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METALDAYS FESTIVAL (16 AVRIL 2018)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
AUTRES

Comme tous les ans, le festival Metaldays accueille plus d'une centaine de groupes en Slovénie ! Rencontre avec les organisateurs d'un festival bientôt incontournable.
DARIALYS - 06.06.2018 - 2 photo(s) - (0) commentaire(s)

Créé en 2004, le festival Metaldays a lieu tous les étés pendant une semaine en Slovénie. Quelques années plus tard, il est devenu une référence en la matière. 12 000 festivaliers s'y rendent chaque année pour voir plus de cent groupes ! Music Waves est allé à la rencontre de Boban Milunovic et de Nika Brunet, les organisateurs du festival pour un entretien exclusif !


Nous aimons commencer nos interviews sur Music Waves par la question suivante : quelle est la question que l’on vous a posée trop souvent ?

Boban Milunovic : « Présentez-vous ! » (Rires).

Nika Brunet : Et on nous a souvent demandé l’histoire de Metaldays !

Boban : « Comment tout cela a-t-il démarré ? ». Mais c’est normal. Ces médias sont pour les personnes qui ne connaissent pas le festival.

Nika : Il faut se présenter et présenter le festival.


Vous avez lancé le festival en 2004 qui est devenu Metaldays en 2013. Pensez-vous que vous seriez toujours là en 2018 quand vous avez commencé ? Auriez-vous imaginé que vous feriez votre promo aujourd’hui à Paris ?

Boban : Non pas du tout. A moins que tu ne planifies tout à l’avance avec une vision stratégique. Tout ce que tu commences à faire dans ta vie est basé sur l’amour et la passion, donc tu ne penses pas à te projeter. Tu fais les choses, et c’est tout, et d’année en année, tu essayes de t’améliorer. Même aujourd’hui, nous n’avons pas de plan à long terme.


Le business n'est pas notre philosophie. [...] On essaye de vivre le moment présent autant que possible


Même en presque 15 ans d’expérience, vous ne planifiez rien ?

Boban : Je dois être honnête, c’est en accord avec notre philosophie de vie. Le business n'est pas notre philosophie. Tu ne peux pas tout planifier. Le sort est entre les mains d’esprits supérieurs. Aujourd’hui, les chosent marchent bien, tout va bien, mais tout pourrait s’arrêter subitement pour je ne sais quelle raison. Donc que ce soit par rapport au festival ou dans nos vies, on essaye de vivre le moment présent autant que possible, et d'apprécier ce moment, comme cette interview avec toi ! (Rires).

Nika : Ça ne veut pas dire que l’on n’a aucun projet par rapport au festival. Dans ce business-là, comme dans tous les autres, il y a des choses sur lesquelles tu as de l’influence, et d’autres qui t’échappent. Ces choses qui t’échappent peuvent avoir un impact significatif. Par exemple, un changement législatif en Europe.

Boban : Ou des attaques terroristes par exemple ! Ce sont des choses contre lesquelles on ne peut rien.


Au même titre que la météo !

Nika : La météo, oui, ou encore les changements politiques dans le pays… Il y a des choses hors de portée qui peuvent avoir un certain impact. Comme Boban l’a dit, on prend les jours les uns après les autres et on apprécie l'instant présent.


Quand vous avez lancé Metaldays en 2004, est-ce que vous vouliez grandir à ce point ?

Boban : Ce n’était pas le but à l’époque. L’objectif était de faire un festival et d’en faire quelque chose de viable financièrement.


Le but était davantage de vivre dans la « jungle des festivals » plutôt que de grandir en fin de compte ?

Boban : C’est ça, oui. On voulait faire une première édition, puis une deuxième, et s’améliorer, faire les choses de mieux en mieux.


Comment expliquez-vous que cela a fonctionné et que cela fonctionne même mieux que jamais ?

Boban : La raison principale est que notre festival est différent des autres.


Quelle est-elle, cette différence ? Car il y a de très nombreux festivals ! Il y a le Graspop (en Belgique, ndlr), le Hellfest en France, etc. Et vous êtes là, à Paris ! C’est surprenant pour nous de vous voir faire votre promotion à Paris, pas loin du Hellfest !

Boban : Notre différence principale réside dans la philosophie du festival qui est différente de celle des autres festivals. Notre philosophie n’est pas d’offrir un simple festival, mais un festival combiné à des vacances.


Tu peux aller voir ton groupe préféré et deux minutes après, aller nager dans la rivière


Avec de beaux paysages par exemple ?

Boban : Oui. Notre festival dure une semaine ce qui est davantage que la plupart des festivals. Nous proposons la possibilité de venir à l’avance. Nous avons beaucoup de gens qui viennent à Metaldays pour 10 jours et qui viennent en vacances en Slovénie. C’est la différence principale. La seconde est l’emplacement. On n’est pas situés sur un sol plat comme la majorité des festivals. On est dans la nature, entre les montagnes, les rivières, les plages où on peut nager. Tu peux aller voir ton groupe préféré et deux minutes après, aller nager dans la rivière.


C’est comme des vacances !

Boban : Oui ! Je dirais que c’est la raison pour laquelle on a survécu et pour laquelle on a réussi. Et bien sûr, on propose des billets à des prix très accessibles et compétitifs. Notre billet classique acheté à l’avance coûte 109 €. Le billet normal coûte 150 €, et on a 134 groupes, ce qui veut dire que tu payes 1.10 € par groupe pour 7 jours de festival. C’est très accessible.





Mais en même temps, beaucoup de gens veulent voir leur groupe préféré, et comme tu m’as dit, quand on va à Metaldays, on va voir de nombreux groupes, et pas seulement un seul groupe comme certains le voudraient.

Boban : Je vais répondre à ta question, mais pour répondre à ta question précédente sur la raison pour laquelle on est aujourd’hui à Paris : la France est notre deuxième plus gros marché, suivi de l’Autriche. L’Allemagne est le premier marché.


Comment tu expliques ça ?

Boban : On n’a pas d’explication ! Ça a commencé il y a quelques années, et ça a continué. Tous les ans, on a de plus en plus de Français qui viennent.


La France a fait face au terrorisme ce qui n’est pas le cas de la Slovénie. Peut-être que cela explique que les Français viennent à ce festival ?

Boban : Je ne sais pas car on a commencé à avoir de plus en plus de Français avant ce problème-là. Mon explication est que les Français aiment la liberté, ils n’aiment pas les règles strictes. C’est comme ça que je vois les Français. Avec le festival Metaldays, on essaye de donner de la liberté aux gens. Ce n’est pas comme un aéroport où tu rentres et où il y a tout plein de règles. On ne fait pas ça. Notre festival est un peu chaotique, et c’est fait exprès. Ce n’est pas que l’on ne sait pas comment faire. On sait exactement ce que l’on fait et c’est comme ça que l’on fonctionne. Et je pense que c’est ce qui est intéressant pour les Français. Notre succès avec Metaldays, et j’en suis très content, n’est pas basé sur notre programmation. Notre succès ne dépend pas des groupes qui viennent jouer. On peut avoir de très gros groupes qui viennent ou avoir un line-up sans véritable tête d’affiche, on vendra le même nombre de tickets, car les gens viennent pour expérimenter le festival dans sa globalité.


Peu importe qui sont les groupes.

Boban : Oui, c’est une bonne chose.


Il est impossible d'avoir une carrière, quel que soit le type de musique, sans faire de festival


On a rencontré Robb Flynn de Machine Head qui nous a dit qu’il ne voulait plus faire de festivals. As-tu peur que d’autres groupes suivent ce chemin-là ? Mais comme tu m’as dit, les gens viennent à votre festival dans tous les cas.

Boban : Je n’ai pas peur de ça car Machine Head est un gros groupe. Ils peuvent se permettre de ne pas jouer dans des festivals. Mais pour grandir comme Machine Head, il faut faire des festivals. Donc je suis sûr qu’il est impossible d'avoir une carrière, quel que soit le type de musique, sans faire de festival, car même si tu es un petit groupe, tu auras l’opportunité de t’exposer à une audience plus large. C’est ce dont les groupes ont besoin.


Aujourd’hui, vous gérez 4 festivals : Metaldays, Overjam Festival, Water City et Punk Rock Holiday. Avez-vous hésité à franchir un cap en gérant ces 4 festivals en même temps ?

Nika : En réalité, il y en a même 5 car tu as oublié Winter Days Of Metal qui est le petit frère de Metaldays.


Effectivement ! Mais quand je parlais de gérer 4 festivals en même temps, je parlais des festivals qui ont tous lieu autour de l’été. Vous avez hésité à gérer tous ces festivals ? Je comprends que le fait de les organiser au même moment permet de faire des économies d’échelle, au niveau des locations, etc. Mais en même temps, c’est beaucoup de travail ! C’est peut-être des vacances pour les festivaliers mais pas pour vous !

Boban : C’est beaucoup de travail, c’est vrai, mais tout est bien structuré. Il y a une semaine de libre entre chaque festival. Quand je dis que c’est bien structuré, cela veut dire que les personnes qui travaillent pendant les festivals ont une pause entre les festivals. Et les personnes qui travaillent entre les festivals ne travaillent pas pendant les festivals. On leur donne assez de temps pour qu’ils se détendent pour qu’ils puissent travailler pour un autre festival par la suite. On a trouvé un bon équilibre. Pour nous, c’était important d’avoir des festivals aux styles de musique différents. C’est comme si on était une entreprise qui produisait des boissons mais qu’on ne faisait qu’une seule boisson. Le produit aura beau être bon, après un certain temps, peut-être que les gens s’en lasseront, et il faudra alors lancer un nouveau produit. D’où notre idée d’avoir différents styles de festivals. Si jamais un genre musical venait à attirer moins l’attention qu’avant, alors un autre genre le remplacera. C’est juste un moyen de protéger son business.


Tu parlais de boissons. Est-ce que vendez du Cockta (boisson slovène se rapprochant du Coca-Cola, ndlr) ? Ou du Pepsi ?

Boban : (Rires) On a du Cockta ?

Nika : Non, on n’en a pas !


Vous vendez de la Laško (une bière locale, ndlr) ?

Boban : De la Laško, oui !


Est-ce que vous vendez des boissons locales ?

Boban : Oui. Nous avons une brasserie qui propose toutes les bières slovènes.

Nika : On a plein de petites brasseries car c’est un business fleurissant.

Boban : On a beaucoup de bières artisanales comme la Laško. Mais effectivement c’est rigolo, on ne vend pas de Cockta !

Nika : Cockta n’est plus slovène !

Boban : C’est géré par une entreprise croate maintenant. Mais je comprends ce que tu veux dire, c’est toujours une marque slovène au fond. Mais je pense que la raison principale pour laquelle on ne propose pas de Cockta est que l’on a un partenariat avec Coca-Cola, et le Coca-Cola est la boisson que tout le monde mélange avec tous les alcools. Cockta, en Slovénie, est plus pour les enfants ! (Rires).


Tolmin (le lieu où se situe le festival, ndlr) est connue pour ses beaux paysages comme on le disait tout à l’heure. Est-ce que vous avez organisé le festival à cet endroit pour ses beaux paysages, ainsi que pour faire le lien avec les messages de nombreux groupes de metal qui se sentent proches de la nature ?

Boban : On a effectivement fait ça à Tolmin pour les paysages et la nature. Mais pour être honnête, il y a 15 ans, il n’y avait pas autant de groupes attachés à l’environnement et à la nature qu’aujourd’hui. Il y en a beaucoup aujourd’hui, mais c’est une coïncidence, ce n’était pas voulu de notre part.

Nika : Et c’est marrant car Gojira qui est le groupe le plus connu en matière de protection de la nature n’est jamais venu jouer ici ! (Rires).


Dans tous nos festivals, nous sommes très respectueux de l’environnement


Et comment gérez-vous l’aspect écologique avec une telle audience qui pourrait détériorer la nature ?

Boban : Dans tous nos festivals, nous sommes très respectueux de l’environnement. Mais bien sûr, rien de tout ça ne serait possible sans nos visiteurs. Je tiens à le préciser.


Qu’est-ce que tu veux dire par visiteurs ?

Nika : Je parle des festivaliers. C’est quelque chose sur laquelle on travaille depuis plusieurs années maintenant. On a aussi participé à des projets écologiques, on a participé au programme du Greener Festival Awards. On a déjà fait pas mal de choses en termes d’écologie et de développement durable. Mais pour répondre à ta question par rapport à notre audience, à notre festival, si quelqu’un lance un déchet par terre, il y aura immédiatement 3 personnes qui crieront : « Ramasse ça ! ». C’est ça que je veux dire. Une fois que l’on ferme l’accès au festival Metaldays, le samedi étant notre jour de fermeture, si tu viens le samedi après-midi dans la zone du festival, ce sera complètement propre. Il n’y a pas de déchet, il n’y a plus rien. Nous avons bien sûr une grande équipe de nettoyage, tout ça fonctionne très bien, mais rien de tout ça ne serait possible sans le comportement des visiteurs. Au fil des années, ils se sont mis à apprécier cela. Ils comprennent ce concept.

Boban : Notre environnement est très important pour nous. On n’utilise pas de plastique. Il y a quelques années, on a arrêté d’utilisé le plastique. On n’utilise que des matériaux recyclés et biodégradables. On ne produit aucun déchet. Il y a aussi de l’eau potable gratuite, donc tout le monde peut avoir sa bouteille et la remplir. Tu n’as pas besoin d’acheter de bouteilles tout le temps. Il y a plein de choses. On fournit aussi des sardines biodégradables pour planter les tentes, comme ça, ils ne sont pas tenus d’utiliser celles en métal, car la plupart du temps, les festivaliers ont tendance à les oublier dans le sol et ils rentrent chez eux. Nous ne faisons pas ça. Nos sardines sont faites de pommes de terre biodégradables. Tu les laisses dans la terre et elles se décomposent après un certain temps. On a beaucoup de choses comme ça. On y met beaucoup d’énergie et on fait beaucoup d’efforts dans ce sens.


L’an dernier, Abbath a fait le cascadeur (le chanteur et guitariste du groupe de black metal norvégien Immortal a fait une chute en courant devant la fosse pour regagner la scène ; une vidéo de cette scène a depuis fait le buzz sur Internet, ndlr). Avez-vous eu peur sur le moment ?

Boban : (Rires) Si tu connais Abbath, alors il n’y a pas à avoir peur ! Abbath n’est pas humain ! Rien ne peut lui arriver ! (Rires).

Nika : C’est un super mec.


Avec le recul, est-ce que cela a fait de la publicité pour votre festival ?

Boban : Oui, oui ! La chute d’Abbath a fait plus de vues que toutes les vidéos filmées lors du festival. Cela a été une super pub pour nous ! C’est un paradoxe car Immortal a un album qui s’appelle « All Shall Fall » (« tous tomberont », en français, ndlr). (Rires).


L’exclusivité tue les groupes même si elle est bonne pour les festivals


Comment avez-vous choisi les groupes ? Est-ce que vous choisissez d’avoir l’exclusivité ?

Boban : Non, nous n’essayons pas d’avoir l’exclusivité. L’exclusivité tue les groupes, même si elle est bonne pour les festivals.


Tu dis que cela tue les groupes, mais il faut les payer plus pour avoir l’exclusivité, non ?

Boban : Tu sais, à mon avis, ça fonctionne comme ça. Nous avons 12 000 festivaliers. Même si je paye un groupe très cher pour avoir l’exclusivité, ce groupe sera vu par 12 000 festivaliers. Si je n’ai pas l’exclusivité, il pourra jouer au Metaldays, au Summer Breeze (festival de metal allemand, ndlr), au Hellfest, au Wacken (autre festival de metal allemand, ndlr)… Au total, il aura été vu par un demi-million de personnes. C’est mieux pour le groupe.


Mais vu que vous êtes différents des autres festivals, vous pourriez essayer d’avoir l’exclusivité pour avoir quelque chose en plus. Les gens viennent pour voir des groupes, mais aussi pour l’emplacement, ce qui est finalement plus important que le fait d’avoir l’exclusivité.

Boban : Je dois être honnête, on a une certaine exclusivité, mais cette exclusivité ne marche qu’à l’échelle de la Slovénie.


Quand je parlais d’exclusivité, je parlais d’exclusivité avec des festivals comme le Hellfest, etc.

Boban : Non non, nous ne faisons pas ça. Pour choisir les groupes, c’est très simple. On travaille avec des groupes qui sont disponibles au moment du festival. On contacte leur agent et on fait une liste avec tous les groupes.


Le festival Metaldays a maintenant une bonne réputation et tout le monde aime y jouer


Est-ce que vous avez vu des différences dans la manière de procéder par rapport à vos débuts ? J’imagine que oui, et que maintenant, vous avez des choix à faire ce qui n’était pas le cas au début ?

Boban : Le festival Metaldays a maintenant une bonne réputation et tout le monde aime y jouer. Par le passé, il fallait parfois se battre pour avoir des groupes, mais plus maintenant.


Vous êtes fiers de ça ? Car c’est la meilleure preuve de votre succès !

Boban : Bien sûr !

Cette année, en tête d’affiche, on retrouve Judas Priest, mais il y a eu aussi Motörhead et Slayer par le passé. Quel serait le groupe que vous voudriez faire venir dans vos rêves ?

Boban : Disons que si l’argent n’intervenait pas et que l’on avait un montant illimité d’argent, je dépenserais probablement tout l’argent pour une reformation de Pantera avec Zakk Wylde à la guitare pour un concert unique ! (Rires). Mais c’est un véritable rêve ! J’aimerais avoir Tool à Metaldays.


Ils enregistrent d’ailleurs un nouvel album !

Boban : Ils doivent en enregistrer un depuis… ! (Rires).


Mais cette fois-ci, ils enregistrent pour de vrai !

Boban : L’album devrait sortir cette année. Peut-être qu’on aura une chance de les avoir parmi nous l’an prochain.


Est-ce vraiment intéressant d’avoir Tool ? En tant que tête d’affiche, bien sûr, mais sur scène, tout le monde sait que Maynard James Keenan (le chanteur du groupe, ndlr) est assez spécial.

Nika : Mais ce sont des superstars, ils peuvent faire ce qu’ils veulent !

Boban : Je suis un fan de Tool et je pense que l’atmosphère de leur musique correspondrait tout à fait à celle du festival. Tu sais, quand le soleil commence à se coucher et qu’il y a des montagnes autour, que l’ambiance est mystique, ça irait très bien. A part ça, bien sûr, j’aimerais vraiment avoir Iron Maiden à Metaldays, mais cela n’arrivera jamais. Ils sont trop gros pour nous. On ne peut pas les accueillir.

Nika : Ce n’est même plus une question d’argent, on est aussi limité par l’emplacement.





En faisant venir Judas Priest, je pense que l’on a atteint notre seuil maximum


Je ne parlais pas forcément de groupes de metal puisque vous avez aussi d’autres festivals. Quel pourrait être le groupe de vos rêves que vous aimeriez voir ? Jamiroquai, par exemple ?

Boban : Un artiste de blues !

Nika : J’adorerais faire venir Warren Haynes.

Boban : Ou Joe Bonamassa !

Nika : Tedeschi-Trucks Band ou Derek Trucks, ce serait incroyable !

Boban : Blackberry Smoke, j’aimerais les voir !

Nika : Dans le metal, on en a eu beaucoup !

Boban : En faisant venir Judas Priest, je pense que l’on a atteint notre seuil maximum. On ne peut rien faire de plus gros qu’eux. La scène est trop petite. On ne peut pas avoir de scène plus grosse pour des raisons électriques. La zone derrière la scène est trop petite, on n’a pas de zone de parking suffisante pour des groupes comme Rammstein, ce n’est pas possible.

Nika : Ils ont beaucoup de camions, on n’aurait pas d’endroit pour les garer, malheureusement.


Et qu’attendez-vous de ce jour de promo à Paris, et d’une manière générale pour votre festival ?

Boban : On aimerait avoir de nouvelles personnes qui ne connaissent pas le festival. Si on y arrive, on sera satisfaits.

Nika : Au-delà de Metaldays, on aimerait aussi présenter Motörcity qui est un festival complètement nouveau (en Slovénie également, ndlr). Je ne sais pas s’il existe quelque chose de similaire en France. C’est aussi très intéressant.

Boban : Ou aussi Overjam Reggae car il y a beaucoup de gens qui écoutent du reggae en France ! Ce serait bien pour nous si plus de gens venaient à ce festival.

Nika : La Slovénie est très petite et je ne pense pas que beaucoup de gens sachent qu’il y a tout ça, et ceux qui le savent et qui viennent veulent toujours revenir ! Par exemple, hier, on a eu des interviews et beaucoup de journalistes m’ont dit qu’ils avaient des amis qui y allaient tout le temps et qui étaient très satisfaits de nos festivals. Certains vont à Metaldays, d’autres à Winter Days Of Metal, mais peu de gens connaissent tout cela ! Donc c’est aussi un moyen pour nous de toucher un public plus large.


Concernant le reggae, c’est un public totalement différent.

Boban : Oui, bien sûr, et nous avons aussi une équipe différente qui travaille.


Et vous proposez aussi des boissons et tout cela ?

Boban : Oui, de la nourriture différente, des boissons différentes…



Vous me disiez que vous ne planifiez rien, mais en fait, vous planifiez tout ! (Rires)

Boban : A ce niveau-là, oui bien sûr, tout est planifié. Tu ne peux pas avoir un festival de reggae à succès si tu fonctionnes comme pour un festival de metal. Ce n’est pas possible. Il faut avoir des gens consacrés à chacune des musiques car ils doivent amener leur esprit et leur cœur à tout cela. Il y a beaucoup de choses que les fans de metal font donc il faut respecter chaque genre.


Metaldays démarre dans 100 jours. Est-ce que vous ressentez de la pression quand vous voyez la date approcher ?

Boban : Pas vraiment. C’est notre travail à temps plein, on y travaille toute l’année. Non, il n’y a pas de pression.

Nika : Ce n’est pas de la pression, mais dès que la date se rapproche, on a hâte que ça démarre.



Vous me disiez que vous avez une année entière pour préparer tout ça, mais ce n’est pas le cas en réalité puisque vous avez le Winter Days Of Metal à préparer. Quelle est la philosophie de ce festival qui n’est pas à l’extérieur mais à l’intérieur ?

Boban : Je pense qu’elle est similaire à Metaldays et à nos autres festivals. La philosophie est la même. C’est un mélange de vacances et de musique. La différence principale entre Metaldays et Winter Days Of Metal est que nous n’avons pas de camping pour Winter Days Of Metal. Les gens dorment dans des hôtels et des appartements. Cela dépend du package qu’ils achètent. Ils planifient les choses comme ils veulent. Ils passent la journée où ils veulent, au festival, ou à Ljubljana, puis ils reviennent. C’est la principale différence. Et bien sûr, c’est un festival à l’intérieur, donc le concept est un peu différent.


Nous avons commencé cette interview en vous demandant quelle avait été la question que l’on vous avait posée trop souvent. Au contraire, quelle serait la question que vous aimeriez que je vous pose, ou celle à laquelle vous auriez aimé répondre ?

Boban : Bonne question ! (Rires). Qu’en penses-tu ? Elle est difficile ! (Rires). La question intéressante pour moi serait : « Qu’attendez-vous des festivaliers qui viennent en termes d’écologie ? Que pourraient-ils nous apporter sans qu’on ne fasse rien ? ». Je répondrais probablement que j’aimerais voir nos festivaliers venir sans rien sur eux.


Nus ? (Rires).

Boban : J’aimerais qu’ils viennent sans rien et qu’ils nous fassent confiance pour qu’on leur propose un hébergement.


J’aimerais que les festivaliers soient encore davantage actifs sur le plan écologique et qu’ils le soient aussi chez eux


Est-ce que vous percevez une évolution en ce sens chez les gens qui viennent ?

Nika : Chez certains, oui.

Boban : Tu sais, nous avons environ 50% de nos festivaliers qui sont des gens qui sont déjà venus. Mais 50% sont des personnes nouvelles qui ne connaissent pas le festival. Ceux qui sont déjà venus savent à quoi s’attendre et ils viennent avec moins d’équipements. Les nouveaux ont déjà été à d’autres festivals et ils ont besoin d’un certain temps pour réaliser qu’ils n’avaient pas besoin de tout ce qu’ils ont amené et qu’une tente aurait suffit. J’aimerais que les festivaliers soient encore davantage actifs sur le plan écologique et qu’ils le soient aussi chez eux. C’est la seule planète que nous avons, et si nous n’en prenons pas soin, cela ne va pas finir d’une bonne façon.


Je ne sais pas quel monde nous laisserons à nos enfants.

Boban : Tu sais ce que les Indiens disent : « Tu ne laisses pas la Terre à tes enfants, tu empruntes la Terre de tes enfants ». C’est une immense différence. Et l’autre chose que j’aimerais voir chez nos festivaliers au niveau musical est d’être le plus ouvert d’esprit possible et de laisser une chance aux petits groupes que nous avons au festival. Il faut aller les voir et les encourager. Si tu ne les aimes pas, tu ne les aimes pas, mais il faut essayer, car tous les gros groupes ont commencé de cette façon !





Merci beaucoup !

Nika : Merci !

Boban : Merci beaucoup !



Plus d'informations sur http://judaspriest.com/
 
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