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A PROPOS DE:

BEHIND THE ZINES (PART 4/4)


TYPE:
DOSSIER
GENRE:
POST ROCK

Ultime volet de ce dossier consacré à l'envers du décor du webzinat
STRUCK - 05.08.2009 - 3 photo(s) - (0) commentaire(s)
Lucificum : Sans doute parce qu’il succédait au Black Album… Bon, je voudrais que nous allions sur un autre sujet, qui est intéressant et sur lequel vous avez certainement des choses à dire: il s’agit de vos relations avec les artistes. Principalement parce que vous avez rencontré les musiciens via des interviews, via parfois des live reports même si cela est un peu différent... Quelles rencontres d’artistes ou de musiciens vous ont marqués, dans le bon ou le mauvais sens ? Quel regard portent sur vous les musiciens en interview quand ils savent que vous appartenez à un webzine et pensez vous qu’ils ont un regard différent vis à vis de la presse écrite ou autre ? Est-ce que vous, personnellement, avez changé de point de vue sur les artistes, par rapport à avant lorsque vous étiez juste auditeur/fan ? Maintenant que vous êtes acteurs, est-ce que votre point de vue a changé sur le musicien star, semi-star voire amateur ?
Iro22 : Très bonne question. Alors je commencerai tout simplement en disant que je ne fais que très peu d’interviews, donc je rencontre peu de musiciens et je n’ai jamais eu de problèmes. Voilà, c’est réglé. Par contre, j’en rencontre plein en tant que manager d’un groupe.

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Lucificum : Allez, vas-y, fais de la pub pour ton groupe. C’est quoi son nom ?
Iro22 : Alcohsonic.

Julien : Pour quelqu’un qui boit du Coca-cola, Alcohsonic, franchement… (Rires)

Iro22 : Nous avons une bonne réponse pour cela : c’est comme workaholic, les drogués du travail, Alcohsonic, ce sont les drogués du son. Et cela n’a rien à voir avec l’alcool, bande de sous-poivrots que vous êtes. (Rires) Il m’est donc arrivé de rencontrer des gens que j'appréciais, et qui sont en définitive, des gros cons.

Cosmic Camel Clash : Rex Brown (ndlr : ex-bassiste de Pantera, bassiste de Down) ?
Iro22 : Non, lui n’est pas un gros con. C’est juste qu’il est empaillé, ce mec-là ne vit plus. Pour l’avoir rencontré en interview - désolé de casser un mythe - mais il est empaillé ce type. Il bloque pendant plusieurs vingtaines de minutes sur le plafond, et puis à un moment, quelqu’un qui le secoue. Un type adorable, mais perché. Il est grillé. Je l’ai vu chier devant moi, porte ouverte, à ne plus en pouvoir. Il est mort, mais il est génial… et il se met des gouttes dans les yeux avant chaque concert.

Lucificum : Bon, au delà de balancer des artistes qui vous ont fait marrer, plus généralement, Struck, Cosmic, Julien ?
Julien : Je n’ai jamais vraiment été déçu par un artiste et étonnement, je les trouve très disponibles, que tu sois Rock Hard ou n’importe quel webzine qui a réussi à accrocher le label et donc qui est présent. Ils te traitent de la même façon, les mecs sont super sympas et ce sont les premiers à te filer une bière. J’ai un excellent souvenir avec le guitariste d’In Flames : j'étais le dernier à passer, il restait dix bières, du coup il m’a dit qu’il était impossible pour moi de me barrer avant que les dix bières ne soient finies. Et nous avons fini les dix bières. Il y a juste une fois où cela s’est mal passé, avec le guitariste d’Arch Enemy, le bon Christopher, pas Michael.

Iro22 : Ah, tu m’as fait peur, Michael Amott est un dieu.

Julien : Ouais, Michael Amott est un dieu et il est adorable, mais son frère ne l’est pas trop.

Lucificum : Et globalement, est-ce que cela a changé ta vision sur le musicien pro ?
Julien : Cela m’a conforté: tu peux être un tueur, super rock’n’roll, cool et ne pas avoir un melon sur-dimensionné, même quand tu n’es que devant 500 personnes. Quand tu vois que dans d’autres genres de musiques, les mecs disent « Putain, on fait 500 personnes », ils ont la tête énorme parce qu’ils passent à la télévision. Eux ne passent pas à la télévision, ils font 5000 personnes au Zénith, et ils sont super gentils. Je pense à Mike Portnoy, un mec super gentil, super speed, mais il ne va pas te prendre de haut. Il répond à toutes les questions que tu veux. C’est un mec adorable, et il fait plus de 5000 personnes.

Struck : Je pense que nous allons, avec Aurélien, retrouver les mêmes interviews qui nous ont marquées - je m’avance peut-être. Pour te rejoindre, Julien, plus l’artiste vend, est commercial… je ne sais pas comment on peut dire, mais pour avoir rencontré Åkerfeldt ou Steven Wilson, sans compter les Corbier ou Gotainer que j’ai pu faire… ce sont des charmes. Et à côté, tu as des petits groupes, d’autres artistes qui vendent moins, et qui se la pètent. C’est sidérant, et c’est même assez pitoyable. Tu te dis que si leur musique ne marche pas, un tel comportement n’aide pas. Ce qui m’a marqué le plus, c’est justement le côté obscur et le côté lumineux d’un artiste comme Devin Townsend. Aurélien t’en parlera.

Lucificum : Et toi, les artistes qui t’auraient marqué, positivement ou négativement ?
Julien : Le chanteur de Marduk.

Lucificum : Ah ? Il est super sympa, Legion, un mec adorable.
Struck : Le plus « compliqué », où j’ai du me battre un petit peu, c'était avec Vincent Cavanagh, d’Anathema. J’ai eu l’impression de le faire chier pendant l’interview. Hormis cet artiste dont je ne suis vraiment pas fan, mes meilleurs souvenirs sont ce qui me concerne d’avoir rencontré un mec comme Devin Townsend dont je suis fan depuis 92 et Sex And Religion avec Steve Vai. Je les ai vus à l’Élysée-Montmartre, il y a 16 ans. Le rencontrer deux fois face à face, avec Aurélien, et que le mec se livre - surtout la seconde interview - et te dise qu’il a fait table rase de son passé, cela n’a pas de prix. J’ai rencontré James LaBrie avec qui je n’ai pas fait de concession, dans le sens où je suis fan de Dream Theater qui m’a amené au prog-metal, mais je ne me suis pas caché de lui dire que quelque part, le chant… voilà quoi. Il m’a donné une réponse politiquement correcte comme quoi il avait une maladie, qu’il avait failli mourir. Bon, soit. (Rires) Le mot qui revient, c’est la passion. Je rencontre toutes les personnes qui ont marqué ma jeunesse. Maintenant je suis un peu plus vieux, j’ai 35 ans… c’est génial. Nous ne sommes pas payés, mais c’est génial.

Julien : Spécial dédicace à Phil Anselmo, qui n’avait pas voulu se faire prendre en photo parce qu’il ne s'était pas lavé les dents. (Rires)

Iro22 : Je pense que notre plus grande réussite en matière d’interview à Julien et moi fut Jimmy Bower et Rex Brown de Down. Je pense que toi et moi serions capables de nous couper un bras pour Down, et même deux si possible. A partir de là, les rencontrer dans leur tour-bus, ça a été fou. Les mecs d’Hermano aussi, nous avons vécu un grand moment. Je crois que le plus grand moment fut celui-ci : les mecs d’Hermano, qui étaient à la bourre dans les interviews, se sont fait interviewer par tous les webzines en même temps. Nous étions là, comme des fans. Il y avait John Garcia, le chanteur de Kyuss, encore un mec pour qui je me couperais une burne. Nous étions comme des dingues, à faire signer nos bootlegs de Kyuss qu’il n’avait jamais vus, puisqu'interdits à la vente et traficotés par un Ukrainien, mais bon. C'était super, un grand moment de bordel et d’interview.

Julien : Au dernier moment, nous avons cru que nous ne ferions pas l’interview…et puis finalement ça s’est fait.

Iro22 : Avec le gratteux d’Hermano qui débarque en slip ! Un grand moment.

Lucificum : Et plus généralement, quelles sont les réactions des artistes quand ils savent que vous appartenez à un webzine dont forcément, ils n’ont jamais entendu parler, et pas à une presse écrite ?
Julien : Avant de faire chroniqueur et intervieweur, déjà, je ne pensais pas qu’être musicien pro était aussi fatigant. Les mecs arrivent dans une ville à trois heures de l’après midi, une demi-heure après ils sont en interview, à dix-sept heures ils font les balances, puis à nouveau des interviews, une heure pour bouffer, puis ils doivent envoyer le son… et ils repartent dans le bus. Et ça pendant parfois des mois ! Donc le simple fait que le gars ne t’envoie pas chier, garde le sourire parce qu’il fait ce qu’il aime… ça n’a pas de prix. On pense qu’être musicien, c’est vachement bien… bon, c’est bien, mais c’est super dur, alors quand les mecs se permettent de te snober, alors qu’ils habitent à 500 mètres de la salle de concert et qu’ils ne veulent pas te parler… ils n’ont rien compris.

Iro22 : Je ne suis pas sur que les mecs en interview sachent vraiment qui nous sommes, vu le nombre de têtes qu’ils voient défiler. Cela peut se ressentir, si tu es super amateur dans ta façon de faire une interview, avec un accent anglais très mauvais par exemple – ce qui, ceci dit, est mon cas ! (Rires) Globalement, le musicien ne sait donc pas vraiment qui bosse avec qui, ce sont plus les labels qui vont nous casser les couilles. À partir du moment où notre interview est calée et que nous sommes devant le mec, il va répondre. Alors évidemment, si c’est encore un de ces gars qui joue du black métal symphonique atmosphérique de mes couilles, il aura ses humeurs et te répondra avec des phrases en verlan ou en hébreu…

Lucificum : Il n’y a pas que les blackeux qui ont leurs humeurs ! Et il y a des gens tout à fait normaux qui font du black metal.
Iro22 : Ah ? Je n’en ai jamais rencontré ! (Rires)

Struck : Je me suis peut-être un peu avancé tout à l’heure en disant que Devin Townsend était le meilleur souvenir d’interview de Cosmic Camel Clash mais c’est très plaisant de se dire que lors d’une seconde interview, le mec se rappelle de nous.

Iro22 : Oh, ça fait partie des gimmicks de musicien de faire comme si on se rappelle de tout le monde. (Rires)

Cosmic Camel Clash : As-tu seulement lu l’interview ?

Iro22 : Non, je ne lis pas votre webzine, moi !

Julien : Ça me rappelle une anecdote : ma toute première interview, ça a été le chanteur de Brainstorm. À la base, je ne suis pas client du groupe, donc j’étais un peu stressé, c’était ma première interview, et puis le gars, c’est une pointure… Bon, nous avons discuté ensemble, j’étais un peu vacillant. Six mois plus tard, je me suis rendu en Allemagne et le gars est arrivé dans mon dos, il m’a donné un grand coup en disant « Oh comment ça va ? Ça va mieux, maintenant ?». Nous avons été boire une bière ensemble, et ça m’a mis sur le cul que le mec se soit souvenu que j’avais été un peu flippé ! Ça a été un super moment. En plus dans son pays… le gars me reconnait, il avait surement autre chose à faire que de me taper dans le dos !

Struck : Un Mike Portnoy ne se rappellera pas de toi vu le nombre de personnes qu’il doit voir, mais 75% des artistes que tu as rencontrés vont te remettre, et parmi eux, il y en a forcément une grande partie que tu aimes.

Cosmic Camel Clash : Dans le registre des anecdotes, pour ma part c’est quand j’étais au Wacken. Avantasia devait jouer le soir même, et je me trouve dans le camping VIP – oui, tout à fait, je suis un VIP. À cet instant, passe André Matos. J’avais déjà eu l’occasion de l’interviewer pour son album solo, et deux ans auparavant au Wacken… Donc il passe, je lui fais un signe de la main, et là, il me dit en français : (ton enjoué) « bonjour, comment ça va, toi !». Il m’avait reconnu, et ça fait super plaisir. Pour répondre à ta question, vu que je suis le gars qui parle anglais, j’ai dû faire 80% des interviews des Éternels et des Immortels (avec Lordlatem), et je n’ai aucun mauvais souvenir d’interview. Au pire, l’entretien avec Bjorn «Speed » Strid de Soilwork qui ne répondait qu’avec des phrases très courtes… sur 21 minutes d’interview, j’ai posé 14 questions ! Mon record. Du coup, pendant que nous étions au téléphone, je cherchais sur Internet des nouvelles questions… ça a été du sport ! Toutes ces interviews ont participé à un processus que j’avais déjà engagé quand je suis devenu musicien : tous ces mecs avaient percé et trouvé une reconnaissance, mais toute la mythification qui les entoure était en carton. Le musicien de base ne fait pas exprès d’avoir une horde de fans prêts à se couper une burne pour lui. C’est juste un mec comme toi et moi, sauf qu’il fait de la musique, et qui parce qu’il a du talent s’est fait reconnaitre. J’ai donc finalement cessé d’être étonné du fait qu’ils soient accessibles… évidement qu’ils le sont ! Ce sont juste des gens normaux avec de la musique dans leur tête. Ce ne sont pas des dieux, ils n’ont – à quelques exceptions près – pas cherché à être considérés comme des idoles…

Julien : Bon, sauf Malmsteen dont on sait qu’il voulait devenir un dieu… (Rires)

Cosmic Camel Clash : Mais pour un Malmsteen, tu as des centaines de Jimmy Bower (ndlr : batteur de Down et guitariste d’Eyehategod)… des mecs profondément normaux qui n’ont jamais demandé à être mis sur un piédestal que les fans construisent à coups de fantasmes…

Struck : Et certains le vivent mal !
Cosmic Camel Clash : Oui, même si je pense que ça reste un très petit pourcentage. La plupart ont juste l’impression d’avoir de la chance et de faire ce qu’ils aiment.

Julien : Et il y en a d’autres qui s’en branlent, comme Mike Williams, le chanteur de Eyehategod, justement. Un putain de nihiliste qui n’a pas de compte en banque et qui vient tout de même au Hellfest, pas payé, mais qui s’en fout.

Iro22 : Vu qu’il n’a pas de compte en banque, il vient tous frais payés. Il a une autorisation exceptionnelle sur le territoire, car il est recherché par tous les États-Unis : c’est un putain de vandale.

Julien : Il n’est pas vraiment recherché, mais il a un bracelet électronique, il a été libéré il y a un an. Donc merci à Ben (ndlr : organisateur du Hellfest) de l’avoir fait venir. Et pour l’anecdote, Mike Williams a enregistré le deuxième album d’Eyehategod en étant clochard…

Cosmic Camel Clash : Quoi qu’il en soit, je voudrais terminer par un souvenir partagé avec Struck qui restera toujours. Ça n’est pas seulement le fait que Devin Townsend se soit rappelé de l’interview que nous avions fait deux ans auparavant, c’est le fait que, parmi les milliards de petits moments qui ont défini son changement personnel, dans tous les petits évènements multiples et énormes qu’il a pu vivre qui ont fait qu’il a arrêté la défonce, qu’il s’est remis en cause en tant que personne et qu’il a repris différemment la musique, qu’il s’est coupé les cheveux… et sachant qu’en plus Devin, c’est le gars que j’ai eu le plus de mal à démythifier, c’était une de mes dernières idoles… Infinity et City (de Strapping Young Lad), j’ai mis très longtemps avant de m’en remettre ! Eh bien le mec, en face de moi, alors que la question ne porte pas là-dessus, me ressort spontanément un exemple précis d’une question que je lui ai posée deux ans auparavant qui a précisément participé à son processus de remise en cause et qui a fait qu’il est ce qu’il est aujourd’hui. Bon, depuis j’en suis revenu, et bien sûr, tout cela fait partie des rencontres et des hasards de la vie, mais tu ne peux vivre ce genre de moment que si tu interviewes des musiciens. C’est tombé sur moi, j’ai eu du bol, d’autant que la question m’avait été soufflée par quelqu’un. Mais parmi les caractéristiques de la vie de musicien – outre le fait que ça soit fatiguant – il y a un truc dont nous ne nous rendons pas forcément compte (j’en avais parlé avec le gars de Burst), une chose très paradoxale : quand tu pars en tournée, tu passes ton temps à te faire plein de potes avec qui tu ne restes jamais en contact. Tu rencontres des dizaines de personnes avec qui une fois de temps en temps tu accroches à mort, tu passes de super moments mais comme ces gens sont perdus dans un flou d’individualités qui passent devant toi, tu ne les gardes pas dans ton existence. Tu te retrouves plus que n’importe qui exposé à des dizaines de personnes, de regards, d’analyses… et faire partie de ce processus là, pouvoir en voir les résultats dans une interview, se dire que l’on a suffisamment marqué un type pour qu’il se rappelle de soi – vu que je suis son fan, le contraire est valable depuis le début… eh bien pour ma part, je suis prêt à continuer à me taper des tas de promos à la con pour qu’une fois par an, je connaisse ce genre de moment. C’est une récompense suffisante.

Lucificum : Dernier point, puisque vous avez beaucoup évoqué les interviews de groupes connus et établis... mais concernant les « petits » groupes, parfois underground, souvent français mais pas connus, que pensez-vous leur apporter à eux, qui sont souvent plus demandeurs d’interview de la part des médias que l’inverse…
Julien : J’ai un bon souvenir d’échange de mail avec un groupe Suisse, Apokatastasia, que j’ai découvert via MySpace. J’ai adoré ce qu’ils faisaient, et nous avons échangé pas mal de mails avec leur leader, j’ai posé des questions qui n’avaient pas forcément grand-chose à voir avec leur musique. Des types super sympa, mais très peu connus – je pense qu’en dehors du pays, voire de leur village, personne ne les connait – et pourtant leur musique vaut vraiment le coup. Ça a été un vrai déclic, c’est le « petit » groupe qui m’a fait le plus plaisir, avec Zuul FX, au début.

Cosmic Camel Clash : Zuul FX, c’était déjà un peu plus connu. C’était le nouveau groupe du chanteur de No Return.

Julien : Oui, mais c’était en 2005, ça n’avait pas encore vraiment explosé. Même si ça n’est pas très connu, ils ont leur notoriété en France. Je me rappelle avoir fait une interview avec Steve, Seb et Laurent, à l’époque, et ça avait été énorme. Nous avions déconné à mort, avec un portrait chinois de Steve… ça avait été très drôle.

Cosmic Camel Clash : Même si ça ne m’est encore jamais vraiment arrivé – mais ça arrivera certainement un jour – c’est intéressant de craquer sur un groupe et de voir que le temps te donne raison. Je pense par exemple à cette formation de Poitiers, Mindslaved – il y a aussi Hacride avec Amoeba. L’un des membres de Mindslaved, dont le pseudo était Tostaky, s’était inscrit sur notre forum. Les mecs ont sorti une première démo, Mind Over Matter, à laquelle j’ai collé 17/20. J’ai dernièrement parlé avec le chanteur via MSN, ils ont enregistré à Poitiers avec l’ingénieur du son de Hacride, Adrien Grousset a fait leurs samples, et là ils s’apprêtent à sortir un album dont je sens qu’il va être monstrueux. S’ils deviennent énormes, je pourrai – et c’est totalement égocentrique de ma part – ressortir mon brave album de 2006 et dire « vous voyez ? Je vous l’avais dit !». (Rires) Et, comme tu le dis, les groupes underground sont beaucoup plus demandeurs de chroniques et d’interviews que nous pouvons l’être vis à vis d’eux. Nous le faisons sans pression. Par exemple, si le dernier album de Lacuna Coil est pourri, ça n’est pas parce que le groupe est connu que je vais faire une interview pour avoir des lectures. En général, lorsque vous trouvez une interview d’un groupe français sur les Éternels, c’est parce que le chroniqueur a gravement craqué. Ou alors parce que leur chanteur est chroniqueur chez nous ! (Rires) Il y a des groupes que j’ai trouvés fantastiques, comme Jarell, Allguilty, Lethalmind, et j’espère donc leur donner une visibilité. Nous avons une énorme part d’indépendance, même si nous acceptons parfois des interviews de groupes qui ne sont pas super intéressants mais qui vont nous rapporter des lectures. Je n’aime pas le dernier Slipknot, mais si j’ai l’opportunité de les interviewer, je prends, parce que c’est Slipknot ! Ça nous rapporterait un nombre énorme de lectures.

Struck : Ah, et toi tu le fais ? Nous, on nous a proposé du Scorpions à une époque, je ne l’ai pas fait car ça ne m’intéressait pas !

Cosmic Camel Clash : Alors, tu es plus intègre que moi !

Struck : Dans tout ce que je fais, il faut qu’il y ait un minimum de plaisir – ce mot revient souvent. Rencontrer Michael Schenker…ça ne m’intéresse pas. Après, si ça intéresse une autre personne de l’équipe, soit ! Mais en ce qui me concernait à l’époque, non. Nous ne l’avons donc pas fait, même si nous aurions pu.

Cosmic Camel Clash : Ça me rappelle une anecdote honteuse, lorsque j’interviewais Lacuna Coil. Sachant que je ne les connais pas, que je n’avais écouté que deux fois leur album et vu une fois en live vu que celui qui devait se charger de cette interview n’était… hum… pas disponible… eh bien, il faut se rappeler que pour avoir accès à des noms plus gros, il faut avoir des scores de lecture élevés. Si je veux avoir un espoir d’interviewer des gens dont je suis réellement fan comme Jonathan Davis (Korn), je vais faire l’impasse sur mes désirs réels de chroniqueur et faire un gros nom qui va me rapporter de lectures. Et pour rattraper ma conscience, du coup, je ferai une interview qui ne sera pas forcément très gentille ! C’est ce que j’ai fait avec le dernier Cradle Of Filth où j’avais été relativement agressif avec le chanteur… mais il n’y a rien eu à faire. En matière de langue de bois, Dany a prouvé qu’il pouvait donner des cours au monde entier.

Iro22 : Avec Alcohsonic, dont je suis le manager, cela ne s’est pas fait tout seul. Lorsque j’ai reçu leur démo, je ne l’ai pas trouvée incroyable, juste sympa. C’est après les avoir vus en live que je me suis lancé dans le management, et cela fait maintenant plus de deux ans que je les manage, en plus d’être étudiant éducateur à mi-temps. Le groupe a pas mal monté, ils ont dernièrement ouvert pour Cactus et ils ouvrent pour American Dog fin Aout, à Nice, ce qui est pas mal. Je les ai découverts via le site, et en dehors de l’interview, j’ai voulu leur filer un coup de pouce. J’aspire maintenant à en faire mon métier, d’autant que cela fonctionne bien humainement.

Cosmic Camel Clash : Je ne sais pas comment tu fais… je suis déjà prof, rédacteur en chef de webzine, alors en plus manager…

Lucificum : Ben justement, si – peu importe qui – quelqu’un vous propose de pouvoir vivre de votre passion, le webzinat…franchiriez-vous le pas ?
Julien : Si c’est strictement dans les mêmes conditions qu’à l’heure actuelle, je dis oui ! Faire la même chose, et être en plus payé… mais c’est du domaine de l’impossible ! Vivre de ça, c’est faisable, mais je sais les concessions que cela demande. Et ça, c’est hors de question : ça va me faire chier et je vais arrêter tout de suite.

Cosmic Camel Clash : Pareil. Je suis comme tout le monde, j’ai fait des études et j’en ai chié pour avoir mon boulot qui me permet maintenant de vivre dans un appartement avec plusieurs pièces, et ça me plait ! S’il y avait une possibilité d’être journaliste musical métal – et ça n’est pas un truc qui date d’aujourd’hui, je faisais déjà des chroniques de CD dans le journal du lycée, en 1ere – si je pouvais avoir un niveau de vie correct sans courir après ma bouffe et une vie de famille en vivant de ça, alors évidemment. Je le ferai sans l’ombre d’une hésitation. Mais il ne faut pas se leurrer : si tu veux être journaliste musical et en vivre, il ne faut pas faire journaliste musical métal. Il faut choisir un autre genre, qui vend. J’ai fantasmé de passer dans la presse écrite, surtout en voyant des gens autour de moi y aller, mais avec les retours que j’ai eu… je ne veux jamais faire ça. Si c’est pour faire la pute, se retrouver avec des pressions commerciales externes, et au final ne plus être honnête et sincère, alors non. Et puis mon boulot actuel, professeur d’Anglais en collège, me plait, j’ai de la chance. C’est aussi pour ça que je suis un traducteur recherché dans le webzinat. Du coup je transcris souvent nos interviews en anglais, parce que si un autre le fait, il le fera moins bien que moi et ça va m’énerver. (Rires)

Julien : Comme Cosmic Camel Clash, je me suis suffisamment fais chier avec mes études pour ne pas lâcher un boulot que j’adore – chercheur en pharmaco-cinétique.

Struck : Je me permets de te couper, mais c’est ça qui fait la force et la diversité des webzines, c’est que nous venons tous d’horizons et de cultures différents. Ce qui nous rejoint, c’est l’amour de la musique quelle qu’elle soit ! Moi je suis contrôleur de gestion d’une immobilière cotée, c’est pour cela que je suis aujourd’hui en chemise - mais sans cravate. Nous avons un job, une vie de famille, je suis papa depuis 16 mois – bisous à Rominou (s’ensuit une ola pour Rominou). Et en plus de tout cela, nous ne voulons pas perdre notre intégrité et notre amour pour cette musique. Notre force, c’est cette passion, cette diversité…

Julien : C’est vrai qu’à la longue, si on te paye pour le faire, tu peux devenir trop consensuel. Et puis ça doit être fatigant… si tu ne veux plus faire de chronique durant quelques jours ou une semaine, eh bien tu n’en fais pas, et ça n’est pas grave !
Iro22 : Sauf dans la presse écrite, et chez les Éternels. (Rires) (à Lucificum) : Nous te plaignons !

Cosmic Camel Clash : Mais lui, il a tout le temps envie ! En ce qui me concerne, j’ai décidé, pour la première fois en quatre ans, de faire une pause.

Julien : C’est tout de même bien d’être libre.

Lucificum : Pour finir, une question incontournable inspirée de Manowar : êtes-vous prêts à mourir pour le metal ?
Iro22 : Ah non, pas du tout.

Struck : Mourir pour ma famille et mon gamin, oui.

Iro22 : Non, ce qui fais de moi un tricheur aujourd’hui, c’est que j’écoute beaucoup moins de métal que vous, je suis plus rock seventies. Donc prêt à aller loin pour la musique, oui. Mais à mourir… comme Struck, pour ma femme, oui.

Cosmic Camel Clash : Je suis prêt à sacrifier mon travail, mon temps libre, ma santé mentale, la correction de mes copies, la préparation de mes cours pour le métal, et je trouve que c’est déjà pas mal ! Mais je ne suis pas prêt à mourir maintenant pour le métal, car je n’ai pas fini de chroniquer l’intégralité de Manowar ! (ndlr : en tous cas au moment de cette interview)

Iro22 : Je suis prêt aussi à bien me casser les couilles pour Destination Rock, par contre !

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Lucificum : Alors, allons-y pour le mot de la fin !
Struck : Je suis très fan et partisan de ce type de réunion, je fais aussi pas mal de dossier, c’est pour ça que j’ai interviewé Roger Wessier, donc très bonne initiative de la part des Éternels. Nous en revenons toujours à la même chose : nos métiers de chroniqueurs et interviewers, nous les faisons par passion. Nous sommes définitivement intègres, nous ne le faisons pas pour le fric mais par amour de la musique. Donc lisez-nous, que ça soit Destination Rock, Spirit Of Metal, les Éternels ou Music Waves, nous sommes très complémentaires et gratuits à la lecture. Cela nous rend à mon sens plus intéressants qu’une presse magazine. Donc vive le webzinat, le métal, et merci beaucoup à toi Lucificum pour cette interview.

Cosmic Camel Clash : À ce propos, je veux rajouter que si ce sont nous quatre qui nous sommes retrouvés autour de cette table, c’est un peu un hasard. J’ai rencontré Julien, Struck et Iro22 au hasard d’interviews ou de concerts. Je souhaite donc passer un message aux autres webzineux qui ne se sont pas retrouvés autour de cette table : si vous n’y étiez pas, c’est parce que nous ne sommes pas rencontrés, et cela aurait pu être vous. Avec les Éternels, depuis le début, nous sommes pour les partenariats, nous allons tous dans la même direction, et si vous n’étiez pas là aujourd’hui, ne vous sentez pas rejetés : j’attends de plus en plus de contacts avec de plus en plus de webzines pour continuer à bosser ensemble tout en gardant nos individualités. J’invite donc tous les webzines et tous les collègues à bosser avec nous : nous serons toujours ouverts à toute proposition de partenariat.

Julien : Effectivement, la collaboration entre webzines est super importante, d’où le fait que Spirit Of Metal a créé la Metal Alliance, le premier pas vers un lien entre tous les webzines. Par exemple, si l’on y poste une date de concert, elle est immédiatement répartie sur tous les webzines partenaires et accessible à tous. C’est la force des métaleux : la solidarité. Il n’y a qu’à voir quand tu viens dans un festival : que tu viennes de Belgique, d’Allemagne ou de n’importe où ailleurs, tu as une bière à la main, tout le monde écoute la même musique… et tu deviens un Frère du Metal ! (Rires) Et même si ce côté Manowar est très cliché… c’est vrai.

Iro22 : En conclusion je dirais juste que… vive Roger, vive le prog’ et Manowar…tu pues !



Merci aux Eternels & Lucifium pour cette belle initiative.

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