MW / Accueil / Articles / WELCOME-X (22 FEVRIER 2019)

WELCOME-X (22 FEVRIER 2019)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
METAL ALTERNATIF
Nous avons rencontré les deux membres créateurs du projet Welcome-X pour une longue et passionnante interview....
STRUCK - 20.03.2019
.... et il ne pouvait pas en être autrement finalement quand on sait qu'un des membres de Welcome-X n'est autre que Philippe Bussonnet qui officie également chez Magma... Un échange pendant lequel il sera question d'épanouissement artistique considérant que ce tout nouveau groupe comble les manques de chacun des membres en présence ! Un groupe à retrouver le 22 Mars au Backstage O'Sullivan...


Quelle est la question que l'on vous a posée trop souvent et à laquelle vous en avez marre de répondre ?

Philippe Bussonnet : Je n’ai pas trop l’habitude de répondre aux interviews, je vais donc avoir beaucoup de mal à répondre à cette question.





Welcome-X n’est pas un virage un 180° au contraire, c’est vraiment la continuité de ce que j’ai pu faire avec One Shot, Wax’In et même avec Magma même si la formule semble différente


Philippe, tu t'es fait un nom dans le monde du jazz au cours des 25 dernières années. Tu es notamment connu pour avoir rejoint Magma au milieu des années 90, un groupe phare dans le zeuhl et le milieu du rock progressif, mais aussi pour avoir joué dans One Shot et Wax'In. La question qui vient instantanément à l'esprit en écoutant votre album est la suivante : comment expliquer ce virage à 180° que tu as effectué en créant Welcome-X ?

Philippe : Pour moi, Welcome-X n’est pas un virage un 180° au contraire, c’est vraiment la continuité de ce que j’ai pu faire avec One Shot, Wax’In et même avec Magma même si la formule semble différente. Et puis, j’avais envie de faire ce genre de choses depuis très longtemps c’est-à-dire une musique plus rock basée sur une formation rock avec des guitares et une voix humaine expressive.


Mais pourquoi ne pas avoir assouvi ce désir avant puisque tu sembles dire que tu voulais le faire depuis longtemps ?

Philippe : Pour toutes sortes de raisons : de disponibilités, de rencontres…


… et notamment la rencontre avec Sam pour que ce projet se concrétise ?

Philippe : Exactement ! Je l’ai rencontré il y a bien longtemps, nous sommes potes depuis une quinzaine d’années…


… alors pourquoi Welcome-X sort son premier album seulement en 2019 ?

Sam Kün : Parce qu’on avait des plannings assez chargés (Rires) !

Philippe : On n’avait pas vraiment le temps de se consacrer à un tel projet et je n’avais peut-être pas l’inspiration nécessaire aussi pour proposer ça ! C’est venu comme un flash : je pense simplement que c’était le moment !


Vu que tu es à l'initiative de Welcome-X, Philippe, est-ce que tu as créé ce groupe car pour toi, il manquait une dimension que tu n'arrivais pas à explorer avec Magma ? Tu avais besoin de jouer dans un groupe plus direct, plus metal ?

Philippe : J’ai toujours eu cette sensibilité à cette musique : j’aime beaucoup le metal ! J’écoute cette musique depuis toujours mais c’est vrai que je ne l’ai pas pratiquée. J’aurais voulu le faire, j’ai monté des groupes un peu similaires à Welcome-X mais à chaque fois, ça capotait pour x raisons parce que le groupe n’était solide, parce qu’un membre se barrait… On n’a pas pu réaliser ce que nous voulions vraiment, donc c’est resté mort ! Et aujourd’hui, on a réussi à le réaliser et j’en suis très heureux !


En revanche, es-tu conscient qu’un tel projet metal monté par un membre d’un groupe phare de la scène prog française va faire hurler les fans de prog purs et durs ?

Philippe : Je ne sais pas du tout, tu me l’apprends.

Sam : Tu veux dire que ces fans n’écoutent pas Tool ou Meshuggah (Rires) ? Mais après c’est vrai que le Opeth des premières heures, c’était du death metal pour devenir progressif : après toutes les périodes me plaisent !

Philippe : Les gars d’Opeth sont de très bons potes très sensibles à la musique de Magma. On les a souvent croisés, c’est des gars que j’apprécie beaucoup et j’apprécie beaucoup leur démarche parce que c’est une musique qui est sincère, vivante, habitée et poétique. Je le perçois instantanément et ça me parle. Et puis, c’est original : ils ont un truc à eux ! Ils tracent leur sillon depuis des années.

Sam : Malgré tout, nous n’avons pas ciblé de public dans le projet : nous ne sommes pas dit qu’on allait parler aux proggueux, aux metalleux… Il s’adresse à tout le monde, à tous ceux qui entrent dans le trip !

Philippe : La musique n’est pas ciblée, elle est apparue par elle-même en quelque sorte. C’est sûr que c’est nous qui l’avons produite mais le seul fil conducteur était notre propre goût : nous avons joué ce que nous voulions entendre jour après jour sans nous lasser ! Toutes les compositions sont venues comme ça sans volonté de faire une musique metal ou prog…

Sam : … même si tu as des éléments de tout ça : hardcore, prog…


Il y a une force expressive qui touche les gens et c’est l’essence même de ce groupe




Et quelle a été la réaction du public prog que tu côtoies au contact de la musique de Welcome-X ?

Philippe : Au-delà des étiquettes, je pense qu’il y a une force expressive qui touche les gens et c’est l’essence même de ce groupe.


Et comment se passe le processus de composition au sein de Welcome-X ?

Philippe : Jusqu’à maintenant, c’est moi qui ai tout écrit mais c’est en train de changer… Maintenant que le groupe est formé, on commence à expérimenter ensemble et d’autres membres comme Thomas Cœuriot commencent à écrire des choses…


… constatez-vous déjà une nouvelle orientation musicale ?

Philippe : C’est très difficile pour moi de répondre, une personne extérieure serait plus apte à avoir ce type de regard…

Sam : … et puis, pour nous, c’est notre univers. Mais notre univers est tellement vaste (Rires) que je ne peux pas te dire si il évolue ou pas…

Philippe : Disons que nous essayons de faire des choses nouvelles, forcément. Notre volonté que tu retrouves dans ce premier album est que les morceaux ne se ressemblent pas sans perdre en cohérence. Nous ne voulions pas qu’il y ait un morceau phare et d’autres qui en soient la déclinaison… Chaque morceau représente un tableau, un monde différent mais à part égale, sans qu’il y ait une prépondérance de l’un ou d’un autre.


Oui, car même si Philippe a mis du temps à assouvir son désir métallique, Welcome-X est un groupe relativement récent et vous avez rapidement sorti cet album et on aurait pu s’attendre à un album sorti à la hâte avec un seul titre phare…

Sam : Il y a vraiment une osmose de groupe et cet album est complet qui n’a pas été sorti dans l’urgence, ni dans le moment… dans 10-15 ans, j’aurai autant de plaisir à l’écouter. On a juste posé cette pierre, il y en aura d’autres après de tailles différentes, de couleurs différentes…


Welcome-X n’est pas un groupe de mercenaires : c’est de la complémentarité pure et dure !




Malgré tout, cette sortie rapide n’est-elle pas la conséquence que certains titres étaient déjà écrits par ailleurs ?

Philippe : Cet album est sorti rapidement parce qu’on était prêts et qu’on nous l’a proposés… On a saisi cette occasion ! En réalité, Sam et moi avions cette idée de monter un groupe depuis très longtemps. On a commencé à s’y mettre il y a à peu près un an et demi. J’ai maquetté plein de choses à la maison, j’ai écrit des morceaux en essayant de faire les choses sincèrement, en suivant mon propre goût sans essayer de faire un truc qui ressemble à tel ou tel groupe… Evidemment, il y a plein d’influences parce qu’il y a énormément de musique que j’aime dont je me suis nourri donc forcément, ça ressort d’une façon ou d’une autre : je n’allais pas lutter contre ça au contraire, je m’en sers et je l’accepte avec grand plaisir.
Ensuite, à partir de ça, j’ai proposé les 6 ou 7 morceaux que j’avais composés à Sam. Contrairement à ce que j’avais pu faire avec One Shot ou Wax'In, ces morceaux n’étaient volontairement pas finis, il restait de l’espace, des respirations… j’avais fait en sorte que Sam puisse poser ses voix dessus. A partir de ça, Sam a pris le relai, il a posé toutes les voix à part peut-être ‘Late Great Planet Earth’ pour laquelle j’avais une mélodie mais la plupart des autres, c’est toi qui as entendu toutes ces choses que ce soit au niveau des mélodies ou des timbres utilisés ou des nuances proposées -voix dures saturées ou des chants plus mélodiques… C’était donc une totale liberté pour Sam.
Une fois que cela avait été fait, il a fallu parfois restructurer les morceaux en rallongeant certaines parties qui n’étaient pas assez longues ou rajouter un refrain à la fin parce qu’il en manquait un… mais très peu de choses : c’étaient des petites touches de peinture au final.
Et on a monté le groupe à partir de ça ! L’idée était d’avoir de la musique à proposer pour monter un groupe sans pour autant qu’il y ait une volonté que ce dernier soit centralisé autour de nous deux.

Sam : Pas du tout, Welcome-X n’est pas un groupe de mercenaires : c’est de la complémentarité pure et dure !

Philippe : En revanche, pour réunir des gens autour d’un groupe où il y a une dynamique, où une énergie, le musique peuvent circuler… il fallait déjà avoir un propos au départ et donc de la musique à proposer sur laquelle nous aurions pu répéter et expérimenter ensemble : c’était le sens de la chose !
On a commencé à répéter au mois de février, ça s’est super bien passé ! Ça a pris tout de suite une couleur, j’ai été surpris par la couleur que ça prenait parce que je découvre au fur et à mesure moi aussi… C’était vraiment une très belle surprise !
Ensuite, Le Triton -chez qui nous répétions- voyant ce que nous étions en train de faire, nous a proposé de faire un disque. Au mois de juillet, le club étant fermé, on se permet de le transformer en studio pour enregistrer : on a saisi l’occasion sans savoir si nous étions vraiment prêts ! On a fait en sorte que ça se passe bien. Ça a été assez rapide : on a enregistré l’album en une semaine. On a enregistré dans les conditions live, tous ensemble dans la même pièce.

Sam : Le fait d’enregistrer dans ces conditions en se regardant… change beaucoup de choses !


Et vous ne craignez pas pour la suite des évènements, que vous ne retrouviez plus la magie de l’instantané de cet enregistrement ?

Philippe : Ça s’entretient !


C’est paradoxal…

Philippe : Oui mais non, je ne le crains pas trop parce qu’on se renouvelle tout le temps. Je vois que les morceaux ont déjà pris un petit peu plus d’ampleur pour la scène. Et puis, il faut également savoir que 50% de ce que nous allons présenter au mois de mars seront des choses inédites. Nous avons déjà une vision de ce qui va se passer par la suite : c’est un travail sur le long terme. Et nous continuons à écrire, à inventer, à expérimenter… et comme je le disais d’autres membres composent pour le groupe : je ne me pose pas comme compositeur attitré. Ça ne m’intéresse pas, ce que je veux, c’est que nous soyons contents de ce que nous proposons, que nous nous retrouvons dedans et que tout le monde soit sincère et surtout qu’on soit heureux de le faire et de le proposer.


En langage mathématiques, le x représente l'inconnu que l'on cherche à déterminer dans une équation...

Philippe : Exactement !


Welcome-X est une bienvenue à tout ce qui est vivant, tout ce qui est conscient, tout ce qui peut percevoir...




Est-ce que "Welcome-X" signifie que vous ouvrez vos bras à cet inconnu, à cette musique qui est pour toi très différente de celle que tu as pu jouer avec Magma par exemple ?

Philippe : Nous y voilà ! C’est une question très intéressante parce que le nom du groupe n’est anodin.
Déjà, nous souhaitons la bienvenue à nous-mêmes pour nous surprendre nous-mêmes par ce que nous sommes en train de faire : nous sommes en train de découvrir cette musique que nous faisons ensemble et que nous ne connaissons pas !
Le "x" peut être cette musique qui est en train d’apparaître, donc nous lui souhaitons cette bienvenue. Cette musique nous aide à devenir autre chose mais que sommes-nous en train de devenir ? Nous le savons pas, c’est également un « x »…
Et puis, aussi du point de vue des gens qui vont entendre cette musique et c’est la finalité de la chose : c’est le plus important, que cette musique soit perçue, soit ressentie… que cette musique puisse intéresser et toucher les gens d’une manière ou d’une autre ! Procurer du bonheur en fin de compte, c’est tout simplement ça !
Donc Welcome-X s’adresse aussi à X et X d’un point de vue humain, c’est n’importe qui et tout le monde : tous les êtres vivants, je dirais ! Welcome-X est une bienvenue à tout ce qui est vivant, tout ce qui est conscient, tout ce qui peut percevoir en espérant que ce monde sera perceptible et que ça devienne quelque chose que nous ne connaissons pas encore…

Sam : Notre musique joue sur l’émotion et l’émotion, tout le monde en a une qu’elle soit négative ou positive !


En tout cas, on ressent vraiment un mélange d'inspiration sur cet album. On a 'Finders Keepers' qui est dans le metal indépendant, 'Behold Your Karma' qui a un côté garage pêchu et parfois crasseux, 'Late Great Planet Earth' qui fait dans l'ambient et l'atmosphérique. Le terme de “metal alternatif” semble être celui qui caractérise peut-être le plus fidèlement votre musique. Comment décririez-vous votre musique ?

Sam : “Alternatif” est le mot qui nous convient le plus parce que nous alternons des choses différentes (Sourire) !


Et finalement, metal alternatif c’est le style dans lequel on met les groupes sur lesquels on ne peut pas mettre d’étiquette précise…

Sam : Exactement ! Merci ! Mais après, s’il faut impérativement mettre des étiquettes, metal alternatif est celle qui représentait le spectre le plus large.


Il est toujours difficile de décrire assurément le style d'un groupe après un seul album. Malgré tout, il semblerait que la synthèse de votre musique se retrouve sur le dernier morceau, 'I Am Life', qui peut rappeler Tool sur la première partie, avant que le morceau ne se lance et n'explose.

Sam : C’est une synthèse comme une autre mais oui, on va dire qu’il y a beaucoup d’éléments de l’album qui se retrouvent sur cette chanson à savoir le côté progressif, le côté rentre-dedans, puissant et le côté atmosphérique… C’est vrai, il y a une synthèse de tous ces éléments dans ce titre.

Philippe : Et il faut savoir que ce morceau a un côté immédiat et accidentel…


Accidentel ?

Philippe : Ce n’est pas par hasard qu’on a mis ce titre à la fin. Il est accidentel parce qu’il est impossible à refaire ! C’est le seul morceau de l’album qu’on ne pourra jamais faire exactement pareil. Pourquoi ? Parce qu’il a été conçu dans une optique particulière… Je ne devrais pas le dire mais je vais le dire quand même mais ce morceau découle d’un autre morceau qui est un inédit pour le moment et qui figurera dans le prochain album.
J’ai voulu faire un truc avec beaucoup de liberté, j’ai donc extrait certains éléments de la composition, des petits éléments rythmiques, des petits points harmoniques qui ont été isolés du contexte et qui ont servis de briques pour construire autre chose, mais une chose qui était au début très évasive. C’est-à-dire que j’ai juste élaboré une ligne de basse qui évolue, qui est sur une tonalité qui ne bouge pas, c’est assez monocorde, il y a juste des variations rythmiques, des variations de tessitures, des petites mélodies mais très simples qui apparaissent et disparaissent…
A partir de cette ligne de basse, on a travaillé avec Thomas -(NdStruck : Thomas Cœuriot) le guitariste- sur un habillage de guitare. On a également extrait certaines choses du morceau en question, il y a également d’autres choses qui ont été inventé par Thomas sur le moment dont une partie en arpège qui est vraiment superbe. A partir de ça, on a fait tous les deux un petit canevas d’un morceau qui n’existait pas encore. Ce morceau-là tel qu’il était à savoir une ligne de basse et une ligne de guitare, nous ne l’avons fait écouter à personne c’est-à-dire que ni Yoann -(NdStruck : Yoann Serra) le batteur- ni Joe -(NdStruck : Joe Champ) l’autre guitariste- ni Rudy -(NdStruck : Rudy Blas, guitariste de Magma) qui avait invité pour faire une troisième guitare sur ce morceau- ne l’avaient écouté. Et donc on a enregistré ce morceau sans savoir ce qui allait se passer. C’est-à-dire qu’on l’a répété à peine une fois et on a fait tourner la bande…

Sam : Et ils ne savaient pas du tout ce que j’allais faire comme chant dessus ! C’est du one-shot !

Philippe : Oui, ce morceau est également particulier dans le sens où Sam n’a pas fait les paroles mais nous avons pris un texte de Jack London qui est extrait d’un livre que j’aime énormément, « Le Vagabond des Etoiles » qui est un bouquin extraordinaire. Sam ne le connaissait pas, je lui ai fait découvrir, il l’a dévoré et adoré… et du coup, il a choisi un passage qui est très profond.

Sam : … et qui est dans le fil de l’album. Même si je n’aime pas le terme de point d’orgue, c’est une espèce de finalité de l’album. Il y a quelque chose de très viscéral dans ce morceau qui a été enregistré sur le moment.


On ressent un aspect expérimental fort dans ce morceau…

Sam : C’est clair (Rires) !


Est-ce que l’expérience d’un tel titre vous donne des idées pour les prochains morceaux à savoir les composer tous d’une façon différente les uns des autres ?

Philippe : A l’image du titre ‘I am Life’, nous recherchons cette espèce de jungle sonore qui est exactement ce que je voulais qu’on ressente c’est-à-dire quelque chose qui nous échappe, on ne sait pas trop ce qu’on est en train de faire, on ne sait pas trop où ça va nous emporter…

Sam : C’est la raison pour laquelle il est impossible à reproduire car à chaque fois, ce sera une explosion à savoir que les solos seront différents et la fin prendra une ampleur… C’est ça, je suis la vie qui n’est pas définie par essence !

Philippe : C’est un kaléidoscope qui sera différent d’un jour à l’autre avec des lumières qui ne seront jamais les mêmes… c’est imprévisible !


Le fil rouge, c’est l’humain et se questionner sur ce qu’on est en train de faire de la planète, de notre société




On en a un peu parlé avec ce texte de Jack London. Au niveau des paroles, Philippe, on t'a vu dire sur Internet que l'album traitait de sujets humanistes et universalistes. Est-ce que l'on peut pour autant parler d'album concept ? Est-ce qu'il y a un fil rouge, une ligne directrice entre toutes les chansons ?

Sam : D’une certaine façon, oui, d’une autre, non ! Il y a forcément dans tout ce que j’ai écrit le côté humaniste, universaliste… des questions sur la finalité de la vie… Il y a un côté pessimiste et lumineux à la fois. Après, il y a des chansons qui ne sont pas dans cette ligne comme ‘Lovesick Leech Pills’ que j’ai écrit en pensant à Chris Cornell quand il est mort, après tu peux la lire de plusieurs façons différentes.
Mais le fil rouge, c’est l’humain et se questionner sur ce qu’on est en train de faire de la planète, de notre société, c’est le cas de ‘Still Smile’ et également ‘Finders Keepers’ qui est un peu plus légère… mais il y a clairement un fil rouge dans ce sens humaniste mais je ne suis pas un donneur de leçons. J’écris des textes pour donner des clés, pour faire réagir, après, tu ressens ce que tu as envie de ressentir…
‘Late Great Planet Earth’ est vraiment particulière parce que c’est vraiment un constat d’échec : tu survoles la planète bousillée qui est devenue une boule noire de charbon. Le fil rouge se retrouve également dans les artworks ! J’espère que nous en n’arriverons pas là… et que nous gardons ce côté espoir…


Mais quel est-il aujourd’hui ? L’espoir ne viendrait-il pas notre jeunesse qui semble se mobiliser à l’image d’une Greta Thunberg au discours alarmiste alors que nous adultes, n’avons pas pris la mesure de l’urgence de la situation ?

Philippe : C’est surtout que cette avidité générale arrive à son terme.

Sam : Si c’est pour être enterré sous un tapis d’or… à quoi bon ? Avant il y avait une société scindée en deux avec le Tiers Monde qui n’existe plus maintenant et l’Occident qui était très développé. Maintenant, on arrive à un niveau similaire, l’Afrique est en train de se développer, les pays d’Asie également… et essayent de rattraper le retard qu’ils ont pris mais ils le rattrapent de la mauvaise façon parce que l’Occident était parti dans une mauvaise direction. Le but du jeu est de faire évoluer cette conscience et de passer à autre chose : il faut juste chambouler tout le système !
Comme je dis je ne suis pas donneur de leçons mais le médium de la musique me sert à exprimer ça d’une façon poétique ou non…
Mais c’est vrai qu’il faut être rendu au bord du ravin pour s’apercevoir qu’on va se casser la gueule ! J’espère qu’à un moment il y aura une conscience collective qui va se faire...


Mais ne sera-ce pas trop tard ?

Sam : Ça l’est déjà de toute évidence !


Sans transition, plus gaie, qu'attendez-vous de cet album qui est sorti il y a deux mois ?


Philippe : Il n’est pas sorti en réalité…

Sam : On ne fait rien comme les autres (Rires) !

Philippe : Cet album existe dans le sens où on peut se le procurer directement auprès du label pour le moment mais la sortie officielle et sa distribution est le 29 mars. Deux concerts sont prévus les 22 et 23 mars. On jouera à Paris au Backstage le 22 mars et au Ferrailleur, à Nantes, le 23 mars


Et puisque l'on parlait d'avenir, Philippe, est-ce que le lancement de ce nouveau groupe pourrait avoir des répercussions au sein de Magma ? Welcome-X est-il ton projet principal à ce jour ?

Philippe : Pour moi, il n’y a pas trop de rapport entre les deux : Magma est une activité, Welcome-X en est une autre. Je ne suis pas investi de la même manière d’ailleurs : pour Magma, je ne compose pas alors que je le fais pour Welcome-X…


L’investissement que j’ai au sein de Magma n’est pas le même parce que tout le boulot que je fais pour Welcome-X, je n’ai pas à le faire pour Magma




Mais imaginons que la promo que nous faisons aujourd’hui soit le point de départ d’un vrai engouement pour Welcome-X. Si tu dois faire un choix lequel ferais-tu ?

Philippe : Je ne sais pas pourquoi mais j’ai du mal à y croire (Sourire) ! Admettons, ça sera comme tout : ça sera une question de compromis. J’ai déjà vécu ce genre de choses et je sais qu’il y a moyen de faire différentes choses en même temps. Mais c’est vrai que l’investissement que j’ai au sein de Magma n’est pas le même parce que tout le boulot que je fais pour Welcome-X, je n’ai pas à le faire pour Magma. Non, ça ne m’inquiète pas trop… Nous sommes en train de réaliser un nouvel album avec Magma qui va sortir prochainement "Zëss" qui est un titre qu’on joue depuis un paquet de temps mais il n’est pas question pour le moment de refaire des choses nouvelles sur des compositions nouvelles donc je ne pense pas qu’en dehors des concerts à venir et des répétitions, ça me prenne plus de temps que ça. Il n’est pas question aujourd’hui de se relancer sur un projet comme "Félicité Thösz" ou "Šlaǧ Tanƶ" avec des nouvelles compos complétement fraîches, qu’il faut défricher et où il faut inventer des choses… je ne pense pas que ce genre de choses apparaissent demain : ça prend un certain temps, il y a une gestation assez longue… J’ai donc le temps de m’occuper d’autres choses pour le moment… Et puis les journées sont longues : en 24 heures si on se débrouille bien, on peut trouver du temps pour faire des choses (Sourire) !
Après encore une fois, c’est une question d’organisation mais je ne pense pas que Magma soit appelé à faire des tournées ininterrompues de 6 mois donc je pense que tout ça va se dérouler correctement !


Au regard de la façon de travailler de Magma, on se dit que le projet Welcome-X et son côté spontané est nécessaire dans ton équilibre ?

Philippe : J’aime bien ce côté rapide et puis Welcome-X est quelque chose de plus léger, ce n’est pas la même structure : nous ne sommes que cinq ! Ce n’est pas la même machine que Magma qui est une grosse machine : il y a beaucoup d’arrangements, beaucoup de monde sur scène, c’est très orchestré, c’est une musique très foisonnante… alors que ce qu’on fait avec Welcome-X, c’est la même chose en fin de compte mais avec une lettre qui est beaucoup plus évidente à percevoir quelque part dans le sens où il y a moins d’informations, c’est plus du gros son… et c’est quelque chose depuis toujours, que je n’ai jamais pu réaliser vraiment et là, on est en train de le faire aujourd’hui et j’en vraiment très heureux…
J’ai déjà fait des groupes avec des chanteurs mais à chaque fois, ça a foiré… A chaque fois, on a bossé pour rien et là, enfin, j’ai l’impression que la sauce est en train de prendre…


Peut-on dire que tu es en train de toucher du bout du doigt ton épanouissement artistique ?

Philippe : Oui, je crois qu’on peut le dire. Et puis, c’est l’âge aussi -j’ai cinquante ans passés- je n’ai pas besoin de prouver quoi que ce soit, je fais ça de ma propre volonté, c’est du libre-arbitre total… Et puis, je n’attends rien si tu veux : rien que le fait de faire, je suis heureux ! Si ça marche, très bien.  Si ça ne marche pas, c’est que ça ne marche pas… Je ne suis pas angoissé par rapport à ça. Je suis juste très, très heureux de faire ça aujourd’hui comme je suis très heureux de participer à Magma. Ce que j’espère malgré tout, c’est que cet album touche des gens qui ne me connaissent pas…


Après vous avoir demandé quelle avait été la question que l'on vous avait posée trop souvent, quelle serait celle à laquelle tu aimerais répondre ?

Philippe : C’est une question très compliquée (Sourire) ! J’ai vraiment beaucoup de mal à me placer dans cette perspective…


J’ai envie que [Welcome-X] initie quelque chose, que le groupe continue et j’ai presque envie que ça m’échappe un peu




Du moins, que n’aurions-nous pas couvert durant cette interview que tu aurais souhaité dire ?

Philippe : Et bien, écoute, je pense qu’on a abordé toutes les choses importantes. Maintenant ce que j’aimerais dire par rapport à ce projet qui est en train de démarrer c’est que je pense que tout le monde -moi en particulier- a envie que ce soit un projet sur le long terme. Depuis le début, c’est mon idée, ne pas seulement faire un disque comme ça et passer à autre chose : j’ai envie que ça initie quelque chose, que le groupe continue et j’ai presque envie que ça m’échappe un peu c’est-à-dire que même si j’ai été un peu le moteur en quelque sorte au début, ce n’est pas le rôle que j’ai envie de jouer foncièrement, j’ai envie que ça s’ouvre et que tout le monde participe le plus possible.


N’est-ce pas dans ton caractère finalement d’être en retrait ?

Philippe : C’est peut-être un truc de bassiste ? Mais j’ai envie non pas me mettre en retrait, mais à l’intérieur du groupe comme tout le monde.


As-tu dû te faire violence pour ce premier album et te mettre en lumière avec comme couronnement cette journée promo ?

Philippe : Un petit peu, on peut le dire. Pas au niveau de la musique et de l’écriture mais au niveau du phénomène en lui-même et cela me demande un effort particulier : répondre aux interviews n’est pas quelque chose de spontané mais je le fais très volontiers ceci dit car c’est très agréable malgré tout. J’aime bien parler de ce qu’on est en train de faire afin que ce soit partagé.


Avec un tel premier album, on prédit un bel avenir à Welcome-X et on peut se dire qu’on a eu le privilège de faire une interview avec son géniteur qui passera la main pour les prochaines promos…

Philippe : Exactement !


Merci

Philippe : Merci à toi, c’était un vrai plaisir !


Merci à Darialys pour sa contribution...


Plus d'informations sur https://www.facebook.com/welcomexofficial
Main Image
Item 1 of 0
 
  • 16381
  • 16382
  • 16383
  • 16384
  • 16385
  • 16386
  • 16387
  • 16388
  • 16389
  • 16390
  • 16391
EN RELATION AVEC WELCOME-X
DERNIERE ACTUALITE
WELCOME-X en concert à Paris ce vendredi
CONCERT

Lire l'actualité
Voir toutes les actualités concernant WELCOME-X
 
DERNIER ARTICLE
Nous avons rencontré les deux membres créateurs du projet Welcome-X pour une longue et passionnante interview....

Lire l'article
Voir tous les articles concernant WELCOME-X
 
DERNIERE CHRONIQUE
Welcome-x (2018)
L'écoute de "Welcome-X" est une expérience immersive au cœur d'un univers expérimental oscillant entre ambient et déferlantes métalliques qui ne laissera pas indifférent.

Lire la chronique
Voir toutes les chroniques concernant WELCOME-X

F.A.Q. / Vous avez trouvé un bug / Conditions d'utilisation
Music Waves (Media) - Media sur le Rock (progressif, alternatif,...), Hard Rock (AOR, mélodique,...) & le Metal (heavy, progressif, mélodique, extrême,...)
Chroniques, actualités, interviews, conseils, promotion, calendrier des sorties
Quelques uns de nos partenaires :
Roadrunner Records, Mascot Label Group, Spv Steamhammer, Afm Records, Sony Bmg, Peaceville, Warner, Unicorn Digital, Frontiers Records, Karisma Records, Insideout Music, Kscope, Ear Music, Progressive Promotion Records

© Music Waves | 2003 - 2019