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A PROPOS DE:

THE SONS OF TALION (9 AVRIL 2009)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
DEATH METAL

A peine remis de la sortie du prometteur "And the Sky Opened" que l'éphémère The Sons Of Talion décide de jeter l'éponge, Olivier, chanteur du combo, revient sur ce passage et l'avenir...
STRUCK - 30.04.2009 - 0 photo(s) - (0) commentaire(s)
Question traditionnelle pour les lecteurs : peux-tu te présenter toi et ton groupe ?
Hello à tous, donc nous sommes The Sons of Talion, 5 potes rencontrés sur les bancs du collège et du lycée et qui ont décidé de faire de la musique. Le groupe tel qu’il était constitué pour la sortie de l’album s’est formé en 2006, avec Benjamin.B et Benjamin.N aux guitares, Tristan à la basse, Max à la batterie et moi, Olivier au chant.

Justement, quelle était la signification de ce nom The Sons Of Talion ?
Initialement le nom du groupe était Talion. Le Talion est la toute première loi du monde, on pourrait la résumer par « œil pour œil, dent pour dent ». Un groupe allemand avait déjà ce patronyme, on a donc décidé d’accrocher « The Sons of » à Talion pour faciliter les recherches sur internet, et pour éviter la confusion.

Votre actualité était la sortie assez récente de «And The Sky Opened » : pouvez-vous nous parler de cet album ?
« And the Sky Opened » est donc notre premier et dernier album. Il a été enregistré avec Kevin Pandele, un producteur Parisien, assez méconnu mais possédant un grand talent. Il s’est vraiment impliqué dans l’enregistrement, nous a proposé divers arrangements… L’ambiance était des plus détendue, les blagues fusaient, mais d’un autre côté, il savait se montrer studieux lorsqu’il le fallait. Ce fut une excellente expérience.
Du point de vue de la composition, c’est Benjamin.B qui a composé à 75% l’album. Il amenait la trame principale du morceau en répét’, et ils nous arrivaient de modifier certains enchainements ou plans lors de la mise en place des morceaux. De mon côté, j’écrivais les paroles et plaçais mon chant en fonction de l’ambiance du titre et de sa structure.

Y-avait-il un concept derrière ce «And The Sky Opened » : si oui lequel ?
Il y a en effet un concept général sur quelques titres de l’album, notamment « The Outsider », « And the Sky Opened » et « I Reach the Sun ». C’est l’idée d’une certaine rédemption voire même d’ascension qui domine ces titres. Rien de religieux, plutôt quelque chose de philosophique. Partir en quête de soi-même pour pouvoir s’élever.

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Si tu devais définir la musique de The Sons of Talion : comment la qualifierais-tu ?
Metal au sens large. On pioche dans différent style, le thrash, le melodeath, le hardcore, le black, le heavy… Mais si on devait nous imposer une étiquette, Melodeath me semble la mieux adapté.

Quel était l’objectif de votre musique ?
C’était avant tout s’amuser. Faire des concerts, voir du pays, partager nos titres avec les gens…

En général, quelles sont les sources d’inspiration du groupe ?
Musicalement, certains groupes font l’unanimité, comme August Burns Red, The Black Dahlia Murder, At the Gates, Metallica, ces groupes ont eu une grosse influence sur nous et on ne s’en cache pas, notre objectif n’était pas de révolutionner le monde du Metal.
Dans le contenu des textes, c’est très variable, un film, un roman, une situation peut influencer mon écriture, « The Outsider », par exemple, m’a été inspiré par une nouvelle de Lovecraft, et « Octopus » par un rêve que j’ai fait sur une espèce de poulpe fluo assez funky.

L’accueil de «And The Sky Opened » sur Music Waves a été particulièrement été bon dans le sens où il est très prometteur pour un premier essai : comment l’expliquez-vous ?
Je ne saurais pas vraiment l’expliquer. On a simplement essayé de faire l’album qu’on voulait entendre. Une bonne production, de bonnes compos accrocheuses, une belle pochette etc… Maintenant, le fait que des gens l’aient apprécié nous récompense de notre travail, c’est une très bonne chose, mais je ne pourrais pas fournir d’explications concrètes à cette question.

A contrario, quel était ton avis sur cette fameuse chronique de Music Waves ? Te retrouves-tu dans les lignes de l’autre fêlé de Struck ?
Ce que l’on a beaucoup apprécié dans cette chronique c’est le fait que Struck n’a pas bâclé sa chronique en nous cataloguant Deathcore dès le départ, du fait de notre jeune âge par exemple car c’est très courant depuis quelques mois. Struck a compris notre démarche, celle de proposer quelque chose d’énergique mais toujours mélodique et mémorisable.
Ensuite, cette chronique est le reflet de l’avis d’une seule personne, le son de la batterie a été jugé comme un défaut, un autre chroniqueur a apprécié ce point, c’est un avis personnel qui ne change en rien le regard que l’on a sur les 10 titres de l’album.

Qu’est-ce que ça fait d’avoir été pris dans le sampler de Rock One ?
C’est une bonne chose, Rock One est un magasine jeune et qui donne sa chance aux petits groupes comme nous, quelque soit le support, toute promo est bonne à prendre, surtout pour un groupe non signé.

Est-ce que ça a eu des répercussions sur vos ventes ?
Pas tellement non. On a eu pas mal de visites sur notre page Myspace suite à ça, mais pas d’augmentation significative des ventes de l’album.

Les ventes justement : vous n’êtes pas signés mais vous arrivez malgré tout à vous faire connaître : quel est le secret ?
On s’est fait connaitre surtout virtuellement grâce à Myspace. On aurait préféré faire des concerts dans toute la France pour défendre l’album et se créé une fan base conséquente, seulement malgré nos nombreuses démarche pour trouver des dates dans l’hexagone, cela s’est révélé être un échec.

Justement, le groupe split pour des raisons des difficultés pour trouver des dates, ventes etc… Ne sont-ce pas des raisons qui cachent un autre réel problème ?
Le gros problème c’est le temps. Nous sommes en 2009 et la situation musicale n’est plus du tout la même qu’il y a 10 voire 5 ans. Il y a énormément de groupes en France, plus ou moins underground, et trop peu d’association, de salle et d’organisateur. Aujourd’hui il faut se consacrer à 100% à son groupe, d’une part pour la promotion, pour chercher des dates, faire des concerts bref, se faire un nom. Cela demande énormément de sacrifices comme abandonner les études. Et nous ne sommes pas prêts à faire ce sacrifice compte tenu de la situation économique actuelle.

Raisonner à l’échelle française pour un groupe né en 2006, c’est perdu d’avance. Se faire un nom aujourd’hui nécessite d’avoir une vision européenne. Les dates pour les groupes de moyennes popularités sont très compliquées à trouver. Ceux qui arrivent à tourner aujourd’hui sont ceux qui possèdent, en parallèle du groupe, une assoc’ pour faire des échanges de dates, ce qui nécessite un investissement supplémentaire de temps et souvent d’argent très important.

Notre objectif de base était de faire des concerts, mais cela induit beaucoup trop de concessions pour quelque chose qui était à l’origine un passe temps pour nous. Nous aurions été curieux de voir comment aurait été accueilli notre album 5 ans auparavant, lorsque le téléchargement n’en était qu’à ses balbutiements, par exemple…

Mais comment expliques-tu que des milliers de groupes persistent à créer et jouer alors qu’ils rencontrent les mêmes problèmes que vous ?
Tout d’abord, la situation n’est pas la même dans tous les pays. Des pays comme l’Allemagne ou les USA ont une culture différente. Aux USA, tu peux allumer ta radio et tomber sur les Deftones, chez nous ce sera plutôt Christophe Maé.
Il est bien plus facile de booker même une petite tournée aux USA qu’en France, certes dans des conditions difficiles mais devant un public conséquent. Tout est une question de culture. Les gens se bougent, un lycéen américain par exemple n’hésitera pas à organiser un show dans un entrepôt pourri, les concerts sont avant tout une fête, même pour des petits groupes inconnus, l’entertainment n’est pas une notion assimilée ici.

Personnellement, ça ne nous dérange pas du tout de jouer à même le sol dans un entrepôt tant que le public suit et que l’ambiance est là. En France, les groupes qui marchent ont soit émergé il y a 1/2ans et ont tout plaqué pour se consacrer à leur groupe, ou sont là depuis 10 ans, ceux entre ces deux périodes sont morts.

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Penses-tu que votre problème est lié au fait que vous résidiez en Bourgogne ?
En partie oui, à notre niveau ce qui nous aurait permis d’évoluer ça aurait été de se produire aux cotés de plus grosse tête d’affiche, en tant que première partie. Et notre région se fait assez rare en matière de concert Metal.

Que prévois-tu de faire dans ces conditions ? Vas-tu continuer à jouer et si oui dans quelles conditions ? Vas-tu refonder un groupe ? Si oui, quel virage musical vas-tu prendre ?
Nous avons commencé à travailler sur un projet studio Mygirlfriendisawatermelon avec Benjamin B., Tristan et moi-même. La batterie sera programmée, et musicalement se sera assez fou, très barré, à la manière du groupe Iwrestledabearonce, des blasts, des mosh et des claviers façon Nintendo.
L’objectif de ce projet est d’une part pour Ben de se perfectionner au niveau de la production, et de se faire plaisir avec quelque chose de vraiment décalé. Si les gens suivent tant mieux, sinon ce n’est pas un problème.

Mais alors pourquoi avoir splitter The Sons of Talion alors que 3/5 du combo va continuer à se faire plaisir musicalement comme tu le dis ? N'était-ce pas possible de continuer The Sons of Talion dans les conditions que tu viens de citer et donc d’en faire un groupe révolutionnaire qui passerait de melodeath à de l'extrême barré ? C’est le Ping Ping qui rêvait d’intégrer la presse people qui parle, mais au regard de toutes tes explications on a l'impression que c'est un problème de personne qui a provoqué le split...
Rien de ça ! On ne voit juste pas l'intérêt de continuer sous le nom de The Sons of Talion avec un groupe qui n'a plus du tout la même orientation musicale ni les mêmes objectifs, on ne compte pas faire de concerts avec ce nouveau groupe, c’est un projet studio.
Donc non, désolé, aucune fracture au sein du groupe. On continue tous à s'appeler régulièrement, à se parler sur le net, je fais mes études avec le second guitariste, on est copains comme cochon, il n'y a aucune animosité entre nous, juste une lassitude par rapport à l'environnement musical actuel. Certes, ce n’est pas croustillant, mais c'est la vérité (Rires) !

Quel est ton avis de musicien sur le business musical actuel et l’impact du Net sur ton art et notamment les sites comme Music Waves ? Penses-tu que le net est une des raisons de vos difficultés ?
Et bien ce qui nous a permis d’émerger il y a quelques années a causé notre perte aujourd’hui, je pense notamment à Myspace en disant ça. Le nombre de groupes sur le marché musical a explosé d’une manière incroyable depuis 2/3ans. Et avec du recul on fait parti de cette vague.
Pour un auditeur lambda, il est impossible de tout suivre, il y a trop de sorties. Dans ce contexte il devient très compliqué de se faire une place. L’image devient la seule solution pour pouvoir se démarquer des autres, mais même aujourd’hui pratiquement tous les musiciens se ressemblent.
On peut aussi bien passer à coté d’un groupe très moyen que d’un groupe super créatif aujourd’hui, sans même le savoir.

Penses-tu également que The Sons of Talion ait souffert de faire du death mélodique en France ; pays pas du tout réputé pour sa culture rock ?
Oui totalement, en France le rock c’est Johnny Halliday.
Partant de ce principe il est très difficile de faire découvrir ta musique à un public plus large qui n’a jamais entendu quelqu’un crier dans un micro.

Penses-tu que The Sons of Talion aurait mieux marché à l’étranger notamment dans des pays scandinaves ?
Mieux je ne sais pas, car ce style est déjà pas mal représenté dans ces pays. Mais nous aurions, au moins, fait plus de concert qu’en France, c’est une certitude.

Si je vous dis que dans le PEF (Paysage Extrême Français), The Sons of Talion était sur un créneau jusqu’à alors assez peu occupé : qu’en penses-tu et comment l’expliques-tu ?
Nous sommes issus d’une nouvelle génération qui n’hésite pas à marier les styles, pour créer quelque chose de dynamique à la manière des américains ou des scandinaves.
Disons que notre génération a moins peur d’oser les mélanges de genre. De plus, le public a lui aussi changé, tout se renouvelle au final.

On parlait de scène française : quel est ton avis sur le paysage musical français en général notamment au regard des Victoires de la Musique ?
Comme je le disais tout à l’heure, la France n’a pas la culture du « show ». On va dire qu’en France on préfère écouter un mec en sous-pull gratouiller sur sa guitare et dire qu’il aime aller au café d’en face les dimanches soirs plutôt qu’un groupe qui essaye de proposer quelque chose de complet, tant au niveau de la musique que du visuel.
On aime beaucoup critiquer en France. C’est parfois justifié mais c’est souvent de la pure jalousie.

Concrètement, qu’as-tu pensé quand tu vois que les BB Brunes obtiennent une récompense ?
Pas grand-chose. Ce que font BB Brunes n’est peut être pas du Rock comme on l’entend mais ça me scandalise moins que de récompenser l’album d’Arthur H comme « album rock de l’année » car ça, c’est, bel et bien, une blague. Ce mec est peut être crédible aux yeux de la presse, mais musicalement c’est ni plus ni moins que de la variété.

Encore au niveau des comparaisons avec de jeunes groupes, quel est ton avis sur un groupe comme les Tokio Hotel ?
Disons qu’ils ont été entourés très tôt par des personnes qui n’avaient que le mot argent dans la bouche, la bonne image, les bonnes paroles, les bons riffs pour plaire aux filles de 12 ans, rien de spontané dans ce « groupe », juste un produit bien conçus.

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J’ai cité des groupes qui drainent des midinettes en folie pendant leur concert : et vous, de qui était composé votre public ?
Du metalleux chevelu au coreux bien rasé, c’était assez variable… Mais jamais de fille de 12 ans si c’est la question (Rires) !

Plus généralement que penses-tu de la scène metal extrême française ? Selon toi, surfiez-vous sur la tendance qui veut que cette scène émergent est LA scène la plus fraîche actuellement dans le monde ou au contraire, vous avez subi la concurrence de nombreux groupes français qui suivent le sillon créé par la locomotive qu’est Gojira ?
On ne s’est jamais senti membre d’une quelconque scène dans la mesure où géographiquement, nous étions assez isolés. Selon moi, le fait d’appartenir à une scène c’est avant tout dans le but de se serrer les coudes et de s’échanger des plans concerts. Et le souci c’est que même pour nous, du moins dans notre région, nous n’arrivions pas à trouver de bons plans, donc dans ce contexte il est difficile d’aider d’autres groupes.
Après sur le plan strictement musical, il est vrai que nous nous sentions proche de pas mal de jeunes groupes en France, comme Decades of Despair, Seiken ou Ite Missa Est.

J’ai l’habitude de demander ce qu’auraient voulu faire les artistes quand ils étaient jeunes mais bon, vu votre âge, je vais plutôt vous demander quel souhaiteriez-vous faire plus tard ? Quel avenir voyez-vous après The Sons of Talion ?
Et bien on va tous continuer dans la musique, Ben le guitariste lead va se lancer plus sérieusement dans la production, de mon côté, je vais continuer à poster quelques billets à propos de mes découvertes sur mon blog (musicisfuckindead.blogspot.com) d’une manière ou d’une autre on compte rester dans cet univers.

Avant de se quitter que voudrais-tu dire aux lecteurs de Music Waves ?
Merci à vous pour votre intérêt, merci de nous avoir donné la parole, et longue vie à Music Waves.


Plus d'informations sur http://www.myspace.com/talionmusic
 
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