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TITRE:

BetizFest 2018 - Cambrai - 1ère Journée - 06 Avril 2018


TYPE:
COMPTE-RENDUS DE CONCERT
GENRE:

ROCK



La première journée du Betiz Fest met à l'honneur le punk et cela va donner quelques concerts bien furieux.
NOISE - 18.04.2018 -
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Ce premier week-end d’Avril est l’occasion pour Music Waves du rendez-vous avec le Betiz Fest. On rappellera que le festival met à l’honneur les musiques alternatives et permet un mélange des genres, des cultures avec un esprit de tolérance qui fait un bien fou .En 2017 la quinzième édition avait fait un carton et on se demandait si les organisateurs allaient réussir à égaler cette performance. La réponse est tombée la veille, l’évènement a été annoncé complet pour la première fois. Il faut dire que la programmation a frappé fort en conviant des pointures très appréciées. Toujours organisé sur deux jours, les 6 et 7 Avril, le festival a choisi de consacrer une journée au punk et une au metal avec belle variété de genres. Le vendredi commence en fin d’après-midi et au vu des crêtes il est facile de deviner que le punk sera à l’honneur. La salle du Palais des Grottes en a vu d’autres depuis e 40 ans mais elle va être chauffée à blanc plus d’une fois et affiche déjà un bon taux de remplissage quand le premier groupe s’annonce.

Le premier groupe, c’est Overdrivers, qui a déjà fait impression en 2016 avec son hard rock nerveux digne d’AC/DC et le retrouver le vendredi surprend. Le punk et le hard ont des racines communes mais on l’aurait mieux vu à l’affiche du lendemain. Cela ne va pas effrayer un quatuor décidé à montrer qu’il en a dans le slip. Son album vient d’être réédité et le suivant est attendu pour bientôt. En 30 minutes les hard rockeurs vont se mettre le public dans la poche. Ils ont l’excellente idée de foncer sans se poser de questions avec ‘Rockin Hell’. Ce côté direct ne peut que plaire à la frange punk et la partie est gagnée. Porté par la voix rocailleuse d’Adrien, les titres vont s’enchaîner à toute vitesse. Anthony à la guitare est une pile électrique, il ira même visiter la fosse dans une ambiance survoltée. Avec ‘Dirty Girls Island’ ou le petit nouveau ‘Show Your Boobie’ et son refrain instantané ainsi que ‘She Hides A Big Packet’, Overdrivers fait un carton. Son hard graisseux et teinté d'un bel esprit 70’s fait taper du pied en rythme. S’il continue sur cette route avec de telles prestations il ne fait guère de doute que ce quatuor saura monter rapidement les échelons.


Après cette décharge, place à la Bretagne avec Les 3 Fromages. Depuis 2006 le groupe propose un rock plein d’humour avec un sens aigu de la parodie digne des Nuls et des Inconnus et des années 90. Il va chercher aussi ses influences chez les Wampas ou Les Fatals Picards. Ce cocktail promet un concert explosif et la salle est bien pleine pour les accueillir. Le set débute avec une intro digne de Broadway puis démarre en fanfare avec ‘L’amour de la Musique’ ; fun et doté de paroles improbables il met le feu aux premiers rangs  et ça pogote dans tous les sens. Avec ‘Ma botte au cul’ ou ‘Babos à la Playa’ le groupe confirme et fait un carton avec un mélange des genres entre punk, rock et passages celtiques. Les musiciens aiment jouer avec les émotions avec des passages acoustiques et du fun. Entre Mimie Mathy, 'Je t’aime à l’italienne' et un trip rap il ne fait pas semblant d’être décalé. Mais au-delà du côté marrant on savoure un groupe très au point qui sait se faire accrocheur et puissant. Sur la fin il rend hommage à sa région avec une petite face folk et envoie la sauce avec une reprise de ‘Ça plane pour moi’. Le final est dantesque, le groupe évoque Mass Hysteria et son positif à bloc et parle de son amour pour les années 90, entre Dorothée, Lionel Jospin et d’autres. Les 3 Fromages est une formation sympathique qui flirte avec talent sur la nostalgie avec une belle énergie qui en aura fait bouger plus d’un.


Avec Guérilla Poubelle le ton va devenir sérieux et se faire plus engagé. Le groupe de punk rock parisien vient à Cambrai pour la troisième fois et une forte pression se fait sentir dans la fosse avant le début. Récemment auteur de "La Nausée" le groupe reste farouchement indépendant et autour de Till Lemoine il prêche une parole forte depuis 15 ans. Adversaire du système, le groupe n’est pas inscrit à la SACEM, il ne va pas faire de quartier pendant un concert chaud comme la braise. Avec ‘Je ne possède que mon corps’ il démonte le Palais des Grottes. On apprécie ce pur punk rock mélodique avec une basse bien mise en avant et un chant d’une conviction rare. La fosse bouge dans tous les sens avec force et les titres s’enchainent à toute allure. ‘Nulle part c’est moi’,  ‘Marx et l’Histoire’ font un carton. Guérilla Poubelle tient la scène avec classe porté par un Till charismatique. Sur ‘Les fils et les filles des sorcières que vous n’avez pas brûlées’ il tient un discours féministe très fort à l’adresse de ses frères et sœurs. Par la suite ressortent ‘Carcassonne’ et derrière un discours ouvertement à gauche tapant à la fois sur Marine Le Pen et Emmanuel Macron. A l’occasion de ‘Golgotha’ il rappelle que les disques du groupe sont dispos gratuitement sur le net. Le concert se termine en beauté avec une fosse exténuée mais heureuse qui danse sur une chanson d’Edith Piaf. Guérilla Poubelle a donné un concert parfait, en ces temps difficiles où la folie des hommes fait des ravages il a fait du bien à l’âme et confirmé avec brio la force alternative du festival.

A peine le temps de se remettre de ces émotions et c’est une légende qui débarque. Ce terme n’est pas usurpé pour parler de Ludwig Von 88. De 1983 jusqu’au début des années 2000 il a été le fer de lance d’un punk rock alternatif à la fois corrosif et jouant la carte de la dérision pour dénoncer les travers de notre société. Il s’est aussi illustré par des concerts festifs et son retour aux affaires en 2016 a été salué. Les gens ont vieilli mais personne ne doute de passer un excellent moment. D’entrée les confettis sont de sortie et l’ambiance est brulante. Sur scène on retrouve un groupe sans batteur avec une ambiance bucolique avec des fleurs en plastique et des musiciens en tenue décontractée. Mais quand ça démarre sur ‘Oui oui et la voiture jaune’ et ‘Louison Bobet For Ever’ c’est la guerre. Ça saute dans tous les sens, les premiers rangs sont en fusion et chacun apprécie ce pur punk rock mélodique irrésistible et rendant de bonne humeur. L’ambiance ne va jamais redescendre et le feu est encore plus fort lors d’un gros passage ska puis dans un délire avec ‘Nous sommes des Babas’. Les ballons sont de sortie et la foule s’amuse à les renvoyer partout. Cette fraicheur ne va jamais retomber, Ludwig met de bonne humeur et on apprécie en plus du punk des passages teintés de ragamuffin et une pointe de dub. Niveau titres on ne les citera pas tous, mais entre ‘O Tchang’, ‘New Orleans’, ‘Bilbao’ ou ‘J’ai tué mon père’ et ‘Cannabis’ il y a eu de quoi faire. La machine punk était en forme et a ravi un public bouillant. En rappel ‘Dans La Forêt’ a fait un carton avec un joli délire sur la Belgique et ses brochettes. Enfin ‘Houla La !’ a achevé le concert en beauté. Ludwig Von 88 a parfaitement réussi son retour et a signé un concert brulant, le bond dans le temps a été remarquable et a confirmé que le punk n’avait pas d’âge et était même une belle cure de jouvence.


L’heure est avancée quand Les Sheriff débarquent. La fatigue se fait sentir mais chacun a gardé un brin de force pour accueillir le groupe. Les Montpelliérains sont aussi une légende de la scène punk rock française et ont connu leur grande époque dans les années 80 et 90 avant de se séparer en 1999. Depuis 2012 ils sont de retour pour porter la bonne parole punk dans un esprit Ramones : un punk rock mélodique simple et efficace. Si les musiciens ont un peu vieilli l’énergie elle n’a pas faibli et cela va donner un concert rentre-dedans, frais et direct avec l’accent chantant d’Olivier. Le début va être rapide et entrainant, le public répond et l’ambiance redevient torride. L’enchaînement ‘Arrête de Parler’, ‘Panik’, ‘A coup de battes de base-ball’ et ‘Pourvu xa dure’ est irrésistible et met le feu, ce dernier titre rencontrant un énorme succès. La suite est tout aussi réussie et les titres s’enchainent très rapidement sans temps mort. Les Sheriff sont en forme et cette décharge punk est d’une puissance phénoménale. Olivier possède un charisme certain et sait aller chercher le public. Par la suite, des brulots comme ‘Ne fais pas cette tête-là’, ‘ Ça fait mal’, ‘Que Pasa ?’, ou ‘A la chaleur des missiles’ sont d’excellents moments : musicalement c’est très fort et parfaitement maitrisé. Le concert est passé à toute allure et les rappels approchent. Personne n’est fatigué et a envie de continuer jusqu’au bout de la nuit. En quatre titres Les Sheriff vont achever la soirée en beauté. Que ça soit avec ‘Pile ou face’, ‘Attention à toi’, ‘N’insiste pas’ et ‘Jouer avec le feu’ ils font un carton. Le groupe a montré une belle forme, même avec le temps qui passe il reste une référence du genre et ce soir cela a fonctionné à merveille.


La journée s’achève sur une excellente note et la nuit s’annonce longue pour pas mal de gens déterminés à profiter de la fête le plus longtemps possible.

Merci à Eric Meuriche pour les photos.



Plus d'informations sur https://www.overdriversrock.com/
 
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