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LA DANSE DU CHIEN (26 Mars 2018)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
BLUES
Rencontre avec La Danse du Chien : une interview qui vous fera rentrer dans la danse en compagnie de bluesmen pas cabots.
ADRIANSTORK - 12.04.2018
Quelle est la question qu’on vous a trop souvent posée ?

"Pourquoi La Danse du Chien ?"…Et on a souvent répondu à côté, mais en vérité c’est une référence à la biographie de Charles Mingus Moins qu’un chien, dont on est tous fans dans le groupe !


Comment se sont déroulées les sessions d´enregistrement? A l´écoute de l´album, on sent que vous avez pris du plaisir ensemble, on ressent une vraie alchimie sonore. Etait-ce le cas?

Il y a toujours eu cette magie dans le groupe, on prend vraiment plaisir à jouer ensemble, c’est une sacrée chance ! Et c’est encore plus vrai sur scène. Nos univers et nos références sont pourtant assez différents mais quand on se retrouve, tout s’imbrique et se complète très facilement. Nous avons pris le temps pour enregistrer cet album, presque 2 ans, certains sont devenus papas (!) et nous avons surtout dû trouver le digne successeur de notre précédent contrebassiste, Fred Debraine, qui est allé rejoindre une jolie danseuse dans les montagnes helvètes !..Et nous avons rencontré Bruno Lebris…ce gars, c’est un peu un ogre cosaque qui danserait sur un fil avec une ombrelle à la main ! Il a énormément amené à cet album, c’est une très belle rencontre.


Comment travaillez-vous en studio? Etes-vous un groupe démocratique, ou l´un d´entre vous impose-t-il une domination cruelle et sans partage? 

C’est une dictature démocratique ! La plupart du temps, l’un de nous arrive avec une idée, un couplet, un refrain, un riff et on fait notre petite broderie autour, jusqu’à ce que ça devienne un morceau. Mais il arrive aussi que quelqu’un amène un titre quasi abouti, sur lequel il a une vision, une idée précise et là, il faut imposer des choses, ramer ensemble dans la même direction, en se laissant diriger par l’heureux inspiré.





Pourquoi avoir choisi un titre d´album qui tourne le dos aux clichés du blues, même si les sirènes représentent un nouvel avatar des pétroleuses bluesy?
     
                               
Le blues, en tant que style musical, est effectivement souvent enfermé dans ses clichés. Nous, on essaye de l’emmener vers autre chose, vers d’autres histoires, ça peut raconter tellement de choses, un blues. On peut aisément s’échapper du lendemain de beuverie ou de l’amour déçu, d’ailleurs je ne crois pas qu’on ait jamais sorti une chanson d’amour dans La Danse du Chien…Ce titre évoque les deux facettes de l’album : des titres très tempétueux et sauvages d’un côté et des petits instants de douceur inquiétante de l’autre…


Le blues, en tant que style musical, est effectivement souvent enfermé dans ses clichés. Nous, on essaye de l’emmener vers autre chose, vers d’autres histoires, ça peut raconter tellement de choses, un blues.


Par ailleurs, sur la pochette, n´y a-t-il pas une erreur de cadrage volontaire qui ferait dire à un Tartuffe moderne "Cachez ce mamelon que je ne saurais voir?" 


Oui, c’est tout à fait volontaire ! Vous avez déjà essayé de poster une photo de femme seins nus sur Facebook ou Deezer ? Ca devient vite compliqué. Et, je ne sais pas pourquoi, mais je sens que ça ne va pas aller en s’arrangeant... Cela dit, notre intention n’est pas de montrer une femme nue en pochette pour créer le buzz, cette image c’est une femme forte, libre, mystérieuse et sexy qui vous regarde droit dans les yeux…et quel regard !


L´album débute par ´Rise´ avec l´entrée progressive des instruments et de la voix. Une façon de dire "Voilà on vous avait promis du blues, on débute doucement mais surement"?

Quand on a choisi l’ordre des morceaux, on s’est rendu compte que 'Rise' trouvait sa place en début d’album, ce qui tombe plutôt bien puisque c’est une invitation à la fête, à une émeute populaire joyeuse, c’est donc une bonne introduction et c’est aussi un clin d’œil appuyé au Wang Dang Doodle de Willie Dixon.


On est vraiment dans un blues pur, la voix, les guitares poisseuses, les coups pleuvent sur la caisse claire. Est-ce que l´on peut dire que cet album est entre autres comme une machine à remonter le temps, un document historique sur ce genre?

Ce qui nous plait dans le blues, c’est le son, le grain, l’humain, les accidents et une structure simple qui ouvre beaucoup de possibilités narratives et musicales, c’est un espace de liberté et d’improvisation, mais nous ne cherchons pas particulièrement à perpétuer une tradition, c’est plutôt une relecture consciente d’un héritage comme l’ont fait beaucoup d’autres musiciens (PJ Harvey, Tom Waits, Jon Spencer Blues Explosion, Jack White ou Hell’s Kitchen, pour ne citer qu’eux).


Le saxophone proche du jazz apporte un air tantôt lancinant tantôt rugissant, était-ce facile de le coller à l´environnement blues? 

Quand on a formé le groupe en 1998 avec Sébastien Teulie et Paul Melnotte, on avait déjà une idée assez précise du son que l’on voulait entendre, quelque part entre rock indé et Charlie Mingus, le sax baryton était une évidence et depuis que Guillaume Christophel nous a rejoints, c’est carrément l’apothéose ! C’est un instrument avec une tessiture très blues, qui fonctionne aussi bien en appui rythmique qu’en improvisation solo. Je suis sûr que les bluesmen de la grande époque, s’ils en avaient eu les moyens, auraient adoré travailler avec cet instrument.


Justement avec un morceau comme ´Primitive´ qui réunit tous les poncifs du genre, avez-vous l´impression d´avoir ajouté votre pincée de sel ?

Il y a quelques années, La Danse du Chien a été invité, avec d’autres artistes, à rendre hommage au groupe The Cramps et à revisiter un de leurs tubes. On adorait leur version fantomatique de 'Primitive' sans savoir que c’était déjà une adaptation des Groupies. On a voulu lui redonner un côté rêche et originel avec le riff d’harmonica qui remplace le refrain et ce long passage tribal d’inspiration Gnawa au milieu. Ça fait déjà quelques années qu’on la joue sur scène.


La voix est grave, à couper au couteau, proche du Captain Beefheart mais avec sa propre dose d´originalité dans l´interprétation. Comment s´est trouvé ce compromis entre couleur locale et interprétation personnelle?

Ça, c’est difficile à dire ! Ma voix évolue avec le temps et l’envie de l’explorer autrement aussi. Sur cet album, j’avais l’idée d’incarner davantage les personnages dont je raconte l’histoire, d’être moins linéaire, et on se retrouve avec des intentions vocales très différentes d’un morceau à l’autre. Certains auditeurs sont même persuadés qu’il y a plusieurs chanteurs dans le groupe !


Ce qui frappe chez vous c´est votre aisance à créer une atmosphère, comme celle nocturne de ´Strange Fruit´. Comment y arrivez-vous?

Reprendre 'Strange Fruit' a été un sacré challenge. Pour nous, ce standard est intouchable, c’est un des plus beaux, un des plus tristes et troublants morceaux au monde. C’est aussi un titre politiquement fondamental : en l’interprétant, Billie Holiday à provoqué une prise de conscience internationale à propos de la ségrégation aux Etats-Unis et ça a vraiment contribué à faire bouger les choses à l’époque. Sa version exprime toute la lassitude et le désespoir d’une communauté, la nôtre, c’est l’effroi, la révolte et la rage face à cette putain de corde qui se tend…


Certaines chansons ont une dimension cinématographique, comme ´Room 25´ ou encore le dernier morceau qui se termine a cappella avec le bruit du ressac. Le cinéma est-il un media qui vous inspire?

Oui, carrément, c’est d’ailleurs autour d’un projet de film d’animation que La Danse du Chien s’est formé. Jarmusch, Scorsese, Kusturica nous inspirent beaucoup, ainsi que des auteurs comme Sam Shepard, Bukowski, James Ellroy ou John Fante qui ont tous un lien fort avec le cinéma.





Quel est le thème de la chanson ´Room 25´, on a l´impression d´entendre un narrateur parano qui aurait peur d´un ascenseur?

C’est une histoire qui nous est arrivée un soir de tournée, je crois que c’était en Bretagne. On est rentrés à notre hôtel vers 3h du matin, l’endroit était assez glauque, on a réveillé le type de la réception qui nous a filé nos clés dans un demi-sommeil. Je suis monté au deuxième, chambre 25 et quand j’ai ouvert la porte…un courant d’air glacial m’accueilli, la fenêtre de la chambre était grande ouverte, la pluie rentrait et quand j’ai allumé la lumière, je me suis aperçu que la pièce était ravagée ! Le lit en vrac, la télé par terre, des traces brunâtres sur les murs et la moquette…et je passe sur l’état de la salle de bain. Là, le réceptionniste est arrivé en courant, nous a poussé dehors en déclarant que la chambre était en travaux ! Et évidemment on a passé la nuit à imaginer ce qui avait bien pu se passer dans cette piaule !


Par ailleurs, est-ce que vous attachez un soin pour les paroles, est-ce que vous essayez d´apporter de l´eau au moulin blues en jouant des clichés du genre ou avez-vous réussi à gagner votre propre interprétation. Quels sont vos thèmes de prédilection?

J’essaye le plus possible de raconter une histoire mais sans qu’elle soit trop explicite ou narrative, en utilisant des mots et des phrases qui sonnent avec la musique. C’est souvent la sonorité d’une phrase qui donne le point de départ, après je me débrouille pour lui trouver un sens et dérouler le fil. Ce sont souvent des portraits de personnages un peu barrés ou des situations grotesques que j’ai captées dans un film, un bouquin ou dans la rue et que je développe ensuite.


Sur ´Lie To Me´, on peut entendre le chanteur éructer un discours qui sonne comme celui d´un politicien? Est-il toujours temps de changer comme il le dit dans la chanson? 

''Le changement c’est maintenant'' ou ''Yes we can'' sont des poncifs auxquels plus grand monde ne croit, de belles promesses. Que les artistes et les intellectuels appellent à la révolte, au rêve ou au changement c’est une chose naturelle, c’est même leur rôle, mais il me semble que les politiciens devraient s’attacher un peu plus au concret, à la vraie vie. C’est le côté bonimenteur, vendeur de potion miracle que je raconte ici avec en prime un écran plat et un abonnement au câble en échange de votre voix. C’est aussi un peu ''Taxi driver'', où le gars se dit qu’il n’a pas d’autre choix que de plonger seul dans la merde pour ramener un peu d’espoir…


Que les artistes et les intellectuels appellent à la révolte, au rêve ou au changement c’est une chose naturelle, c’est même leur rôle, mais il me semble que les politiciens devraient s’attacher un peu plus au concret, à la vraie vie.


On sent que vous ne voulez pas rester confinés au genre stricto sensu. Par exemple, ´Diposophobia´ lorgne un peu vers la folie de Grinderman? Est-ce un de vos groupes dont vous appréciez la réinterprétation personnelle ? Vous trouvez-vous des liens de sympathie avec le groupe de Nick Cave et Warren Ellis ?

Bien vu ! Je crois que pour Sébastien (le guitariste) et moi c’est une référence absolue à la fois musicale et scénique. J’adore aussi Nick Cave avec The Bad Seeds mais je suis davantage client de cette formation resserrée, c’est plus sauvage et plus barré. Et les bandes son de Warren Ellis pour le cinéma sont de vrais petits bijoux


Un autre exemple est votre reprise d´ ´I Wanna Be Your Dog´. Pourquoi avez-vous décidé de tacher ce classique à la sauce blues? Qui a eu l´idée et pensez-vous avoir rempli votre mission?

Au début, c’était un peu une blague de reprendre ce morceau en rappel, à la fin de nos concerts. Un clin d’œil du chien au dog. Mais en accélérant le tempo (qui est très lent dans la version des Stooges) et en ajoutant des cuivres ça donne un morceau qui fonctionne terriblement bien en live ! D’ailleurs ça n’a pas été évident de rendre cette énergie en studio.


Maintenant bas les masques, apparemment vous avez fait d´autres reprises, mais votre travail les rend tout à fait méconnaissables. Quelles sont-elles et pourquoi ces choix?

Sur cet album, on voulait déjà poser sur disque les deux reprises que l’on fait en concert depuis un moment ('Primitive' et 'I wanna be your dog'), il y avait une demande de notre public. Et puis il y a eu l’idée de faire cette version de 'Strange Fruit'. On nous a demandé aussi, il y a quelque temps, de faire une version de 'Radar Love' du groupe Golden Earring pour le générique d’un film, mais je ne pense pas que faire des reprises deviendra une habitude du groupe. En tout cas, on s’est beaucoup amusés à les imaginer et à les tordre à notre façon, c’est un exercice qui donne des résultats étonnants !


C´est un album sur lequel on ne se sent pas en sécurité, le voyage de l´auditeur n´est pas facile comme sur ´Still Waters´ ou rôde l´ombre d´un serpent à sonnettes. Y a t´il une volonté de jouer avec l´auditeur, de le surprendre en lui livrant la carte qu´il n´attendait pas?

Je crois qu’on aurait du mal à faire un album linéaire, dans lequel les titres se ressemblent et s’enchaînent facilement. C’est vrai qu’à l’écoute ça demande de l’attention, ce n’est pas un disque que l’on met en fond sonore en buvant des Spritz avec ses potes ! Et puis on avait envie de développer des titres aux ambiances plus intimes, dans lesquels il y a de l’air, peu d’instruments, les fameuses 'Mermaids'…alors le contraste avec les monstres qui les côtoient peut être assez surprenant.


C’est vrai qu’à l’écoute ça demande de l’attention, ce n’est pas un disque que l’on met en fond sonore en buvant des Spritz avec ses potes !



Vous n´avez pas peur qu´avec votre nom les gens fassent l´impasse en s´imaginant un groupe punk? Je pense que vous avez choisi un nom marquant pour susciter la curiosité mais il semble que la curiosité en musique n´est plus ce qui attire le chaland.

Si vous n’êtes pas curieux, allez vous faire foutre ! (Rires) La musique, comme tous les arts, c’est quand même une histoire de curiosité ! Après, si en tant que musicien, vous visez le tube prémâché et facile à avaler, c’est presque un autre métier. Nous on ne sait pas faire ça…sauf accident (?). En ce qui concerne le nom de La Danse du Chien, c’est clair qu’au niveau ciblage marketing, on s’est un peu planté ! Ça peut être déroutant. Mais on tenait à avoir un nom en français, avec des textes en anglais et un son qui lorgne de l’autre côté de l’Atlantique, ça aurait été dommage de renier complètement notre bon côté franchouillard !! Personnellement, j’adore la tête de veau sauce gribiche ! Bref, maintenant c’est fait et finalement ce nom nous correspond bien, ça raconte quelque chose, ça fait 20 ans et on l’assume complètement.





Après quatre albums, est-ce que vous sentez que le meilleur reste à venir? Quelles sont les leçons apprises lors de l´enregistrement de cet album?


Le meilleur est devant nous, c’est clair, même s’il y a déjà un joli parcours et pleins de souvenirs, le groupe tel qu’il est aujourd’hui est au mieux de sa forme ! À part la vue qui baisse et les barbes qui blanchissent, la créativité et l’envie sont au top ! On sait maintenant de quoi on est capable sur scène et en studio. On a appris avec les années à être parfaitement autonomes et à assumer toutes les étapes de production d’un album. Il y a aussi des pièges dans lesquels on ne tombera plus…

Est-ce que l´on va vous voir bientôt sur scène? Votre site liste vos derniers concerts à l´année 2016...

Oui, nous avons fait une longue pause pour travailler sur ''Monsters & Mermaids'', mais notre tourneuse, Kristell Arquetoux, est à pied d’œuvre pour l’année 2018/2019, on vous en dira plus très bientôt ! Je peux d’ores et déjà vous annoncer que la prochaine date parisienne se fera au FGO BARBARA le 28 juin avec, en première partie, un fameux groupe toulousain : Boucan.

Peut-on conclure qu´avec cet album La danse du chien nous a dévoilé des monts et des mermaids! (monts et merveilles) 

On est effectivement très fier de cet album, mais le meilleur de La Danse du Chien c’est le live !


Qu'attendez-vous de cet album ? 

Peut-être qu’il touche un nouveau public, plus large. C’est un album plus ouvert et plus accessible que les précédents. Qu’il nous ouvre aussi de nouveaux horizons de tournées… Les rencontres, la route et la scène, y’a que ça de vrai !


On a commencé par la question qu’on vous avait trop souvent posée, au contraire, quelle est celle que vous souhaiteriez que je vous pose ? 

C’est déjà une très belle interview ! J’ai rarement vu aussi complet, franchement, chapeau ! 
Pendant le tournage de l’epk, la question aux membres du groupe qui revenait comme une blague c’était : « c’est quoi ton morceau préféré de tous les temps ? » Eh bien, en ce qui me concerne, c’est Mannish boy de Muddy Waters, on ne fera jamais plus radical.

Un dernier mot pour les lecteurs de Music Waves ?

 Whouf !


Plus d'informations sur http://ladanseduchien.com/
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