émotions. Nous sommes 4 personnes, on a des manières différentes de voir les choses, mais quand on écrit des chansons, on se réunit, et on partage nos idées. On essaye de retranscrire nos émotions personnelles dans chaque chanson. Des fois, on écrit sur nos expériences personnelles. Mais si je trouve une phrase de funk et que je suis dans une bonne journée, je peux jouer quelque chose de beaucoup plus joyeux. On n’a jamais écrit que des chansons sombres, ou que des chansons festives, ou que des ballades, on prend ce qui nous vient et on mélange tout ça. C’est comme ça que ça se passe.


Tant que tu réalises un album, que tu pars en tournée et que des gens viennent te voir en concert, c’est tout ce qui compte



Pour finir, quelles sont vos attentes pour cet album ?

Ben : On a appris qu’il ne fallait pas avoir d’attentes ! On est très fiers de l’album, mais les attentes, nous n’en avons pas. Cela ne veut pas dire que l’on n’espère rien, mais de la sorte, on sera toujours surpris positivement.

John : Il y a toujours des bonnes surprises. Tant que tu réalises un album, que tu pars en tournée et que des gens viennent te voir en concert, c’est tout ce qui compte. Un groupe de rock ne va pas vendre un million d’albums. Ça pourrait arriver, mais les gens écoutent en streaming maintenant. C’est le cas pour tous les groupes, pour les jeunes groupes et les groupes professionnels. C’est très important pour nous d’avoir un son authentique et de faire des concerts où les gens auront envie de venir, car s’il y a une chose que les gens ne peuvent pas télécharger et voir en streaming, ce sont les concerts, boire de la bière, sortir avec des amis, ça ne pourra jamais être remplacé ! C’était déjà le cas dans les années 50, 60, 70… On est très chanceux d’avoir des gens qui continuent de venir nous voir, alors on va continuer à faire des chansons !


Merci beaucoup !

Les deux : Merci !




Merci à Loloceltic pour sa contribution...



Plus d'informations sur http://blackstonecherry.com/
 
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