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SOME SMOKING GUYS (10 OCTOBRE 2018)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
ROCK
Music Waves a pris rendez-vous avec le groupe Some Smoking Guys pour la sortie de son premier album "Regular Faces"
CALGEPO - 25.10.2018
Alors que la politique anti tabac bat sont plein, Music Waves s'est mis un peu hors la loi pour interviewer Some Smoking Guys pour un échange sans filtre.


Nous avons l’habitude de commencer nos interviews par la question qu’on vous pose trop souvent, quelle est cette question (sans lire les suivantes, peut être que la prochaine est cette question) ?


Antoine : " Avez-vous un sac cabas ?", c'est la question qu'on entend le plus, notre studio est à côté d'un supermarché, et quand on passe aux caisses automatiques, on n’a jamais de sac cabas. Notre vie est une prise de risque...





Some Smoking Guys est-il un groupe sponsorisé par Malboro ou un groupe adepte des beaux costumes ?


François : On a été contactés par une association de lutte contre le tabac pour changer de nom, on n’a jamais été contactés par Armani, mais c'est pas grave, de toute façon on ne fume pas.


Aujourd’hui il y a un équilibre, assez fragile pour qu’on se remette en question constamment, mais il y a un équilibre et une cohérence dans ce premier album.


Au fil de votre carrière vous avez fait évoluer votre musique : du stoner, vous avez flirté avec le rock ancré 70’s façon The Who, puis ensuite progressé vers un rock plus teinté de pop notamment cet album, comment expliquez-vous cette évolution ?


Théo : Notre carrière... C’est gentil (rires). L'évolution est logique non ? Cela s'explique surtout par du travail, par la progression des musiciens, du groupe. On avait tous des influences diverses, il fallait vraiment les digérer et faire évoluer les compositions. Tout ça prend du temps, évidemment. Il y a des étapes à passer, forcément. Aujourd’hui il y a un équilibre, assez fragile pour qu’on se remette en question constamment, mais il y a un équilibre et une cohérence dans ce premier album.


J’ai lu que vous n’étiez pas totalement satisfaits de votre précédent EP qui manquait selon vous de cohérence, avec un peu de recul, avez-vous le sentiment d’avoir estompé cette impression avec la parution de « Regular Faces » ?


Jonathan : On entend les claviers c'est donc forcément une réussite (rires).

François : On aura toujours une certaine tendresse pour notre premier EP mais c'était un passage obligé pour pouvoir composer "Regular Faces". La cohérence que l’on vient d’évoquer, c’était vraiment le fil rouge du travail autour de cet album. On a fait du tri, on a écarté des morceaux, on en a réarrangé d’autres, on a fait les choix qui nous ont paru importants, avec tout le recul que nous n’avions pas pour le précédent EP. L’étape importante avant cet album a été l’enregistrement et la parution des deux titres 'Lay Down'' et Shiny Day'. C’est à ce moment-là qu’on a commencé à avoir des retours sur une forme de maturité. Il y a forcément une idée d’aboutissement dans un album ; les choses sont pesées, triées, choisies. C’est pour ça que nous sommes très fiers de ces neuf titres.





Vous semblez bâtir votre identité avec comme influences Kasabian, QOTSA, Placebo... Ce sont des groupes qui on nourri votre inspiration ?


Antoine : Placebo c'est marrant, c'est pas du tout une influence, mais beaucoup de gens nous sortent cette référence... Même si on aurait bien aimé sortir un « Black Market Music » ! Kasabian et QOTSA beaucoup plus, mais on pourrait aussi citer beaucoup d’autres groupes, souvent anglais (Oasis, Radiohead, Blur, Arctic Monkeys, Unkle), en tous cas anglophones. On a comme tout le monde cherché à imiter ceux qui nous ont poussés à faire de la musique. On les a beaucoup écoutés, on les écoute toujours, mais c’est difficile aujourd’hui pour nous de citer une vraie influence commune, qui nous conviendrait à tous les cinq.


Quel est votre sentiment à l’occasion de la sortie de ce premier album, ça représente quelque chose de spécial même si vous avez sorti un EP ?


Théo : C’est puissant comme sentiment ! Ce n’est pas un seul sentiment d’ailleurs, il y en a plusieurs... Beaucoup d’amour pour tous les gens qui nous ont aidés (et ils sont nombreux !), qui nous soutiennent depuis le début. C’est une récompense pour eux aussi. Beaucoup d’appréhension, à l’idée de jeter ces neuf titres dans la nature, aux oreilles de tous, alors qu’on les a gardés précieusement avec nous, secrètement, depuis plus d’un an. Beaucoup d’envie de défendre cet album en live, d’entendre les retours et les critiques des gens qui prendront le temps de l’écouter. Beaucoup de fierté, bien sûr. On a certainement un peu peur aussi. Mais on est surtout très heureux.


Le fait de sortir des titres au compte-gouttes a été une manière d’exister, de proposer des choses, tout en prenant le temps de construire quelque chose de plus important derrière.



Vous avez longtemps hésité à sortir un album complet estimant que, dans l’industrie actuelle du disque, il faut être présent régulièrement et sortir des titres au compte-gouttes, au final, qu’est-ce qui vous a fait changer d’avis ?


Jonathan : On n’a pas vraiment hésité... C’était même depuis très longtemps dans nos esprits. Le fait de sortir des titres au compte-gouttes a été une manière d’exister, de proposer des choses, tout en prenant le temps de construire quelque chose de plus important derrière. Pour résumer : on ne s’est jamais interdit de sortir un album (on y pense vraiment depuis le début), et on ne regrette pas du tout d’avoir sorti des titres sans réel “support” ! On en revient aux étapes nécessaires à un album...


Nous sommes dans un pays où le Rock a très peu de visibilité par rapport à d’autres pays européens - et pas seulement anglo-saxons - et pourtant il y a un vivier important de groupes (Mass Hysteria, Gojira No One Is Innocent...) qui rencontrent plus de succès à l’étranger qu’en France, n’est-ce pas frustrant de ne pas être prophète dans son propre pays où on cite Téléphone, Les Insu ou Indochine comme groupe de rock ?


François : Les choses vont changer, le vent tourne. Qui aurait pensé il y a 10 ans que les 80’s allaient revenir en force ? Effectivement le rock c’est aujourd’hui oldschool, éculé, voire un style perçu comme un peu beauf, mais il y a beaucoup de groupes en France qui continuent à faire évoluer le style. Aujourd’hui c’est le rap qui est à la place du rock, mais le rap va clairement connaître le même sort, il va être totalement assimilé par la culture populaire. Je pense que le rock va revenir, parce qu’il représente aujourd’hui la contre-culture, la sueur, les bières, les petites salles sombres, etc.





Le rock n’est pas mort, mais il semble avoir perdu de son essence, de sa superbe et pour passer à la radio, semble être contraint à des concessions, êtes-vous prêt à en faire ?

Antoine : Si on peut gagner beaucoup de sous et vite, alors on est prêts à faire toutes les concessions !


Le rock n’a pas toujours été une contre-culture, mais aujourd’hui on le force à le redevenir, avec la fermeture des petites salles, et les réglementations autour du bruit notamment.



Le rock est avant tout une contre-culture, est-il condamné à rester underground ?


François : Ça revient à ce que je disais tout à l’heure, le rock c'est vaste, ça joue dans des caves devant 3 personnes, ça remplit des stades de 80.000 personnes, ça va de Dick Rivers à Frustration, en passant par Théo Lawrence, par exemple. Le rock n’a pas toujours été une contre-culture, mais aujourd’hui on le force à le redevenir, avec la fermeture des petites salles, et les réglementations autour du bruit notamment. Aujourd’hui ce qui marche ce sont les produits totalement lisses, facilement exploitables dans n’importe quelle salle, un ordi, une prod et basta, mais ça ne durera pas.


Dans cet album vous proposez une version radio edit de « Regular Faces », pourquoi une telle version alors qu’il n’y a que quelques secondes en moins par rapport à la version originale ?


Théo : On a juste retravaillé une version plus courte, surtout pour le clip de ce morceau. Pas forcément pour les radios ! Si ça en arrange certaines, tant mieux ; la version “longue” est vraiment propre à l’album, surtout avec l’intro, sa place dans l’ordre des morceaux.





« Regular Faces » dispose d’un bel équilibre entre la recherche mélodique et l’authenticité rock un peu subversif. ‘Glorious’ par exemple propose une rythmique presque disco pop avec des guitares tranchantes qui rappelle un peu U2 des années 80-90, et une voix à la Simple Minds, partagez-vous ce ressenti et comment arrivez-vous à concilier les deux, c’est un long cheminement ?


François : Déjà, merci pour l'équilibre ! Alors c'est marrant parce que ni U2 ni Simple MInds sont dans nos influences directes, mais on le prend avec plaisir. 'Glorious' a été à la fois très simple à composer et très longue à aboutir. Les riffs de guitare et de basse datent de 2015, la ligne de voix et la rythmique datent de... 2018 ! On a essayé tous les tempos, toutes les structures, pour finalement revenir à quelque chose de très simple, d’efficace (et c’est souvent le plus difficile). À l’inverse, un morceau comme 'Room 15', qu’on a écrit en janvier 2018, a été enregistré un mois après... Il y a donc parfois un long cheminement, parfois des évidences... Il n’y a aucune règle ! On a par contre beaucoup fait attention à l’ordre des morceaux sur l’album, ce qui donne peut-être cette impression d’équilibre.


Votre musique et vos textes possèdent un côté mélancolique notamment dans ‘Two Finger’ ou ‘Vision Of The Past’, qu’est-ce que vous souhaitez exprimer dans ces chansons ? Une part peut être très personnelle ?


François : il y a forcément beaucoup de personnel dans nos compos. C'est simple, tout l’album parle de gens ordinaires et aborde des thèmes ordinaires ; 'Two Fingers' parle d'amour, mais pas celui avec des fleurs et du champagne... 'Vision of the Past' aborde l'évolution des gens que l’on perd de vue : tu as commencé quelque part, et comment tu finis, parfois rien ne change, mais autour de toi le monde, tes potes, tout a changé. Mais je confirme, je pense que nous sommes des gens assez mélancoliques, d’ailleurs on attend toujours que notre attaché de presse nous cale dans l’émission d’Eva Bester (Rires). Mais c’est une mélancolie positive, qui nous donne envie d’avancer, d’écrire, elle est motrice.


 ‘Room 15’ est un magnifique titre qui se démarque par un aspect un peu électro, est-ce une direction que vous envisagez de développer à l’avenir car ce titre est très efficace ?


Jonathan : Merci beaucoup ! 'Room 15' ne représente pas forcément une nouvelle direction.. Ou alors si, mais dans le sens où c’est peut-être une belle synthèse de l’album. Il y a beaucoup de retenue dans ce morceau, il y a quelque chose de maîtrisé. Les arrangements sont millimétrés, mais l’ensemble du titre donne le sentiment de quelque chose de facile, de simple. Pas de vrai couplet, pas de vrai refrain. Il y a eu un changement radical au niveau de la composition, puisque tout a été écrit sur une boite à rythmes. La batterie acoustique vient renforcer l’ensemble uniquement à la fin. La guitare est très discrète, assez lointaine. C’est bien sûr une piste qui sera développée dans les prochaines compositions.


De notre côté on essaye en permanence de se renouveler, maintenant est ce que ça change la face du rock ? Au public, médias, pros de nous le dire
!


‘Twisted Soul’ sonne un peu comme un bon vieux Rolling Stones des années 80, pensez-vous que cette période (70-80) était l’une des plus créatrice et en 2018, y a-t-il encore quelque chose à inventer ?


Antoine : J'espère qu'il y a toujours des choses à inventer sinon c'est triste non ? De notre côté on essaye en permanence de se renouveler, maintenant est-ce que ça change la face du rock ? Au public, médias, pros de nous le dire !


A l’inverse de beaucoup de groupes qui ont tendance à durcir le ton (Merzhin, No Face – Ex Skip The Use...) votre style contient des titres plus contenus, presque introspectifs ou imagés, qu’est-ce qui explique ce choix presque à contre-courant ?


Théo: Ce n’est pas un choix, ça a été quelque chose de vraiment naturel pendant les phases de composition et d’enregistrement. Il y a des groupes qui misent beaucoup sur l’énergie, qui pensent leurs morceaux immédiatement pour le live et pour le show. On y pense évidemment aussi beaucoup, mais devoir interpréter sur scène des morceaux plus sombres, plus introspectifs comme tu dis, c’est vraiment un très beau défi aussi.





On sait que beaucoup de groupes français aiment écrire en anglais parce que ça sonne mieux en terme d’écriture et d’interprétation, or ça phagocyte un peu la transmission des messages (En France nous ne sommes pas réputés pour être adepte des langues étrangères), ou des thèmes abordés, de quoi parlent vos chansons ?


François : Nos chansons parlent du quotidien, des gens normaux, sans posture, un peu ce qu’on est au final, d’où le titre de l’album, « Regular Faces ». On va pas rentrer dans le détail, mais parfois d’amour, parfois d’envies, de frustrations, bref de ce qui nous compose, on n’est pas un groupe à posture, on fait ce qu’on aime, ce qu’on est, on tente de le transmettre, et on pose ça sur papier.


La production de l’album est très équilibrée et ample, il a été enregistré en Normandie au Studio 33 Alain Wits, pouvez-vous nous en dire quelques mots, quel a été son apport ?


Jonathan : On ne connaissait pas Alain avant d'enregistrer l'album on est allés le rencontrer pour lui parler du projet et c'est un mec qui comprend très vite la volonté du groupe. Il rajoute sa patte discrètement mais sûrement, c'est vraiment un plaisir de bosser avec lui (bisous Gros). Il a une très grosse culture musicale, et il a l’air capable de s’adapter à toutes les envies, à tous les styles. Le lieu dans lequel il travaille est incroyable aussi, je pense que ça nous a beaucoup aidés. Un des derniers lieux où il n’y absolument aucun réseau mobile, en pleine campagne normande, dans une très belle longère. On doit aussi beaucoup à Hugo Barré qui nous a beaucoup aidés à arranger l’album, notamment le son des parties claviers, ce qui donne cette amplitude, et au final, il a mixé l’album, et a transformé l’essai. Alain, Hugo, ça a été le duo gagnant, clairement. Ronan, notre ingé son pour le live a aussi été très présent et très important pour nous. Il était là en Normandie pendant l’enregistrement, mais aussi dans les différentes phases de mixage.


Vous avez créé votre Label (Beside), qu’est-ce que ça représente pour vous d’être indépendants, quels sont les avantages et les inconvénients ?


François : Oui, Beside est notre structure administrative, on est donc indépendants mais ça a un coût, ça prend du temps... Ça ce sont les inconvénients, les avantages sont nombreux, je vais pas tous les citer, l’administratif c’est chiant..., mais ça donne de la crédibilité, ça prouve qu’on sait se démerder et qu’on est pros, enfin je crois... On a signé des groupes au début, qui nous plaisaient réellement, VSSVD, Divine, mais c’est un coût exorbitant pour zéro retour financier, même si humainement c’est chouette. Aujourd’hui on se concentre sur SSG, et si le groupe décolle ça deviendrait intéressant de faire monter d’autres projets dans le train.


Allez-vous signer d’autres groupes ?


On a repéré un petit groupe qui s'appelle SAINT BERNARD, on est sur une proposition mais le mec est gourmand...


Rien de mieux que de faire vivre un album sur scène, qu’est-ce qu’on est en droit d’attendre de Some Smoking Guys sur scène et avez-vous des dates à annoncer ?

Yes, c'est la partie vraiment cool du truc : c'est qu'on va partir le défendre. On lance la sortie de l'album et le début de la tournée le 20 octobre à Paris à Studio Campus ensuite :

24/10/2018 – Le Local (Strasbourg)

25/10/2018 – La Chaouée (Metz)

26/10/2018 – Rock Classic Bar (Bruxelles)

08/11/2018 – Le Brin de Zinc (Chambéry)

09/11/2018 – L’indus (St Julien de Civry)

10/11/2018 – 648 café (Marcellaz)

22/11/2018 – Joker’s Pub (Angers)

Et on bosse sur les dates de 2019, STAY TUNED !


Nous avons débuté l’interview par la question trop souvent posée, quelle est celle que vous auriez aimé qu’on vous pose ?


Avez-vous un sac cabas ?
Merci beaucoup pour l'interview !




Plus d'informations sur https://www.facebook.com/somesmokingguys/
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