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Alcatraz Festival 2018 - Courtrai- Jour 2 - 11 Aout 2018


TYPE:
LIVE REPORT
GENRE:
BLACK METAL

Pour sa 2ème journée l'Alcatraz Festival propose une nouvelle programmation très variée avec notamment du néo métal, du black métal et du métal symphonique
NOISE - 04.09.2018 - 35 photo(s) - (0) commentaire(s)
Pour sa deuxième journée l’Alcatraz a encore vu grand. En ce 11 Aout ce ne sont pas moins de 15 formations qui vont s’enchainer sur les deux scènes, la Swamp intérieure et la Prison extérieure, sans pause ni relâche en mettant les forces de ceux qui veulent tout suivre à rude épreuve. Mais personne n’a envie de se plaindre et dès le milieu de la matinée les festivaliers sont prêts pour ce marathon.

La plaine est en effet bien pleine alors qu’il est à peine 11h pour accueillir Fozzy la formation américaine emmenée par le catcheur Chris Jericho. Le public est séduit par son heavy métal moderne et accrocheur et surtout par le sens du show d’un Chris véritable pile électrique et énorme frontman dans la lignée des grands de la scène heavy. D’entrée avec ‘Judas’ le groupe balance son nouveau single et fait un carton. Vocalement Chris envoie du lourd avec sa voix puissante et musicalement on ne peut qu’être séduit par la force mélodique du titre. Dans la même veine ‘Drinking With Jesus’ est tout aussi efficace, le refrain est énorme et porté par des chœurs et la sauce musicale est puissante. Le concert prend un tour fun quand sur ‘Burn Me Out’ Chris va faire un tour dans le public, allant tout au bout de la fosse et grimpant même en haut de la scène VIP dans un esprit show à l’américaine. Ce faisant il se met le public dans la poche et la fin du concert va être brulante avec notamment un ‘Lights Go Out’ costaud ou le très efficace ‘Sandpaper’. Fozzy a proposé une prestation énergique, le public a apprécié cet instantané d’un métal américain dans toute sa force et sa splendeur.






Avec Crisix la nouvelle génération thrash prend d’assaut la Swamp pour y lancer les hostilités avec férocité. Dans l’esprit de ses compatriotes d’Angelus Apatrida et avec le côté mosh d’un Anthrax la formation fonce droit devant elle et met le feu partout. Cela va se confirmer cash, les espagnols montrent qu’ils sont un concentré d’énergie brute, un bâton de dynamite qui explose à la tronche d’un public encore assez observateur. Le son est énorme et on apprécie des riffs bien thrash. La suite confirme, le ton est ultra speed et on pense à Overkill ou Death Angel.  Avec ‘G.M.M.’ le feu va prendre, le côté mosh fait des ravages et le petit tour dans la fosse d’un des guitaristes fait son effet. Cette décharge électrique fait bouillonner  la fosse.  Sur ‘Get Out Of My Head’ Julian demande au public de se mettre à genoux pour mieux exploser sur cette tuerie thrash incisive. La fin de concert est furieuse avec un medley de classiques du thrash et un final énorme sur ‘Ultra Thrash’ qui verra Julian allez chanter dans la foule dans un slam sympathique au milieu d’un pogo intense. Crisix a fait parler la poudre avec force et confirme qu’il est un sacré bon client en matière de speed thrash.





Trois ans après son précédent passage Armored Saint est de retour à l’Alcatraz. Depuis le groupe américain s’est fait discret, il n’a pas de nouvel album et tourne juste pour se faire plaisir. Ce qui est rare est précieux et la foule est au rendez-vous pour apprécier ce heavy métal mélodique racé et intelligent porté par la voix puissante de John Bush. Le groupe va proposer un joli best-of en proposant au moins un titre de chacun de ses 7 albums.  D’entrée et intelligemment le Saint balance un de ses plus grands titres avec ‘March Of The Saint’. Le public est sous le charme de la voix de Bush et apprécie une musique puissante et un refrain en or. Juste derrière le groupe pioche dans ses 2ème et 3ème albums et balance avec ‘Long Before I Die’ et ‘Chemical Euphoria’ des claques heavy qui font leur effet. Le concert est brillant, on ne peut qu’admirer la justesse technique des musiciens et avec ‘Reign Of Fire’ puis ‘Last Train Home’ et ‘Pay Dirt’ le carton est total. Entre puissance métallique et émotions à fleur de peau le groupe montre une classe certaine. La fin de concert est déjà proche et avec les énormes ‘Symbol Of Salvation’ et ‘Win Hands Down’ le public est en liesse et fait un triomphe au groupe. Le final sur ‘Can U Deliver’ avec Chris Jericho en invité fait lui aussi un tabac et achève le concert en beauté. Armored Saint a assuré une prestation de grande classe, il nous a permit de retrouver un John Bush trop rare et d’apprécier une belle leçon de heavy métal mélodique.




Avec Act Of Defiance la Swamp accueille un de ses supers groupes dont les américains sont friands.  Il s’est formé sous l’impulsion de Shawn Drover et Chris Broderick en 2014 quand les deux musiciens ont quitté Megadeth. Ils se sont alliés à Henry Bonner pour proposer un mixe de thrash et de métalcore, dans l’ère du temps métallique. Malgré ce CV la tente est peu remplie, pas mal de gens faisant une pause entre deux groupes de la Prison. Les absents n’auront pas tort pour une fois. Sans guère de passion le groupe va assurer le minimum syndical et surtout ne va pas réussir à sortir du lot avec une musique convenue. D’entrée pourtant le côté thrash avait bien lancé un premier titre costaud. A la gratte Broderick fait le show et montre une sacrée technique sur chaque riffs et soli. Au chant Bonner est dans un ton classique avec un ton éraillé bien puissant. Mais la sauce ne va jamais vraiment prendre, Broderick donne l’impression de jouer pour lui dans son coin sans cohérence avec ses camarades.  Et si un titre comme ‘Legions Of Blind’ avec son côté thrash a fait le taf le groupe tombe trop souvent dans le déjà entendu pour convaincre. Au final Act Of Defiance aura été une déception,  le peu d’ambiance dans la tente n’ayant sans doute pas aidé également les musiciens à se transcender.




Par contre en face pour Battle Beast l’ambiance est au rendez-vous, la formation finlandaise a de nombreux fans et ceux-ci sont déjà massés devant les barrières.  Le groupe a le vent en poupe avec son heavy teinté de power porté par la voix puissante de Noora Louhimo. Et même le renvoi de son compositeur principal, Anton Kabanen, n’a pas freiné sa progression. "Bringer Of Pain" confirmant la facilité du groupe à proposer des titres puissants et mélodiques. D’ailleurs cet album sera largement à l’honneur avec 7 titres. Le groupe va en balancer trois d’un coup pour démarrer. La sauce prend de suite avec ‘Straight To The Heart’ On sent les musiciens heureux d’être sur scène comme libérés, le ton est speed et au chant Noora impressionne par son ton puissant proche de Doro. ‘Bringer Of Pain’ est tout aussi puissante comme un exocet tandis que ‘Familiar Hell’ se fait plus accrocheur avec un petit côté pop plaisant. Par la suite le bien speed ‘Let It Roar’ extrait du 2ème album fait un joli carton, le public est au taquet et apprécie ce moment de heavy. Issu du même album ‘Black Ninja’ est un tube parfait avec un chant posé parfait et une superbe montée en puissance. Dans la 2ème partie les titres récents comme ‘Lost In Wars’ ou ‘Bastard Son Of Odin’ auront fait leur effet tandis que ‘Touch In The Night’ cartonnait avec ce ton accrocheur porté par le clavier. Le final se fera sur un titre du dernier album, ‘Beyond The Burning Skies’, son ton speed entrainant achevant les hostilités avec brio avec une nouvelle prestation vocale splendide. Battle Beast peut survivre sans son ancien compositeur, il l’a prouvé avec classe et a ravit un public heureux de cette belle fête heavy.




Dans la swamp place au stoner métal avec Orange Goblin. Avec plus de 20 ans de carrière les anglais sont de sacrés références et la foule est présente dans la tente pour leur donner l’accueil qu’ils méritent. Le tout frais sorti "The Wolf Bites Back" a confirmé le groove et le feeling d’un quatuor généreux et doué pour entrainer son auditoire loin des considérations matérielles dans un univers enfumé et graisseux. Précédé par deux extraits d’AC/DC le groupe va faire un carton d’entrée avec le tout récent ‘Sons Of Salem’. L’ambiance est énorme,  le public est revenu en force dans la Swamp et profite à fond de ce son gras portée par la voix granuleuse et teintée de bourbon de Ben Ward. Le titre envoie du lourd et ce groove heavy nous renvoie à la grande époque de Rainbow ou Sabbath avec des soli de feu. La totalité de ce concert va être brillante et prenante, le très court ‘The Devil’s Whip’ est une claque avec un feeling hard rock que n’aurait pas renié Motörhead. Derrière l’antique ‘Saruman’s Wish’, extrait du 1er album nous ballade dans un son desert rock avec classe. Ensuite en vrac on aura apprécié le groove de ‘The Wolf Bites Back’ confirmant la force du nouvel album ainsi que ‘Scopionica’ parfait moment d’un stoner rock chaud comme l’enfer. Enfin le très heavy ‘Red Tise Rising’ a achevé les hostilités en beauté. La fosse aura été en fusion bien plus d’une fois et la sueur se sentait fortement après le concert. Orange Goblin est un monstre heavy qui a tout ravagé sur son passage ave classe et férocité, sa prestation restera dans les plus bouillantes de ce week-end.




Pour la suite place au rock’n’roll avec l’arrivée de Phil Campbell and The Bastards Sons. L’ex guitariste de Motörhead a choisit de repartir sur les routes suite à la dissolution de la légende du hard rock fin 2015. Après quelques concerts il a réunit un line-up pour proposer de nouvelles chansons. On retrouve ses trois fils, Todd, Dane et Tyla pour une jolie réunion de famille. Au chant il a fait appel à Neil Starr et ce petit monde déjà sorti un Ep puis un premier album, "The Age Of Absurdity", en début d’année. Cette belle troupe va donner un concert plein de cette énergie rock pour le plus grand plaisir d’un public ravi de retrouver Campbell. La set list va s’équilibrer entre titres de l’album et classiques de Motörhead et faire un carton. ‘Big Mouth’, ‘Freak Show’ ou ‘Welcome To Hell’ et ‘Dark Days’ sont d’excellents moments de rock faits pour taper du pied avec une nervosité toute rock’n’roll. A côté le groupe va nous régaler avec des classiques comme ‘Rock Out’, ‘Going To Brazil’ ainsi que ‘RAMONES’ et ‘Born To Raise Hell’ qui voit Chris Jericho revenir au chant. La prestation est bonne, Starr chante avec énergie et musicalement les fistons sont doués, on sent chez eux un potentiel certain pour le hard rock vintage. En fin de concert ‘Silver Machine’ reprise à Hawkwind est l’occasion d’un hommage appuyé à Lemmy puis ‘Aces Of Spades’  vient conclure les débats sous les vivats d’un public heureux. Lemmy peut être fier de la relève, Phil Campbell and The Bastards Sons a donné une splendide prestation. Cette nouvelle aventure rock démarre de la meilleure des manières et il ne fait guère de doutes que pas mal de gens se déplaceront pour aller saluer cette équipe sur la tournée à venir en salle.




L’atmosphère va  changer dans la Swamp avec la venue de Solstafir. Les islandais sont passés maitres depuis plus de 15 ans dans un post métal atmosphérique d’une noirceur absolue avec un travail sur les ambiances de toute beauté. Dans la salle le climat est calme et recueilli, les fans sont prêts à voyager avec le groupe. D’entrée avec l’intro Nattfari le ton est posé, le séjour en terre islandaise débute et la montée en puissance prend aux tripes pour éclater sur l’arrivée des musiciens avec ‘Silfur-Refur’. Là on ne peut que s’incliner devant la classe de ce groupe à part, on est transporté dans un univers mélancolique à fleur de peau. Addi avec son chant profond et plaintif est un parfait conteur qui vit sa musique et ses textes avec une puissance d’âme rare. Le long de cette heure de concert le voyage sera total, ‘Isafold’ est une jolie claque plus courte et portée de ce pur esprit post-rock. ‘Fjara’ et ‘Blafjall’ sont plus longues et mélancoliques, elles montrent une majesté qui prend à la gorge, le chant plaintif et d’une rare clarté ajoutant à cette ambiance particulière. On sent une certaine fascination et chacun déguste chaque note dans une atmosphère éthérée, quasi ésotérique. Addi parle peu mais installe une réelle complicité avec les gens. Celle-ci sera totale sur le final dantesque qu’est ‘Goddess Of The Ages’. Au cœur du morceau il va aller faire un tour au plus prêt du public en marchant sur les barrières puis en slamant dans les premiers rangs. Avec cette longue pièce finale on atteint le sommet de ce post rock riche et teinté de nostalgie. Solstafir a proposé un concert d’une incroyable force. Il a su créer avec le public un lien fort, une fusion totale au-delà de l’imaginaire pour proposer une des toutes meilleures prestations du week-end.




Après cette traversée hors du temps un premier grand nom débarque sur la Prison. Mr Big est une légende d’un hard rock classieux et mélodique, l’avant-scène est blindée et chacun attends de retrouver les ténors du groupe, de Paul Gibert à Eric Martin et Billy Sheehan. Personne ne va être déçu de cette prestation, très professionnels les musiciens vont ravir le public par leur classe à retranscrire avec précision toute la subtilité des titres. Au chant Martin est toujours impeccable, à la fois puissant et accrocheur et à ses côtés le duo ne plaisante et en épate plus par une technique hors normes. D’entrée ‘Daddy, Brother, Lover, Little Boy’ fait son effet, la communion avec le public se fait immédiatement et chacun apprécie ce classique du hard mélodique. Derrière ‘Alive & Kickin’, ‘Take Cover’ ou ‘Green-Tinted Sixties Mind’ rencontrent le même succès et confirment la belle aisance du groupe. Après un ‘Price You Gotta Pay’ énergique Gilbert balance son solo et en épate plus d’un en alliant technique et mélodie sans surenchère. ‘Open Your Eyes’ enchaine puis le 1er grand moment arrive avec la reprise de ‘Wild World’ de Cat Stevens. Pleine de feeling cette chanson fait un carton avec un refrain repris en chœur. Dans le final on notera un excellent solo de basse de Sheehan et l’autre grand moment avec la ballade ‘To Be With You’ qui reste une des plus connues et qui aura fait fondre quelques cœurs de métalleux endurcis. Mr Big a montré une forme éclatante, il a signé une prestation de premier ordre. Devant de tels virtuoses on ne peut que s’incliner avec respect.






Dans la swamp le ton va être bien plus virulent avec la venue de Municipal Waste. En matière de crossover thrash déglingué et engagé les américains comptent parmi les patrons du genre et la tente s’apprête à être furieusement remuée par une armada de fans prêts à en découdre dans la bonne humeur. Parler de folie pour ce qui va suivre n’est pas exagéré tant l’ambiance va être intense. Dès l’entame de ‘Breathe Grease’ c’est le feu avec des circle pit furieux. Le groupe défonce tout sur son passage avec ce pur thrash typé années 80 entre Anthrax et Suicidal Tendencies. Les titres vont s’enchainer à tout allure, ‘Mind Eraser’, ‘You’re Cut Off’ ou ‘Unleash The Bastards’ cartonnent. Les slamers volent dans tout les sens et la sécurité est fortement mise à contribution pour réceptionner ce monde bien énervé. ‘Saditistic Magican’ puis ‘Beer Pressure’ voient la folie monter d’un cran dans une fosse transformée en tourbillon par les circle pit incessants. Tout le concert va rester dans ce ton furieux, le groupe balance quelques autres balles comme ‘I Want To Kill The President’ ou ‘The Thrasin’ Of The Christ’ qui ne font pas de quartiers. En fin de concert il achève son monde avec un ‘Born To Party’ explosif. Pas moins de 20 titres auront été joués dans ce qui restera comme le plus grand délire de ce festival. Municipal Waste aura fait un sacré triomphe avec son thrash incisif, il ne fait pas de doutes que cette prestation aura laissé des traces parmi pas mal de fans qui ont tout donné comme rarement on l’avait vu à l’Alcatraz.


Après cette démonstration de force la Prison accueille Epica. Les patrons du métal symphonique achèvent un très long cycle qui les a vus sortir "The Holographic Principle" en 2016 puis un Ep. Cette ère aura été celle de la consécration avec des grandes dates et un succès jamais démenti. Avant une pause méritée on les retrouve sur la plaine de l’Alcatraz et la foule est au rendez-vous compactée devant la scène pour ne pas en perdre une miette. La première partie du concert va voir le groupe se concentrer sur ces deux derniers disques. Avec d’abord ‘Edge Of The Blade’ il fait un carton. Simone est rayonnante et chante toujours aussi bien avec cette puissance qu’on lui connait et à côté on apprécie le meilleur d’un métal symphonique puissant et mélodique. ‘The Essence Of Silence’ enchaine avec la même grâce teintée de force. Le son est parfait et on apprécie les passages aux guitares et claviers et l’élégance vocale de Simone. La pyrotechnie est de sortie et chauffe les premiers rangs. ‘Victime Of Contingency’ montre la face quasi death métal du groupe.







Ensuite que ça soit avec ‘Ascension’, ‘Dancing In A Hurricane’ ou ‘Unchain Utopia’ le groupe épate par sa justesse et sa capacité formidable à mixer angélisme et puissance brute. Après cette belle démonstration de la force du répertoire récent Epica va repartir dans le passé. ‘Cry For The Moon’ est accueilli avec passion et reste un de ses plus grands morceaux et du métal symphonique avec sa mélodie parfaite. ‘Sancta Terra’ et ‘Consign To Oblivion’ cartonnant de la même manière. Enfin extrait du dernier album ‘Beyond The Matrix’ se fait une belle place au milieu de ces hits et devrait garder sa place dans les set list notamment grâce à sa force symphonique et son refrain parfait chanté par une Simone au sommet de son art. Epica a donné une ce soir une prestation de haute volée. Le groupe néerlandais a rencontré un succès énorme auprès d’un public et bien chaud. Il a confirmé son statut de prétendant à être tête d’affiche des plus grands festivals avec un sacré brio.




Dans la swamp on retrouve un des patrons du métal américain avec Devildriver. Cela fait plus de 15 ans que Dez Fafara et sa bande mixent avec intelligence groove métal avec une bonne dose de death et cela a donné des disques furieux et des prestations intenses. Récemment le groupe s’est adonné à l’exercice du disque de reprises avec "Outlaws ‘til The End : Vol 1" sur des classiques de la country. C’est devant un public fourni et motivé malgré l’enchainement des concerts que Dez et sa bande débarquent. Pour ce concert le groupe va jouer une certaine sécurité et ravir ses fans en allant surtout piocher dans ses deux premiers albums. Ce faisant il va mettre le feu à la fosse d’entrée en balançant des missiles comme ‘Grindfucked’ ou ‘End Of The Line’.  Fafara est en forme et va chercher le public. Le son est costaud et on apprécie la puissance de ce métal moderne qui évite les clichés inhérents au genre.  Les circle pit se multiplient et une fois de plus la sécurité ne chôme guère face aux slameurs qui déboulent du pit. Dans la suite du concert ‘Cry For Me Sky’ fait un carton avec son ton death metal tandis que ‘These Fighting Words’ fait son effet avec un bon petit groove.  En fin de concert ‘I Could Care Less’, ‘Clouds Over California ou ‘The Moutain’ achèvent les hostilités avec une force qui ne se sera jamais démentie. Devildriver a balancé une prestation de haute volée en nous faisant déguster le meilleur de son art pour le plus grand plaisir d’un public très chaud.


Sur la prison la pression monte pour les amateurs de black métal, Dimmu Borgir est enfin de retour aux affaires et chacun est curieux de voir comment le groupe a évolué. Avec "Eonian" les norvégiens ont montré une facette plus symphonique que jamais pour un résultat majestueux et où le black, même plus discret, reste présent. Pour cette tournée le groupe a bien fait les choses, le décor est sobre avec juste quelques pentacles, le tout sera magnifié par des lumières superbes. Les musiciens sont maquillés avec un soin particulier comme à leur habitude. D’entrée ‘Eonian’ est mis à l’honneur avec ces deux premiers titres. ‘The Unveiling’ et ‘Interdimensional Summit’ éclatent de milles feux dans le contexte live. Shagrath se pose en maître de cérémonie, conteur d’une messe noire et chacun est fasciné par cette force noire et symphonique. On y ressent toute une force malsaine dans les chœurs et ces passages épiques très travaillés. Le public est sous le charme vénéneux du groupe et l’atmosphère se fait à la fois brulante et recueillie. Dimmu enchaine avec deux titres d’un "In Sorte Diaboli" un peu oublié. ‘The Chosen Legacy’ et ‘The Serpent Offering se chargent de nous rappeler que le disque était déjà teinté de cette force symphonique. En live le résultat est brillant avec en outre une puissance de feu qui rappelle que le groupe sait toujours balancer de bonnes décharges black.




Décidément culotté Dimmu Borgir ressort deux titres d’un "Abrahadabra" tout aussi négligé et ‘Gateways’ puis ‘Dimmu Borgir’ ne font pas de quartiers. La 2nde étant même un sacré moment de violence brute qui n’a épargné personne. Avec ‘Puritania’ puis ‘IndoctriNation’ on revient vers les années de gloire quand le groupe bousculait la scène extrême avec l’énorme "Puritanical Euphoric Misanthropia". Dans des versions différentes de l’album ces titres restent des monstres du genre avec une emphase certaine et une âme noire délicieuse. Le nouvel album est à l’honneur derrière. ‘Council Of Wolves And Snakes’ confirme son potentiel, il possède ce charme occulte intense avec ses chœurs, ce passage parlé et cette force symphonique teintée de black. ‘Archaic Correspondance’ éclate à la face du public avec rage et confirme que le groupe reste ancré dans la plus obscure et violente des musiques. Le concert va s’achever avec deux derniers grands titres, ‘Progenies Of The Last Apocalypse’ demeure un morceau essentiel et voit le groupe donner le meilleur de lui-même. Enfin ‘Mourning Palace’ repart loin dans le passé et achève de scotcher un public fasciné par la force du spectacle. Dimmu Borgir effectue un joli retour en grâce avec cet album et cette tournée, il fait taire les septiques en tout genre avec une classe impressionnante.


Le black reste à l’honneur dans la swamp avec l’arrivée de Satyricon. Les norvégiens sont attendus tant on connait leur aura mystique et leur capacité à mêler à la violence de leur musiques des ambiances sombres et occultes. L’ambiance est glaciale quand l’intro retentit, tout est parfait pour la célébration. Devant un public calme et attentif Satyr, Frost et leurs compères vont donner une leçon d’une intensité incroyable. ‘Midnight Serpent’ entame les hostilités. On y apprécie cet esprit tiré des ténèbres porté par un Satyr au charisme fort dont se dégage une aura noire impressionnante.  L’intensité est tout aussi forte avec ‘Our World, It Rumbles Tonight’ puis ‘Black Crow On A Tumbstone’. Le groupe fait s’abattre sur le public une puissance énorme et l’entraine dans les confins de l’âme humaine. Avec ‘Deep Calleth Upon Deep’ puis ‘Now, Diabolical’ il dégaine l’artillerie lourde avec deux hits à la fois intenses mais accrocheurs avec un côté rock et des refrains irrésistibles. A ce niveau là ‘To Your Brethren In The Dark’ est aussi un bon cru mais avec une force black énorme et un chant vicieux délectable. La fusion avec le public est totale et chacun apprécie cette prestation brulante. La fin de concert va être royale, ‘Dissonant’ puis ‘Mother North’ sont superbement accueillis et l’immense ‘The Pentagram Burns’ fait un tabac, ce titre restant un classique du groupe. Enfin ‘Fuel For Hatred’ et sa violence jouissive’ puis ‘KING’ achèvent une prestation splendide. Satyricon a été une parfaite tête d’affiche pour la Swamp. Il a impressionné par sa capacité à être d’une violence impitoyable tout en possédant une face accrocheuse.


Pour pas mal de gens la journée a été bien remplie et s’arrête là mais il reste encore pas mal de public pour aller acclamer la tête d’affiche de la journée, Limp Bizkit. Annoncé tardivement la présence de la légende néo américaine a pu en surprendre quelques uns ancrés dans un métal plus traditionnel. Porté par un Fred Durst très bavard le groupe va surtout mettre à l’honneur le répertoire des autres avec pas mal de petits bouts de reprises de standards. Cela va donner une prestation assez hachée et soyons francs assez médiocre pour une tête d’affiche. Le parterre se vide peu à peu au vu de l’heure tardive et les seuls les fans les plus courageux écouteront en vrac ‘Take A Look Around’ ou la reprise des Who, ‘Behind Blue Eyes’.

La journée a été globalement parfaite avec son lot de grands concerts et la prestation moyenne d’un seul groupe n’entachera pas un très bon bilan. Il reste une journée et au vu du programme il y a de quoi avoir le vertige mais aussi de l’appétit.



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