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A PROPOS DE:

Alcatraz Festival 2018 - Courtrai- Jour 3 - 12 Aout 2018


TYPE:
LIVE REPORT
GENRE:
HEAVY METAL

La troisième et dernière journée de l'Alcatraz et l'apothéose du festival avec en vedette un bon jus de citrouilles.
NOISE - 05.09.2018 - 29 photo(s) - (0) commentaire(s)
Une dernière journée de festival est toujours délicate, les jambes sont lourdes et la fatigue fait des ravages mais en ce Dimanche 12 Aout tout cela va vite s’évacuer avec un programme gargantuesque. Le soleil brille pour accueillir les festivaliers sur le coup de 11h. En ce début de journée on apprend un léger changement dans l’ordre du programme, Sepultura ne pouvant être à temps pour jouer c’est Exhorder qui prend sa place dans la Swamp. Le groupe brésilien lui sera décalé dans la soirée mais en même temps qu’Helloween, seule solution de remplacement possible.

Le décalage fait que la journée commence plus tard sur la Prison avec Orden Ogan. En matière de heavy métal mélodique les allemands sont des clients, ils sont devenus des leaders à force de travail avec un récent "Gunmen" de grande classe. Pour ce concert la scène a des allures de western avec un décor aux couleurs de l’album. Le public est en nombre et va apprécier avec ‘To New Shores Of Sadness’ une  claque taillée dans le meilleur du genre avec une mélodie parfaite, des riffs rapides et un chant haut perché maitrisé. Avec ‘FEVER’ on retrouve un excellent titre doté d’une montée en puissance imparable avec ce ton speed mélodique entrainant.  La suite du concert va mettre à l’honneur "Gunmen" avec la pièce maitresse qu’est ‘Gunman’. Ce titre épique est une réussite qui fait voyager avec le vent dans les cheveux et une force mélodique notamment sur le refrain. ‘Come With To The Other Side’ est une réussite, débutant comme une power ballade le titre s’emballe et fait un carton. Enfin ‘Forlon And Forsaken’ est un condensé de heavy mélodique doté d’un refrain parfait. Entre ces titres ‘We Are Pirates’ évoquait la force d’un Blind Guardian et mettait l’ambiance. Enfin ‘The Things We Believe In’ a achevé la prestation de la meilleure des manières avec  ce chant parfait et ce sens de la mélodie qui fait mouche. Orden Ogan a donné un  chouette concert, court mais d’une qualité remarquable. Son métal mélodique a ravit une foule friande du genre et aura été un joli écho à la prestigieuse tête d’affiche de cette journée.




Dans la Swamp les amateurs de death technique sont déjà serrés contre les barrières pour accueillir un fleuron du genre, Pestilence. Les néerlandais portés de main de maître par Patrick Mameli sont de retour avec un nouvel album, "Hadeon", après être revenu d’un 2ème split. L’homme a réuni autour de lui un line-up tout neuf et dégage toujours ce charisme glacial. D’entrée il balance un extrait de ce nouvel album. ‘Non Physical Existent’ est une claque d’une belle intensité dans un ton purement death métal droit dans la tronche. La maitrise technique est admirable de précision et Patrick impressionne par l’intensité de son chant. Le groupe va axer ensuite son concert sur ses trois premiers albums pour le plus grand bonheur des fans. ‘Antropomophia’ est courte et brutale puis ‘Commandments’  est une tempête de pur death métal avec des soli de feux. Ensuite en vrac avec ‘Dehydrated’, ‘Chronic Infection’ ou ‘Twisted Hour’ le groupe a régalé un public bouillant devant cette démonstration de force. Ce nouveau retour de Pestilence est gagnant, le groupe a donné un show sérieux et puissant et a donné une belle leçon de death metal.


              

Le hard mélodique est à l’honneur ensuite avec Inglorious.  Fondé en 2014 il a connu un succès fulgurant avec en son sein Nathan James qui a participé à The Voice UK et grâce à un hard rock mélodique allant chercher son inspiration chez Whitesnake et Deep Purple. Chacun s’attend donc à une démonstration de feeling de la part d’un groupe qui malgré son jeune âge connait les ficelles du métier. Cela va se vérifier en peu de temps avec ‘Read All About It’ qui débute le concert. On nage dans un hard rock old school avec délice et au chant Nathan est parfait avec la gouaille d’un ancien. Ce concentré de groove hard rock est irrésistible et on apprécie un superbe travail musical dans cette idée hard 70’s. ‘Breakaway’ puis ‘Change Is Coming’ confirment cette belle impression, le ton est chaleureux et le petit côté blues apporte un charme certain aux chansons. Dans la suite du concert ‘I Got A Feeling’ puis ‘Taking The Blame’ font un carton auprès d’un public sous le charme, en fermant les yeux on a l’impression d’être à un concert de Deep Purple au début des années 70. Inglorious confirme tout le bien que l’on pense de lui, il a proposé une prestation superbe taillée dans le meilleur d’un hard mélodique classieux. S’il continue dans cette voie on ne peut que lui prédire un avenir radieux, en attendant il a fait un joli carton auprès d’un large public.




Avec Gruesome la Swamp va continuer son voyage en terre death métal. D’abord né comme un tribute à  Death le groupe a prit son envol en sortant deux albums avec des compositions personnelles tout en restant dans le style de la légende death métal et de son compositeur Chuck Schuldiner. Il n’est pas simple d’oser faire un tel pari, Death était la crème du genre et a vu passer en son sein des musiciens de haut niveau. Les américains vont relever ce pari et scotcher plus d’un fan. Avec ‘Dimensions Of Horror’ le plongeon 25 ans en arrière est total. Au chant Matt Harvey possède le timbre guttural parfait, le rythme est intense et la technique redoutable de maitrise. Les codes sont là et on retrouve tout l’art de Chuck comme si on découvrait un titre inédit. Ce sentiment ne va pas nous quitter, ‘Trapped In Hell’ et ‘Inhumane’ sont aussi délectables, la puissance de feu est redoutable et on nage dans l’époque Human ou Symbolic. Gus fait trembler la tente avec sa puissance derrière les futs et le duo de guitares fait un travail remarquable. L’audience est bouillante et savoure cela à fond. Dans la suite ‘Seven Doors’, ‘Lethal Legacy’ et ‘Savage Land’ auront été tout aussi réussies avec une force implacable. En fin de concert Matt rend un hommage appuyé à Chuck et l’émotion est palpable. Cela lance parfaitement une reprise de feu de ‘Pull The Plug’ qui achève le concert de belle manière. Gruesome a donne une splendide prestation, il a ravi le public et a prouvé qu’un groupe de reprises pouvait aussi se faire violence en proposant ses compositions personnelles.




Dehors c’est Exhorder qui continue le programme. Ce pionnier du thrash groovy avait proposé deux albums au début des années 90 qui ont pas mal influencé Lamb Of God et d’autres avant de disparaitre en 1992. Depuis le groupe est revenu plusieurs fois, depuis 2017 Vinnie et Kyle, les deux historiques sont repartis sur les routes avec un nouveau line-up et.  Avec le changement le groupe se retrouve devant une foule conséquente et va en assommer quelques uns un peu amorphes. Il faut dire que le groupe ne va pas faire de quartiers, l’intro est douce mais derrière ‘Death In Vain’ est une tempête thrash qui en emporte plus d’un. Le groove est là, notamment dans ce son de guitare typique, la force de frappe est énorme et on apprécie de retrouver un tel revenant sur scène. Par la suite ‘Unforgiven’, ‘Legions Of Death’ et ‘The Law’ vont achever tout le monde. Kyle a ce ton vocal proche d’un Anselmo et à l’écoute de la basse et à la gratte on comprend où nombre de musiciens sont allés chercher leur inspiration dans les années 2000. En fin de concert ‘Slaugther Of The Vatican’ va faire encore plus mal avec un ton proche de Slayer et mettre le feu dans les premiers rangs et en épater plus d’un derrière, surpris par cette violence de frappe. Exhorder a frappé un joli coup, il a montré qu’il restait très actuel. Et même si ce retour n’avait pas de lendemain on pourra se féliciter d’avoir vu sur scène un pan important de l’histoire de la scène thrash.




Dans la Swamp c’est la grande affluence pour accueillir Primordial. Les irlandais sont passés maitres dans un pagan folk teinté de black et doté d’une grande force mélancolique. Chaque prestation du groupe est guettée avec ferveur. D’entrée la vision d’Alan grimé avec sa cape usée jusqu’à la corde impressionne et pose l’ambiance avant même que la musique ne retentisse. L’intro amène ensuite cette atmosphère sombre et ‘Nail Their Tongues’ lance les hostilités avec une classe folle. On y ressent une âme intense, la puissance du black mixée avec la force folk donne un résultat formidable. La mélancolie et la tristesse ont rarement  été aussi belles grâce à un Alan peu bavard mais qui emporte les gens dans son univers de par sa ferveur à vivre ses paroles. Le concert sera bien trop court, juste 5 titres seront joués mais cela laissera le temps aux novices d’appréhender la force du groupe. ‘No Grave Deep Enough’ enchaine et entraine le public dans un tourbillon black folk porté par un riff énorme et une intensité vocale hors normes. ‘To Hell Or The Hangman’ est une histoire des terres irlandaises contée de manière formidable. On y retrouve une puissance mélodique forte avec une partie instrumentale atmosphérique qui prend aux tripes. Alan finit le titre avec une corde de pendu autour du cou vivant à fond son histoire. Le voyage au centre de l’âme va se conclure avec un  ‘As Rome Burns’  d’une puissance épique énorme et par un  ‘Empire Falls’ toujours aussi impressionnant de force. Primordial a donné la leçon à un public d’abord attentif puis en transe en donnant un de ses concerts qui marque les esprits durablement.




Dehors le folk va être encore à l’honneur mais de manière festive. Partout où Alestorm passe la folie est au rendez-vous. Les écossais ont trouvé la recette magique avec un cocktail musical explosif entre heavy et folk et savent faire remuer tout le monde. Le décor est toujours aussi déjanté avec ce canard géant qui trône sur la scène et de multiples couleurs. Christopher lui est en kilt et avec son clavier il va être une pile électrique incontrôlable comme à son habitude. Après une intro décalée la fête commence avec un ‘Keelhauled’ énorme, l’esprit fun est au rendez-vous, le public est déjà au taquet et les slams s’enchainent. Avec ‘Alestorm’ puis ‘Mexico’ la folie s’amplifie. Ce mixe des styles est irrésistible, à la fois gai et entrainant avec un côté fédérateur impressionnant. Tout cela est un peu kitsch bien sur mais la fraicheur dégagée par le groupe balaye ces considérations. La suite du concert est tout aussi réjouissante, ‘The Sunk’n Norwegian’ et ‘No Grave But The Sea’ font un carton énorme, on apprécie cette belle face folk et ce côté contes de pirates qui en ressort. Sur ‘Nancy The Tavern Wench’ le public s’assoie et rame en cadence avec la musique, l’effet est énorme et ajoute à l’ambiance de fête. Ensuite ‘Hangover’ fait un triomphe avec son côté celtique et provoque un énorme wall of death. Puis ‘Captain’s Moragn Revenge’  et le final sur ‘Drink’ et ‘Fucked With An Anchor’ sont mémorables. La foule est en transe et remue de manière incroyable. Alestorm a donné un concert énorme, il a drainé une foule énorme, la première très grosse affluence de la journée et  a rencontré un succès triomphal très mérité.




Il y a moins de monde dans la tente pour accueillir The Black Dahlia Murder. Depuis 15 ans les américains mènent une belle carrière avec un excellent death mélodique dans l’esprit de la scène suédoise et sans avoir cédé à la mode métalcore. Et c’est un peu dommage qu’il n’ait jamais vraiment rencontré le succès qu’ils auraient mérité. Mais les fans sont là dans les premiers rangs. Le groupe déboule sans prévenir, sans intro  et va donner une sacrée claque. Trevor Strnad derrière ses lunettes et en short n’a peut être pas le charisme de certains chanteurs mais au micro il envoie la sauce avec une putain de force. Son côté écorché vif se marie à merveille à une musique puissante et racée avec des riffs rapides et mélodiques droit dans cet esprit At The Gates. ‘Windowmaker’ ou ‘Matriarch’ arrachant tout sur leur passage avec une force insensée.  Les titres vont s’enchainer à toute allure sans pause ni temps morts en laissant quelques personnes K.O.  Cela rappellera aussi à pas mal de gens que l’on peut parler de death mélodique mais que la puissance est quand même fortement au rendez-vous. La machine de guerre The Black Dahlia Murder a frappé très fort, elle aurait mérité une assistance plus fournie mais le public présent a largement apprécié cette décharge d’adrénaline pure.


En matière de machine de guerre Behemoth est un sacré client. La prison est pleine pour accueillir les princes de l’art noir. Le soleil brille mais les polonais ont prouvé que cela ne leur faisait pas peur. Le décor est superbe et tout est prêt pour une messe noire occulte. Cette heure de concert va être d’une intensité énorme, en maître de cérémonie au charisme glacial Nergal va mener les hostilités avec force, allant chercher le public de belle manière avec des premiers rangs tout acquis à sa gloire. ‘Ov Fire And The Void’ lance le concert de manière intense, la purée est envoyée et ce death black fait merveille. ‘Demigod’ est toujours aussi impressionnante ensuite avec ses sirènes. Le titre est une claque intense porté par un Nergal à l’aura fascinante. ‘Ora Pro Nobis Lucifer’ scotche tout le monde avec de la pyrotechnie et une rage énorme. ‘Conquer All’ porte bien son nom et confirme toute la force de Behemoth. Le nouvel album sort à la rentrée et le groupe en balance deux extraits, ‘God=Dog’ et ‘Wolves Of Siberia’. On y retrouve cette force anticléricale et cette intensité avec ce charme vénéneux et une accroche certaine. Ensuite ‘Messe Noire’, ‘Blow Your Trumpets Gabriel’ ou ‘As The Left Hand Ov God’ font aussi leur effet avec le meilleur d’un black death dont la force prend aux tripes.  En fin de concert ‘Chant For Eschaton 2000’ et ‘O Father O Satan O Sun’ finissent le travail et achèvent un public conquis par la force de cette prestation à la fois glaciale et brulante. Behemoth est venu et a vaincu, il a livré une nouvelle brillante démonstration de force, clairement une des meilleurs prestations de ce riche week-end.




Dans la Swamp l’ambiance va se faire feutrée avec l’arrivée des français d’Alcest. Entre deux prestations furieuses une dose de rock métal atmosphérique est idéale et fait du bien.  Cela fait quelques années que les français comptent parmi les maîtres du genre avec une sensibilité à fleur de peau et une force spirituelle emprunte de nostalgie. Les spectateurs sont nombreux, la réputation de Neige et des siens a depuis longtemps dépassé nos frontières et même les plus endurcis fondent devant le talent de la troupe.  Alcest va logiquement mettre en avant son petit dernier, "Kodama", avec 5 titres. Et comme une représentation le groupe va nous servir 3 pièces et nous faire partir très haut d’entrée. Avec ‘Kodama’, ‘Eclosion’ et ‘Je suis d’Ailleurs’ on retrouve la 1ère partie de l’album dans l’ordre et la magie va opérer. L’assistance est calme et attentive et savoure cette musique où l’émotion se mêle à la pureté. Le chant de Neige semble venu d’ailleurs et apporte cette profondeur d’âme si forte. On apprécie en outre quelques petites accélérations superbes et on se laisse porter par la force de l’ensemble. La suite du concert va être tout aussi enthousiasmante, Neige parle peu, semble timide et cela contribue au trip. ‘’Untouched’ ou ‘Oiseaux de Proie’ et ‘Autre Temps’ touchent tout autant par leur sensibilité. Enfin sur plus de 10 minutes ‘Delivrance’ achève cette prestation hors du temps avec une force rare et un final puissant et prenant. Alcest a su tirer son épingle du jeu dans cette programmation métallique, la force de sa musique aura touché à n’en point douter plus d’une personne dans la tente.


Après ce voyage astral la Prison accueille un autre gros nom. In Flames a bien changé en quelques années, le death mélodique n’est plus qu’un souvenir et a laissé la place à un rock métal alternatif sans que cela n’entache la popularité du groupe. Aux commandes il ne reste qu’Anders Friden et Bjon Gelotte des années anciennes et de la nostalgie car ni "Battles" ni "Siren Charms" n’ont séduit, trop ancré dans la mode de l’époque. Cela étant il y a du monde devant la scène, le nom reste connu et les musiciens attirent le public. Le décor avec ses écrans multiples est épuré mais tape l’œil de belle manière. De plus par instants la magie revient, sur les anciens titres on retrouve ce qu’on aimait chez les suédois, l’entame sur ‘My Sweet Shadow’ est efficace, le son est parfait et Friden montre une certaine hargne. Il est certes ironique de voir ce titre décrié il y a 14 ans à sa sortie être devenu un classique de l’ancien son mais cela fonctionne bien. ‘Pinball Map’ est l’un des plus anciens titres de la soirée, l’entendre fait un bien fou même si il ressort assez transformé par l’orientation musicale du groupe. Dans la suite du concert l’attention dépendra de quel côté on se situe par rapport au groupe. Les titres récents comme ‘Everything’s Gone’ , ‘Here Until Forever’ ou encore ‘The Truth’  et ‘Paralyzed’ intéressent un public jeune ou les mordus d’un son certes puissant mais passe partout mais ennuient les fans plus anciens. A l’inverse on écoute avec plaisir un ‘Cloud Connected’ bien costaud ou ‘Take This Life’ ainsi que ‘Only For The Weak’ qui fait un joli carton auprès d’un public bougeant bien dans les premiers rangs. In Flames comme tant d’autres avant lui évolue et cela se respecte, on peut regretter les années 90 mais ce temps là est loin et il faut admettre qu’en concert le groupe sait toujours envoyer la sauce même si celle-ci est moins savoureuse.




Dans la swamp on retrouve l’exact opposé des suédois avec Cannibal Corpse. Les américains font du death métal pur et dur depuis 30 ans et cela ne changera sans doute jamais. La tente est bien pleine, on ressent l’ambiance bien chaude et chacun est prêt pour une boucherie sans pitié. Pour un non initié ce qui va suivre ressemblera sans doute à une heure monolithique et sans guère de variations. Pour les autres il y a le plaisir de savourer une set list qui pioche dans 8 des 14 que le groupe a sorti et qui va faire office de best-of parfait.  C’est le récent ‘Red Before Black’ qui lance la guerre, Georges fait remuer sa nuque hors norme d’entrée et derrière c’est la raclée. Le chanteur garde cette voix digne d’un zombi et à ses côtés on ne peut que saluer la technique de ses compères. Car au-delà de la violence brute il y a une maitrise ahurissante dans des riffs et soli de feu. Dans la pénombre et devant un public d’amateurs la quintessence du groupe ressort et on apprécie cette violence jouissive. Tout le long du concert on a l’impression d’écouter la bande son de The Walking Dead avec nombre de moments de bravoure. ‘Kill Or Become’, ‘Devoured By Vermin’, ‘A Skull Full Of Maggots’ ou ‘I Cum Blood’ sont tous des moments forts aux thèmes bien gore. Georges parle peu mais jauge le public et apprécie l’accueil très brulant. La fin de concert voit les classiques défiler, de ‘Make Them Suffer’ à ‘Stripped, Raped And Strangles’ et le final sur ‘Hammer Smashed Face’ on retrouve la crème du genre. Cannibal Corpse n’a pas fait de quartiers et a assommé un public qui a bien remué devant ce son inimitable qui semble signer la fin de l’humanité.


Après cette raclée la tête d’affiche du week-end est très attendue. L’avant scène de la prison est plein pour accueillir la réunion d’Helloween qui fait un carton partout où elle passe depuis quelques mois. Il faut dire que Deris, Weikath et les autres ont eu l’initiative que tout le monde attendait et n’osait espérer en allant chercher Michael Kiske et Kai Hansen pour des retrouvailles attendues depuis 30 ans par certains. Les relations très tendues se sont apaisées, la tournée commence Gamma Ray Helloween avait été le premier signe de normalisation  et l’ambiance est au beau fixe dans ce line-up XXL. A Wacken une semaine avant le groupe a même donné une de ces prestations dont on se souvient des années durant. Pour l’Alcatraz le concert sera plus court mais avec deux heures de show le public a déjà largement de quoi se régaler. Et plus d’une fois le frisson sera au rendez-vous, le décor est splendide. Les citrouilles ornent la scène et un écran géant est installé au centre derrière la batterie pour diffuser interludes, images d’archives et pochettes de disques. Déjà d’entrée avec ‘Halloween’ le groupe frappe très fort, la vision de ces musiciens unis, Kiske et Deris notamment semblent amis depuis toujours, reprendre ce hit absolu de plus de 10 minutes aura fait chaud au cœur de plus d’un fan de heavy mélodique. La suite va être tout aussi mémorable, autre tube absolu du groupe ‘Dr Stein’ fait un tabac et voit un partage parfait des chants. ‘I’m Alive’ permet à Kiske de briller, l’homme a toujours cette voix en or, ce ton aigu si parfait qui a fait sa gloire et que personne n’a jamais réussi à égaler. Issus de l’ère Deris  ‘Are You Metal’ et ‘Perfect Gentleman’ montrent que cette période possède des tubes imparables aux mélodies et refrains forts qui sont repris en chœur par un public calme mais que l’on sent saisi par la force de ce concert.


La première pause permet à Kiske de présenter Kai Hansen à la foule et derrière le co-fondateur d’Helloween s’empare seul du micro comme en 1985. Le groupe s’engage dans un medley tonitruant avec ‘Stralight’, ‘Ride The Sky’ et ‘Judas’. Hansen a toujours ce ton rapide et sur aigu et le ton speed fait un carton. Entendre ces titres pionniers du speed métal est un ravissement et un joli plongeon dans le passé. Ce moment fort continue avec toujours Hansen aux commandes pour l’énorme ‘Heavy Metal’ (Is The Law)’.  Véritable hymne le titre fait un carton avec son refrain fédérateur pour toute une génération dans les années 80. Cette première partie va s’achever avec d’abord un ‘If Could Fly’, la power ballade toujours aussi sympathique et la nouvelle chanson, ‘Pumpkins United’ très sympathique et qui laisse espérer une suite en studio pour cette formation. La deuxième partie s’ouvre avec le moment émouvant et très fort de ce concert. Le solo de Daniel Löble est l’occasion d’un duel virtuel à la batterie entre lui et le regretté Ingo Schwichtenberg, batteur historique d’Helloween, présent sur les écrans géants lors de ses prestations. On ne peut que saluer cette belle initiative qui évoque le souvenir d’un musicien sympathique avec classe.


La dernière ligne droite se lance et elle va être toute aussi magique. Kiske enchaine un extrait de ‘Livin’ Ain’t No Crime’ puis fait merveille sur ‘A Little Time’. On savoure de plus le clip sur l’écran géant et aux guitares comme durant tout le concert le trio fait des prouesses et le rapprochement entre Weikath et Hansen fait très plaisir à voir. Derrière Deris prend la parole, parle en français en évoquant son père mais rencontre un succès limité en terre flamande. Il évoque ensuite ses débuts dans Helloween et son premier titre, ‘Soul Survivor’. Mélodique et rapide ce titre est un parfait condensé du meilleur de son ère. Derrière ‘Power’ confirme son statut de tube parfait avec une mélodie en or et ce refrain imparable. Enfin ‘How Many Tears’, autre titre des débuts et présenté par Deris comme le premier qu’il ait écouté du groupe achève le concert en beauté avec les trois chanteurs intervenant dans un bel esprit fraternel. Il reste les rappels bien sur, ‘Eagle Fly Free’ et son introduction si connue fait un tabac. Le titre restant 30 ans après un des meilleurs en matière de speed mélodique. Ensuite un extrait de ‘Keeper Of The Seven Keys’ fait son effet puis en 2nd rappel ‘Future World’ et ‘I Want Out’ achèvent les hostilités en beauté avec ce même ton rapide et entrainant et parfaitement interprétés par un groupe au top de sa forme. Helloween a frappé un joli coup et signé la plus belle prestation du week-end, le groupe allemand avec cette tournée fait un joli triomphe et remet bien au gout du jour un style un peu moins en vue ces derniers temps.


Mais la journée n’est pas finie, Sepultura a joué pendant Helloween  mais heureusement il reste un groupe au programme de la Swamp. Il est tard mais les plus courageux l’investissent pour une bonne dose d’indus avec Ministry. On ressent comme une atmosphère de fin du monde dans la pénombre de la tente. Les immenses poussins à droite et à gauche de la scène et affublés d’une perruque évoquant Donald Trump et dotés d’une immense croix gammée barrée ajoutent à ce sentiment de folie comme l’aime un Al Jourgensen plus combatif que jamais. Ce concert va être une sacrée expérience, une plongée en apnée dans un monde barrée. L’introduction donne le ton, on effectue un voyage mental très fort. Puis en  démarrant avec ‘Twilight Zone’ et ‘Victims Of A Clown’, issus du dernier album "AmeriKKKant "le groupe ne fait pas dans la facilité. Ces titres hypnotiques à souhait nous font pénétrer dans une autre dimension là où notre monde coule à pic. Après ce tourbillon initial et un autre interlude le concert redevient plus classique sans que personne ne soit ressorti indemne de ce manifeste anti-Trump. ‘Punch In The Face’ porte bien son nom et fait office de claque dans la tronche.  Derrière le message politique est toujours fort et porté par un Al en pleine forme avec ses coéquipiers tissant cet univers industriel intense. ‘LiesLiesLies’ ou ‘Antifa’ sont deux sacrés missiles et en fin de concert les classiques des temps anciens font leur effet. ‘Just One Fix’, ‘N.W.O.’, ‘Thieves’ et ‘So What’rappellent aux plus jeunes à quel point le groupe était déjà une référence  avec les albums "The Mind Is a Terrible Thing to Taste" et "Psalm 69". Ministry conclut en beauté un week-end bien chargé. Il reste une référence absolue en matière d’indus et à bientôt 60 ans Al Jourgensen est toujours cet aiguillon dans les jambes de tous les fascistes en herbe.

Cette édition 2018 de l’Alcatraz a été une réussite à tous les points de vue, d’une organisation bien huilée à un cadre très agréable et humain en passant par des concerts de qualité il a fait l’unanimité parmi les gens présents. Il nous reste à remercier Bernard pour nous avoir permit de suivre le festival ainsi que ses équipes et Filip en particulier et leur donner rendez-vous pour la prochaine édition.



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