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TITRE:

VARSOVIE (5 AVRIL 2018)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

ROCK



Pour Music Waves, Arnault se confie sur Varsovie, le nouvel album baptisé "Coups et blessures", la littérature, le black metal...
CHILDERIC THOR - 24.04.2018 -
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Quelle est la question qu’on vous a trop souvent posée ?

Pourquoi chantez-vous en français ?

Bien que vous soyez tous les deux issus du groupe Forbidden Site, Varsovie semble évoluer à des années lumières du metal. Comment est perçu votre duo par cette scène ?

La scène metal est elle-même très éclectique, mais au-delà des aspects formels il peut y avoir des points de rencontre liés à une atmosphère, des paysages sonores, une certaine radicalité... Pas mal de personnes issues du milieu metal peuvent donc apprécier Varsovie, à divers degrés. 

En effet même si Varsovie épouse une forme différente, le contenu, toujours froid et noir, peut toucher un public adepte de musiques sombres... êtes-vous d’accord ?

Oui, je pense qu'il n'est pas si compliqué de naviguer d'un genre à l'autre. C'est surtout une question de vision, une façon d'exprimer des émotions. Il y a parfois plus de passerelles esthétiques, de connexions artistiques, pour ainsi dire, entre deux groupes issus de milieux différents qu'entre certaines formations jetées dans le même sac pour une question formelle. Pas mal de gens issus de différentes scènes peuvent très bien se retrouver dans Varsovie, quand bien même nous n'épousons pas toutes les caractéristiques de leurs genres de prédilection. L'important n'est pas là, ou alors c'est de la pose. 

D'ailleurs, ce que vous composez aujourd'hui ne sonne-t-il pas finalement plus noir que le black metal que vous pratiquiez à vos débuts ?

Peut-être, puisque c'est moins théâtral, donc, quelque part, c'est moins emprunté, plus cru, plus radical, plus franc, plus nous. 





Vous n'avez pourtant jamais vraiment rompu avec le metal, extrême ou pas. Vous enregistrez au Drudenhaus Studios, sous la houlette de Benoit Roux, Those Opposed Records a publié "l'heure et la trajectoire"... Ces racines semblent demeurer importantes pour vous, non ?

J'ai écouté du black-metal (et les styles périphériques) jeune et j'en écouterai certainement toujours, donc oui, ces racines sont importantes. Elles sont doubles pour ma part, car j'écoutais aussi du post-punk (Bauhaus, Joy Division, And Also the Trees, The Sound…) et du rock plus classique. Je n'ai jamais senti de contradiction, ayant très vite été attiré par les musiques plus profondes, en marge, donc souvent plus sombres ou mélancoliques, quels que soient leurs écoles… Cela rejoint les passerelles évoquées plus haut. Greg a eu un parcours un peu différent, mais on a fini par se rejoindre sur l'essentiel. Pour ce qui est de Benoît et de T.O.R, c'est plus le hasard des "rencontres", ou des amitiés communes, liées effectivement à ces racines anciennes. 

Quel regard portez-vous sur le black metal tel qu'il évolue (ou pas) aujourd'hui ?

J'ai eu un certain rejet au début des années 2000 avec la multiplication de groupes de black-metal MTV, sans compter tous ceux qui suivaient le mouvement par mode, tâchant de singer la technique ou l'attitude sans vraiment cerner l'esprit, ne gardant finalement que la déco poussée dans ses manifestations les plus carnavalesques. Je me contentais donc de mes classiques. J'y suis revenu vers 2007 avec des groupes comme Mgla, Drudkh et quelques autres plus confidentiels... J'y retrouve un peu l'émotion des débuts, et même s'il sera toujours difficile d'égaler la créativité et la passion d'alors, cette scène reste plus riche que la moyenne. 

Les bassistes se sont succédé à vos côtés. Est-ce une malédiction ou vous ne supportez pas d’avoir un troisième même acolyte trop longtemps ?

On est un peu exigeant, mais plutôt sympa malgré les apparences, et patient, donc je dirais que c'est une malédiction, pour l'instant. En vérité les raisons de ces changements sont multiples : disponibilité, niveau, choix de vie, distance… On garde de plutôt bons rapports avec la plupart de nos anciens bassistes qui parfois remontent sur scène avec nous à l'occasion. On compte tout de même garder celui qui nous accompagne en live actuellement pour la suite.

Dans ces conditions, avez-vous envisagé de continuer tout simplement à deux ?

Nous sommes très souvent à deux. C'est ainsi que nous avons composé jusqu'ici, même si ce n'est pas toujours pratique et parfois frustrant… Par contre, pour le live, nous avons vraiment besoin de cette énergie à trois. Impossible d'envisager de n'être que deux sur scène, d'autant que nous ne sommes pas très branchés machines et que nous tenons au côté organique, spontané.





Il y a toujours une fille sur vos pochettes. Pourquoi ? Peut-on dire que cela fait partie d'un choix esthétique, d'une forme de langage visuel ?

Oui, depuis notre démo. Ces femmes sont souvent allégoriques. Elles représentent une saison mentale, un état d'esprit, une idée, une façon d'être au monde. Cette imagerie nous va bien, j'espère, et rejoint certaines idoles anciennes et peut-être aussi ces figures que l'on voyait sur les affiches Art Nouveau.

Comment définir l'esthétique et l'univers "varsovien" ?

L'art de mourir en beauté et, en même temps, la paradoxale envie d'en découdre. Quelque chose de cet ordre.

Varsovie possède donc une identité extrêmement forte et recherchée, tant visuelle que sonore ou thématique. Vos albums suivent-ils une ligne directrice précise, une sorte de fil rouge ?

Il y a certaines obsessions, des figures emblématiques et des personnalités fictionnelles ou non qui peuvent faire écho à des crises plus intimes. De même que des renvois à des moments de tensions historiques, des heures d'urgence ou de débâcle, des combats un peu désespérés et un côté seuls contre tous… Tout ça peut parfois renvoyer à des situations plus personnelles... Il y a aussi, certainement, un attrait pour les tonalités crépusculaires et les êtres ayant volontairement pris fin, moins par une fascination morbide, mais parce que ceux-là brillaient d'un éclat singulier ou incarnaient un dysfonctionnement significatif. Il y a aussi des paysages hantés, le souvenir d'une autoroute de nuit ou simplement la pluie qui tombe… Beaucoup d'éléments reviennent et traversent nos albums. Des choses aussi spectaculaires que dérisoires. C'est un peu embrouillé finalement comme fil rouge…

Avez-vous cherché à exprimer des émotions, des idées particulières avec votre nouvel opus baptisé "Coups et blessures" ?

On peut éventuellement dire que le morceau titre est ce fameux fil rouge, même si ça reste réducteur. Il peut faire référence aux coups que l'on encaisse ou que l'on s'inflige... Il y a l'idée de les traiter avec une certaine froideur, un certain détachement, comme s'il ne s'agissait plus de les éviter, mais seulement de les répertorier, comme un inventaire ou une collection d'événements amenés à se reproduire avec plus ou moins d'intensité. Il y a aussi l'idée de faire face, malgré un bilan assez noir, de tenir parmi les ruines, de continuer malgré les fêlures, malgré la perte…Que ce soit celle de proches, d'idéaux, de choses aimées, peu importe… Un mélange de froideur par expérience, de mélancolie et de violence contenue, pour faire court.

Musicalement, bien que dans la continuité de ses prédécesseurs, celui-ci affiche des traits plus durs, plus dark, tant dans les ambiances ou dans les lignes de guitares. Qu'en pensez-vous ?

C'est possible. "L'Heure et la Trajectoire" était plus construit autour de la basse. Cette fois, c'est plus la guitare. À la fois pour des questions pratiques, mais aussi car les choses se sont imposées ainsi. Cela donne un côté plus dense, certainement. Le son est aussi, je crois, légèrement plus sale – ce que nous cherchions depuis le début en fait, mais ce qui n'est pas toujours si simple à retranscrire en studio. Peut-être étions nous un peu plus énervés aussi… Nous n'avons pas vraiment réfléchi au degré d'obscurité, c'est venu comme ça. 

Bloc indivisible, "Coups et blessures" abrite un titre que je trouve assez étonnant, 'Va dire à Sparte', longue pièce au texte très beau. Que pouvez-vous nous dire à son sujet ? 

Un morceau qui résume peut-être l'esprit de Varsovie. La musique a été composée assez vite, sans trop de modifications. Quelques mois plus tard, j'ai trouvé la ligne vocale et écrit le texte dans la foulée. La première fois que nous avons joué la version finale avec Greg (et donc la première fois qu'il l'a chantée) a été assez intense émotionnellement pour nous deux. Peut-être à cause du mélange entre les images créées par les paroles, la progression un peu hypnotique de la musique et les possibles connexions à nos propres expériences et aux chemins que nous avons empruntés jusqu'ici... Je ne veux pas tout expliquer, mais il y a beaucoup d'idées dans ce titre. L'idée de transmission… De dernier voyage aussi. Ça sonne un peu comme un constat amer, mais avec en fond l'idée d'aller jusqu'au bout, quoiqu'il nous en coûte, en dépit de ce constat, tout en s'inscrivant dans une sorte d'héritage qui nous dépasse. C'est un assaut à travers la nuit et aussi une question : qu'avons-nous fait ?

On a coutume de souligner votre attirance pour l'Europe de l'Est. Comment expliquer cette fascination ? 

C'est plus de l'intérêt que vraiment de la fascination. On reste assez marqués par le Bloc de l'Est tel que nous le voyions avec nos yeux d'enfants occidentaux. Il pouvait y avoir de la curiosité à l'époque. Tout un imaginaire a pu éclore de cette base-là, de ces souvenirs, pour ensuite se heurter à des lectures, des auteurs, à l'histoire, au terrain, puis aux gens, puisque nous avons pas mal joué à l'Est. Derrière le Rideau de fer, il y a aussi eu de très bons groupes malgré l'oppression, des personnalités marquantes et quelques actions esthétiquement inspirantes. 

Vos chansons exercent un réel pouvoir d'évocation, créant des images fortes dans celui qui les écoute. Souhaiteriez-vous développer cet aspect visuel (clip, films...) ?

Oui, nous sommes en train de le faire, peu à peu, avec le soutien de Sundust Records. Le Lituanien Rytis Titas a déjà commencé l'an dernier avec la vidéo pour "Lydia Litvak" sur notre précédent album, mais aussi plus récemment avec la réalisation de "Coups et blessures", à paraître fin avril. D'autres projets sont en cours… Guilherme Henriques va quant à lui signer une autre vidéo, tournée au Portugal. En général, je ne donne que de brèves indications, principalement atmosphériques, et quelques directions au sujet des intentions générales. On laisse ensuite les films se faire, avec la propre vision de leurs directeurs. C'est encore autre chose qu'une écoute "aveugle" et c'est intéressant d'avoir cette opportunité, ça ouvre d'autres perspectives. Ne serait-ce que de laisser vivre nos morceaux sous d'autres formes. 

Le cinéma vous inspire-t-il ? Si tel est le cas, de quel cinéma s'agit-il ? La Nouvelle vague ? Fritz Lang ?

Le cinéma peut être inspirant, oui. J'avais utilisé des images du "Feu Follet" de Louis Malle pour la vidéo de notre morceau "État Civil" et "Le Désert rouge" d'Antonioni pour "Clandestine"… Deux films qui cadrent bien avec Varsovie, pour le coup. On peut se retrouver dans Fritz Lang, comme dans la vague du Film Noir… "La Chambre Verte" de Truffaut a quelque chose de Varsovien. Jean Eustache et "La Maman et la Putain" aussi. Certains classiques français des années 50-70… On peut trouver des liens dans les premiers Polanski, mais aussi chez Tarkovski, Kieslowski ou dans des classiques Américains, voire dans des productions plus récentes… 





Comment fonctionne le duo ? Comment se fait la répartition des tâches ? Arnault écrit les textes. N'est-ce pas parfois difficile pour Gregory de les interpréter ?

C'est Greg qui s'occupe de trouver tout ce qui est riffs, puis il me montre ce qu'il a en répète. On sélectionne, je cale des batteries, on enregistre. Parfois, un riff peut partir d'un rythme. Ensuite, chez moi je cherche les lignes vocales et écrit les textes, tandis que Greg creuse les riffs validés de son côté. Les idées de textes peuvent être préexistantes ou non. Je fais ensuite des démos que je transmets à Greg. Une fois qu'il s'est imprégné du truc, on teste en répète. On cherche les lignes de basse si elles n'étaient pas là à la base, des idées d'arrangements divers. Une fois qu'on sent que c'est fini, on montre le tout au bassiste, s'il est dans le coin, et on fait tourner ça… C'est à peu près comme ça depuis le début. Pour ce qui est de la difficulté, on se connaît depuis 20 ans et il est évident que j'écris aussi en fonction de Greg, car je connais sa voix et je sais ce qui va prendre en hauteur, en puissance, grâce à lui. Il y a donc des paramètres qui entrent en jeu lors de l'écriture même, je sais qui va l'interpréter, nous ne sommes pas en roue libre… Nous savons un peu ce qui nous va et ce qui nous va moins. Ce qui est difficile, c'est que ça nous plaise assez à la base pour qu'on veuille en faire quelque chose. Pour le reste, c'est juste du travail.

Vos paroles sont très littéraires et symboliques, nourries d'histoire. Vous n'avez pas peur de vous inspirer d'auteurs considérés comme suspects aux yeux de la bien-pensance d'aujourd'hui. Je pense par exemple à Drieu de la Rochelle. Ne trouvez-vous pas que l'on vit dans une époque de fausse liberté d'expression et où des censeurs jugent les œuvres et les actes du passé avec un regard contemporain ?

En l'occurrence le morceau "État Civil", vaguement inspiré du roman "Le Feu Follet" de Drieu, lui-même inspiré du suicide de l'écrivain Jacques Rigaut. La liberté d'expression a ses variables, oui... Disons qu'il y a des rebellions autorisées, encouragées, voire institutionnalisées, ce qui donne, pour caricaturer, l'illusion aux plus naïfs d'être à la pointe de la subversion en baissant leur froc par exemple. De toute façon, il suffit de ne pas participer à l'enthousiasme général ou simplement émettre des réserves sur les bienfaits de telles ou telles choses pour être suspect pour certains, donc c'est très vite fait... Si l'on trouve quelque chose d'esthétiquement fort, on ne pense pas vraiment à ça. D'autant que les notions de "correct" varient suivant les pays. On ne s'en sortirait pas. Par exemple "Lydia Litvak" peut être perçue négativement en Lituanie, car c'est une héroïne soviétique, même si le morceau n'évoque pas directement le personnage, mais quelqu'un fasciné par son parcours fulgurant tandis que la fadeur générale l'étouffe.... Ça n'a pas empêché un Lituanien d'en faire une vidéo et d'en faire la promo là-bas… Idem pour l'insurrection de Varsovie en 44 qui peut être perçue de manière contrastée suivant les pays... On ne cherche pas l'adhésion générale de toute façon, on tente déjà de faire ce que nous aimerions écouter nous-mêmes, sans tricher. On se fie à certains coups de foudre et à ce qu'on ressent au moment où on le joue… Le reste… 

Arnault, quels écrivains conseillerais-tu ? 

Dans le vide, c'est pas évident. J'ai mes classiques en poésie, comme Baudelaire, Verlaine, Apollinaire, Maïakovski ou Reverdy, pour les plus connus. D'autres en poésie médiévale ou prébaroque. En roman et nouvelles, j'aime pas mal d'Américains du siècle dernier : Fitzgerald, Carver, Flannery O'Connor… Ou certains contemporains comme Pynchon. Mais aussi Villiers de l'Isle-Adam, Kafka, Schnitzler, Mishima… Mes goûts sont un peu éclectiques. J'apprécie autant Lovecraft que Tchekhov ou Francis Giauque. Je ne saurais donc pas vraiment conseiller sans cadre, en dehors de listes un peu pompeuses disons... Je crois qu'il faut lire ce qui nous touche. C'est tout. Lire pour lire n'a aucun intérêt. Mieux vaut un bon film qu'un roman con.

Qu'est-ce qu'un "bon" écrivain pour toi ?

Quelqu'un capable de créer une atmosphère singulière, de transmettre un vertige, sans trop d'artifice. De donner du corps à des choses que nous pressentions. Quelqu'un capable de hanter après le mot fin. Un peu de style, aussi, mais pas que.

Qu'attendez-vous de cet album et de l'accompagnement avec Dooweet ? 

Que l'album fasse son chemin. Des gens s'étonnent ou regrettent parfois de découvrir Varsovie tard. On attend donc un peu plus de visibilité. Celle qui permettrait d'atteindre ceux qui pourraient se retrouver dans notre musique, mais qui ne nous voient pas encore…

On a commencé par la question qu’on vous avait trop souvent posée, au contraire, quelle est celle que vous souhaiteriez que je vous pose ?

Celle-ci.

Un dernier mot pour les lecteurs de Music Waves ?

Merci à vous pour l'intérêt et les questions pertinentes. Si vous souhaitez nous retrouver en concert, nous serons sur scène le vendredi 15 juin à Paris, au Supersonic, et le vendredi 29 juin à Lyon, au Farmer !







Plus d'informations sur https://www.facebook.com/varsovie.propaganda/
 
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