MW / Accueil / Articles
A PROPOS DE:

FABULOUS SHEEP (17 AVRIL 2019)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
ROCK

Music Waves a rencontré ces fabuleux moutons de Fabulous Sheep, de jeunes espoirs du rock qui ont décidé de se rire de toutes les étiquettes pour faire un rock incontrôlable et incontrôlé, tournant le dos aux troupeaux FM.
ADRIANSTORK - 30.04.2019 - 2 photo(s) - (0) commentaire(s)
Music Waves a rencontré ces fabuleux moutons de Fabulous Sheep, de jeunes espoirs du rock qui ont décidé de se rire de toutes les étiquettes pour faire un rock incontrôlable et incontrôlé, tournant le dos aux troupeaux FM.


Nous aimons commencer nos interviews par cette question : quelle est la question qu'on vous a trop posée ?

Salut ! Bah écoute y en a plusieurs, la première que vous posez n’est pas celle qu’on nous pose le plus en tout cas. Mais j’imagine que la seconde fera probablement partie des plus récurrentes. Genre : Comment vous êtes-vous rencontrés ? Alors cet album ça parle de quoi ? Thé ou café ? Mais c’est normal en fait, non ?


Vous êtes-vous rencontrés sur les bords de l'Orb. Pourquoi 5 garçons comme vous ont décidé de faire de la musique ensemble ?

Bah au départ c’est plutôt un lecteur MP3. Tim et Piero se sont rencontrés dans une soirée collégienne un peu pourrie, l’un a découvert dans la musique de l’autre des points communs, et depuis le groupe est là. L'envie de faire de la musique ensemble. Gabi, est arrivé très vite après, ami avec Piero depuis le collège, puis Jacques le batteur. Je suis arrivé à la basse en dernier après le départ d’Alban un ami qui a décidé de se concentrer sur ses études et le métier du son. Jacques est mon frère, ils avaient une maquette à l’époque, j'ai écouté, aimé, appris les morceaux et voilà.





Vous avez passé un peu de temps à vous entrainer avec des EPs et à tourner autour de grands (Les Sheriffs, vos collègues languedociens, No One Is Innocent). Comment ces chemins d'apprentissage on-ils été profitables ? Qu'avez-vous appris au contact de vos aînés ?

On a sorti 1 maquette et 2 EPs totalement en DIY, ce qui nous a permis de tourner avant l’album et en effet faire la rencontre de super groupes mais aussi et surtout de super personnes. De manière générale, toutes les rencontres nous apportent un enrichissement personnel de fou. L’échange, la connaissance de l’autre. Bref. Ça contribue à nous nourrir dans l’envie de vivre cette aventure. Les groupes que tu as cités en exemple nous ont confortés dans cette soif de monter sur scène et tout donner. No One Is Innocent comme Les Sheriffs sont puissants sur scène. Ils sont aussi de super gars.

Etes-vous des amoureux de la cause animalière : pourquoi trouvez-vous les moutons si fabuleux? Y a-t-il une dimension ironique à s'appeler Fabulous Sheep alors que vous ne vous fondez pas dans la masse sonore?

Le nom du groupe a pour nous un sens d’obscure clarté en quelque sorte, un oxymore, quoi. Le mouton dans la conscience collective, c’est le symbole de l’animal suiveur, qui fait partie d’un troupeau, parfois prêt à se faire tondre sans réagir, ou à être mangé par les loups. Tu l’appliques à l’homme et tu as une certaine réalité de notre société. Être le mouton fabuleux, c’est prendre conscience de ça, sans pour autant tout accepter. Croire en ses propres rêves, sortir du troupeau et donc de sa zone de confort aussi. Bousculer, prendre sa vie en main. Après pour ce qui est du sens et de notre musique, en vrai, on ne se pose pas de questions sur ce que l’on fait et ce que les autres font. Par contre on fait. On fait ce que l’on aime, ensemble. Et c’est ça le sens de notre message avec Fabulous Sheep. Si tu sais ce qui te rend heureux, va dans ce sens, trouve des personnes qui sont comme toi et fais, tout en respectant les autres.


Comment s'est déroulé l'enregistrement de l'album? Tout le monde a voix au chapitre pour les créations, ou y a-t-il un loup déguisé dans ce petit troupeau de moutons?

(rires) Pas de loup dans la bergerie pour l’album, mais 5 personnalités bien trempées, qui s’écoutent et qui vont dans la même direction, au service des morceaux. Nous nous sommes enfermés pendant 1 mois dans une grange aménagée. Gabi a été l’ingénieur son de cet album, qu’il a enregistré et mixé avec ses petites mains. En 1 mois on a pondu 40 morceaux. Et on n’a pas de recette miracls pour la composition ni une façon arrêtée. Pas mal de morceaux sont venus de Tim et Piero sur une base de paroles et de riffs, mais après cela on a tous voix à la construction. Exactement pareil sur des morceaux écrits par d’autres membres du groupe. Certains sont même issus d’un simple bœuf à son départ comme par exemple le morceau ‘Hôtel’ de l’album qui a vu le jour sur une tourne de piano que Gabi a sorti lors d’une pause en résidence et sur laquelle on s’est tous spontanément calés et paf, le morceau est sorti.


Question un peu étrange, mais nous nous devions de nous la poser : pourquoi intituler votre premier album comme votre patronyme ? Est-ce pour prendre un point de départ, un ground zero qui vous permettra d'observer rétrospectivement votre progression?

C’est un peu ça en effet. C’est une photographie du groupe qu’on était il y a 2 ans. La synthèse de notre histoire jusqu’à présent, et la base solide du groupe que nous sommes aujourd’hui. À vrai dire, on est déjà focalisés sur le deuxième album, qu’on est très impatients d’enregistrer, et de faire mieux que le premier.


Est-ce parce que vous n'aviez pas encore enregistré d'album que toute votre énergie bouillonnante s'est extériorisée sur cet album?

L’énergie ce n’est pas ce qui nous manque pour vivre de notre passion. On a enregistré la totalité de la partie rythmique des morceaux en live (guitares / basses / batteries / synthés et même quelques parties solo). Du coup ça se ressent dans l’album. En tout cas c’est cool que t’y fasses allusion, car c’est un choix que l’on a fait. Essayer de retranscrire l’énergie live sur l’album.


On note des références dans le punk mais également le post-punk et un power rock (et pas que). Que vous ont apporté ces références dans vos vies ? Qu'est-ce que vous écoutez en général?

Chaque membre du groupe a ses aspirations, ses influences. Et ça se ressent dans la composition. On a bien sûr des groupes sur lesquels tout le monde est d’accord. Je pourrais citer en premier lieu les Clash pour leur énergie, leur engagement et leurs mélodies. On aime aussi The Sound ou encore les Doors. En vrai on écoute de tout dans le camion. Le rap de Demi-Portion, Oxmo, IAM, et pleins d’autres… Mais aussi l’electro (Chemical Brothers, Vitalic, Justice par exemple), la dub, le reggae. Il y a du bon dans tout.





‘People Around Me’ et ‘Suicide’ avec leurs riffs de guitare dévastateurs emportent l´enthousiasme. Est-ce pour cette raison que l'album débute par ‘People Around Me’?

Oui. Un grand coup de poing dans la gueule quand t’appuies sur play. Et on enchaine avec un morceau plus pop, ce qui ouvre aux possibles.


Vous avez un souci mélodique assez prononcé. On pense à No More Sound ou Law Number One qui ralentissent les tempi. Fabulous Sheep ce ne sont donc pas seulement des gros riffs de guitare mais un cœur sensible dans une poitrine de rocker?

C’est exactement ça. Une rage de vivre, de dire les choses telles qu’on les ressent, et pas forcément comme il faudrait les dire, pour entrer dans une étiquette. C’est pour ça qu’on dit qu’on fait du rock, et après t’y mets ce que tu veux dessus. Ça ne nous appartient plus.


C’est pour ça qu’on dit qu’on fait du rock, et après t’y mets ce que tu veux dessus. Ça ne nous appartient plus. 


Comme des alchimistes, vous tentez quelques mélanges, comme lorsque vous incorporez dans votre marmite un soupçon d'électro bienvenu qui dote les chansons d´une menace fantomatique (‘In The World’et ‘Black Bird’). Comment justifiez-vous cette touche électro?

Comme je le disais avant, on écoute de tout. On est 5 et nos instruments nous permettent beaucoup d’ouvertures. Du coup je dirais que c’est un peu un mélange de fioles qui aboutissent à un résultat logique. Ça nous représente.


Vous surprenez l'auditeur en créant des atmosphères léchées comme la valse funèbre ‘Hotel’ qui dégénère en chaos sonore. Pouvez-vous revenir sur la création de ce morceau et nous expliquer à quoi elle fait référence?

Comme je le disais plus haut, c’est un morceau qui n’aurait pas vu le jour si Gabi n’avait pas eu cette tourne de piano lors d’une résidence à Pamiers (d’ailleurs dédicace à « Mets les watts » pour son soutien). On était sur le point de faire une pause, et il a fait tourner ce truc très fantomatique et un peu cirque. Sans plus de conviction au début. Ça tournait, comme ça. On s’est calé dessus tous directement. Ça s’est fait spontanément, sans mots, et on a eu de très bonnes sensations lors de ce bœuf. On n’a pas eu besoin de discuter très longtemps pour dire « on tient un morceau là ». On dormait dans un hôtel atypique à Pamiers à ce moment, ça nous a inspiré les paroles. Ce côté un peu "Shining" d’un hôtel fantôme.


‘Wasting Time’ se termine en délire bruitiste à la façon The Velvet Underground. Est-ce un groupe qui compte pour vous?

Oui c’est un groupe qui compte pour nous. Que ce soit le Velvet ou Lou Reed seul, on ne peut pas passer à côté de morceaux comme ‘Sunday Morning’, ‘Héroïn’, ‘The Gun’ ou ‘Sweet Jane’… Pour la composition de ce morceau, ça s’est fait pendant le mois d’enregistrement. J’avais ce riff de basse et des paroles, une idée de répétition qui emporte et qui traine. On a répété 3 heures et le lendemain, on a fait 2/3 prises. On en a gardé une. On a aimé ce côté spontané dans la composition. Ça a été plus compliqué justement de l’intégrer dans le live par la suite. C’est un peu une répète enregistrée ce morceau.


Vous semblez prendre un malin plaisir à incendier vos propres œuvres. On peut penser à ‘Marijuana Blues’ qui manque d´exploser sous la pression d'un son electro aussi envahissant que lubrique, ou encore ‘Take Shelter’ qui nous surprend. Après la quiétude atmosphérique, nous avons à nouveau droit à une orgie sonore. Plaidez-vous coupable de pyromanie (pour notre plus grand bonheur)?

Coupable, m’sieur l’agent !


Qu'est-ce qui vous inspire dans l´écriture des chansons ? Vous avez dit lors d´un passage télévisé que vous étiez un groupe engagé non pas politiquement mais engagé comme un témoin de notre époque. Est-ce ainsi que vous définissez votre démarche?

Oui, c’est un peu ça. Les textes dans cet album parlent beaucoup de la jeunesse, parce que c’est ce qu’on a ressenti qui ressort. Ça parle de nous en tant que petits Biterrois qui pensent. Ça parle aussi d’un état des lieux de la société dans laquelle on vit. Avec un message simple. On n’a pas la solution. Mais fais au mieux, crois en toi et ne te laisse pas dicter ta vie par des pseudos-bergers, nous compris. On a une vision humaniste et idéalisée d’un monde qui peut ressortir grandi si l’on y croit. Et ça se passe au milieu de ce tsunami de dégénérescence globalisée… sans ta télé. Le refuge est quelque part dans la tempête. La politique c’est tous les jours et pour tout le monde. Un parti politique c’est plus compliqué… À l’heure actuelle, on n’y croit plus.  


On a une vision humaniste et idéalisée d’un monde qui peut ressortir grandi si l’on y croit.


Est-ce que le rock ou la musique en général est capable de convaincre sur de grandes inégalités et les problèmes de notre monde ?

Convaincre, je ne sais pas. De dire, en tout cas oui. Après, faut savoir peser les mots sur ce sujet. On a des paroles, des messages, on a de la chance de les dire face à un public, à peu près comme on veut encore aujourd’hui en France. Mais nous ne sommes que des troubadours chanceux. Des artisans de la musique. Si ça peut donner une rage, une force, à celles et ceux qui entendent nos morceaux… Si ça peu les accompagner dans leurs actions… Tant mieux ! Mais ce qui compte ce n’est pas ce que l’on dit, c’est ce que l’on fait au final. Tous. Toi, moi, lui ou je sais pas qui. Et sur les aspects des inégalités et les problèmes de notre monde. Bah, on est tous pareil. On chie tous de la même façon sur le trône, que tu sois musicien, journaliste, PDG ou président de la république. Alors on fait ce que l’on peut. Tu ne peux pas prétendre parler d’un monde qui s’auto-détruit, de problèmes écologiques, et jeter tes mégots par la fenêtre de ta caisse par exemple… Bon, bah voilà. Des cendriers dans le camion. On fait ce qu’on peut avec des petits gestes de notre côté. C’est plus de la musique là, c’est de l’humain. On a mêlé les deux samedis derniers avec un concert pour une association, « les enfants d’Hélène » qui s’occupe d’enfants handicapés. L’ensemble des fonds récoltés étaient pour l’asso. Pareil l’an dernier pour une association biterroise qui a accueilli des réfugiés syriens. Nous ne sommes pas parfaits, je te réponds avec un ordinateur fabriqué en Chine dont les matières premières sortent de mines africaines sorties par des esclaves mineurs… Bref on s’égare. Convaincre ou pas. Comme le colibri, qui tente d’éteindre le feu de forêt, on fait ce que l’on peut, on fait notre part.


Dans la création des atmosphères de ‘Take Shelter’ ou ‘Hotel’ est-ce que le cinéma vous nourrit ?

Certainement de façon inconsciente. Après on n’a pas pensé pendant la composition de ces morceaux « on va faire un truc qui fait penser à ça ». Au départ c’est l’environnement qui nous entoure qui a nourri les morceaux. Mais c’est vrai que pour chacun d’entre nous, le cinéma a une part importante dans notre culture. Ça nous influence forcément. C’est inconscient mais c’est là. Pour ‘Hôtel’, il y a un clin d’œil cinématographique dans l’accalmie avant et pendant le chaos. Il y en a même deux. Une idée de Jacques qui est venue pendant le mixage. On trouvait que ça collait parfaitement avec le morceau. On vous laisse le soin de trouver. 


Qu'attendez-vous de la sortie de ce premier album ?

Qu’il soit écouté et critiqué en bon comme en mauvais, tant que c’est constructif. Tant que c’est sincère. Et puis qu’on puisse le défendre sur la route, de scène en scène parce que c’est ce qui nous nourrit vraiment. La scène, le contact, l’exutoire. C’est au contact du public qui nous supporte, nous écoute, qui nous permet de vivre cette aventure, qu’on sera ce qu’on a reçu de cet album. L’album on l’a fait on le partage, et puis après, bah ça ne nous appartient plus vraiment.


Quel est votre plan d'attaque ensuite? Un nouvel album après le succès de celui-ci ou de nouveaux EPs pour ne pas perdre la main?

On a un deuxième album qui se prépare d’ores et déjà. Les morceaux sont là. Certains sont déjà à l’essai sur scène. On voudrait le sortir rapidement. Très probablement en 2020.


Nous avons commencé par la question qu’on vous pose trop souvent, quelle serait celle que vous aimeriez qu'on vous pose ?

Boah… Je sais pas… Nous ne sommes que des passionnés qui avons la chance de savoir faire ce qu’on aime, ce qui nous fait vibrer, et de pouvoir se donner les moyens de vivre de sa passion. On a la chance de pouvoir s’exprimer grâce à ça, de trouver une source de bonheur. Les questions, elles dépendent de ta curiosité à toi. Lorsque tu fais une nouvelle rencontre, que tu découvres l’autre, ça serait un peu bizarre de demander ça non ? Mais pour aller là-dedans, j’en ai une toute aussi bizarre pour toi. Quelle est ta question préférée dans les 20 que tu as posées ?

La poitrine de rocker! Merci!


Plus d'informations sur https://www.fabuloussheep.com/
 
(0) COMMENTAIRE(S)
Vous pouvez ici réagir au sujet de l'article, ajouter quelques anecdotes, quelques connaissances ou tout simplement raconter votre vie...
 
Aucun commentaire. Soyez le premier à donner votre avis sur ce article
Haut de page
 
Main Image
Item 1 of 0
 
  • 16753
  • 16754
Haut de page
EN RELATION AVEC FABULOUS SHEEP
DERNIERE CHRONIQUE
Fabulous Sheep (2019)
Premier album pour les Français de Fabulous Sheep qui affichent de réelles prétentions et aptitudes pour renouveler le rock français. Toutes les chroniques sur FABULOUS SHEEP
DERNIERE ACTUALITE
FABULOUS SHEEP: Les détails sur leur album
SORTIE
Toutes les actualités sur FABULOUS SHEEP
AUTRES ARTICLES
ARTICLE PRECEDENT
HYPERDUMP STORY SAISON 2 : EPISODE 085
En exclusivité mondiale, Music Waves vous propose de suivre désormais les passionnantes aventures illustrées de HyperDump dans sa quête pour devenir le plus grand groupe du monde...
 
ARTICLE SUIVANT
HYPERDUMP STORY SAISON 2 : EPISODE 085
En exclusivité mondiale, Music Waves vous propose de suivre désormais les passionnantes aventures illustrées de HyperDump dans sa quête pour devenir le plus grand groupe du monde...

F.A.Q. / Vous avez trouvé un bug / Conditions d'utilisation
Music Waves (Media) - Media sur le Rock (progressif, alternatif,...), Hard Rock (AOR, mélodique,...) & le Metal (heavy, progressif, mélodique, extrême,...)
Chroniques, actualités, interviews, conseils, promotion, calendrier des sorties
© Music Waves | 2003 - 2020