Ce jeudi 22 mars 2018, l'Accorhotels
Arena ouvrait ses portes pour la première des 2 dates du plus grand
groupe de Rock français du moment, Shaka Ponk (Album Rock aux Victoires de la
Musique 2018, avec leur tout nouvel opus studio, le 6ème, The EVOL).
SHAKA PONK
Après avoir pu apprécier Mai Lan en première partie, c'est un public survolté
et conquis d'avance, malgré les heures d'attente dans le froid, qui accueille
un par un les musiciens du groupe, Steve aux claviers et samples, Cyril à la
guitare, Ion à la batterie et Mandris à la basse, au son de l'introduction qui
annonce d'entrée de jeu l'ambiance du show qui va suivre.
L'immense scène est, dans sa totalité,
occupée par le décor des ruines d'un monde sur lequel la nature a repris ses
droits, et par l'écran géant qui diffuse les images de synthèse des singes, nos
ancêtres, qui nous apprennent que le temps est venu de regarder, d'écouter, et
de parler.
C'est le moment où Sam, la chanteuse,
fait son entrée pour rejoindre Frah, son acolyte avec qui elle partage le
micro, sur le très explosif 'Killing Hallelujah', titre symbolique
d'un des messages véhiculés par le groupe : le respect de la vie et des
animaux.

Frah, toujours très friand de bains de foule, n'attendra pas bien longtemps
pour sauter dans la fosse, et ce dès le premier titre, avant de remonter sur
scène pour 3 morceaux, dont le plus ancien de ce long set, 'Twisted
Mind'.

Mais il ne peut s'empêcher d'y
retourner, dans cette foule, au point même de s'y installer à la fin de 'Party', titre taillé sur mesure pour un gigantesque circle pit
qu'il orchestre juché sur un cube, autour duquel les spectateurs ne tardent pas
à former une tornade humaine.

Sam le remplace alors au milieu du
public, pour interpréter la poignante reprise de 'Smells Like Teen Spirit' de Nirvana, pendant qu'il
part escalader les gradins, pour un moment de partage avec quelques spectateurs
qui ne s'attendaient sans doute pas à cette visite.

Le jeu entre les artistes et leur
public est incontestablement une marque
de fabrique du groupe, comme en témoigne une autre opportunité de s'amuser tous
ensemble au moment de 'War Dance' où, à la demande de Frah, la
fosse se sépare en 2 avant un magnifique wall of death !
L'autre marque de fabrique des Shaka
Ponk est aussi et surtout, l'interaction entre les musiciens et la technologie
de l'écran géant, qui donne au show une dimension qui dépasse le simple
concert.

Le point d'orgue de cette interaction est le moment tant attendu de
la récurrente 'Battle' où Goz, 7ème membre à part entière du
groupe, tant on en a oublié qu'il était virtuel, se mesure aux musiciens de
chair et d'os. Et cette fois, il a mis le paquet pour son combat, en allant chercher
des alliés de choix, et en ne ressuscitant pas moins que Messieurs Kurt Cobain,
Prince, Bowie et Lemmy, s'il vous plait ! Le public est en délire, et on
vous laisse deviner qui des Shaka Ponk ou des légendes remportent la
victoire !
Les morceaux s'enchainent à un rythme
endiablé pendant près de 2 heures 30, durant lesquels 12 titres du dernier
album, dont le satyrique 'On Fire' qui parle du Showbiz, et 'Bunker' qui traite des attentats font la part belle à d'autres
chansons des précédents albums, comme les incontournables 'Shiza
Radio', 'Picky', et 'Palabra mi Amor' grâce
auquel Bertrand Cantat est présent par la voix, en alternant avec des moments
plus poétiques comme 'Mysterious Way' qui illumine Bercy de
milliers d'étoiles électroniques (les flash de portables ayant remplacé les
flammes de briquets), et le mélancolique 'Summer Camp', qui sont
les bienvenus pour donner un peu de répit aux monkeys (comprenez : les
fans de Shaka Ponk) et leur permettre de reprendre leur souffle.


On en oublie presque qu'il faut une fin, et le concert se termine (déjà ?
On ne voit pas le temps passer!) comme il a commencé : une grande
communion entre les membres du groupe et le public, que Frah et Sam réussissent
à faire asseoir avant un gigantesque jump à l'unisson lors de 'Rusty
Fonky' et où Frah, après un dernier slam depuis un double cube, finit
porté debout sur la marée humaine, tel un demi-Dieu (clin d'œil à Edouard
Bear), par un public émerveillé et en transe.


Ce jeudi 22 mars 2018, les Shaka Ponk et leur générosité ont enflammé
l'Accorhotels Arena dans un brasier d'énergie, de décibels, de lumière
et de sueur.
S'il reste des billets pour un concert près de chez vous, incontestablement,
ne manquez pas d'aller voir ces musiciens magiciens qui sauront vous transporter dans leur univers où
l'humain, le rock et la technologie se mêlent pour former un monde meilleur.
Peace & Rock !

Merci à Cath, alias Maman Monkey ;)
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