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TITRE:

BetizFest 2018 - Cambrai - 2ème Journée - 07 Avril 2018


TYPE:
COMPTE-RENDUS DE CONCERT
GENRE:

HEAVY METAL



Pour sa seconde journée le Betiz Fest a mis les petits plats dans les grands avec une affiche métallique très riche.
NOISE - 19.04.2018 -
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Pour la journée metal, les hostilités débutent plus tôt et la foule est déjà là bien avant l’ouverture des portes. La journée s’annonce brûlante dans une salle qui sera pleine à craquer au plus fort du programme.

C’est sur le coup de 16h que débarque Lethaeos. Originaire de Boulogne sur Mer le groupe œuvre dans un death teinté de djent et va s’avérer parfait pour lancer la journée. D’entrée il envoie la sauce et séduit un public qui investit les premiers rangs. Avec ‘They Conspire’ ils envoient d'emblée, le son est très bon et fait apprécier un death costaud porté par le chant de Pierre qui excelle aussi bien dans un registre death qu’en voix claire. On navigue dans un univers brutal et barré, techniquement très costaud mais sans tomber dans la surenchère. ‘Visceral’ et ‘Waves Of Sand’ confirment et le public réagit bien, un circle-pit sera même lancé. Ce qui est sympathique, ce sont ces ambiances plus posées qui aèrent les morceaux au détour d’un passage en voix claire. La suite du concert égrène les titres de "Pilars Of Hope" : ‘Night & Few Pale Star’ évoque Gojira avec un côté profond dans le chant tandis que ‘Pilars OF Hope’ impressionne avec le chant clair avant que la furie death ne se déchaine. ‘Painless I Leave This World’ achève le tout en beauté. Lethaeos a donné un solide concert en conjuguant force technique et puissance death metal.


Après cette claque c’est Kill For Peace qui enchaine. Les Nordistes œuvrent dans un hardcore qui emprunte autant à Madball qu’à Sick Of It All et on s’attend à voir la fosse remuer furieusement. La scène est dépouillée dans un esprit purement hardcore. D’entrée c’est la grosse claque, naviguant dans le meilleur du genre, brutal et sans concessions et servi par un son toujours parfait. Beber va chercher le public et celui-ci lui répond férocement, Kill For Peace est le parfait exemple de la vivacité du genre. Les titres s’enchainent rapidement, ça dépote très sec et sans fioritures. Le très court ‘Damage Done’, extrait du dernier EP, sorti pour le festival et qui a fait l’objet d’une vidéo est une baffe qui confirme le côté machine de guerre du groupe. L’ovation est énorme, montrant un public très réceptif. La fin du concert ne va pas non plus faire dans la dentelle et génère des circle pits furieux notamment sur ‘Fifty Nine’. Le groupe se délecte de cet accueil, les musiciens sont clairement heureux d’être à la maison devant tant de gens pour déguster leur musique. Kill For Peace a donné un concert d’une grande force, hargneux et puissant.


Avec Dadabovic, le festival va voguer dans un univers délirant barré avec un concept autour du professeur Dadabovic qui dirige une équipe dans un hôpital psychiatrique. Il utilise l’outil télévisuel : les écrans situés sur les côtés de la scène vont faire partie intégrante du spectacle. Le concert commence avec une pub décalée pour les portables du passé et derrière c’est l’explosion. Dadabovic c’est un metal hardcore rentre-dedans. Profitant lui aussi d’un son excellent le groupe met le feu à la fosse. La vidéo suivante est un bon délire sur la country et fait une fois encore apprécier une musique puissante qui ne fait pas de quartier. Au-delà du fun le groupe propose une face sombre et glauque avec des passages à l’asile collant froid dans le dos, avec en parallèle une face hardcore en avant. Mais le délire revient vite, entre Bite Sampras, un trip danse du cul avec vidéo et surtout une battle féroce dans la fosse on ne sait plus où donner de la tête : tout le monde apprécie ce concert déjanté. L’ambiance est énorme sur ‘Paul, Paul’ lors de la battle. La fosse est coupée en deux avec un musicien par camp avec une belle capacité à chauffer ce beau monde en reprenant le refrain. Cela se finit avec un énorme pogo et des slams dans tous les sens. Dadabovic a su prendre la mesure de la salle et s’est taillé un joli succès avec ses délires et avec sa musique tranchante et puissante.


L’ambiance va devenir glaciale avec l’arrivée de SUP. Ce groupe s’est fait plus discret ces dernières années et les fans guettent les apparitions. Les Nordistes ont laissé de côté Supuration pour leur face sombre et mystérieuse qui fascine, que ça soit avec "Room 7" ou "Chronophobia". Ce concert va confirmer la force mystique d’un groupe à part. Le terme culte n’est pas usurpé, SUP a ses fans dévoués mais à côté pas mal ne connaissent que de nom et vont se manger une claque. Ce qui fascine c’est le charisme froid dégagé par des musiciens très concentrés. Ludovic est peu enclin au bavardage et donne tout sur les chansons. Ses compères ne sont pas en reste et impressionnent tout autant. L’intro glauque donne le ton et fait pénètrer dans cet univers fascinant, les lumières sont parfaites et le son sert la musique avec clarté et puissance. Le groupe va nous balancer un joli florilège de sa carrière. ‘A Triangular Machine’ sorti d’Anomaly est envoûtant et flippant avec un tissu death martial glacial et des effets hypnotiques portés par des voix claires profondes. ‘Chronophobia’ et ses superbes lumières a fait son effet avec cet aspect polaire, ‘Bangs In My Head’ et ‘March Of The Neovocyts’ ont été d’intenses moments. SUP joue avec les ambiances avec classe : ce côté wave glacée qui se lie à la face death avec forceest vraiment remarquable. On aura aussi apprécié un nouveau titre prometteur qui nous fait attendre le nouvel album avec impatience. Enfin ‘Pain Injection’ a été tout aussi impressionnant avec ce côté martial qui glace le sang. SUP a donné un concert prenant et intense devant un public plus calme mais fasciné par cette force froide.


Après ce moment d’une rare intensité c’est Psykup qui prend la scène d’assaut. Après une longue pause, les Toulousains sont revenus avec "Ctrl + Alt + Fuck" un quatrième album attendu comme le messie par les amateurs de metal alternatif et expérimental, pas loin de l’esprit d’un Primus. Dès les balances la folie commence, les musiciens interpellant le public avec ‘Géant de Papier’, un tube des années 80. La scène est décorée avec de nombreuses rampes de lumières. Après l’intro sur ‘Surfin USA’ les musiciens débarquent habillés de chemises hawaïennes. Derrière ça ne plaisante pas, le concert démarre en trombe avec une puissance colossale. Le ton est  costaud et ultra accrocheur. Le public est à fond et Mikka s’amuse à aller le chercher de près et l’effet est garanti. Concentré d’énergie brute, Psykup démonte le palais et les slams partent dans tous les sens. Sur ‘Do It Yourself’ le groupe rend un bel hommage aux bénévoles puis fait un carton avec un côté furieux délicieux. ‘Ctrl + Alt + Fuck’ est présenté, le côté délirant et bien barré d’un ‘Shampoo The Planet’ restera longtemps dans les mémoires. En fin de concert le groupe fait un joli duo avec un enfant du public avant qu’un énorme wall of death n’achève le public. Psykup a fait un joli carton, le public aura souvent été en transe. Il a fort bien fait de revenir, sa fraicheur et son côté décalé font un bien fou dans un excellent esprit alternatif loin des poncifs metal classiques.


Seul groupe non français du week-end, Crowbar est attendu des adeptes d’un son lourd et gras. Le patron du sludge a tout ravagé déjà ici en 2014 et on attend de Kirk et ses hommes une nouvelle démonstration de force. Le groupe n’utilise aucun artifice et se contente d’envoyer la sauce comme il sait si bien le faire depuis 30 ans. C’est une machine de guerre portée de main de maître par un Kirk trapu, froid derrière sa longue barbe mais qui en impose pas mal et qui va aller chercher le public de belle manière. Avec ‘Conquering’ le ton est donné, le chant écorché de Kirk impressionne, et mixé à ce ton lourd et plein de ce groove cela donne un énorme moment de force qui plaque au sol. Le public est conquis et apprécie cette puissance phénoménale qui fait bouger la tête. La suite du concert est brillante et prenante, on sent l’alchimie entre le groupe et le public et les musiciens apprécient l’accueil, Kirk félicitant même le festival pour avoir autant gagné d’audience en à peine 4 ans. Avec ‘I Am The Storm’ ou ‘Planets Collide’ il confirme son statut de maître du genre. Dans la fosse c’est le feu avec un énorme circle pit et une ambiance torride. En fin de concert Kirk évoque les 20 ans du référentiel "Odd Fellows Rest" et le groupe achève son public avec ‘Like Broken Glass’ en guise de final époustouflant. Crowbar a donné un concert monstrueux de classe et d’intensité, son sludge est taillé pour faire mal et sur scène il reste une référence absolue.


Après cette démonstration de force, place à la tête d’affiche ! Car si Igorrr finit le programme, c’est bien Ultra Vomit qui tient la place centrale, l’affluence incroyable à son merchandising en témoignant. Le groupe s’est fait discret après la fin de la tournée "Obejctif Thunes" et a pris le temps - 9 ans quand même ! -, avant de balancer Panzer Surprise droit dans un esprit parodique et fun mais avec une incroyable capacité à s’adapter aux différents styles. La pression monte avant le début du concert, la salle est ultra pleine et même sur les côtés il est difficile de se frayer un chemin. Ultra Vomit c’est un spectacle avec un décor cinématographique inspiré de celui de la MGM. Dès les balances le public est très chaud et explose quand le thème des Looney Tunes puis celui de Fort Boyard annoncent le début. Derrière ça part en fanfare, ‘Darry Cowl Chamber’ et ‘Les bonnes manières’ dépotent, au-delà du délire ça joue très bien. On ne peut qu’admirer la qualité technique des musiciens aidés par un son parfait. Entre les titres les interludes sont funs, la chenille fait son effet et la bonne humeur règne à dans un esprit potache fort drôle. ‘E-Tron’ et son côté martial impressionne, inspiré d’un black à la Immortal ‘Mountains Of Maths’ est énorme tandis que ‘Calojira’ est toujours aussi géniale à mixer Calogero et Gojira. Les tubes sont là et l’ambiance ne baisse jamais, tout s’enchaine très vite et le carton est total. Le groupe mixe anciens tubes avec les nouveaux titres et prouve qu’il n’a rien perdu de son sens de la dérision. En fin de concert ‘I Like to Vomit’ fait son effet avant que le tube absolu, ‘Je collectionne des canards (vivants)’, n’achève les hostilités en beauté. En duo avec Andréas ce titre est repris en chœur dans la bonne humeur. En rappel ‘Kammthaar’ est énorme et sonne plus Rammstein que le vrai et confirme la force musicale du groupe. ‘Quand j’étais petit’ et ‘Evier Métal’ achèvent un public en transe. Ultra Vomit a une fois de plus confirmé, son retour au festival a été une énorme réussite et les sourires illuminent les visages.





Mais la fête n’est pas finie, il reste un after. Igorrr c’est le projet de Gautier Serre qui s’est donné comme objectif de créer une forme de liberté musicale totale - le terme est parfait pour qualifier ce qui va nous tomber dessus. Derrière son pupitre avec juste un batteur et deux chanteurs Gautier, va nous balancer un mix de très nombreux genres, entre musique baroque, dance, breakcore avec un zeste de metal pour un résultat barré. Fascinant, Igorr a su se faire un nom et remplit les salles partout où il passe et le Palais des Grottes est encore bien plein quand le spectacle commence. C’est avec le duo Laurent Lenoir, Laure Le Prunenec qu’Igorrr se présente. Ces deux chanteurs vont insuffler une folie certaine au concert avec des vocalises à la fois pures et troublantes pour l’une et terriblement effrayantes pour l’autre. On retrouve à leurs côtés Sylvain Bouvier, le batteur de Trepalium, qui va amener la touche humaine. D’entrée Laure se lance a capella et charme le public mais petit à petit un côté vénéneux vient se faire sentir. La pression monte, batterie et samples se lancent et l’arrivée de Laurent nous fait basculer sur une autre planète. Grimé, il amène une touche dérangeante forte et libère cette puissance phénoménale avec des aspects dub step puissants. ‘Opus Brain’ confirme et fait très mal, l’impression de vivre la fin du monde est palpable et Laure y ajoute sa marque avec une espèce ce folie pure et dure qui glace le sang. De titre en titre Igorrr fait planer sur le Palais une atmosphère hors du temps, il n’est pas que de puissance pure, parfois il délivre des ambiances aériennes et symphoniques qui ajoutent au côté flippant comme dans un vieux film d’horreur. Il règne dans la salle une atmosphère spéciale, le public est KO mais sous le charme de ce quatuor parfait distillateur d’ambiances. Tout le long du concert la pureté du chant de Laure et admirable et se marie à merveille à la puissance ces samples. Ce côté martial fait son effet et le public répond très bien. Igorrr a fini la journée et le festival avec une classe extraterrestre. Ce côté baroque avec ses airs de fête foraine déjantée est incroyable d’intensité et chacun en sortant est conscient d’avoir vécu quelque chose de différent, droit dans l'idée alternative que défend le festival.


Cela achève avec maestria une édition qui restera dans les esprits comme une des toutes meille ures. Le BetizFest a encore grandi tout en gardant son âme intacte, souhaitons-lui de continuer encore longtemps : nous avons a besoin de ces festivals humains loin des grandes machines désincarnées. Il me reste à remercier toute l’équipe pour son accueil et sa gentillesse.Et je remercie encore chaleureusement Eric Meuriche pour m'a voir fourni les photos pour le festival!



Plus d'informations sur http://www.ultravomit.fr.st/
 
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