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PAIN OF SALVATION ET KINGCROW (L'EMPREINTE DE SAVIGNY LE TEMPLE - 18 SEPTEMBRE 2018)


TYPE:
LIVE REPORT
GENRE:
METAL PROGRESSIF
Pain of salvation était de retour en France pour trois dates dont une en région parisienne que Music Waves ne pouvait pas rater.
CALGEPO - 25.09.2018
Un concert de Pain Of Salvation en tête d’affiche avec Kingcrow en première partie, dans une salle à proximité du domicile, ça ne se loupe pas et c’est un privilège.

Il faut dire que les deux groupes ont intrinsèquement des arguments à faire valoir : les Italiens de Kingcrow n’en finissent plus d’accroitre leur aura avec notamment la publication récente d’un nouvel album "The Persistence" réussi qui assoit l’évolution du groupe.

Pain Of Salvation a sorti en 2017 un album concept tout simplement époustouflant marquant leur retour aux sources, c’est-à-dire à un metal polyrythmique après la période quelque peu controversée de « Road Salt » et un disque acoustique de très bonne facture. Personnellement, je considère « In The Passing Light Of Day» comme l’un des albums plus marquants de l’ère metal contemporaine aussi bien d’un point de vue technique qu’émotionnel.

Par précaution, nous arrivons environ une heure avant l’ouverture devant la salle l’Empreinte située à Savigny-le-Temple habillée de verres colorés. Cette salle à taille humaine est bien connue par la scène rock et metal notamment : Ultra Vomit, Klone, Lacuna Coil, Mass Hysteria….  s'y sont produits, ou vont le faire prochainement. Sapés et fringants comme jamais avec nos T-shirt floqués à l’effigie du site nous attendons patiemment l’ouverture des portes lorsque nous sommes abordés par un de nos lecteurs, intrigué par notre accoutrement. Nous échangeons avec plaisir sur le site et sur plusieurs groupes, ce qui a permis de rendre l’attente beaucoup moins longue qu’elle ne l’aurait été.

Les portes s’ouvrent enfin et nous rentrons dans la salle dans les premiers (non sans être passé au merchandising très bien fourni) pour être bien placés. Heureusement, car la foule a répondu massivement à l’appel de la « Douleur du Salut » et du « Roi Corbeau ». La salle est déjà bien garnie, y compris par de jeunes enfants, casques sur les oreilles, dont c'est le premier concert, pour accueillir la première partie pour une soirée familiale.


KINGCROW :


Nous étions très impatients de voir sur scène les cinq Italiens faire vivre une discographie déjà bien dotée. Il faut dire qu'ils ne sont pas à leur premier concert en France, ayant déjà performé à la Boule Noire de Paris devant une trentaine de personnes. Là, le public sera au moins cinq fois plus nombreux.





Les cinq fantastico (le clavier n’ayant pas pu venir, les nappes sont programmées) – Manuel Cafolla (batterie), Diego Cafolla et Ivan Nastasi (Guitares) et Riccardo Nifosi aux faux airs de Johnny Depp (basse) -  débarquent sur scène pour introduire les premières secondes instrumentales de ‘Right Before’, le temps pour Diego Marchesi de monter sur scène et de nous caresser les oreilles de sa voix claire et puissante. Il faut peu de temps pour être happés par le style à la fois catchy, mélodieux et riche de Kingcrow. Les deux guitaristes se partagent les parties rythmiques avec des riffs agressifs et les soli très efficaces et aériens à la Rothery à filer des frissons. Ivan se taille la part du lion dans ces soli.

La scène est réduite, et offre peu de profondeur car en partie prise par une bonne partie du matériel du « petit » groupe suivant. Le batteur, très grand, à l’air un peu étriqué derrière sa batterie (on dirait un jouet d’enfant entre ses mains). Cette promiscuité ne le gêne pas car il possède une frappe d’une précision chirurgicale et subtile telle que rien n'y parait de cette position étroite. Il est très précis et discret derrière ses futs (il n’est pas l’exubérant Portnoy), très concentré se rapprochant ainsi de Gavin Harrison.





La prestation scénique est donc réduite à son minimum compte tenu du contexte où seul le chanteur possède un léger espace de liberté lui permettant de balayer de gauche à droite la scène pour capter l’attention du public. Le set couvre une large partie de la discographie du groupe et commence donc par 'Right Before' tiré de l'album "In Crescendo" qui emballe le public très réceptif présent à Savigny-Le-Temple.

Visiblement touché par cette ambiance, le groupe se donne à fond et enchaine avec les titres du nouvel album, qui s'avèrent être déjà bien maîtrisés et très limpides. Le public encouragé par Diego et les musiciens tape dans les mains et fredonne les refrains entêtants. D'ailleurs ces nouveaux titres passent allègrement l'épreuve du live et alternent des passages atmosphériques profonds et des moments d'énergie entrainants comme dans le très beau morceau 'Night's Descending' et l'émouvant 'Father'. Qui plus est, le son est plus que correct pour une première partie, bien qu'un peu étouffé, ce qui est plutôt rare pour ne pas être souligné.







Visiblement ému à la fin du set, le groupe salue très chaleureusement la salle et son public venu très nombreux qui applaudit longtemps cette prestation toute latine et très encourageante. D'ailleurs, le groupe entier sera ensuite très disponible après le concert au merchandising, n'hésitant pas à échanger, à signer et se faire prendre en photo. Bravissimo. 

Setlist :
Right Before
At The Same Pace
The Moth
Night's Descending
The Persistance
Closer
Father
If Only


PAIN OF SALVATION :

Le temps d'une pause rafraichissante tant la chaleur est importante dans la salle, nous échangeons sur Pain Of Salvation. Il faut dire qu'il y a beaucoup à dire sur le groupe qui a connu déjà mille vies. Non seulement il a failli perdre son leader il y a 4 ans mais il a aussi survécu à de multiples changements de line up dont le dernier avec le départ avec pertes et fracas de Ragnar Zolberg et le retour du guitariste historique : l'exubérant et talentueux Johan Hallgren.

L'écriture de l'album fut une catharsis pour Daniel qui a souffert dans sa chair pendant plusieurs mois et qui a tutoyé la mort. Il lui fallait  alors, pour continuer sa guérison morale, coucher en musique et en paroles cette souffrance, ces doutes, ces douleurs, cette rage, cet espoir, cette impression de perdre pied et de rentrer dans la folie puis accoucher de "In The Passing Light Of Day". C'est ce témoignage qu'il va nous offrir en live avec son groupe uni derrière lui pour lui faire passer ce cap. Pendant que nous échangeons ces pensées, sur scène les roadies s’affairent à installer le matériel et en coulisse, nous voyons Daniel nous faire des petits coucous de la main.






Les lumières s'éteignent, les écrans cathodiques placés sur l'enceinte se brouillent de neige et  les riffs de 'On A Tuesday' résonnent. Les musiciens rentrent en scène pour nous asséner le mur sonore de ce monstrueux titre. Il témoigne de la rage de Daniel lorsque la nouvelle de la maladie est tombée un mardi (ironie du sort, le concert a lieu un mardi ce qu'il ne manquera pas de nous faire remarquer avec sourire). Les lignes vocales aiguës qui sont tenues par Ragnar en studio sont reprise par .... Léo Margarit de fort belle manière. Ce passage est accueilli par les applaudissement d'un public admiratif et forcément un peu chauvin.





Le dernier album est forcément bien mis en avant en ce début de set avec 'Reasons' et ses harmonies vocales bipolaires (calmes dans les couplets et énervées dans l'énumération) partagées entre Johan - qui outre être un guitariste hallucinant et grimaçant s'avère être un chanteur qui assure vraiment - et donc Daniel. Il faut souligner que ce dernier laisse vraiment de l'espace à son second alors qu'on le pensait dictateur. Le son est vraiment très équilibré, puissant mais tout en étant pas agressif. Le fait d'avoir choisi les morceaux les plus nerveux de "In The Passing Light Of Day" emportent un public conquis d'avance. 'Meaningless' prend la suite avec son efficacité à toute épreuve et les images du clip déjanté viennent immédiatement en tête à défaut d'animation en arrière plan.



Puis c'est à genoux que Daniel joua le solo terrible introductif de 'Falling' issu de l'album "The Perfect Element part.1', les frissons s'emparent encore un peu plus de nous. Il faut dire que ce morceau à tiroirs (une lapalissade pour Pain Of Salvation) a de quoi subjuguer avec son refrain puissant. Léo martèle sa batterie avec un train d'enfer, Johan balance ces riffs toujours avec un charisme de fou, Daniel crie sa rage, Gustaf maltraite sa basse et Daniel émerveille derrière ses claviers mais aussi en accompagnant ses acolytes à la guitare sur certaines parties. L'assistance est complètement hypnotisée par la puissance que dégage le groupe qui ne faiblira pas d'un iota avec le morceau éponyme de l'album.

Après ce déluge une pause s'impose. Daniel se dirige vers le fond de la scène où se trouvent une chaise, des vinyles posés sur une autre et une platine, des objets qui nous intriguaient depuis le début. Il va nous montrer quelques disques glanés ici là, des vieux vinyles disco avec quelques filles dénudées (Ah les joies des pochettes des années 70 !), il demandera aux enfants présents de se cacher les yeux (mode carré blanc "on"). Puis il évoque un obscur chanteur suédois qui a bercé son enfance avec des titres aussi bucoliques que : 'devenons amis à nouveau;' l'école ça change' traduit avec amusement par Léo.
Cet interlude sert à introduire 'Disco Queen' morceau délirant pendant lequel l'assistance s'est trémoussée - certains avaient prévu le coup revêtant perruques et lunettes 70's. Johan, veste lumineuse sur le dos se déhanche façon Travolta metal, tandis que Gustaf s'est équipé d'une guitare façon boule à facettes.







Après cette incartade metalo-disco, les choses sérieuses reprennent avec la belle interprétation de 'Kingdom of Loss', un des morceaux les plus beaux composés par Pain Of Salvation, tout en nuances et subtilité avec un solo final à tirer les larmes des yeux d'un spectateur souffrant de dacryocystite (blocage des glandes lacrymales). Alors que nous nous attendions à d'autres titres du dernier album, Daniel se pose et nous dit que depuis qu'ils tournent ensemble, certains titres ont été rarement joués et qu'à l'occasion des 20 ans de "One Hour By The Concrete Lake", il fallait rectifier les choses. Ainsi se sont trois morceaux de cet album trop méconnu et qu'il faut réhabiliter qui vont éblouir ou déstabiliser certains spectateurs ('Handful Of Nothing', 'Pilgrim' et 'Inside Out'). L'interprétation est au cordeau malgré le fait que ces titres soient quelques peu difficiles d'accès en live pour un premier contact, surtout pour un public peut-être néophyte.






 
Juste après, Daniel en sueur (il dira que la scène est devenue une vraie piscine et nous invite à plonger pour nous rafraichir) prévient que le dernier titre de la soirée arrive, 'Full Throttle Tribe' débute avec ce riff tachytardique  et sa rythmique décousue. Punaise, ce morceau est une claque ! Johan assène ses notes assassines avec la précision d'un chirurgien jusqu'au final apocalyptique où tous les membres se lâchent.  Malgré ce set dément, la foule en redemande et sera servi par un rappel d'anthologie.





C'est 'Used' qui ouvre les hostilités du rappel qui mettra en transe le public et sera l'occasion d'un pogo duquel il faudra évacuer femmes et enfants. Puis vient se moment où le temps est suspendu, The titre, le fameux éponyme du dernier album qui pourrait illustrer la phrase de Stendhal : "La bonne musique ne se trompe pas, et va droit au fond de l'âme chercher le chagrin qui vous dévore".  Grace à  une interprétation habitée de tous les membres du groupe au diapason de son leader, chacun dans le public la vivra différemment : sans bouger, subjugués, intérieurs ou bien laissant couler quelques larmes pendant ces quinze dernières minutes. Le groupe salue ensuite avec de grands sourires et une émotion palpable, donnant l'impression d'une solidité enfin atteinte, distribuant les 'picks' aux enfants et personnes handicapées présentent au premier rang. Généreux jusqu'au bout ! Ce live est la manifestation de la fureur de vivre de son leader.






Setlist :
On a Tuesday
Reasons
Meaningless
Falling
The Perfect Element
Disco Queen
Kingdom of Loss
Handful of Nothing
Pilgrim
Inside Out
Full Throttle Tribe

Used
The Passing Light of Day



Plus d'informations sur http://www.painofsalvation.com/enter.htm
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