MW / Accueil / Articles
A PROPOS DE:

SLAVES (16 SEPTEMBRE 2018)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
ROCK

Rencontre avec Slaves, le duo anglais qui montre que : Punk is not dead !
CALGEPO - 24.10.2018 - 5 photo(s) - (0) commentaire(s)
Rencontre avec le duo britannique de Slaves qui rencontre un fort succès Outre-Manche. Avec eux le punk n'a pas dit son dernier mot ou presque.


On a l'habitude de commencer nos interviews par la question qu'on vous a trop posée, quelle est cette question ?

Quel est votre album préféré ?





On vous posera pas la question. Votre histoire est relativement récente et vous rencontrez un énorme succès en Angleterre où vos albums sont régulièrement classés dans le top 10 des charts, cela signifie que le punk est encore vivant ? Car pour nous en France, qui ne sommes pas un pays très rock, voir un tel album dans le top ten, c'est surprenant ?

Nous étions classé cinquième la semaine dernière. En Angleterre il y a beaucoup de groupes comme nous, le punk semble revivre...


Ceci peut expliquer le fait que les gens aient besoin de rechercher des moyens d'exprimer leurs frustrations et nous répondons à cette recherche.


Et comment expliquez vous ça ?


Cela peut s'expliquer par le fait qu'en live c'est un style direct que vous prenez en pleine face, c'est très fun, les gens peuvent se défouler en concert. Le punk est aussi un état d'esprit une façon de penser en réaction directe avec la société et l'establishment. Aujourd'hui on peut dire qu'il ne va pas dans le bon sens. Ceci peut expliquer le fait que les gens aient besoin de rechercher des moyens d'exprimer leurs frustrations et nous répondons à cette recherche.


Avec le Brexit, les nationalismes qui montent, les inégalités qui s’accroissent, l’état d’esprit punk semble conserve sa légitimité, considérez-vous la musique comme l’histoire est un éternel recommencement et le punk comme le moyen de dénoncer ce retour en arrière ?


Le punk est une réaction dans l'urgence et permet de mettre des mots sur une certaine frustration. Le Brexit nous est tombé dessus avec la montée du nationalisme qui conduit à une division de la population. Les jeunes qui ont été déçus par le résultat ont cherché un moyen exutoire de retranscrire cette colère.




Et le punk est donc la musique qui convient le mieux à cette expression ce qui explique sa renaissance ?


Oui, car vous pouvez être agressif avec cela. Vous allez à l'école, vous faites des études de mathématiques, anglais... puis à la fin vous vous retrouvez au chômage, et ce à quoi vous vous attendiez ne vient pas. Et vous êtes déçus puis vous rentrez dans la société de consommation et les frustrations grandissent... Le punk est la pour exprimer.


Votre nom a été sujet à controverse depuis vos débuts, on vous a reproché d’utiliser ce mot de slave (esclave), certaines associations se sont offusquées. On a l’impression aujourd’hui qu’on ne peut plus rien dire, ni faire sans soulever une polémique et qu’on a moins de liberté, partagez-vous cela ?


C'est quelque chose que nous partageons. Les gens cherchent à être aimés et pour ça ils sont politiquement corrects et dès qu'on sort de cette optique, tout devient très vite sujet à polémique. Remarque, si nous ne suscitions pas la controverse, nous aurions loupé notre job.


Le précédent a été produit par Mike D des Beastie Boys, qu’avez-vous retiré de cette expérience et cette collaboration vous a-t-elle servi pour « Acts of Fear and Love » ?


Je pense que nous avions besoin de revenir avec notre ancien producteur. Non pas que Mike D. soit un mauvais producteur...


Ça veut dire que nous n'étiez pas satisfaits de votre précédent album ?


Non. Nous étions perdus dans notre propre processus de création. Mais il fallait passer par là pour s'en rendre compte.


Ça signifie que pour un album de punk, celui ci était bien trop produit, mixé avec Mike D sonnant plus comme un album de rock ?

Le dernier album ne sonnait pas trop propre peut être plus expérimental et je trouve que notre nouvel album sonne très propre et très bien produit.





C'est étrange car ça parait être à l'opposé de la punk attitude ?


Je devine ce que tu veux dire. Nous avons fait un effort punk et nous avions juste une envie de faire ce que nous voulions, ça ne veut pas dire mal produit ou mixé. Nous sommes satisfaits du rendu final. Avec des titres qui sonneront bien en live. C'est marrant de voir la réaction des gens qui ne s'attendent pas à avoir un son comme ça...


Du coup, vous retrouvez Thomas Jolyon qui avait produit vos débuts, c’est comme ressortir avec une ex ? Est-ce que ça vous a rassuré ?


En effet, c'est comme retourner avec une ex girl friend.


Vous n'avez pas eu peur de retourner avec lui, car des fois retourner avec une ex, ça fonctionne pas forcément ?


Nous avons eu de bons succès avec lui, donc non, nous étions conscients de ça mais n'avions aucune crainte.


Ce second album a en fait sonné pour nous comme un avertissement et pouvoir retravailler ensemble nous a rendu plus libres



Vous aviez travaillez avec Mike D, peut être auriez vous été déçu de retravailler avec Thomas ?


Non, nous savions au contraire comment nous avons bien travaillé ensemble. Nous avons été assez surpris de la manière dont il nous a attendu. En outre, le second album a en fait sonné pour nous comme un avertissement et pouvoir retravailler ensemble nous a rendu plus libres en fait, plus impliqués tous les trois comme dans le temps. Mike D était plus directif, avec Thomas nous avions une grande confiance en lui.


Vous composez assez vite, qu’est-ce qui vous pousse à cette frénésie créative ?

Nous n'avons pas trop le temps de prendre des pauses mais il me semble pas qu'il y ait une frénésie, les Beatles parfois sortaient deux albums par an. Et si nous avions le temps, nous sortirions un nouvel album maintenant. Après ça dépend de ce que nous avons à dire selon les évènements qui se sont passés, mais c'est dans notre personnalité d'être créatifs. 





Surtout avec l'essor d'internet où tout va vite et  la musique est partout avec Spotify, Deezer, il faut être présent de peur d'être oubliés ?


Les gens sont très demandeurs en effet de musique.


Et peut être réaliser des EP avec moins de compositions mais plus fréquemment ?


Nous sommes plutôt attachés au format album, on n'est pas très chauds pour des EP qui n'ont pas la même intensité.


Ça veut dire que vous consommez la musique comme nous. Nous sommes Music Waves, avant Progressive Waves et nous avons l'habitude d'écouter un album du début à la fin, sans le partitionner, le votre également....

Je ne peux pas écouter un album sans le finir, j'aime comprendre ce qu'a voulu dire l'artiste alors nous sommes définitivement Progressive Waves....


‘Daddy’ est un titre qui m’a surpris, très posé, guitare acoustique et voix, c’est un morceau qui a une histoire très particulière pour se distinguer autant, y a-t-il une part très personnelle ?


J'ai eu cette chanson dans la tête il y a longtemps puis un air de guitare. Ensuite je les ai recoupés. Il n'y a pas forcément d'histoire personnelle dans les paroles, c'est juste l'histoire d'un père de famille qui semble perdu.


Avec beaucoup de regrets peut-être ?


Il est au milieu de sa vie, une sorte de crise existentielle de la quarantaine. Et il a oublié ce qu'il y a de plus important.


On a l’impression que ce titre marque une transition et que l’album semble coupé en 2 avec un première partie assez classique et une seconde où vous tentez des expériences avec des titres tout aussi énergiques mais construits assez différemment, partagez-vous cette impression ?


Pas vraiment, nous essayons d'avoir l'opportunité de tenter d'expérimenter dans chacun de nos titres, c'est quelque chose qui nous plait alors peut-être qu'il y a un niveau plus expérimental dans la seconde moitié de l'album mais ce n'était pas voulu ainsi.


On est en train de perdre le peu d'humanité qui nous reste dans les ordinateurs.



Dans ‘Artificial Intelligence’, vous semblez traiter de la révolution digitale, qui risque de mettre à mal certaines professions et voir les robots remplacés les hommes, est-ce que ça vous fait peur et quel est le message que vous souhaitez faire passer ?


C'est intéressant, voir les humains comme ça. En fait, c'est plus lié au Brexit et la situation des migrants qui sont accusés de prendre les emplois et sur les politiciens qui utilisent cela comme argument pour justifier leur position séparatiste et nationaliste. Les gens sont inquiets. Le but est de faire un focus sur le devenir des emplois dans l'avenir. Tout devient de plus en plus automatique, lorsque vous allez faire vos courses par exemple, il y a des caisses automatiques, en somme vous faites le travail de quelqu'un et le supermarché ne vous paye pas. C'est idiot. On est en train de perdre le peu d'humanité qui nous reste dans les ordinateurs.


C'est inquiétant pour nos enfants, quel monde allons nous leur laisser, ça nous fait penser au film Terminator....


On n'en est pas très loin....


Nous essayons de faire réfléchir les gens, les faire penser



Peut-être que nous pouvons changé notre philosophie, notre manière de voir les choses, les hommes travailleront de moins en moins dans le futur du fait de l'automatisation et l'argent sera divisé de façon peut-être plus égalitaire mais il dirige le monde.... Seule une minorité en a tellement, ça fait vraiment peur ?

Nous ne revendiquons pas être un groupe politique, mais nous nous posons des questions sur ce qui nous entoure, sur l'humanité, sur les gens qui n'arrivent plus à s'entendre ni même à s'écouter, il y a beaucoup d'incompréhension jusque dans la middle class anglaise. Nous sommes dans une période confuse y compris politiquement avec le Brexit et la monté des nationalismes. L'album répond à ça, il est à la fois sincère et mélancolique. C'est important pour des gens qui n'osent pas parler d'avoir un porte-voix qui leur permette d'exprimer leur colère et frustration. Nous essayons de faire réfléchir les gens, les faire penser et c'est assez intéressant.


En Angleterre votre musique rencontre beaucoup de succès, vous avez fait des live incroyable, soutenu les Foo Fighters au London Stadium. Cet album semble revenir à quelque chose de plus « travaillé », pensé. Est-ce que le fait de faire des live plus grand vous a conduit à cette évolution sonore ?


Inconsciemment oui, soutenir de tels groupes nous a fait évoluer avec plus de cordes, de densité notamment dans le fait de jouer dans de telles configurations...





Et n'avez vous pas peur de perdre vos racines ?


Les retours sont plutôt bons. Nous avons perdu beaucoup de fans avec le précédent album et nous n'avons plus à en perdre avec celui là, mais à en gagner. Nous voulons juste faire ce que nous voulons....


On sent quelques influences dans cet album : Fatboy slim, Green Day ou Blur, est ce que ces groupes ont été une source dans le processus d’écriture ?


Tout à fait, ces groupes ont une grande part dans notre processus. Au niveau des guitares Green Day sonne très puissant, Blur relativement plus calme, plus subtil. Nous avons été très influencés par ces styles de musique mais nous essayons d'y apporter quelque chose de plus personnel.


Le fait d’être devenu père Laurie a changé quelque chose dans votre manière de penser et en termes de confiance ? Et est-ce votre enfant sur la pochette ?

Pas essentiellement, je suis plus absorbé par l'évolution de ma vie, c'est plus que ça. Je suis plus relax qu'auparavant, plus confiant. Voir les enfants aussi innocents c'est quelque chose qui me fascine. Si on change quelque chose c'est pour eux, avoir une vie meilleure. Tu sais, j'ai décidé à 12 ans de rentrer dans un groupe de musique, je m'ennuyais à l'école. Je suis moins frustré qu'avant, le fait d'avoir un enfant, mais toujours un peu en colère.


Pensez-vous que c’est le rôle des artistes de faire passer des messages aux fans ?


La musique a ce pouvoir de transporter les gens, et oui il me semble un instrument indispensable pour faire passer des messages. Chaque style apporte nécessairement cette évasion.


Qu’est ce que vous attendez de cet album ?


Qu'est ce qu'on attend ? On n'attend pas forcément quelque chose, le fait d'être là nous rend heureux....


Nous avons commencé notre interview par la question trop souvent posée, quelle aurait été la question que vous auriez aimé qu'on vous pose ?

.... quel est votre restaurant favori ?


Merci beaucoup,

Merci.


Merci à Struck pour sa contribution.


Plus d'informations sur https://www.facebook.com/slaves/
 
(0) COMMENTAIRE(S)
Vous pouvez ici réagir au sujet de l'article, ajouter quelques anecdotes, quelques connaissances ou tout simplement raconter votre vie...
 
Aucun commentaire. Soyez le premier à donner votre avis sur ce article
Haut de page
 
Main Image
Item 1 of 0
 
  • 14871
  • 14872
  • 14873
  • 14874
  • 14875
Haut de page
EN RELATION AVEC SLAVES
DERNIERE CHRONIQUE
Acts Of Fear And Love (2018)
Entre énergie, subtilité et risque, le duo sort à ce jour son meilleur album. Toutes les chroniques sur SLAVES
DERNIERE ACTUALITE
SLAVES: Nouvel album en août
SORTIE
Toutes les actualités sur SLAVES
AUTRES ARTICLES
ARTICLE PRECEDENT
SONS OF APOLLO + DILEMMA - L'ELYSEE MONTMARTRE - 12 OCTOBRE 2018
La grosse cavalerie
 
ARTICLE SUIVANT
SONS OF APOLLO + DILEMMA - L'ELYSEE MONTMARTRE - 12 OCTOBRE 2018
La grosse cavalerie

F.A.Q. / Vous avez trouvé un bug / Conditions d'utilisation
Music Waves (Media) - Media sur le Rock (progressif, alternatif,...), Hard Rock (AOR, mélodique,...) & le Metal (heavy, progressif, mélodique, extrême,...)
Chroniques, actualités, interviews, conseils, promotion, calendrier des sorties
© Music Waves | 2003 - 2020