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A PROPOS DE:

ESTHESIS (20 DECEMBRE 2018)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
ROCK PROGRESSIF

Rencontre avec Aurélien Goude, l'homme fort d'Esthesis, auteur de son premier EP de rock/metal progressif, "Raising Hands"
DARIALYS - 17.01.2019 - 6 photo(s) - (0) commentaire(s)

Esthesis est un groupe de rock progressif qui a vu le jour à Paris, en 2013. En ce début d'année 2019, le quatuor français sort son premier EP, "Raising Hands". Aurélien Goude, homme fort et créateur du groupe, est revenu sur la création de ce projet musical, sur son développement et sa concrétisation. 


Nous avons l’habitude de commencer nos interviews par la question qu’on vous a trop posée. Quelle est cette question ?

Aurélien Goude : De la part de mon entourage, cette question a certainement été « alors, tu les sors quand tes compos ?! ».


Esthesis a été créé en 2013 et pourtant, le premier EP ne sort que début 2019. Qu’est-ce qui explique ce laps de temps relativement long entre la genèse du projet et sa concrétisation ?

Tout dépend de la date retenue pour évoquer la création d’un projet. Dans le cas d’Esthesis, j’ai choisi de retenir l’année de création des premières compositions et du nom de ce projet. Ce dernier est né en 2013 sous la forme d’un projet solo, dans ma chambre d’étudiant chez mes parents. Son histoire est assez longue et complexe.

A l’origine, j’ai toujours écouté de la musique de manière addictive. Durant mon enfance et adolescence, je pouvais déjà écouter une dizaine de CD par jour, et c’est encore le cas aujourd’hui. Mais lorsque j’ai terminé mes études en 2012, j’ai commencé à me lasser de ne faire qu’écouter la musique des autres. Je voulais absolument jouer ma propre musique. Je me suis donc acheté un synthétiseur Kurzweil (K2000) et les sons me semblaient si fascinants que j’ai commencé alors à composer quelques idées, juste pour le plaisir et sans but précis. A cette époque, je pouvais composer jour et nuit dans ma chambre et j’ai archivé précieusement chaque idée. Finalement, en quelques mois, j’ai accumulé près d’1h30 de compos au clavier et à la guitare. Ce fut le début d’Esthesis.

Par la suite, j’ai décidé de faire écouter deux-trois démos à des proches et les retours positifs que j’ai eus m’ont encouragé à poursuivre et à commencer fin 2013 à faire le tri pour les assembler au sein d’un projet cohérent. J’ai donc demandé à mon ami David Delavoipière de m’aider sur quelques-unes de mes idées, parmi lesquelles 'Raising Hands' et 'Silent Call' (qui ne s’appelaient pas encore ainsi car je les désignais simplement par leur ordre de composition dans mes dossiers, à savoir respectivement « démo 17 » et « démo 12 »), et j’ai eu tant de plaisir à l’écouter jouer que je lui ai proposé que nous composions à deux la suite de ces morceaux. Esthesis est donc devenu un duo. Hélas, David et moi étions très pris à cette époque par nos vies personnelles et professionnelles. Par ailleurs, je continuais sans cesse à composer de nouvelles choses. Mais nous avancions peu à peu !

En parallèle, j’avais monté en 2014 un groupe de reprises qui s’appelait « Slice Of Harmony » et j’ai souhaité rapidement incorporer dans la set-list 'Raising Hands', que nous avions bien avancé avec David. Nous l’avons joué pour la première fois en concert en 2015, et les retours ont été si positifs que, petit à petit, l’idée de monter un vrai groupe de rock et metal progressif a commencé à faire son chemin dans ma tête, tout comme celle de considérer Esthesis comme un vrai projet musical professionnel. Nous avons donc demandé à notre ami Yann Pousset (qui jouait aussi dans Slice Of Harmony) de nous rejoindre courant 2016, puis nous avons auditionné un bassiste que nous avons trouvé en la personne de Charles Thumloup. A cette période, nous avions déjà terminé toute la suite 'Raising Hands', ainsi qu’une grande partie de 'Sleepers' et de 'Silent Call'. Charles a donc amené la première partie de 'Hunger', et nous avons composé ensemble toute la seconde partie du morceau, plus hypnotique.

S’ensuivirent quelques déboires techniques lors de l’enregistrement de l’EP en 2017, et j’ai vécu une période très mouvementée dans ma vie personnelle qui m’a amené à prendre la décision de quitter Paris pour rejoindre ma nouvelle compagne à Toulouse et adopter un mode de vie différent. Je ne me suis mis au mixage qu’à l’été 2018 car je souhaitais lancer publiquement Esthesis au moment où j’étais vraiment prêt à aller de l’avant dans ma vie.

Esthesis aura donc eu une gestation très longue mais j’assume son histoire, car tout ce qui résulte en 2019 de ce projet aura été mûrement réfléchi toutes ces années, y compris son avenir immédiat et à plus long terme.




Avant de parler musique, parlons du visuel ! La pochette en noir et blanc de l’EP est très réussie. Elle semble illustrer un cratère, ou bien la lune. Que signifie-t-elle réellement ?

Merci ! Il s’agit d’une photographie que j’ai prise en 2016, lorsque je me suis rendu à Verdun pour le centenaire de la mort d’un des membres de ma famille. Lorsque je me suis approché d’une casemate de tir (ou bunker), j’ai constaté qu’il y avait un grand nombre de traces de balles sur le métal, comme si celles-ci avaient ripé dessus. J’ai voulu immortaliser en gros plan ces traces et j’ai donc pris une photo. Ce n’est qu’à l’automne 2018, lorsque j’ai cherché quelle pourrait être la pochette de l’EP, que je suis retombé sur cette photographie.

Immédiatement, j’ai été séduit par le potentiel minimaliste de cette dernière car je souhaitais absolument que les gens qui voient la pochette ne comprennent pas de quoi il s’agissait au premier abord, ou que celle-ci ne laisse pas indifférent. Avant cette interview, je n’ai dit à aucun de mes proches où a été réellement prise cette photo. Je préférais que les gens aient le temps d’y voir ce qu’ils voulaient. Au final, beaucoup m’ont dit y avoir vu du sable, un cratère, des traces d’eau, voire même une forme de main (ou de plusieurs mains superposées), ce qui fait directement écho au titre « Raising Hands ». Je suis vraiment ravi que les gens aient pu y voir toutes ces choses ! Enfin, "Raising Hands" évoquant la guerre, il m’a paru logique de retenir cette photo vu l’endroit où elle a été prise.


Tu es un passionné de photographie. Est-ce que cette passion t’apporte quelque chose dans ta musique ?

A mon sens, oui. Je fais de la photo artistique depuis quelques années maintenant et j’apprécie particulièrement le minimalisme, la photo d’architecture et de paysage. Je suis assez exigeant en photo du point de vue du cadrage et de la composition et je cherche souvent à jouer avec les ombres, les lumières et les lignes en général.

Cette conception plutôt minimaliste en photo, où je m’efforce généralement de surcharger le moins possible mes compositions, peut clairement être transposée dans la vision que j’ai de la musique, où j’ai toujours considéré les silences comme aussi importants que la musique elle-même (tout comme les zones d’ombres ou les zones de « vide » en photo). Je ne dis pas que je préfère le silence à la musique, mais je parle bien ici d’espacer les notes dans mes compositions, d’en faire juste le nombre suffisant pour arriver au résultat que je souhaite.


Les albums concepts sont fréquents dans le rock progressif. Est-ce que vous vous inscrivez dans la lignée coutumière du genre avec cet EP ? Si oui, quel est le concept de « Raising Hands » ?

Pas à proprement parler, non. Notre EP n’est pas un album concept comme peuvent l’être "The Wall" de Pink Floyd ou "Sgt Pepper’s" des Beatles. En revanche, il y a clairement une thématique guerrière dans l’ensemble, puisque les morceaux 'Raising Hands Part 1 et Part 2' traitent de la situation dramatique au Moyen-Orient tandis que 'Sleepers' évoque les séquelles mentales de la guerre chez un soldat. 'Hunger' est un instrumental mais m’a personnellement toujours évoqué quelque chose de sombre. Quant aux paroles de 'Silent Call', elles évoquent la perte d’un être cher et son apparition dans la pensée de celui qui reste. En soi, il pourrait sans nul doute s’agir d’un soldat !

J’ai toujours trouvé très délicat en musique de faire un album concept cohérent, avec une vraie histoire et des transitions parfaitement logiques. C’est quelque chose qui m’intéresse en soi, mais si nous écrivons un jour des paroles en ce sens, ce ne sera jamais au détriment de la musique ou de la qualité de nos compositions. En effet, il est fréquent dans les albums concepts de trouver de petits morceaux d’une minute ou deux. Si cela est très réussi pour certains albums, c’est moins le cas pour d’autres du fait de certains titres qui auraient mérité d’être plus développés. Si je devais par exemple évoquer Steven Wilson, je trouve que "Hand. Cannot. Erase ." est un bien meilleur album concept que "The Incident", un peu frustrant. Wilson le reconnaît d’ailleurs lui-même aujourd’hui.


Cet EP bénéficie d’un mixage assez ample. Tu attaches beaucoup d’importance au mastering, un peu comme Steven Wilson que tu mentionnes. Est-ce le style progressif qui réclame toute cette attention au regard de la densité de la musique ou ta minutie naturelle ?

Merci pour ta remarque concernant le mixage ainsi que cette question très intéressante. J’attache effectivement une très grande importance au son. Je ne sais pas si c’est une coïncidence, mais il se trouve que je suis fan de Pink Floyd, de Steven Wilson et des Beatles, autrement dit trois artistes réputés comme étant les maîtres en termes d’enregistrement, de mixage et de mastering. Lorsque j’étais jeune ado, la toute première fois que j’ai écouté "Dark Side Of The Moon", je me suis dit « bon, ça sonne plutôt récent ça ». J’ai retourné la pochette et j’ai vu « 1973 ». Je n’en revenais pas. Quand à côté, j’écoutais un album de Genesis, j’avais envie de pleurer. J’ai lu beaucoup d’interviews sur la conception du son de ces artistes. Je suis d’ailleurs encore en train de lire un livre qui s’appelle "En studio avec les Beatles" et qui revient sur leur carrière en termes de son.

A partir du moment où j’ai considéré dans ma tête Esthesis comme un projet sérieux, je me suis forgé ma propre conception du mixage et du mastering, d’autant plus que j’adorais déjà mixer mes compos lorsque j’avais la vingtaine, même si c’était uniquement sur Garage Band. Depuis, je travaille exclusivement sur Logic Pro X.

Pour le mixage de l’EP, j’y ai passé tout l’été 2018, à raison de plusieurs heures par jour. Je n’étais pas habitué à un tel rythme de travail et j’en suis ressorti épuisé car je pouvais réécouter le même passage près d’une cinquantaine de fois pour le peaufiner dans ses moindres détails, notamment au niveau des équaliseurs et des automations. Concernant le mastering, j’ai en revanche tenu à faire appel à un professionnel. J’ai donc confié l’EP à Florent Charles des studios My Sound, à Toulouse. Celui-ci a réalisé un excellent travail, notamment sur l’ensemble des parties batterie. Il a fallu plus de 4 sessions pour finaliser le mastering car je revenais toujours vers lui avec des modifications à faire en termes de son. Mais je ne voulais pas mettre le point final tant que je n’étais pas à 100% satisfait du rendu. Surtout, j’ai une conception très proche de Steven Wilson en termes de mastering et pour moi, il était impensable d’avoir trop de compression (notamment sur les cymbales et sur mes claviers) ou un rendu qui aurait saturé de temps à autre, comme hélas trop d’albums aujourd’hui. Tout cela fatigue l’oreille. Tous les styles aujourd’hui sont concernés et, en rock progressif comme en pop, je pense que l’importance est la même.

Au final, bien que j’espère la prochaine fois pouvoir avoir une meilleure qualité de son encore, je suis aujourd’hui satisfait du résultat et j’espère que nous avons réussi à donner une couleur homogène à l’EP en termes de son !


A l’écoute de ce premier EP, vous semblez très influencés par Porcupine Tree, notamment sur l’instrumental ‘Hunger’ qui peut rappeler ‘Mother And Child Divided’. On sent aussi la touche Pink Floyd sur ‘Silent Call’, beaucoup plus atmosphérique. Ce sont des groupes qui vous influencent beaucoup ? Y a-t-il d’autres groupes qui ont influencé votre travail ?

Effectivement. Dans le line-up actuel, nous apprécions tous beaucoup Pink Floyd et Porcupine Tree. D’autres groupes tels que King Crimson, Nosound et Nine Inch Nails nous ont également influencés. Nous espérons toutefois avoir apporté une vraie touche personnelle à l’ensemble. Par exemple, il y a selon moi un vrai aspect « cinématographique » de certaines compositions, comme 'Raising Hands (Part 1)' et 'Silent Call', qui comprennent beaucoup de cordes et qui développent une ambiance mélancolique, presque visuelle. La musique de film m’a toujours énormément attiré et des compositeurs tels qu’Angelo Badalamenti, Ennio Morricone, Ryuichi Sakamoto m’ont inspiré pour travailler dans cet esprit, même si cela se sentira davantage sur le premier album. Il en est de même pour des compositeurs de musique classique ou contemporaine minimaliste comme Erik Satie et Philip Glass.

S’agissant des influences orientales, largement présentes sur les deux parties de 'Raising Hands', ce sont surtout des artistes comme Loreena McKennitt, Dead Can Dance et Led Zeppelin qui m’ont inspiré.

Il y a également quelques touches jazz et résolument funky que nous avons voulu intégrer par-ci par-là sur nos compositions ('Sleepers' et 'Hunger' notamment, mais aussi 'Silent Call' pour les accords d’orgue et de piano). Etant un grand amateur de funk et de jazz (fusion), je pense que certains artistes de ces courants nous ont influencés.

Enfin, l’influence la moins visible sur l’EP mais sans nul doute la plus dingue est celle de Jimi Hendrix, qui m’a donné l’idée, sur notre titre 'Sleepers', de simuler au synthé le bruit d’une bombe qui tombe, suivi immédiatement de bruits d’explosions suggérés uniquement par la guitare de David, en alternant de gauche à droite. Ce morceau évoquant la guerre comme dit plus haut, je souhaitais absolument la suggérer avec de vrais instruments au lieu d’utiliser un simple bruitage de sirène. En fait, lorsque j’étais enfant, j’appréciais déjà beaucoup Jimi Hendrix, notamment sur un morceau qu’il a joué à Woodstock et qui simulait des bruits de bombe avec sa seule guitare ('The Star-Spangled Banner'). J’ai donc souhaité, à ma façon, reprendre cette idée-là en la transposant sur 'Sleepers'.



Sur les 5 titres, 2 d’entre eux sont purement instrumentaux, et sur les autres, on retrouve des sections instrumentales importantes. Avez-vous baptisé votre groupe « Esthesis », terme renvoyant au processus de la perception en Anglais, car la perception sensorielle renvoie à la musique et à la mélodie pour vous, plus qu’aux paroles en tant que telles ?

Exactement. Tu as parfaitement compris et tu es la première personne à me le dire ! Je n’ai en effet pas choisi le nom du projet au hasard. Je souhaitais qu’il signifie vraiment quelque chose pour moi, autrement dit que la musique puisse découler logiquement de celui-ci. A l’origine, j’ai toujours adoré le morceau 'Synesthesia' de Porcupine Tree. En faisant des recherches sur ce mot, je suis tombé sur des articles très intéressants sur le phénomène de synesthésie et les personnes qui vivent ce phénomène neurologique, qui consiste par exemple à percevoir des couleurs précises lors de l’écoute de différents sons. Appréciant beaucoup ce mot, je suis remonté à la racine grecque "aesthesis" (et non à l’anglais), et je me suis dit que cette « sensibilité » ou « aptitude à percevoir des sensations » correspondait parfaitement à l’esprit de mon projet, basé sur des compositions qui renvoient effectivement avant tout à la musique et à la mélodie. J’ai donc adopté le nom d’Esthesis dès 2013.

Pour moi, Esthesis ne se veut pas dans l’esprit un groupe de rock et metal progressif axé sur la technique au sens de virtuosité, mais axé avant tout sur l’émotion qui se dégage des morceaux. Lorsque j’écoute de la musique, je suis très sensible aux émotions et aux ambiances qu’un artiste a voulu créer. L’aspect visuel que l’on ressent parfois à l’écoute d’une musique est à mon sens particulièrement important. Par exemple, je ne compte plus le nombre de fois où, dans une situation bien particulière, j’ai écouté tel ou tel titre exprès pour ressentir davantage l’ambiance qui se dégageait de la musique. Un morceau comme 'Echoes' (de Pink Floyd, ndlr) se révèle ainsi être encore plus incroyable face à l’océan. Je procède également beaucoup de cette manière lorsque je voyage en train, en voiture et en avion, en écoutant certaines musiques bien précises. Je pense que cela vient du fait que, lorsque j’étais jeune, mes parents mettaient systématiquement de la musique en voiture lors de nos voyages, et je n’avais rien d’autre à faire que de rêvasser en regardant par la vitre. En m’inspirant de tout cela, j’ai voulu que l’on ressente la même chose pour Esthesis. Lorsqu’on écoute une BO de film, on revoit les images du film en question. Pourquoi nos auditeurs ne se créeraient-ils pas leur propre film à l’écoute de notre musique ou ne voudraient-ils pas l’écouter prioritairement dans certaines conditions, comme le soir en voiture, parce que c’est là qu’ils la ressentiraient le mieux ? C’est de là que je suis parti dans ma réflexion avec Esthesis et j’ai été ravi de lire par exemple que certaines personnes ont visualisé un désert en écoutant 'Raising Hands', compte tenu que le titre évoque le conflit au Moyen-Orient.


L’album est assez rock et est porté vers un son assez heavy… jusqu’à la dernière piste, sortie de nulle part, ‘Silent Call’, long morceau de près de dix minutes. Sur ce titre en particulier, et à plusieurs moments de l’EP, les claviers sont très en avant et instaurent une atmosphère très planante à la Pink Floyd. Parfois, ils semblent même tracer une ligne directrice dans certains morceaux. Pourquoi cela ?

Au sein de l’EP, 'Silent Call' est en effet un OVNI. J’ai fait exprès de l’agencer à la toute fin de celui-ci, et de ne surtout pas le dévoiler avant la sortie définitive, car je voulais que chaque auditeur soit surpris, voire choqué, de ce changement radical d’ambiance. Mais ce que j’aimerais surtout préciser, c’est qu’il ne s’agit que d’un OVNI au sein de l’EP, et non un OVNI au sein d’Esthesis. Je m’explique : dans ma conception de la musique du groupe (actuelle mais aussi à l’avenir), 'Silent Call' a tout à fait sa place car il représente une des facettes d’Esthesis. Je me suis demandé durant un temps si je souhaitais qu’Esthesis ne fasse que des titres très rock, ou si je désirais également incorporer à ce projet des morceaux beaucoup plus calmes et minimalistes. J’ai aujourd’hui tranché en faveur de cette dernière option car je ne souhaite pas qu’Esthesis soit uniquement rock-metal. Sur le futur premier album, il y aura d’ailleurs de nouveau un ou deux morceaux, déjà composés, qui ne sont pas du tout rock, mais au contraire influencés par la musique de film, le courant minimaliste classique et la musique planante et ambient.  Pour moi, cela ne nuira pas à l’homogénéité musicale d’Esthesis car 'Silent Call' et 'Raising Hands (Part 1)' me semblent parfaitement à leur place sur l’EP. Je ne les aurais jamais placés en plein milieu du disque par exemple !

S’agissant des parties clavier qui traceraient une ligne directrice dans la plupart des morceaux, c’est tout à fait vrai et c’est précisément parce que le style d’Esthesis ne se résume pas seulement à du rock et à du metal. Qui plus est, je suis un claviériste avant tout et 4 des 5 compos présentes sur l’EP (y compris la suite 'Raising Hands', qui était au début une démo au piano) ont à l’origine été amorcées sur mon synthétiseur. J’accorde également beaucoup d’importance à la programmation et, sur le clavier que j’utilise, j’ai passé un temps fou à essayer de triturer et modifier des sons existants pour obtenir les sonorités que je souhaitais. Au final, j’apprécie assez l’idée qu’au lieu des guitares, ce soient les claviers qui fassent davantage office de « fil conducteur » dans un projet rock et metal. Par exemple, appréciant énormément un instrument comme le mellotron, j’ai utilisé des sons de cet instrument sur chaque titre de l’EP, quand bien même sa présence n’est parfois que très secondaire. Je pense et j’espère qu’il se dégage ainsi une certaine homogénéité du point de vue des sons présents sur l’ensemble de nos compositions.

En revanche, je m’efforce toujours de ne jamais en faire trop et de rester en retrait lorsque c’est nécessaire. Par exemple, durant les multiples solos de guitare de David, il y a certes du clavier, mais celui-ci reste très discret et tente au contraire de mettre en avant ses parties, en les soutenant via des cordes pour 'Raising Hands (Part 2)' ou du mellotron pour 'Hunger' et 'Sleepers'. Je ne suis pas un « keyboard hero » et ça ne m’intéresse pas de l’être un jour. Je cherche toujours à jouer le moins de notes possible au clavier, mais à faire les bonnes notes à mes oreilles.



Le clavier est souvent un instrument moins utilisé que les autres instrumentaux « traditionnels » qui constituent un groupe de rock. As-tu eu envie de redorer son image avec cet EP ?

Je ne pense pas qu’il soit nécessaire de « redorer » l’image du clavier en tant qu’instrument. Ceux qui écoutent beaucoup de musique le savent bien : le clavier ne se résume pas au piano classique ou aux synthés très kitsch, mais peut couvrir une palette de sons et d’émotions très large. Jon Lord de Deep Purple utilisait par exemple les sons d’orgue de manière unique et façonnait complètement le son du groupe avec ceux-ci. Il en est de même pour un claviériste comme Rick Wright au sein de Pink Floyd, dont il est impossible de nier l’apport très important qu’il a eu sur la plupart des compositions de l’âge d’or du groupe. Tous ces groupes, bien qu’anciens aujourd’hui, ont marqué à mon sens les auditeurs qui savent que le clavier ou synthétiseur peut être capable de grandes choses lorsqu’il est utilisé à bon escient sur des compositions, et qu’il ne s’agit pas d’un simple « instrument support ».

Ceci étant dit, et on rejoint ici ta question précédente, il reste tout à fait juste que le clavier est un instrument moins utilisé en général dans les groupes de rock et metal. C’est toutefois moins vrai pour le rock progressif, par exemple dans des groupes reconnus comme Pink Floyd, Yes et Emerson, Lake and Palmer. Il existe également quelques belles exceptions dans le metal à l’heure actuelle, comme dans Myrath, Leprous ou même Rammstein, groupes que j’apprécie beaucoup et où les claviers sont relativement présents dans leurs compositions, souvent de manière habile. En résumé, si je n’ai pas voulu « redorer » l’image du clavier à proprement parler, j’ai souhaité effectivement le rendre présent dans Esthesis, et ce pour toutes les raisons que j’ai pu expliquer précédemment.


Aurélien, ta voix est souvent retravaillée avec différents effets. Pourquoi cela ? Est-ce lié à un manque de confiance dans ta voix ou est-ce que cela s’explique par le concept ou le style ?

Encore une question que je trouve très intéressante. Lorsque je réécoutais l’EP l’autre jour, je me suis précisément fait la réflexion que j’avais utilisé un certain nombre d’effets sur ma voix sur l’ensemble des morceaux. En effet, j’ai utilisé une reverb assez longue et un delay sur 'Raising Hands (Part 1)' et 'Silent Call', et a contrario une légère saturation ou effet mégaphone sur 'Sleepers' et surtout sur 'Raising Hands (Part 2)'.

Je ne pense pas que cela s’explique nécessairement par le concept ou le style du rock progressif, quand bien même des artistes qui m’influencent comme Steven Wilson utilisent également de temps à autre des effets similaires. Je pense en revanche que c’est vraiment lié à ce que j’ai voulu faire passer comme émotion dans les morceaux. La voix est un instrument comme un autre et doit, à mon sens, permettre de délivrer un message à l’auditeur. Par exemple, pour accentuer l’aspect chaud et enveloppant de 'Silent Call', j’ai pris le parti d’ajouter à ma voix une reverb et un delay très importants sur les refrains. Si les paroles sont absentes de ce passage chanté car je me contente de faire des chœurs dans les aigus, je trouve qu’avec du recul c’est l’un des passages dont je suis le plus fier au niveau vocal, car il contribue à faire passer l’émotion exacte que j’imaginais depuis 2013 pour ce titre. A contrario, sur un titre comme 'Raising Hands (Part 2)', où l’ambiance est nettement plus froide, j’ai souhaité dès le début employer un effet de saturation pour amplifier la brutalité du morceau. Je pense néanmoins ne jamais en faire trop niveau effets. Les couplets de 'Sleepers' et 'Silent Call' sont très soft de ce point de vue par exemple.

Toute cette palette d’effets que j’emploie sur ma voix a pu poser quelques difficultés en concert. Je me souviens que lors des premières versions live de 'Raising Hands (Part 2)', je ne disposais pas encore de pédales d’effets pour ma voix. Je ne pouvais pas mettre toute l’intention que je souhaitais dans le morceau et le résultat ne me convenait pas. J’ai donc investi en 2017 dans des pédales d’effets pour ma voix que je contrôle directement au pied sous mon synthé. C’est parfois une gymnastique assez délicate, lorsque je dois par exemple switcher entre les couplets et les refrains de 'Silent Call' pour déclencher ce fameux effet « chœurs », mais j’ai été très satisfait du rendu lors du dernier concert que nous avons fait, et au cours duquel j’ai employé pour la première fois ces pédales.


Un premier EP (ou album) n’est jamais facile à écrire car il faut trouver son propre style et apprendre à travailler en tant qu’équipe. Comment avez-vous procédé pour l’écriture de ce mini-album ? Aurélien, est-ce que tu t’en es chargé, ou avez-vous fait cela de manière plus collégiale ?

Esthesis étant à la base un projet solo, je suis resté au centre du projet durant toutes les phases, y compris pendant la phase de composition. Ça a parfois été très difficile car cela demande constamment de bien communiquer avec les autres. J’ai appris tout cela sur le tas, répétition après répétition, mais je pense que ça m’a énormément apporté, notamment sur un plan humain et pour parvenir à concrétiser un projet d’envergure. Au final, je dirais que mon rôle a été de garantir qu’Esthesis ne parte pas dans un style (et un esprit) qui n’aurait pas correspondu à ce que je souhaitais depuis l’origine pour ce projet. Ce sera également le cas pour les futures sorties d’Esthesis.

En dehors de ces considérations, David et moi avons énormément travaillé ensemble au cours de ce projet et, souvent, nous avons avancé à distance sur les différentes compositions. Par exemple, j’avais composé à l’origine les couplets et le break central de 'Raising Hands (Part 2)' et David a apporté toutes les parties refrains. De même, j’avais les couplets de 'Sleepers', et celui-ci a apporté toutes les parties refrains et la rythmique du break central. Nous avons souvent été complémentaires sur cet EP et David a fourni un excellent travail. Je l’apprécie beaucoup car il « sent » très bien les choses d’un point de vue de la composition. En revanche, nous avons parfois eu de sacrés désaccords sur la manière d’arranger les morceaux mais cela s’est toujours réglé par des compromis, et les morceaux n’en ont été que meilleurs. Par exemple, nous nous demandions souvent à quel moment exact faire apparaître une couche de claviers, comme l’orgue durant le solo final de 'Raising Hands (Part 2)', ou les chœurs durant celui de 'Silent Call'. Chacun campait parfois des jours sur sa position, avant qu’un compromis soit trouvé !

S’agissant de Charles, on lui doit toute la première partie de 'Hunger'. Etant donné que David et moi avions déjà composé avant son arrivée les lignes de basse de 'Sleepers' et de 'Silent Call', il a fourni un excellent travail sur 'Hunger', mais également sur 'Raising Hands (Part 2)' où il a entièrement modifié la ligne de basse par rapport à nos premières versions. Enfin, il a été de très bon conseil durant la phase où j’ai mixé l’EP, notamment sur les parties chant de 'Raising Hands (Part 2)' qui m’ont posé beaucoup de difficultés en terme de fréquences.

Yann a été plus discret au sein du projet. Il a néanmoins été de très bon conseil sur certains arrangements, comme sur les refrains de 'Sleepers', ou bien sur toute la seconde partie de 'Hunger' où son jeu de batterie est fantastique et tout en subtilité. J’adore également son jeu sur la fin de 'Sleepers' et sur le break central de 'Raising Hands (Part 2)'. Yann n’en rajoute jamais trop à la batterie. J’ai vraiment apprécié cela chez lui.

Enfin, s’agissant des paroles, j’ai fait à l’origine intervenir une personne extérieure au groupe, mon ex-compagne, qui a réalisé un superbe travail d’écriture pour les morceaux 'Raising Hands (Part 2)' et 'Silent Call'. Nous avons ensuite repris les choses en main David et moi en finalisant ces deux titres et en écrivant les paroles de 'Sleepers'.



Vous proposez l’EP en dématérialisation et en CD, mais l’idéal serait de le proposer aussi en vinyle pour le grain que cela apporte au son. Quelle est ta position sur le retour en force de ce format et sera-t-il possible de commander l’EP sous cette forme ?

Le format vinyle n’est pas disponible actuellement pour le premier EP d’Esthesis, et ce pour plusieurs raisons.

La première est financière. Faire presser notre EP nous a déjà demandé un certain investissement financier, et nous ne pouvions pas nous permettre de choisir en plus le format vinyle, car nous ne nous serions pas remboursés. En contrepartie, nous proposons une édition CD limitée et numérotée avec un vrai digipack et un très beau livret de 8 pages. Si je considère le format numérique comme essentiel aujourd’hui, je reste très attaché au format physique. Or, David et moi-même souhaitions absolument proposer une belle édition physique à nos auditeurs, avec un livret contenant les paroles des morceaux. Au vu de notre conception de la musique, cela fait partie d’un tout pour nous.

La seconde raison est que je préfèrerais proposer en vinyle le futur premier album d’Esthesis, plutôt que l’EP. En tant que mélomane, j’ai encore plus de considération pour le format « album » et serai donc prêt à l’avenir à mettre encore plus de moyens pour le mettre à disposition de toutes celles et ceux qui s’intéressent à Esthesis.

Enfin, la troisième raison tient simplement à mon parcours musical. Je n’ai pas grandi dans une maison où l’on écoutait beaucoup de vinyles. Mes parents écoutaient (et écoutent toujours) exclusivement de la musique en CD, quand bien même ils disposent d’une platine. J’ai donc toujours été plus habitué au format CD qu’au vinyle.

Au final, si je dispose de quelques vinyles dans ma collection, je n’en écoute que très peu à l’heure actuelle. Je trouve néanmoins ce « retour en force » du vinyle intéressant, dans une société de plus en plus dématérialisée. Si cela peut par exemple inciter certains jeunes à davantage apprécier la musique qu’ils écoutent, en prenant réellement le temps de se poser en la découvrant, je pense que c’est une très bonne chose.


Est-ce que vous ressentez de la pression à l’occasion de cette sortie ?

Pour ma part, un peu. Il serait malhonnête de dire que je ne ressens aucune pression ni aucune peur à l’occasion de la sortie de notre premier EP. Il serait même anormal que je ne ressente rien. Lorsqu’on ressent de la pression ou de la peur sur un projet, c’est que ce projet nous tient particulièrement à cœur et que le mental le considère comme important. Je considère donc cette pression comme normale, et je suis même content de l’éprouver au final, car cela signifie que je suis en train de concrétiser un projet essentiel à mes yeux et que je peux enfin le partager !

Avec l’évolution d’internet, aujourd’hui il y a pléthore de groupes qui proposent leur musique, avec plus ou moins de qualité. Comment penses-tu qu’Esthesis puisse se distinguer ?

Selon moi, la différence pourrait venir de l’esprit de nos compositions et du soin porté aux arrangements.

Si je n’ai jamais eu l’ambition de révolutionner la musique, mais simplement de composer la musique que j’aime, j’ai une vision très personnelle de la musique progressive, comme déjà dit plus haut, car mon souhait dans ce projet est de renouer avec une plus grande « accessibilité émotionnelle » au sein de ce courant, autrement dit éviter de composer des morceaux de 20 minutes avec des changements de rythme et d’ambiance chaque minute, ce qui me lasse rapidement et fait que je ne retiens en général aucune mélodie marquante. Je pense qu’Esthesis peut se distinguer en ce sens car j’ai souhaité composer des morceaux qui ne sont pas forcément très complexes et techniques pour du rock et metal progressif, mais qui préfèrent miser sur l’émotion qui se dégage du calme ou au contraire de la brutalité de certaines parties. C’est pour cette raison que je me place bien davantage dans la lignée de groupes progressifs comme Pink Floyd, Porcupine Tree ou Nosound, que de groupes tels que Genesis (période Peter Gabriel) ou les Flower Kings, qui m’ont toujours moins emporté d’un point de vue émotion.

En fait, ce qui compte à mon sens, ce n’est pas tant la technique au sens de virtuosité, mais bien la technique en terme d’arrangements. Pour prendre un exemple qui me semble parlant, les Beatles sont pour moi un groupe très technique du point de vue des arrangements, surtout à partir de Revolver, alors même que leurs compositions ne sont souvent basées que sur quelques accords. Mais c’est bien à travers tous les arrangements, en plus de leurs mélodies imparables, que ce groupe demeure si important. Il en est de même pour les Beach Boys sur Pet Sounds. Je suis depuis toujours très sensible aux arrangements en musique car je suis d’abord venu à celle-ci par la pop, en écoutant en boucle lorsque j’avais 6-7 ans les Beatles, les Beach Boys, mais aussi Toto et Supertramp.

Pour terminer sur cette question en l’illustrant avec Esthesis, un titre comme 'Silent Call' n’est basé en réalité que sur les 4 mêmes accords d’orgue qui reviennent en boucle tout au long des 9 minutes. Ce sont bien tous les arrangements qu’il y a autour de 'Silent Call' qui lui donnent une âme. Je suis très satisfait de ce morceau.


Les réseaux sociaux comme Facebook sont devenus des moyens indispensables pour une bonne promo, même si paradoxalement, ils éloignent les gens et tuent les forums de discussion ou les vraies relations. Quel est ton regard là-dessus ?

Je ne suis pas tant persuadé que cela qu’un réseau social comme Facebook éloigne les gens. Pour moi, cela dépend vraiment de l’utilisation que l’on en fait. Personnellement, je m’en sers beaucoup pour la messagerie privée, qui me permet de rester en contact constant avec certaines personnes. En revanche, il est certain que cela entraîne une sacrée perte de qualité des informations ou des discours publiés. Si avant, on prenait davantage le temps de dire ce qu’on pensait sur un forum en argumentant, aujourd’hui la plupart des gens reçoivent trop d’informations car ils ont trop d’« amis » et se contentent par conséquent de « liker » une information, sans même la commenter. C’est pour cette raison que j’essaye toujours, dans les publications que j’écris pour la page Facebook d’Esthesis, de demander l’avis des gens pour les amener à ne pas seulement « aimer » mais au contraire à donner leur ressenti personnel, car c’est ça qui importe le plus pour nous. Nous pourrions avoir 100 « likes » sous la vidéo d’un de nos morceaux, ce seraient les commentaires, même en 3 mots, qui auraient un vrai sens pour moi.


Qu’attendez-vous de cet album ?

On m’a dit parfois : « ton morceau, il me reste dans la tête ». Je ne sais pas si ce sera le cas des gens qui écouteront mais j’espère qu’ils garderont en tête une ou deux mélodies en ayant l’impression d’avoir été transportés dans les différents univers, tantôt mélancoliques, tantôt sombres, que nous leur proposons sur l’EP. Au final, c’est cela qui compte le plus pour moi : que les auditeurs aient été emportés là où nous souhaitions les amener !




Quels sont vos projets immédiats et à plus long terme ?

Dans l’immédiat, je vais me reconcentrer sur moi-même et sur mon couple. La finalisation du projet a en effet pris beaucoup de temps sur ma vie personnelle ces derniers mois (mixage, mastering, pressage, communication…).

Je prévois néanmoins de me remettre assez vite au travail pour Esthesis, en commençant par trier les nombreuses idées de compos que j’ai en stock depuis 2013. J’en ai une soixantaine et j’aurais déjà de quoi refaire assez vite un second EP. Toutefois, je préfère cette fois-ci plancher sur un album complet, et pour cela j’ai besoin de temps. Par ailleurs, David ayant déménagé depuis peu en Allemagne, étant moi-même depuis un an à Toulouse, et l’autre partie du groupe restant à Paris, cela va forcément entraîner des changements dans le groupe et de nouvelles perspectives. David et moi allons en tout cas continuer à travailler de nouvelles choses pour Esthesis.

Ce qui est sûr, c’est que je ne souhaite pas remettre cinq ans à sortir quelque chose pour Esthesis. J’ai beaucoup d’idées et de styles que j’aimerais approfondir pour le futur album, telle que la musique minimaliste et de film, le jazz fusion et le funk, ainsi que la musique électronique ambient/trip hop. S’il est évident pour moi que le projet continuera à rester très rock et metal dans l’ensemble, revenir sur certains titres à des instruments plus acoustiques comme des guitares folk ou du piano (quasiment totalement absents de l’EP) me plairait également beaucoup.

Enfin, je ne souhaite pas faire de concerts avec Esthesis avant d’avoir un matériel suffisant à jouer, soit 1h à 1h30. Nous avons actuellement 35 minutes avec cet EP et je préfère me concentrer sur de nouvelles compositions plutôt que d’enchaîner des bars avec 4 groupes le même soir, ce qui me ralentirait. Mais il y aura des concerts à l’avenir ! J’ai même vraiment hâte d’arriver à cette étape car cela me permettra de commencer enfin à mettre à profit l’aspect visuel de la musique d’Esthesis, avec des lumières, des ambiances et des projections. Mon ambition étant de pousser ce projet le plus loin possible, cela prendra clairement plusieurs années encore. Je ne suis pas pressé.


On a commencé notre interview par la question qu’on vous a trop posée, quelle est celle au contraire à laquelle vous auriez aimé répondre ?

Mmh… Disons que j’aurais sûrement encore des choses à ajouter concernant Esthesis si je réfléchissais un peu, mais il est possible que j’aie été « légèrement » bavard au cours de mes réponses (ceux qui me connaissent bien ne seront pas étonnés…) donc je vais plutôt m’arrêter là !


Merci beaucoup !


A la prochaine et merci pour cette interview.


Un grand merci à Calgepo pour avoir généreusement contribué à l'écriture des questions !



Plus d'informations sur https://www.facebook.com/esthesismusic/
 
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