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AUGUST BURNS RED (27 MARS 2018)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
METALCORE
Quelques minutes avant de monter sur scène pour mettre le feu au planche de la Machine du Moulin... Rouge, nous avions rendez-vous avec "JB" Brubaker, le guitariste d'August Burns Red.
STRUCK - 16.05.2018
August Burns Red est le parfait contre-exemple du vieil adage "Nul n'est prophète en son pays". Alors que le groupe est une véritable institution metalcore de l'autre côté de l'Atlantique en trustant les premières places des charts US , il peine à se faire une place au soleil en Europe... "Phantom Anthem", le superbe dernier album en date, confirme cette tendance et la venue du groupe en France est l'occasion rêvée de faire le point sur cette question et bien d'autres...


Quelle est la question qu’on t’a trop souvent posée ?

John Benjamin "JB" Brubaker : "Comment se passe la tournée ?". C’est la question qu’on nous pose à chaque fois une interview pendant nos tournées… C’est le type même de question générique, standard…





Nous nous rencontrons dans le cadre d’une tournée avec Heaven Shall Burn mais aussi Whitechapel et In Hearts Wake. Cette tournée courte mais intense en dates regroupe 4 formations qui ont un point commun, une attitude positive et une envie de faire avancer notre société en mettant en avant des valeurs humaines. Il était important pour vous de tourner avec des groupes ayant des valeurs communes aux vôtres ?


Bien sûr ! Pour moi, c’est plus qu’un bonus dans ce cas. Nous avons reçu l’offre d’Heaven Shall Burn de faire cette tournée et évidemment, nous étions honorés de faire leur première partie. Nous savons que c’est un groupe important en Europe et en particulière en Allemagne. C’est donc une belle opportunité pour nous de nous ouvrir à un public qui ne nous connait pas encore.


Peut-être que l’image du groupe ne fonctionne pas [en Europe]…



Et justement comment expliques-tu que vous soyez si importants  aux Etats-Unis et pas en Europe ? Penses-tu que votre message positif a du mal à passer ici ?

Hum, je ne sais pas si c’est le problème. Je ne sais pas exactement pourquoi August Burns Red est plus populaire aux Etats-Unis qu’en Europe... Peut-être que l’image du groupe ne fonctionne pas ici…


Je ne pense pas que nous sonnons comme un groupe de metal européen…





Mais pourquoi ?

Je ne sais pas… J’ai l’impression que la scène metal en Europe est plus sombre, a un certain look et un son que nous n’avons pas : je ne pense pas que nous sonnons comme un groupe de metal européen…


Nous y reviendrons… concernant cette tournée, Heaven Shall Burn qui est tête d’affiche est très engagé contre le racisme, l’oppression et milite pour un mode de vie straight edge. Vous vous retrouvez dans leur discours assez engagé et loin finalement des sujets classiques métalliques ?


Je dirais qu’Heaven Shall Burn a un son qui attire le public européen et surtout, ils proposent un show que le public européen veut voir d’un point de vue production : et je sais qu’ils font le maximum pour proposer de gros concerts ici en Europe. August Burns Red ne l’a pas encore fait ici parce que le coût est trop élevé pour nous : venir des Etats-Unis, payer toute la production… Mais notre objectif est d’y parvenir très vite : nous prévoyons de revenir en fin de cette année et nous offrirons de plus gros concerts…


Peut-on dire que cette conquête du marché européen vous rappelle vos débuts ?


Non, non, non… Nous jouons en Europe depuis 10 ans, on ne peut pas dire que nous commençons notre carrière européenne : ce serait un vrai camouflet (Rires) ! Non, je dirais que le public européen qui connait la scène metal connait le nom d’August Burns Red… En revanche, nous n’avons pas fait de tournée européenne en tant que tête d’affiche depuis 2013. Depuis, nous nous sommes cantonnés à faire les festivals d’été et nous devons changer cette façon de faire et refaire la tournée des salles de concerts comme nous prévoyons de le faire en fin de cette année.


Musicalement Heaven Shall Burn avec sa longue carrière et son statut de quasi pionnier du genre, il a été un mentor ou un exemple à suivre quand vous avez lancé votre carrière ?

Ils ont certainement posé les fondations et établi un bon business model pour avoir une longue carrière et continuer à grandir en tant que groupe. J’ai parlé avec eux de tout cela. Et c’est amusant parce que leur guitariste m’a dit qu’ils avaient des boulots à côté et qu’ils n’avaient pas besoin de l’argent que leur rapportait Heaven Shall Burn. Cet argent, ils le réinvestissent dans leur concert afin qu’ils soient plus gros à chaque fois avec les effets pyrotechniques et tous les autres effets… en particulier en Allemagne -ce qui ne sera pas trop le cas ce soir- mais de notre côté, nous ne pouvons pas de réinvestir tout notre argent dans nos concerts mais je constate une tendance où les groupes poussent la production à un niveau plus élevé pour devenir plus importants afin de créer un cercle vertueux : le public s’en apercevra, viendra plus nombreux et générera plus d’argent… Je trouve que c’est un bon business model !


Nous sommes donc très concernés par le côté business !



On parle de business model autant que de la musique : n’est-ce pas frustrant que le côté artistique se retrouve au même niveau financier pour un musicien comme toi ?

Pour ma part, non… August Burns Red est un groupe auto-managé : je manage le groupe avec notre autre guitariste, Brent (NdStruck : Brent Rambler). Nous sommes donc très concernés par le côté business ! J’aime également le côté créatif -je suis le principal compositeur du groupe- j’aime vraiment ces deux aspects du groupe.


Tourner avec un groupe qui s’appelle Heaven Shall Burn (NdStruck : "Le Paradis doit brûler"), n’est-ce pas paradoxal pour un groupe chrétien comme le vôtre ?

Si tu le prends au pied de la lettre oui… D’ailleurs, c’est amusant, j’en ai parlé avec les membres d’Heaven Shall Burn dès le premier jour de cette tournée, qui m’ont dit que c’était amusant que nous ayons accepté de tourner avec un groupe qui porte un tel nom. Le fait est que tous les membres d’August Burns Red ne sont pas tous chrétiens mais même si c’était le cas, nous aurions quand même tourné avec un groupe comme Heaven Shall Burn parce que ce n’est que de la musique et non de la religion : nous sommes ici pour faire de la musique et divertir le public.


Et auriez-vous tourné avec des groupes comme Behemoth également ?


Bien sûr ! En revanche, je ne sais pas si nos fans aimeraient ce mélange des genres…


.. et je ne pense pas que ceux de Behemoth aimeraient aussi…

C’est vrai ! Mais les mecs de Behemoth sont des gars normaux qui se maquillent et jouent du black metal ! Je pense que Nergal est athéiste qui croit qu’il n’y a ni Dieu, ni Mal : c’est quelqu’un qui joue un personnage dont le discours plait à un certain public.


"Phantom Anthem" est votre huitième album en moins de 10 ans. Comment expliques-tu une telle productivité créative ?


(Sourire) Je dirais seulement que nous n’arrêtons jamais, nous travaillons dur tout le temps… et même quand nous sommes en tournée, nous trouvons toujours une opportunité pour composer. C’est la raison pour laquelle August Burns Red est ce qu’il est depuis 15 ans et a cette carrière…


… le fait d’avoir le même line-up depuis 2006 doit également aider, je suppose…


Bien sûr ! Non seulement nous avons le même line-up depuis 12 ans mais nous avons également le même tour manager et les mêmes personnes qui s’occupent de nous. Nous sommes un groupe très uni qui compte les uns sur les autres.


On pourrait penser que productivité signifierait manque d’inspiration. Ce n’est clairement pas le cas, "Phantom Anthem" est probablement le meilleur album de death mélodique… pardon de metalcore de l’année passée…

Et bien, je suis super content que tu penses cela et je sais que cet album a reçu un très bon accueil de nos fans. Nous aimons également cet album et je suis très fier de ce que nous avons fait sur "Phantom Anthem" qui est une bonne synthèse de notre son actuel et celui passé.


Le fait de parler de death mélodique n’était pas une erreur feinte tant votre musique et un titre comme ‘Hero of the Half Truth' sonne comme Soilwork époque "Stabbing the Drama". Es-tu d’accord ?


Non, parce que je ne connais pas bien ce groupe. En fait, je ne les connais que de nom…


Nous n’avons pas le look typique d’un groupe de metal





Justement, nous disions en début d’interview qu’August Burns Red ne marchait pas aussi bien en Europe qu’aux Etats-Unis parce que votre son n’était pas européen or à l’écoute de ce titre et d’autres, très Soilwork, certains de vos titres sont très proches du death mélodique issu de la scène de Göteborg…

… et bien, ça me fait revenir à la notion de look que j’évoquais : nous n’avons pas le look typique d’un groupe de metal parce que je suis parfois en tongs sur scène et peut-être que c’est le genre de choses qui jouent (Rires)…


Avoir eu Adam Dutkiewicz (NdStruck : guitariste de Killswitch Engage), Tue Madsen et Devin Townsend en producteurs, mixers… de vos premiers albums, n’avez-vous pas craint d’être blasés et de vous demander qui serait le prochain nom ?

Vu ainsi, c’est vrai que nous avons travaillé les plus grands noms très tôt mais c’était très important pour un label de s’afficher avec de tels noms…


… encore une fois, c’était une stratégie ?


Bien sûr que c’était la stratégie d’avoir le sticker "produit par Adam D.", "produit par Jason Suecof"… c’était important ! Et nous étions des gamins, nous jouions de la musique, faisions des albums et nous étions payés pour le faire : c’était super excitant, nous voyagions beaucoup et le public semblait aimer notre musique… Mais à un moment, nous tournions tellement que lorsque nous revenions de tournée, nous ne voulions pas repartir en voyage pour enregistrer et nous avons décidé de le faire chez nous. Cela fait donc 4 albums -si tu comptes "Sleddin' Hill", notre album de Noël- que nous faisons chez nous à Lancaster en Pennsylvanie avec le même producteur (NdStruck : Carson Slovak). J’aime beaucoup travailler avec lui autant que je sais qu’il aime travailler avec nous. Et même si il n’a pas le nom d’un Adam D. ou Tue Madsen, je sais que la qualité de son travail est aussi bon. Nous sommes très contents du résultat et c’est logique de continuer à travailler de la sorte.


Tout le long de l’écoute de "Phantom Anthem", il y a des tubes potentiels comme ‘The Frost’. En avais-tu conscience au moment de les composer ?

Non ! Je ne pense pas qu’August Burns Red est un groupe qui sera un jour diffusé en radio du moins pas aux Etats-Unis, il y a trop de cris dans nos chansons. Mais je trouve que ‘The Frost’ est une chanson vraiment cool qui sonne de façon plus claire ou du moins, moins sombre même si c’est un titre heavy et metal : ce titre est différent pour nous. Je savais que personnellement j’aimais vraiment cette chanson mais c’est le cas de toutes les chansons que je propose, si je les propose, c’est que je les aime…


Je suis un énorme fan d’August Burns Red !





D’ailleurs, tu continues à écouter tes albums une fois qu’ils sont enregistrés ?


Une fois que l’album est sorti, je l’écoute continuellement ! Je les écoute en tant que fan ! Je suis un énorme fan d’August Burns Red (Rires) ! Je regrette ne pas pouvoir écouter notre musique avec des oreilles fraîches qui écouteraient nos chansons pour la première fois sans savoir à quoi s’attendre… mais c’est impossible !


Le clip de ‘The Frost’ d’ailleurs, faut-il y voir un clin d’œil à ‘Let it Go’ de Betraying the Martyrs ?


Ah non, je ne savais pas qu’ils avaient fait cela (Rires) !


Quel est ton avis sur Betraying the Martyrs justement ?


C’est un groupe cool qui travaille dur. Il n’y a pas beaucoup de groupes français de metal qui s’exportent et c’est cool d’en voir un qui y arrive…


… avec Gojira !

Bien sûr, Gojira est l’exception !


August Burns Red est la meilleure preuve qu’on peut avoir du succès sans vendre son âme au diable…

(Rires) Je suis d’accord avec le fait que nous n’avons pas perdu notre intégrité et je peux dire que nous n’avons pas sorti d’album dont nous n’étions pas totalement satisfaits artistiquement. Nous continuons à faire ce que nous voulons et c’est peut-être également une des raisons qui limitent notre succès d’un point de vue commercial, nous n’avons jamais tiré les choses vers le bas, nous voyons toujours les choses d’un point de vue complexe…


Penses-tu que si August Burns Red avait sorti deux fois le même album vous seriez plus populaires ?


Hum… Premièrement, je suis content que tu ne penses pas que nous avons sorti deux fois le même album (Rires) parce que je suis convaincu que d’autres prétendront que certains titres sonnent exactement pareil…
Si nous avions sorti deux fois le même album, les gens s’ennuieraient et ne seraient pas dupes en disant que c’est la version n°2 de tel album… Mais c’est vrai que certains aimeraient que nous faisions un "Messenger n°2" mais si nous le faisions, je suis convaincu que tu t’ennuierais et que finalement, tu ne l’aimerais pas : ça n’a pas de sens…


August Burns Red repousse sans cesse les frontières musicales… N’avez-vous aucune limite ?


J’aimerais répondre non (Sourire)…


Je ne suis pas sûr que nous avons assez confiance en nous pour nous lancer dans des chants clairs forts !





… mais…

Je ne sais pas… Nous n’avons jamais franchi le pas dans le chant, nous avons toujours intimidé par cela… Et je pense que si nous devons le faire, nous aimerions le faire bien et je ne suis pas sûr que nous avons assez confiance en nous pour nous lancer dans des chants clairs forts ! Peut-être que c’est un élément qui pourrait nous permettre d’être plus populaire aussi… Il y en a un peu dans « Phantom Anthem », je dirais que c’est du doublage (Rires) !


Les groupes de metalcore sont sans cesse critiqués. Comment expliques-tu que August Burns Red passe entre les gouttes ?

Les groupes metalcore sont souvent critiqués parce que les gens considèrent que ce n’est pas du vrai metal, qu’ils sonnent tous pareil et par conséquent, ils craignent (Rires)… Mais c’est vrai qu’il y a une époque où le metalcore était en vogue et il y a eu l’arrivée de pleins de groupes qui sonnaient tous de la même façon, qui suivaient tous la même recette, les mêmes gimmicks… J’estime que nous n’entrons pas dans cette liste en faisant ce que nous voulons faire… Bien sûr, nous jouons quand même du metalcore mais nous n’avons jamais suivi les tendances des tas de groupes metalcore en vogue qui sont disparus aussi vite qu’ils sont arrivés. Nous sommes toujours présents parce que nous n’avons jamais décidé de suivre les tendances !


Et le fait de ne pas suivre cette tendance explique-t-il que vous soyez désormais aux Grammy Awards à chaque nouvel album ?

Et bien, le fait d’être un groupe depuis si longtemps fait que nous sommes respectés par nos pairs de l’industrie du metal, je suppose que c’est pourquoi nous avons eu la chance d’être nommés au Grammy. C’est compliqué d’être reconnu par le monde de la musique si tu débutes dans le monde de la musique.


Et quelle peut être la prochaine étape pour August Burns Red ?


En gagner un et ne plus seulement être nommé au Grammy Awards (Rires) !


Mais de façon générale ?

J’aimerais devenir un groupe référence dont les gens parleraient dans les prochaines années, c’est le rêve ! Etre un groupe référence comme Slayer. Je n’essaie en aucun cas de comparer August Burns Red à Slayer mais ce que Slayer a accompli pour arriver au sommet du monde metal est un exemple à suivre. Tout amateur de metal connaît le nom de Slayer !


Ce serait cool qu’August Burns Red devienne LE groupe metalcore au même titre que Slayer est LE groupe de thrash.





Mais tu es conscience que pour tout amateur de metal, le nom d’August Burns Red signifie quelque chose ?

Quelque chose : oui… mais ce serait cool qu’August Burns Red devienne LE groupe metalcore au même titre que Slayer est LE groupe de thrash.


On a commencé cette interview avec la question qu’on t’a trop souvent posée, au contraire quelle est celle que tu souhaiterais que je te pose ou à laquelle tu rêverais de répondre ?

Je ne sais pas mais si je dois ajouter quelque chose, c’est que j’ai hâte de revenir pour faire une vraie tournée européenne et à Paris avec August Burns Red. Je ne sais pas quand cette interview va paraître mais nous devrions annoncer très prochainement une grande tournée européenne en tant que tête d’affiche pour la fin de l’année... C’est excitant pour nous de finalement d’être à nouveau tête d’affiche parce que cela fait très longtemps que nous ne l’avions pas fait ici…


Merci

Merci à toi, c'était cool !






Merci à Noise pour sa contribution...


Plus d'informations sur http://www.augustburnsred.com/
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