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REESE WYNANS (31 JANVIER 2019)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
BLUES
Malgré ses 71 bougies, Reese Wynans déborde encore d'énergie. Le claviériste vedette est venu parler de son premier album solo, "Sweet Release", et l'importance d'un tel disque, lui qui a toujours été dans l'ombre des plus grands du blues
DARIALYS - 22.02.2019
Reese Wynans. Vous ne connaissez peut-être pas son nom. Pourtant, lorsque l'on évoque ceux avec qui le pianiste a joué (Stevie Ray Vaugnan et Joe Bonamassa pour ne citer qu'eux), il y a fort à parier que vous ayez déjà vu l'homme à l'œuvre, derrière ses claviers. Après avoir passé 50 ans à collaborer et à jouer pour les autres, c'est à l'âge de 71 ans que le musicien a décidé de sortir son premier album en solo. L'occasion pour lui de reprendre les morceaux ayant marqué sa carrière dans un seul disque, "Sweet Release". Un entretien passionnant sur la vie d'un musicien hors normes.





Habituellement, on commence les interviews par la question suivante : quelle est la question que l'on t'a posée trop souvent et à laquelle tu en as marre de répondre ?

Reese : (Rires) Eh bien on m'a demandé beaucoup de fois : "Pourquoi cela t'a-t-il pris autant de temps de sortir cet album ?". C'est une question normale !

 

Ça n'était pas mon truc d'être leader

 

Et c'est une question toute récente ! Car c'est ton premier album en solo ! On ne te l'a jamais posée avant.

Mais en réalité, je n'ai pas vraiment de réponse à cette question. J'ai été pianiste pour différents groupes pendant 50 ans ! J'ai eu une longue carrière et j'ai fait des centaines d'albums. J'ai joué avec toutes sortes de musiciens incroyables, j'ai été très chanceux tout au long de ma carrière. J'ai joué du southern rock quand ça a commencé. J'ai eu la chance de jouer avec le fabuleux Stevie Ray Vaughan. En ce moment, je travaille avec le merveilleux guitariste Joe Bonamassa. J'ai été musicien de studio à Nashville pendant presque 20 ans. J'ai été dans des situations musicales très différentes et intéressantes, et à chaque fois j'étais le pianiste. Ça n'était pas mon truc d'être leader. J'étais celui qui rajoutait des claviers sur les chansons. Dans le même genre, Chuck Berry avait Johnnie Johnson. Stevie Ray Vaughan And Double Trouble avait Reese Wynans.
 

Maintenant que tu as sorti cet album solo, est-ce que ça change quelque chose à ta carrière ? Toi qui as été musicien pendant 50 ans au service des autres, tu te retrouves frontman ! C'est un nouveau chapitre pour toi.

Tout d'un coup, c'est comme s'il était venu le moment pour moi de faire quelque chose. Je ne sais pas pourquoi, mais il y a quelques années, j'ai écrit des chansons de funk instrumentales, je les ai enregistrées, mais je n'ai pas vraiment aimé ce que cela donnait au final.


Pourquoi ça ?

J'ai dit à Joe (Bonamassa, ndlr) que je n'avais pas aimé ce que cela rendait par rapport à ce que j'aurais aimé. Joe m'a dit : "Je pense que tu aurais dû mettre du chant, et que tu aurais dû inviter des gens pour chanter, ceux avec qui tu as joué". J'ai dit à Joe que c'était une super idée. Je lui ai donc demandé de produire l'album, ce qu'il a fait. Il y a quand même quelques chansons instrumentales funky sur l'album, mais en général, il y a du chant. Au final, j'ai adoré le résultat.


Peut-on dire que Joe Bonamassa a été le facteur décisif qui t'a permis de sortir cet album ?

Il m'a beaucoup encouragé. Il n'y a pas grand-monde qui est venu me voir pour me demander de faire un album, pour m'encourager, pour me produire. Mais tout ça s'est concrétisé et j'en suis très heureux. Est-ce que ça va changer ma carrière ? Je ne sais pas ! Je ne vais pas quitter le groupe de Joe Bonamassa pour faire la tournée de Reese Wynans car j'aime jouer avec lui ! Cette année, on a plus de 100 concerts, 2 croisières, des festivals aux quatre coins du monde, je vais le faire ! Quand on fera une pause, s'il y a la possibilité de jouer ma propre musique, j'essaierai de le faire ! C'est une question d'emploi du temps.


Tu réfléchis à faire un deuxième album avec tes propres chansons et toi au chant ?

Si c'était le cas, ce serait sûrement un mélange de chansons que j'ai écrites et de chansons que j'ai jouées au cours de ma carrière. Ce serait un peu des deux. J'aurais aimé avoir quelques chansons à moi sur cet album. Mais tel que cet album est fait, ça a du sens, donc ça va ! Sur le prochain album, il y aura quelques chansons à moi.


Cet album comporte uniquement des reprises de chansons provenant de groupes avec lesquels tu as joués. Est-ce ça veut dire que tu as joué avec les Beatles aussi (car l'album finit par le morceau 'Blackbird', des Beatles, ndlr) ?

(Rires) Non ! Je n'ai pas joué avec les Beatles. Il y a des chansons de groupes avec lesquels j'ai joué, et il y a des chansons que j'aurais aimé jouer. Il y a aussi des morceaux que j'ai toujours aimés et pour lesquels je propose ma propre version. Il y a une chanson chantée par Doyle Bramhall. Il a fait un super travail, il la chante tellement bien ! Je pense que c'est un génie, je suis très content de l'avoir avec moi sur cet album. Concernant les Beatles, je les aime, mais je n'ai jamais joué avec eux. A un moment, Paul McCartney & Wings recherchaient un pianiste. J'ai écrit à leur label en leur disant que j'étais disponible, mais ça n'a pas été plus loin ! (Rires).

 

J'aimerais dire à Paul McCartney : c'est pour moi la meilleure chanson que tu aies faite, merci beaucoup de l'avoir écrite ! ('Blackbird', ndlr)

 

Tu as de super invités sur cet album. Est-ce que tu as essayé de contacter Paul McCartney pour chanter 'Blackbird' ?

Non, je n'ai pas essayé de le contacter. Sur l'album, on a eu envie qu'il y ait une chanson où il n'y aurait que moi en train de jouer du piano. Pas de groupe, pas de chant. Juste moi en train de jouer du piano. C'est ce qu'on a eu avec 'Blackbird'. Et j'aime l'idée que ce soit le dernier morceau de l'album, alors qu'on est habitué à ce que soit la chanson la plus rock qui finisse l'album. J'aimerais dire à Paul McCartney : c'est pour moi la meilleure chanson que tu aies faite, merci beaucoup de l'avoir écrite ! La mélodie est magnifique. Ma version n'est pas la meilleure version, mais c'est une version, et j'étais très content de la jouer. C'est l'une des chansons que je joue tout le temps quand je suis tout seul.


C'est une très belle version. Est-ce que cela t'a donné l'envie d'enregistrer un album instrumental, juste toi au piano ?

Tu es le deuxième à me poser cette question ! Les gens aiment ce genre de chansons. Je ne vais pas dire oui, je ne vais pas dire non, je ne sais pas ! On verra ! Peut-être que je ferai un album tout au piano. Peut-être aussi que je continuerai de collaborer avec de nombreuses personnes. Je m'imagine faire encore 3 ou 4 albums avant d'arrêter.


Dans cet album, tu joues 4 chansons en hommage à Stevie Ray Vaughan : 'Crossfire', 'Say What !', 'Hard To Be', et ma préférée, ''Riviera Paradise'.

'Riviera Paradise', c'est celle qui m'a fait le plus peur. La manière avec laquelle Stevie la joue est vraiment emblématique. Elle est pleine d'émotions. Qui d'autre pourrait jouer cette chanson ? Personne ne reprend cette chanson ! Mais je pense qu'on peut la jouer, et que les gens devraient même la jouer car c'est une belle chanson. Notre version est un peu différente de l'originale. Je joue un solo d'orgue Hammond au lieu d'un solo de piano sur la version originale. Il y a aussi un super solo de guitare.


Quelle a été la réaction des autres musiciens quand ils ont su qu'ils joueraient une telle chanson ? Ça leur a fait peur ?

Ils n'ont pas eu peur. Joe (Bonamassa, ndlr) était le producteur, et c'est lui qui a dit qu'il fallait vraiment que l'on joue cette chanson, et qu'il fallait qu'on travaille dur pour la jouer. Je voulais que l'orchestre soit très présent, car cette chanson est presque une bande originale de film ! Je pense qu'on a réussi. J'espère que les fans de Stevie l'aimeront !


Pourquoi avoir choisi ces quatre chansons en particulier ?

Moi, je voulais qu'on joue 'Riviera Paradise'. C'était mon idée. Joe voulait jouer 'Crossfire' et 'Say What !'. Je voulais qu'on joue 'Hard To Be'. J'ai toujours aimé cette chanson. Je te parlais de chansons que j'aurais aimé jouer tout à l'heure, et j'aurais aimé jouer sur 'Hard To Be'. On a demandé à Bonnie Bramlett de venir chanter sur ce morceau, et on a demandé aussi à Jimmy Hall. Tous les deux ont fait un travail fantastique. C'est l'une de mes chansons préférées sur cet album !


Il y a aussi Keb 'Mo' sur 'I've Go A Right To Be Blue'. Cette version me fait penser à un enregistrement original de Robert Johnson. Qu'en penses-tu ?

C'était ce qu'on cherchait. Il y a ce son qui gratte un peu qui a été à l'initiative de Joe. C'est un producteur et pas seulement un guitariste de classe mondiale, un très bon chanteur et compositeur. C'est un excellent producteur ! Il a de très bonnes idées. Merci beaucoup Joe pour ton soutien et tes idées !


Il te remercie aussi beaucoup, il dit de très belles choses sur toi. Pour lui, c'est en quelque sorte un cadeau que jamais personne ne t'avait jamais fait auparavant. Il est reconnaissant d'avoir pu jouer avec toi.

Effectivement, c'est un cadeau. J'ai passé la barre des 70 ans, et j'ai plus de 50 ans de carrière musicale professionnelle derrière moi. Joe voulait faire quelque chose en lien avec ça. Il m'a encouragé à sortir cet album. Il l'a produit, il a joué dessus, il a chanté dessus, et j'espère l'avoir aidé autant qu'il m'a aidé. Aujourd'hui, Joe Bonamassa ouvre la marche dans le blues rock. Je crois que 3 de ses albums sont dans le top 10 des meilleurs albums dans les blues charts à l'heure actuelle, dont "Redemption" (le dernier album paru en 2018, ndlr). Et il y a ce CD qui paraîtra en mars et qui, avec un peu de chance, figurera aussi dans ce top 10 ! Je crois qu'il a aussi eu 18 albums numéro 1 dans les charts, soit plus que quiconque dans l'histoire de l'industrie du blues. Tout ce à quoi Joe touche se change en or, donc ça me touche qu'il m'aide dans mon travail.

 

Je suis un visage inconnu

 

Un peu comme Stevie Ray Vaughan dans les années 70 et 80, tu travailles et continues de travailler avec deux personnes qui ont réinventé et révolutionné le blues. On peut même dire que tu fais partie de cette révolution car tu en es un élément en ayant joué avec eux !

Non, non. Je suis un visage inconnu. Peut-être que cet album m'aidera à me révéler au public. Quand je jouais avec Stevie Ray Vaughan And Double Trouble, c'est lui qui menait la marche dans le monde du blues rock. C'était lui. Stevie Ray était en tête d'affiche des festivals de rock, de blues et de jazz ! Tout le monde adorait ce qu'on jouait. Depuis, Joe Bonamassa a repris le flambeau. Je suis chanceux d'avoir pu jouer avec les deux, et ils semblent aimer ce que je joue, donc je m'en réjouis.


Oui, car tu es talentueux ! Si tu n'étais pas talentueux tu n'aurais pas pu jouer avec eux ! Stevie Ray Vaughan est iconique, et Joe Bonamassa va le devenir. Si des gens comme eux travaillent avec quelqu'un comme toi, ce n'est pas une coïncidence ! Cela signifie que tu as fait partie de la révolution du blues !

J'ai toujours adoré le blues, et j'apprécie beaucoup ce que tu me dis. Je le prends comme un compliment. Merci beaucoup. C'est difficile pour moi de mesurer ma propre contribution dans ces groupes, alors je laisse les gens en juger par eux-mêmes. Dans la vie, il y a des opportunités. Il y a des portes qui s'ouvrent sur quelque chose auquel tu peux contribuer. J'ai eu la chance que plusieurs portes se soient ouvertes à moi, et c'était exactement ce qui me correspondait. J'ai pu me dédier totalement à Steve Ray Vaughan And Double Trouble, à Joe Bonamassa, et au monde du blues. Je suis très heureux d'avoir eu la chance de pouvoir faire ça.


Et on peut remercier Joe Bonamassa de t'avoir aidé à sortir cet album et à être un peu plus connu.

Il y a beaucoup de musiciens réputés pour avoir jouer avec un leader connu qui ont sorti leurs propres albums instrumentaux, mais personne ne les écoute ! La bonne idée de Joe Bonamassa a été de mettre du chant dessus, de jouer des nouvelles versions de chansons déjà existantes. On entend mon piano dessus, et ça peut permettre aux gens de réaliser qui je suis. C'est en tout cas ce que l'on espère.


Il y a des invités de très haut niveau sur cet album. Sur le morceau 'Sweet Release' de Boz Scaggs, pourquoi n'est-ce justement pas Boz Scaggs qui chante sur cet album ?

C'est une très bonne question. J'ai joué avec lui dans les années 70. On a joué cette chanson, on la jouait tous les soirs, c'était ma préférée, je l'adorais ! J'ai suggéré à plusieurs personnes de la reprendre au fil des ans, mais personne n'en a faire la reprise ! J'en ai parlé à Joe, il n'était pas très motivé. J'en ai parlé aux autres musiciens, mais ils ont eu la même réaction. Mais on l'a faite, et mon idée a été d'avoir une personne différente pour chanter chacun des couplets, à la façon de 'We Are The World'. On a aimé la version que ça donnait. J'aurais dû appeler Boz. S'il avait fallu recommencer, c'est lui que j'aurais contacté en premier.


Est-ce que ça veut dire que Boz sera présent sur ton deuxième album ?

Certainement, je l'espère ! Il a d'ailleurs sorti un nouvel album de blues et il est très bon. Faisons ça, je pense que c'est une idée fantastique !


Quels conseils le Reese Wynans de 71 ans donnerait au jeune Reese qui démarrerait sa carrière ?

Je dirais… "N'essaye pas de trop en faire ! Essaye de trouver la musique dans la chanson, tout ne tourne pas autour de toi !"


Est-ce que ça signifie que tu te la jouais quand tu as commencé ?

Je me la pétais un peu aux claviers, oui.


C'est assez surprenant car tu es connu comme une personne modeste !

Mais j'étais cet animal sauvage sur scène ! (Rires). Parfois je jouais trop, donc mon conseil serait de dire : "ce n'est pas grave si tu n'en mets pas partout ! Joue quelque chose de savoureux, et choisis les bons moments pour le faire ! Joue ce que tu as à jouer quand il le faut".


Entre maintenant et tes débuts, tu as joué avec Joe Bonamassa, Boz Scaggs, Stevie Ray Vaughan… Quelle est ta période préférée ? Ta collaboration préférée ?

Ça c'est difficile ! J'ai passé ma carrière à collaborer avec des artistes. J'ai tout aimé. Je n'ai pas de guitariste préféré, je n'ai pas de groupe préféré, je n'ai pas de collaboration préférée.

 

Je ne me suis jamais senti comme étant addict à la drogue


 

Mais tu as un producteur préféré avec Joe ! (Rires). Comment s'est passée ton intégration dans Double Trouble, en sachant que c'était une période compliquée pour le groupe dont certains membres étaient addicts à la drogue.

Dans les années 80, quand j'ai rejoint Stevie Ray Vaughan And Double Trouble, la culture de la drogue était partout dans la musique. J'en ai consommé tout comme les autres, mais contrairement à beaucoup, ça n'a pas duré longtemps. Quand la nuit était finie, j'étais content de rentrer à la maison. Je n'étais pas de ceux qui recherchaient des substances pour rester éveillés pendant deux ou trois jours ! Me concernant, j'en ai consommé à des fins sociales. Ce n'était pas une addiction. Je ne me suis jamais senti comme étant addict à la drogue. Mais d'autres ne pensaient pas de la même manière. Quand ils vivaient des bons moments, ils voulaient les prolonger. Mais c'est stressant pour eux et pour ceux qui sont autour ! En jouant avec Double Trouble à ce moment-là, je m'étais habitué à ça. Il faut juste être là pour encourager les autres. Quand tu vois qu'ils s'attirent des ennuis, il faut être là. L'addiction de Stevie Ray Vaughan était sérieuse, mais ça n'a pas affecté sa musique d'une manière négative, ou quasiment jamais. Tous les soirs, sur scène, il donnait tout, il jouait avec son cœur. Ses émotions sortaient de lui, et on pouvait presque le voir.


Penses-tu qu'il avait besoin de ça pour pouvoir faire sortir toutes ses émotions sur scène ?

Lui, il le pensait. En réalité, il n'en avait pas besoin. Le talent était là, depuis toujours. Il se disait : "Comment je pourrais être créatif sans ça ?". Mais il n'en avait pas besoin ! Certains pensent qu'ils doivent boire tous les soirs, et j'ai moi-même rencontré des problèmes avec l'alcool.


Tout ça en réalité n'est qu'un manque de confiance.

Oui, c'est un manque de confiance.


Avec le recul, est-ce que tu regrettes de ne pas avoir fait partie des Allman Brothers en 1969 ?

C'est aussi une bonne question. Je me suis souvent demandé ce qui se serait passé si Duane (Allman, le guitariste du groupe, ndlr) m'avait dit : "Reese, on a deux batteurs, deux guitaristes, on peut avoir deux claviéristes !". Mais si tu regardes la biographie des Allman Brothers, tu peux lire qu'ils passaient leurs journées dans un motel à rechercher de la nourriture et de l'argent et qu'ils avaient de sérieux problèmes d'addiction à la drogue. Ça aurait été très difficile pour moi. Je ne sais pas si je m'en serais sorti dans ces conditions. A la place, j'ai joué avec Boz Scaggs, j'ai atterri dans le Texas pour jouer avec Stevie Ray Vaughan, puis j'ai été à Nashville pour être musicien de studio avant de jouer avec Joe Bonamassa, et ça a très bien marché pour moi.

 

Je n'ai aucun regret concernant les choix musicaux que j'ai faits

 

Tu es chanceux d'avoir eu la carrière que tu voulais avoir. Est-ce que tu as des regrets à ce niveau-là ? Maintenant que tu as sorti cet album, que pourrais-tu avoir comme regrets ?

Je n'ai aucun regret concernant les choix musicaux que j'ai faits. J'ai fait quelques mauvais choix dans ma vie personnelle, mais musicalement, je suis dans une belle situation, et je ne pourrais pas imaginer de meilleure situation avec Joe Bonamassa. J'ai pu jouer avec les meilleurs guitaristes de notre époque alors je me considère comme étant très chanceux.


Ces personnes que tu as côtoyées, ont-elles affecté ta vie personnelle, d'une bonne ou d'une mauvaise façon ?

Ce qui nous touche en tant que musiciens professionnels et que l'on est partis tout le temps. C'est la même chose qui touche les conducteurs de camions, les militaires, et tous ceux qui sont souvent loin de chez eux. C'est difficile.


Surtout quand on a des enfants en bas âge !

Ou une femme qui a besoin d'attention. Il faut les laisser seuls à la maison alors que tu es aux quatre coins du monde.  C'est difficile. Tout le monde ne peut pas y arriver.


Est-ce que tu as des attentes concernant cet album ? Et est-ce qu'on peut encore attendre quelque chose d'un album quand on a une carrière comme la tienne ?

J'espère qu'il va marcher, que les gens l'écouteront et qu'ils ressentiront les émotions que l'on a éprouvées en jouant. Il y a eu beaucoup de joie au moment de l'enregistrement. On a d'excellents musiciens et je ne peux même pas lister toutes les personnes impliquées là-dedans ! J'espère que les gens ressentiront cette joie qu'on a vécue. Si l'album marche, c'est super. Peut-être qu'il y en aura un autre, peut-être qu'il y aura certains morceaux de temps à autre. Pas de manière régulière, mais peut-être de temps en temps. Si on peut réunir Joe Bonamassa et Kenny Wayne Shepherd, on peut le faire. J'adorerais ! C'est mon rêve ! Si j'avais un rêve, ce serait de les réunir, qu'il y ait Chris Layton, que je sois là avec eux, on mettrait des cuivres, quelques chanteurs comme Jimmy Hall. Peut-être qu'on jouerait à Red Rocks, ou à l'Olympia ! Peut-être qu'on le fera. J'aimerais vraiment !


On croise les doigts ! Vu ton parcours, on aurait pu s'attendre à ce que Bess Hart fasse partie des invités sur cet album, ce qui n'a pas été le cas. Ce serait super de pouvoir la faire venir !

C'est une excellente chanteuse. J'ai travaillé avec elle une fois et on s'est bien entendus donc on verra bien si ça se fait !


On a commencé cette interview en te demandant quelle avait été la question que l'on t'avait posée trop souvent. Au contraire, quelle serait celle que tu voudrais que je te pose ?

Eh bien ! (Rires). J'aurais aimé que tu me dises : "Tu es connu pour avoir été le pianiste de Stevie Ray Vaughan And Double Trouble, mais est-ce que tu t'es senti comme si tu étais dans une boîte ?". Certaines personnes croient ça des fois. Les gens savent que j'étais connu pour ça, mais je peux faire tout plein d'autres choses. C'est quelque chose que j'aurais aimé que les gens sachent à mon sujet.


Et cet album le prouve !

Il y a tous les styles de musique sur cet album, c'est ça qui est important.


Les morceaux de Boz Scaggs, des morceaux uniquement au piano, cela montre l'étendue de tout ce que tu peux jouer !

On pourrait même faire tout un album de reprises de Tampa Red avec  Keb 'Mo', et ce serait super ! Il faudrait que l'on fasse un album de reprises de Doyle Bramhall qui chanterait du Otis Rush car il le fait très bien. On pourrait faire un disque de piano instrumental pour de la méditation ! (Rires).


En tout cas tu as des idées pour les prochains mois et pour un nouvel album !

Je suis plein d'idées ! (Rires).


Merci beaucoup !

Merci beaucoup (en français, ndlr), merci pour tes très belles questions.


Merci à Newf pour sa contribution...



Plus d'informations sur https://www.facebook.com/reesewynans/
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NUNO777 - 22/02/2019 09:28:24
Superbe interview.
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