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TITRE:

PORN (29 JANVIER 2019)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

METAL INDUSTRIEL



Pour la sortie de "The Darkest of Human Desires", nous avions rendez-vous avec Philippe Duchemin pour une interview placée sous le signe de la pornographie, du meurtre et du cannibalisme...
STRUCK - 13.02.2019 -
9 photo(s) - (0) commentaire(s)

"The Darkest of Human Desires" deuxième volet de la trilogie "The Ogre Inside" nous dévoile le passage à l'acte du héros, le tueur en série, Mr Strangler, mais avant cela, nous avons également fait le point sur la carrière du groupe metal indus Porn qui est loin d'être un long fleuve tranquille...


Quelle est la question qu’on t’a trop souvent posée ?

Oh, putain, je ne sais pas ! Mais le truc de base est de devoir se présenter à tous ceux qui ne connaitraient pas le groupe.





Nous avons Internet à la maison, nous te poserons pas cette question. En revanche, nous voudrions savoir si tu es conscient que les filtres parentaux de nos navigateurs internet ne vous aiment pas?

Oui, je le sais (Rires) ! Et ce qui est assez marrant avec ça, c’est que certaines personnes pensent que le choix du nom Porn est ultra-marketé pour devenir de grandes stars alors que non. Nous avons pris ce nom parce qu’il nous plaisait bien mais c’est vrai qu’aujourd’hui, il nous apporte plein d’emmerdes, ne serait-ce que pour nous trouver… Ca nous a posé pas mal de soucis mais on fait avec…


Aller dans l’intimité des gens, des sentiments c’est beaucoup plus pornographique que montrer une bite ou un cul





Vous vous intéressez à tout ce qui chuchote dans les ténèbres (le ça freudien dans sa lutte avec le surmoi). On peut dire que votre pornographie est moins sexuelle qu'intellectuelle?

Elle l’est. Au début, c’était ça qui était assez amusant parce qu’à une certaine époque, on pouvait considérer que l’obscénité était d’essayer de chatouiller le cerveau. Et c’est vrai que je le prends ainsi. Quelque part, on pourrait considérer qu’aller dans l’intimité des gens, des sentiments c’est beaucoup plus pornographique que montrer une bite ou un cul. D’autant plus que la pornographie aujourd’hui est à portée de clic. J’ai grandi dans les années 1980, c’est beaucoup plus compliqué de trouver un bouquin porno.


C’était le catalogue de La Redoute…

Mais c’est vrai qu’il y avait beaucoup plus de revues érotiques que pornographiques. Aujourd’hui, la pornographie est partout !
Même si c’était moins le cas au début parce que j’étais plus jeune et donc moins aguerri ou capable de pouvoir développer des thématiques qui font réfléchir, il y a toujours eu ça dans Porn.


Le groupe existe depuis la fin des années 1990. Très rapidement, un titre a été diffusé par notre tonton à tous, Francis Zégut. Les médias vous suivaient et étaient unanimes. Vous avez été signés à l’international et en 2006, au moment de composer "Weapons of Mass Destruction" qui n’a jamais été sorti au final, le groupe fait une pause… A la lecture de cette énumération, n’as-tu pas un sentiment de gâchis ?

Non, je ne le dirais pas ainsi ! Quand on a été obligés de mettre le groupe en stand-by, ce n’était pas forcément de notre fait. Il faut comprendre qu’à l’époque, en 2007-2008, aucun groupe ne se développe, il faut qu’il ait une infrastructure. En France, à cette époque, l’infrastructure de l’industrie du disque s’est effondrée quasiment du jour au lendemain. Notre label, les distributeurs de disques ont tous mis la clé sous la porte hormis quelques-uns qui ont pu survivre jusqu’en 2011-2012.
A l’époque, il y avait une grande scène du néo metal -à laquelle nous étions rattachés mais dont nous ne faisions pas véritablement partie- qui s’est pété la gueule du jour au lendemain : Pleymo et consorts ont disparu à ce moment-là… Tous ces groupes ont disparu parce que la révolution numérique est arrivée et a tout balayé. Les pays dont l’économie musicale est précaire et fragile ont pris la crise en pleine poire !


Nous sommes passés sous les radars parce que nous étions totalement indépendants.





Certes mais le groupe a changé de line-up à ce moment-là… on avait plus le sentiment d’une crise interne au groupe que liée à l’industrie du disque…

Non, non ! En 2006, nous faisons cette tournée en Allemagne, nous sortons un EP avec la reprise de ‘Call Me’…
En fait, on s’est arrêté un an et demi puisqu’en 2009, nous sortons une compilation "A Decade in Glitter and Danger" qui reprend le premier album et l’EP. Dans la foulée, nous faisons quelques dates. Puis en 2011, nous sortons "From the Void to the Infinite". J’écris un roman en 2014. En 2015, nous sortons "Deconstruct" qui est un genre de compilation. En 2017, je sors un album avec An Erotic End of Times…

En gros, nous sommes passés sous les radars parce que nous étions totalement indépendants. Je n’ai jamais arrêté de faire de la musique mais nous étions hors radars parce qu’à l’époque, les gens s’intéressaient à toute la scène baby rock puis ensuite à l’avènement de la scène deathcore qui est déjà le néo metal de demain. Aujourd’hui, tout le monde se met à faire du stoner mais nous avons toujours fidèles à nous-mêmes en faisant un mélange de rock indus, de gothic metal… En réalité, nous n’avons jamais cessé d’être Porn !


C’est une fierté d’avoir tenu le cap ?

Bien sûr. J’ai plein de potes qui sont le genre le gars à avoir un nouveau projet musical tous les trois ans. Je leur dis d’arrêter car ils n’y arriveront jamais ainsi et de bosser sur leur propre musique.
C’est un peu comme une mère qui dit à son fils de se casser de la maison. Il faut que ces mecs se mettent en couple avec un groupe que tu aimes bien ou créé-le, mais il faut qu’ils le bossent encore et encore…
Pour beaucoup de groupes, c’est comme ça et en particulier en France où tout est plus compliqué d’autant que nous sommes peu prescripteurs à l’étranger. Je passe beaucoup de temps en Allemagne et pas mal aux Etats-Unis, il n’y a pas de comparaison possible : un groupe qui est signé sur un label allemand a dix fois plus de chance d’être exporté que si il était français. Quoiqu’il en soit, il faut continuer à bosser et advienne que pourra…


Il n’y a pas de problème de membre dans Porn





Même si on a compris que Porn n’a donc jamais réellement cessé de vivre en revanche quand on sait que tu as créé le projet An Erotic End of Times, qu’il y a eu un changement de line-up profond en 2006, on se demande si tu n’es pas un tyran…

Non ! Mais après pour être clair : Porn, c’est moi et personne d’autre hormis Erwan (Erwan Frugier) qui bosse beaucoup avec moi sur toute la phase de composition, qui est avec moi sur An Erotic End of Times et qui était dans Porn en 2006… sinon pour tout le reste, je suis totalement autonome. Il n’y a pas de problème de membre dans Porn parce que c’est un projet que je mène tout simplement…


Dans ces conditions, pourquoi avoir créé un projet parallèle avec An Erotic End of Times ?

C’était différent parce que dans le cas présent, je voulais bosser avec quelqu’un. Dans An Erotic End of Times, la plupart des morceaux sont composés par Erwan. Du coup, je travaille avec lui sur l’arrangement et la voix. En fait, je voulais un projet un peu plus "à la cool" où je serais peinard à attendre que les mecs m’apportent des trucs comme ces chanteurs de merde, les chanteurs que tout le groupe déteste parce qu’il a juste à monter sur scène pour chanter sans avoir à monter ou démonter le matos.


Donc tu es un chanteur de merde dans An Erotic of Times ?

Exactement, sauf que je ne peux pas l’exprimer totalement parce que nous ne faisons pas de concert pour le moment.  Non, mais je voulais être plus relax et chanter sur d’autres morceaux que les miens.


Et pour finir sur le passé, pourquoi n’avoir jamais sorti ce fameux "Weapons of Mass Destruction" ?

Tout simplement parce que l’album n’a pas été fini. A l’époque, le label avait mis la clé sous la porte donc nous nous étions retrouvés comme des cons avec ce projet d’album sur les bras sans savoir qu’en faire. Et puis de mémoire, il y avait pas mal de morceaux qui n’étaient pas terribles. Mais je crois qu’un ou deux morceaux figurent sur "From the Void to the Infinite".
Mais il peut m’arriver comme sur cet album, le titre ‘Evil 6 Evil’ est un morceau que j’avais composé pour "From the Void to the Infinite" mais à l’époque, il ne me convenait pas, je n’arrivais pas à le faire sonner comme je voulais, du coup, je l’ai mis en stand-by et si il ne s’est pas retrouvé sur "The Ogre Inside", il l’est sur "The Darkest of Human Desires".


Je me suis retrouvé emprisonné dans un carcan du format album qui n’était pas assez long pour pouvoir développer tout ce que j’avais à dire.


Justement ce "The Darkest of Human Desires" se nourrit-il de tes œuvres fictionnelles, ''Contoyen'' et son héros Dimitri?

Au niveau conceptuel, ça peut arriver et si on fait la genèse du truc, le concept de l’ogre m’est apparu lors de l’enregistrement de "From the Void to the Infinite". Dans "From the Void to the Infinite", tout tournait autour d’une thématique centrale inspirée par un poème de TS Eliot "Les Hommes Creux". Du coup, j’étais dans mes pensées en essayant de développer ce petit concept et je me suis retrouvé emprisonné dans un carcan du format album qui n’était pas assez long pour pouvoir développer tout ce que j’avais à dire.
Je suis donc parti des "Hommes Creux" et cet aspect creux de l’homme, je le matérialisais comme s’il y avait un être à l’intérieur qui te mangeait et qui te rendait donc totalement creux.
Le poème de TS Eliot traitait de l’insensibilité et du coup, j’ai développé ça dans "Contoyen" et Dimitri parle de ça et d’un ogre qui le dévore de l’intérieur qui est à la fois cette chose qui le ronge mais aussi ce démon qui l’habite…


Toujours normal pour un groupe comme Porn !

J’y ai pensé au moment où je l’ai dit (Rires) !
Et du coup, j’ai voulu encore plus développé ce concept et c’est devenu "The Ogre Inside" et donc, cette trilogie.
Et pour répondre à ta question, je pense que tout se nourrit : quand je vais dans un truc, ça m’amène vers autre chose qui lui-même m’emmène vers autre chose…


Tu as évoqué cette trilogie, étais-tu convaincu dès le départ de pouvoir l’alimenter ?

En toute modestie, je pense avoir cette forme d’intelligence qui est d’avoir un regard objectif sur mes capacités et ça me permet de ne pas me lancer dans des trucs que je vais foirer.
Je savais donc que je pouvais le faire dans le sens où j’avais déjà toute la trame, un peu comme quand tu écris un roman : tu sais que tu vas le finir si tu as quasiment déjà tous les chapitres.


"The Ogre Inside" pourrait s’apparenter à l’enfance de Mister Strangler, "The Darkest of Human Desires" son état adulte quand il devient lui-même c’est-à-dire un tueur, [...] et dans l’Act III, il va se faire rattraper tout simplement et je vais développer des thématiques d’enfermement et de psychiatrie





Tu avais donc la vision d’ensemble de cette trilogie ?

Bien sûr, et à ce jour elle est quasiment finie. La phase de composition de l’Act III est quasiment finie et on va démarrer l’enregistrement dans pas longtemps.
Depuis qu’on a démarré "The Ogre Inside", on ne s’est jamais arrêté en termes de compos : il y a vraiment une continuité. On a sorti des choses de façon régulière avec les remix… ce qui fait qu’on ne s’est jamais vraiment arrêté.
J’avais déjà la vision globale, je savais jusqu’où je voulais aller : "The Ogre Inside" pourrait s’apparenter à l’enfance de Mister Strangler, "The Darkest of Human Desires" son état adulte quand il devient lui-même c’est-à-dire un tueur, c’est un album centré sur le passage à l’acte et le meurtre et dans l’Act III, il va se faire rattraper tout simplement et je vais développer des thématiques d’enfermement et de psychiatrie.


On a le sentiment  que cet album pourrait être la bande-son de la vie de Jeffrey Dahmer, le cannibale de Milwaukee. Pour avoir développé de tels thèmes, as-tu envisagé de rencontrer de tels personnages afin de rapprocher les thèmes que tu développes et les vraies émotions ressenties par ces personnages ?

J’ai essayé de rencontrer certains Français mais c’est compliqué parce qu’on ne te laisse pas les approcher si facilement : certains ont encore des instructions sur eux, je pense à Fourniret…


… Tu parles de Fourniret, je pense notamment à Stéphane Bourgoin qui a écrit un livre sur lui…

Oui mais lui justement, il rencontre surtout des Américains parce que c’est plus facile.
Donc oui, j’avais envie mais je parle de gens connus comme Schaefer et il y avait le matériel documentaire pour pouvoir les utiliser…


Mais te faire ta propre opinion…

Oui, oui, ça aurait été intéressant !
J’aurais voulu en rencontrer quelques-uns en France, ça aurait été très intéressant de rencontrer Guy Georges mais c’est très compliqué : ils sont tous dans la même prison en Alsace, tu as Francis Heaulme, Fourniret, Guy Georges… ça doit être assez particulier mais c’est pour leur propre sécurité, dans une autre prison, ils ne tiendraient pas la route : ce sont des pervers mais ce ne sont pas des durs !
Mais encore une fois, j’ai essayé de contacter la prison dans laquelle est emprisonné Guy Georges mais je ne pense pas qu’il aurait accepté de me rencontrer parce qu’il va avoir une possibilité de conditionnelle dans pas longtemps, Romand également… Ils vont difficilement accepter car ils risquent de dire des choses qui peuvent être très mal vues.
Ensuite, j’ai une approche qui est assez particulière où j’en méprise certains comme Fourniret par exemple qui ne m’intéresse pas…


Tu réponds en partie à ma question suivante à savoir la question de la fascination…

Non, peu… Il y a peut-être deux personnes que j’aurais aimé rencontrer : Gerard Schaefer et Richard Ramirez. J’ai un profond mépris pour ceux qui se comportent comme des merdes, des connards qui s’excusent en disant : ""Ce n’est pas moi. Ce n’est pas ma faute". J’ai beaucoup plus de respect pour ceux qui vont assumer et qui vont avoir une posture digne en acceptant leur peine.
A la différence d’un Ted Bundy qui savait très bien qu’il ne réchapperait pas de sa peine de mort mais il continuait à faire son numéro alors qu’il était multirécidiviste. Ces gens-là comme Fourniret ne m’intéressent  pas et en plus s’attaquer à des petits, ce n’est pas ce que je trouve le plus "respectable".
Non, ce qui m’intéresse ce sont les mécanismes qui les poussent à faire cela. J’ai beaucoup plus de respect pour ceux qui se comportent comme de grands bandits et non pas comme de petites racailles qui s’excusent. Tu parlais de Jeffrey Dahmer… j’ai vu beaucoup d’interviews de lui, il m’inspire plus de la peine que de la peur : c’était un homosexuel refoulé qui tuait ses amants… ce n’est pas Hannibal Lecter ! En revanche, Schaefer était beaucoup plus terrifiant parce qu’il était extrêmement pervers.


Mr Strangler est ma représentation d’un grand tueur en série [...] un tueur sans haine qui tue parce qu’il a des pulsions qu’il assouvit



Pour en revenir à cet album, n'était-il pas ironique de débuter votre album sur 'Choose Your Last Word'?

Ce n’est pas ironique, c’est pour mettre les pieds dans le plat ! Mr Strangler est ma représentation d’un grand tueur en série parce qu’il aime ça et comme d’autres vont jouer au baby-foot… C’est un tueur sans haine qui tue parce qu’il a des pulsions qu’il assouvit. Du coup, cet album commence par une scène de meurtre où comme un condamné à mort avant son exécution, Mr Strangler lui demande de déclamer ses derniers mots.


On essaie de casser les codes en créant une dissonance cognitive.


Comme ce tueur, peut-on dire que Porn joue avec l’auditeur, comme le tueur joue avec sa victime ?

Oui et non ! Ceux qui nous connaissent bien vont savoir à quoi s’attendre en écoutant du Porn mais c’est vrai que pour les gens qui ne nous connaissent pas, ce peut être assez particulier parce qu’on essaie de casser les codes en créant une dissonance cognitive.
J’essaie vraiment de penser et vivre tout ce que je dis et tout ce que je fais musicalement parce que j’ai horreur des simulacres. Même si la musique est un spectacle, il faut malgré tout que le simulacre ne se voie pas trop : comme dans les films, il faut quand même y croire un minimum pour que le truc fonctionne. Même si on fait tous ce qu’on appelle en sociologie une suspension volontaire de l'incrédulité, c’est-à-dire que quand tu vas voir Batman, tu sais très bien que Batman n’existe pas…


… Ah bon ?

Oui, oui (Rires) mais tu acceptes malgré tout l’idée de ce personnage. Mais cela fonctionne uniquement que quand c’est crédible ou du moins, ce n’est pas trop "gros". C’est exactement pareil en musique ! Même si tu sais que Marylin Manson est un mec à peu près normal, l’auditeur a besoin de croire un minimum qu’il est un peu dingo…


Ça ne reste que de la musique, ce n’est pas de la compétition !





A l’instar de Marylin Manson justement, n’as-tu jamais été tenté de développer une imagerie, un personnage plus dingue à des fins commerciales ?

Non, parce qu’il y a une forme de fidélité à soi-même et rester dans une part de vrai. Après, ne suis-je pas complétement dingue, je ne sais pas (sourire) ?
Après, le groupe marche très bien de toute manière. Il y a des choses qu’on ne veut pas faire : je ne fais que ce que je veux ! Je dis souvent non, je n’ai pas envie d’être associé à certains festivals, concerts… parce que ce ne sera pas notre public ! Nous ne faisons pas de musique festive. Je revendique le fait de faire une musique assez sombre et particulière. Je ne suis pas là pour poster sur Facebook "Venez à notre concert, on va faire la fête !". Ça ne veut pas dire que je ne suis pas sympa : après chaque concert, je discute avec les gens qui viennent nous voir… mais je ne vais pas me comporter comme une pute qui veut à tout prix être aimé. Je m’en branle, je ne suis pas un mec mondain. C’est aussi une des raisons pour laquelle on est un peu à part sur la scène française mais ça me va. Je ne suis pas un homme politique, je suis un musicien : je suis là pour faire de la musique, la partager avec les gens. Ça ne reste que de la musique, ce n’est pas de la compétition !


'Evil 6 Evil' et 'Tonight Forever Round' s'éloignent d'un esprit oppressant pour retrouver une lumière gothique un peu plus romantique, plus ensoleillée, était-ce dans une idée d’équilibre global du disque en proposant des titres plus proches des ballades ?

Par exemple, 'Tonight Forever Round' est un morceau qui a été écrit par Erwan. A la base, il devait être pour An Erotic End of Times et il ne s’est pas retrouvé sur le dernier album parce que je voulais le mettre dans le prochain An Erotic End of Times mais à force de l’écouter, je me suis dit qu’il irait bien sur cet album et apporterait une sorte de respiration, du coup, on l’a inclus. C’est un morceau que j’aime beaucoup, j’ai pris beaucoup de plaisir à l’enregistrer parce que c’est un morceau que je n’ai pas composé…


… et donc faire ton chanteur de merde !

Voilà ! C’est vrai et comme j’ai chanté essentiellement sur des morceaux que j’ai composé, c’est différent, c’est cool !
Et ‘Evil 6 Evil’, je trouvais qu’il avait sa place sur cet album parce qu’il y a ce côté un peu plus mélancolique, plus pop qu’on ne retrouve pas sur les autres morceaux et ça me permettait d’articuler l’état d’esprit du personnage avec des petits excès de mélancolie de temps à autre tout en étant dans la frénésie.


Pourquoi avoir recours à des extraits audio? Que signifie la voix de 'Remorse For What' (la personne à qui on a craché au visage qui promet de répliquer, qui ne s'estime pas coupable). Est-ce un besoin pour se rassurer sur votre concept ou une façon d'élargir le champ de recherche?

Je dirais plutôt ta deuxième proposition. En fait, c’était pour apporter une dimension documentaire, illustrer un propos avec un spécialiste. Dans ce morceau ‘Remorse For What’, c’est Charles Manson qui n’est pas un tueur en série, il n’a tué personne mais c’est un de ceux que j’aurais aimé rencontrer sauf qu’il était complétement perché à la toute fin mais c’est quelqu’un que je respecte vraiment en tant que criminel !
Cette interview qu’il donne se déroule pendant une audience pour obtenir sa liberté conditionnelle et le mec leur explique qu’il ne regrette rien si ce n’est de ne pas avoir tué plein de gens : il assumait vraiment !
Je ne suis pas le seul à respecter cela, tous les juges également le respectent…





Le titre 'Eternally In Me' est-il un clin d’œil cannibale à l'Ogre qui est en nous? Comment analyses-tu ce morceau?

C’est un titre que je souhaitais particulier dans la construction -quelque chose de plutôt progressif, de plutôt contemplatif- et du coup, c’est une scène de meurtre. Mr Strangler regarde un cadavre et en le mangeant se dit qu’il sera qu’il sera éternellement en lui.
Je voulais donc un morceau assez contemplatif et je suis en train de bosser sur le clip de ce morceau qu’on sortira certainement cet été puisque comme je m’y mets et je ne suis pas très, très bon… il faut que je m’entraîne…


Et dans tout ça, qu’attends-tu de cet album ?

Franchement ? Très sincèrement, absolument rien : je suis déjà sur le prochain album !


Dans ces conditions, pourquoi cette journée promo ?

Parce que vous êtes des médias dans le sens propre du terme.
Mais je n’en attends rien, c’est le meilleur moyen de ne pas être frustré : j’avance en faisant ce que j’ai à faire ! Nous sommes dans une discipline de l’ordre du rapport social donc si les choses doivent arriver, elles arriveront mais ça met du temps.
Je suis ici pour pouvoir parler de cet album et grâce à vous, les gens qui nous suivent et ceux qui ne nous suivent pas pourront découvrir cet album et avoir un peu plus d’explications sur ce dernier.


On a commencé cette interview par la question qu’on t’a trop souvent posée au contraire, quelle est celle que tu souhaiterais que je te pose ou à laquelle tu rêverais de répondre ?

Putain… Je n’en ai strictement aucune idée !


Et bien je te propose d’y réfléchir et qu’on commence l’interview concernant l’Act III de cette trilogie par cette question ?

Volontiers !





Rendez-vous donc en … ?

2020, je pense ! On va commencer les phases d’enregistrement au printemps donc avec les délais etc… une sortie en 2020 est envisageable !


Et bonne année 2019 puisqu’on peut encore se le souhaiter et rendez-vous en 2020…

(Rires) Ça marche ! Non, c’était super sympa ! Merci beaucoup !


Merci à Adrianstork pour sa contribution...


Plus d'informations sur https://www.facebook.com/porntheband/
 
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