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TITRE:

SOEN (13 DECEMBRE 2018)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

METAL PROGRESSIF



Joel Ekelöf et Martin Lopez de Soen sont venus nous présenter leur dernier album, "Lotus"
DARIALYS - 16.01.2019 -
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En 2010 se formait le groupe de metal progressif Soen. Neuf ans et quatre albums plus tard, les Suédois influencés par Tool et d'Opeth ont trouvé leur propre son. Après un excellent "Lykaia", les scandinaves semblent avoir encore fait un pas en avant avec leur quatrième album, "Lotus". Joel Ekelöf et Martin Lopez, respectivement chanteur et batteur de la formation, sont venus nous présenter ce dernier opus.


Nous nous sommes rencontrés à l’occasion de la sortie de votre album précédent (« Lykaia », ndlr), et on se retrouve aujourd’hui pour la sortie de votre quatrième album (« Lotus », ndlr) en six ans. Comment expliquez-vous cette créativité ? Qu’est-ce qui pourrait vous arrêter ?

Joel : Je ne sais pas ! Quand les choses fonctionnent, quand tu en arrives au stade où les choses prennent forme, alors il ne faut pas perdre cet élan. C’est ce qu’on pense. On progresse, notre musique se renouvelle, c’est tout frais pour nous. On ne se répète pas. Et je pense que tant que l’on continuera à faire ça, ça va être super de faire des albums.


Tu me disais que vous arriviez à ne pas vous répéter, mais n’avez pas peur de souffrir du syndrome de la page blanche pour l’album ?

Joel : Bien sûr qu’on a peur de ça ! Si ça se produit, ça se produit !





Mais vous pensez à l’instant présent et pas au futur ?

Joel : On ne planifie pas tout ça. Il ne faut pas planifier des choses que l’on ne peut pas contrôler. Quand tu sors un album, que tu fais des clips, etc, tu ne peux jamais pas tout contrôler ! En tant que musicien, tu peux être un maniaque du contrôle et être perfectionniste, accorder de l’attention aux détails. En même temps, il faut être capable de lâcher du lest et se contenter des choses telles qu’elles viennent. Il faut parfois laisser le feeling faire son travail. Ça peut paraître étrange, mais il ne faut pas chercher à trop contrôler les choses, car quand tu commences à trop analyser les choses et à vouloir les contrôler, tu ruines le morceau.


Il ne faut pas chercher à trop réfléchir et c’est pourquoi vous êtes si productifs !

Joel : La complexité c’est de gérer les deux aspects à la fois. Tu as envie de donner de l’importance aux détails, mais tu ne veux pas laisser partir ton idée du morceau que tu as en tête.


Comment trouvez-vous l’équilibre qu’il vous faut ? Vous discutez tous ensemble ? Est-ce que l’un des membres est plus du genre à vouloir contrôler les choses et que les autres ont moins de problème avec ça ?

Joel : On laisse ça de côté quelques temps. On apprend à prendre de la distance et à se faire confiance mutuellement. Il faut faire confiance aux autres même si cela ne donne pas le résultat que tu attendais personnellement au début. Au final, ça deviendra quand même quelque chose de bien.


Lors de l’interview précédente, tu m’as dit que tu étais dans une mauvaise passe avant de rejoindre Soen. Maintenant, il semblerait que tu sois plus détendu. Tu as l’air d’avoir plus confiance en toi.

Joel : C’est ton impression ?


Oui.

Joel : C’est intéressant.


Ce n’est pas le cas ?

Joel : C’est simplement qu’on ne pense pas vraiment à l’image qu’on renvoie de soi ! C’est le genre de choses que l’on réalise quand quelqu’un nous le fait remarquer.


C’est mon opinion, mais comment te sens-tu, toi ? Martin et toi avez dit que tu n’étais pas bien avant de rejoindre le groupe. Il semblerait que Soen t’aide à aller mieux.

Joel : J’ai trouvé la paix intérieure avec ce groupe. La musique est différente de la vie normale. On peut s’y plonger, y ramener nos expériences. On peut partir en introspection, en parler dans les chansons, dans les paroles. La musique nous permet de nous auto-soigner, quelque part ! Je ne suis pas psychologue, mais pour nous, en tant que musiciens, c’est le cas.

 

Je me sens en paix avec moi-même

 

Tu sembles être en paix avec toi-même, et pas seulement dans la musique, c’est le cas ?

Joel : Oui, je me sens en paix avec moi-même. Ça n’a pas toujours été le cas.


C’est votre quatrième album, et votre troisième label ! Pourquoi changez-vous si souvent de label ? Pour le coup, vous n’êtes pas en paix avec les labels ? (Rires).

Joel : On a travaillé avec Spinefram, UDR Music, et maintenant avec Silver Lining. Mais Silver Lining était rattaché autrefois à UDR, donc on travaille toujours avec les mêmes personnes.





Avec ce nouvel album, votre son semble avoir évolué. « Lykaia » avait un son plus vintage alors que celui de « Lotus » est plus dense et rond. Avez-vous changé de technique au niveau du mix pour que l’album sonne de manière plus pure ? Le lotus étant le symbole de la pureté.

Joel : Quand on a écrit « Lykaia », on a eu envie d’aller vers un son rétro. Mais après l’avoir fait, ça nous a paru suffisant. Quand on a commencé à écrire cet album, on n’a pas eu envie de refaire un autre « Lykaia ». On a eu envie de faire quelque chose de nouveau. Une chose importante est que l’on a travaillé avec David (Castillo, ndlr) à la production, très rapidement dans le processus. On lui a dit qu’on avait envie que l’album sonne de telle manière, et on lui a demandé s’il pouvait nous aider à aller dans cette direction. Dans cette situation, on a appris à ne pas être trop rigides dans ce que l’on demandait.


Le son semble vraiment pur, à l’image du lotus. C’était quelque chose de conscient de votre part ?

Joel : Oui, absolument. On voulait entendre tout dans les moindres détails, et je pense qu’on y est arrivés sur cet album. Il y a un côté aérien et j’aime ça. Ce n’est pas chargé tout le temps.


Au début de votre carrière,  tout le monde vous comparait à Tool et à Opeth. Après avoir sorti 4 albums, vous semblez avoir trouvé votre personnalité, c’est pourquoi cet album semble aussi fluide et parce que vous avez travaillé le contraste entre les côtés sombres et les côtés lumineux. Vous avez commencé sur « Lykaia », mais c’est plus frappant sur cet album. Des titres comme ‘Martyrs’ et ‘Lascivious’ sont plus brutaux, puissants, sombres. Peut-être dire que c’est votre marque de fabrique ?

Joel : Oui, tu as bien compris. Les contrastes, les dynamiques, c’est comme ça que l’on crée de la tension et qu’on la relâche. On passe de parties complexes à des parties simples, on passe des parties agressives à des parties planantes. C’est plus intéressant à écouter de cette manière.


Avez-vous besoin d’avoir un aspect mystique dans vos albums ? Car vous semblez avoir besoin de cette source pour faire évoluer votre musique. C’est le cas ?

Joel : J’ai toujours aimé ça, le mysticisme, le symbolisme. Le côté mystique permet de ne pas révéler tous les détails. On n’est pas obligés d’être super clairs dans les paroles, etc.


Vous voulez que l’auditeur fasse sa propre interprétation ?

Joel : C’est ça. Dans tous nos albums, habituellement, nos titres sont composés d’un seul mot. Quand tu lis un mot, tu as une interprétation personnelle de la chose, alors que si le titre est une phrase complète, cela te donne moins de marge de manœuvre.


En écoutant vos chansons, vous sentez ressentir toujours autant de colère, mais on ressent aussi beaucoup d’espoir. La chanson ‘Martyrs’ symbolise cet aspect en délivrant le message de s’accepter tel que l’on est.

Joel : Plutôt que de dire « je m’en fous » de manière cynique, je pense que l’on peut toucher des sujets importants et faire quelque chose pour que cela aille mieux. On essaie d’apporter des ondes positives.


Il y a toujours ces atmosphères sombres dans vos chansons, mais en même temps, nous vivons dans un monde sombre. Est-ce que tu arrives à donner ces messages positifs depuis que tu es plus en paix avec toi-même ?

Joel : Peut-être que l’on devient plus sages avec l’âge ! (Rires). Des fois, on réalise que l’on doit faire quelque chose de positif, même si les choses sont parfois difficiles. La vie n’est pas toujours joyeuse. Des fois, la vie est dure, mais il faut retirer du positif des choses.


La question suivante serait plutôt pour Martin (Lopez, le batteur, ndlr). Il y a plus de double pédale sur cet album. Est-ce un moyen pour lui aussi d’exprimer sa colère ?

Joel : Non, je ne pense pas, mais je pense que Martin a voulu que l’on conserve notre enracinement dans le metal. C’est quelque chose dont on a parlé pour cette partie. Nos racines viennent du metal et on ne veut pas perdre cet aspect-là dans notre musique. C’est particulièrement important pour Martin car il vient vraiment de l’univers metal.


Evidemment puisqu’il a joué pour Amon Amarth et Opeth donc je peux comprendre ça.

Joel : C’est un vieux fan de metal !


Vous avez des chansons directes comme ‘Covenant’ qui semble avoir les qualités requises pour passer à la radio. Vous l’avez écrite à cette fin-là ? Vous attendez-vous à passer à la radio ?

Joel : (Rires). On ne voit pas les choses comme ça, on ne pense pas comme ça. On n’essaye pas de rendre la musique plus compliquée qu’elle ne l’est. On joue juste la musique comme on a envie qu’elle soit. Si certains pensent que c’est quelque chose qui peut passer à la radio, c’est très bien, mais on n’a jamais été préoccupés par ça. Sur le premier album, les gens disaient qu’on ressemblait à Tool. C’était gênant pour nous car on ne voulait pas se comparer à eux. Mais je ne crois pas qu’on se préoccupe de la manière avec laquelle nos chansons seront reçues. On n’essaye pas de faire en sorte que les chansons aillent à tel ou tel endroit. Ce serait la pire chose que l’on pourrait se faire à nous-mêmes et à notre musique.




Dans le clip de ‘Martyrs’, on voit un groupe d’hommes travestis en femmes se faire attaquer par des gens. Au final, ces hommes travestis finissent par jouer devant un public très réceptif. Est-ce que vous voulez dire par là que les différences nous enrichissent ? Ou peut-il aussi dire de ne pas avoir peur de ce qui diffère de la norme ?

Joel : Ce que l’on voit dans ce clip est que ces personnes sont fières de ce qu’elles sont. Ça se voit. Elles s’en fichent de ce que les gens pensent d’elles. Elles sont fières de faire ce qu’elles font. Il y a des ondes positives dans ce clip.


Et on voit aussi que le public est très réceptif à ce spectacle ! Le fait qu’ils s’acceptent eux-mêmes fait que les gens les acceptent à leur tour. C’est un très beau message.

Joel : Oui, mais on n’essaye pas de faire passer un message politique.


Pourquoi avez-vous fait cette chanson et ce clip ? Est-ce que vous avez déjà vécu ça vous-mêmes ? Vous sentez-vous, ou vous êtes-vous déjà sentis différents des autres à un moment de votre vie ?

Joel : Non, c’est simplement le message de la chanson. Il faut s’écouter et s’affirmer en tant que personne. Il ne faut pas laisser les autres vous contrôler. C’est un message plutôt simple, mais qui reste très important. Je pense que tu peux aller loin dans la vie, simplement en étant la personne que tu veux être. Mais si tu te mens à toi-même, cela peut être un problème au final. Cela peut être un gros poids à porter et cela peut être très dangereux. Si tu fais ce que tu veux, alors tu pourras être heureux.


Il y a une ressemblance entre les musiciens qui jouent dans le clip et vous, les membres du groupe. Pourquoi les avoir fait jouer eux à votre place ?

Joel : L’intérêt était justement de les mettre en scène en train de nous représenter.


Le chanteur dans le clip te ressemble particulièrement. Tu aurais pu être dans le clip à sa place.

Joel : Ce ne sont pas des acteurs, ce sont des drag queens. Ils délivrent un message qui leur correspond bien. Je ne sais pas si le message aurait été aussi puissant si nous nous étions travestis nous-mêmes.


Vous intégrez beaucoup d’éléments de world music dans cet album. Je pense par exemple au titre ‘Penance’ qui a pratiquement des ambiances de bossa nova. Sur l’album précédent, il y avait le titre ‘Jinn’ qui était très oriental. Vvous êtes ouverts au niveau des idées comme on le voit dans le clip de ‘Martyrs’, mais aussi en musique comme le montrent les morceaux cités précédemment. Il faut être ouvert d’esprit pour que les choses fonctionnent ?

Joel : C’est comme ça que la bonne musique fonctionne. Si tu n’écoutes qu’Iron Maiden et que tu crées un groupe de hard rock, qu’est-ce que tu vas jouer ? De la musique à la Iron Maiden. Quand tu joues du metal progressif avec des influences qui viennent de différents genres et sous-genres, c’est ce qui rend les choses intéressantes.

 

Le metal est la meilleure musique au monde à jouer sur scène

 

Comme on le disait avant, il faut faire des compromis. Martin (Lopez, le batteur, ndlr) vient de la scène metal avec Amon Amarth et Opeth, donc vous gardez vos influences metal avec de la double pédale, mais en même temps, votre chanson ‘Covenant’ pourrait passer à la radio. Donc vous avez cet équilibre entre des chansons metal et des chansons plus accessibles.

Joel : Ça nous reflète bien. Je me rappelle que l’on a parlé entre nous. Martin, toi tu viens du metal.

(Martin Lopez vient d’arriver et rejoint l’interview).

Martin : Je pense que quand on écrit ce genre de musique, émotionnellement liée à qui l’on est, il faut s’exprimer en tant qu’être humain. Notre musique nous représente. On est agressifs parfois, on peut être dans le metal, cela fait partie de la musique. Il y a des émotions dans la musique. On ne raconte pas des histoires fantastiques. On parle de qui l’on est, avec les bons et les mauvais côtés. Le metal est la meilleure musique au monde à jouer sur scène. Il y a une énergie que les autres musiques n’ont pas. Ce sont nos fondations. Mais à l’intérieur, on exprime aussi toutes les autres choses qui font que l’on est humain.


Vous venez d’accueillir un nouveau guitariste sur cet album, en la personne de Cody Ford. Comment expliquez-vous une telle instabilité au niveau des guitaristes ? C’est une question de plannings, ou bien voulez-vous vous renouveler ?

Martin : Non. On a une vision de ce que l’on veut, et certaines personnes ne s’y identifient pas. Parfois, c’est une question de travail, parfois c’est leur planning qui ne coïncide pas. C’est un groupe basé sur la section rythmique. Cela signifie que la guitare est là, mais qu’elle n’a pas la même place que dans d’autres groupes. Si tu as de l’égo, alors il n’y aura pas beaucoup de place pour toi en tant que guitariste. Je pense que ça vient de là. Soen est une équipe. On n’a pas besoin de beaucoup. C’est la conjonction de plusieurs éléments : la basse, la guitare, la batterie et le chant, tous ensemble. C’est ce qui fait notre musique. Il faut être à 100% engagé là-dedans. Si tu n’es pas d’accord, il n’y aura pas vraiment de place pour toi dans ce groupe.


« Lykaia » a été remastérisé cette année. Est-ce que vous avez fait cela car vous n’étiez pas complètement satisfaits du mastering initial ?

Joel : On a eu l’opportunité de ressortir Lykaia avec quelques titres bonus. On s’est dit qu’on allait le remasteriser au passage. On est curieux en tant qu’artistes et on aime expérimenter. C’est un autre angle de vision, une autre manière de faire. C’était intéressait d’essayer ça.

Martin : On s’est dit qu’on aurait pu faire mieux. On n’était pas parfaitement satisfaits avec le mastering et la production de l’album. Peut-être qu’on a réagi un peu tard, mais on a essayé de faire un meilleur ‘Lykaia’ que celui qui était sorti précédemment.


Est-ce que pensez à enregistrer un DVD live ? Car maintenant, vous avez assez de morceaux pour faire ça.

Martin : On y a pensé. On a des projets par rapport à ça, mais on a des problèmes à régler avec notre premier label en termes de droits. Mais on y réfléchit.

Joel : J’ai vraiment hâte de jouer les nouveaux morceaux de ‘Lotus’ sur scène. On va voir !

Martin : On va voir en effet ! On a un nouveau guitariste donc c’est aussi un nouveau départ !





On a parlé de l’évolution du son de Soen. Vous m’avez dit que l’on vous comparait à Tool et à Opeth. Sur cet album, vous avez beaucoup d’influences de ces groupes-là, mais maintenant, il semblerait que vous ayez votre propre marque de fabrique. Vous pensez que vous avez réussi à créer cette marque de fabrique et à assimiler toutes ces influences ?

Martin : Je pense, oui. On a commencé à y arriver sur « Lykaia », mais c’est encore plus prononcé sur cet album. Je pense que c’est parce que l’on progresse d’album en album et que l’on se fait de plus en plus confiance.

 

Cet album est le premier que l’on a fait et pour lequel on est contents du résultat

 

Et vous vous faites confiance mutuellement également ! On s’est rencontrés il y a deux ans, et j’ai trouvé Joel notamment plus en paix, plus souriant. Vous avez sorti 4 albums, cela veut dire que vous avez atteint cette alchimie entre vous.

Martin : Le point essentiel est que cet album est le premier que l’on a fait et pour lequel on est contents du résultat. Sur les albums précédents, on aimait les musiques, mais pas la production.

 

La somme d’argent que l’on reçoit d’un album est nulle comparée à la quantité de temps que l’on met dans cet album

 

On a écouté « Lotus », et pour nous, c’est déjà l’un des meilleurs albums de 2019. On a écouté l’album d’Evergrey qui est bien, mais je préfère le vôtre qui est plus progressif, car à chaque fois qu’on l’écoute, il y a un nouveau détail que l’on découvre.  Avec des titres comme ‘Opponent’, ‘Martyrs’ ou encore ‘Lunacy’, vous avez sorti votre album le plus progressif et peut-être le meilleur ! N’avez-vous pas peur d’avoir atteint votre point culminant et de ne pas pouvoir ressortir un album de ce calibre-là plus tard ?

Martin : Non. Quand on a écrit « Lykaia », je pensais que c’était notre meilleur album. Et quand on a sorti « Tellurian », c’était le meilleur album pour nous ! Donc le prochain sera peut-être encore meilleur. La somme d’argent que l’on reçoit d’un album est nulle comparée à la quantité de temps que l’on met dans cet album. On a travaillé deux ans sur cet album. Quand on voit l’attention portée aux détails, le niveau d’effort fourni, et ce à 5 personnes dédiant leur vie à ça, la rétribution n’est rien du tout. C’est une obsession pour nous. On veut être meilleurs d’album en album.


Pour sortir des albums avec une telle fréquence, tous les deux, il ne faut pas trop vouloir tout contrôler, comme on le disait au début de cette interview. Comment gérez-vous cet aspect-là, si vous dites que tout ça est une obsession pour vous ?

Joel : On a trouvé une dynamique. C’est une chose complexe. Il faut accorder une grande attention aux détails tout en étant capable de laisser aller certaines choses. Martin travaille beaucoup sur ces deux éléments. Il sait quand il doit se retirer un peu pour laisser les autres prendre des initiatives.

Martin : Je peux être très obsédé par certains détails. Joel a l’air plus souple. On le sent tous les deux quand une partie est suffisamment bonne. Quand ça me semble bon pour moi, c’est souvent bon pour lui aussi et pour les autres.

 

Quand tu atteins la perfection, tu tues le morceau. La perfection est très ennuyeuse.

 

Et pour être honnête, vous vous en sortez très bien car cet album est très bon.

Joel : Le plus dur, parfois, c’est de savoir quand s’arrêter. C’est l’un des plus gros challenges. Sinon, tu peux continuer à travailler éternellement sur un morceau, mais là, ça finit mal.

Martin : Le morceau a besoin de respirer. Quand tu atteins la perfection, tu tues le morceau. La perfection est très ennuyeuse.



Ressentez-vous que vous êtes plus que jamais sur la même longueur d’onde ? Surtout Joel qui est différent maintenant.

Martin : Cela fait 10 ans que l’on joue ensemble. C’est l’une des choses les plus importantes que l’on ait. On a grandi ensemble en tant que musiciens, que compositeurs, que musiciens qui tournent ensemble. Donc on est très proches. Tu commences alors à développer les mêmes goûts musicaux. On a un but commun. On trouve des forces entre nous tous.


Merci beaucoup. C’était très intéressant, ça m’a fait plaisir, Joel, de te voir aussi apaisé ! Tu sembles avoir franchi un pas dans ton apaisement avec toi-même.

Joel : Cette fois-ci, on a laissé le producteur nous aider rapidement dans le processus car on a eu confiance en lui.


La confiance a été l’élément central, encore une fois, et ça s’entend sur cet album qui est super. Merci beaucoup !

Les deux : Merci ! (en français).



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