MW / Accueil / Articles / SIDILARSEN (9 AVRIL 2019)

SIDILARSEN (9 AVRIL 2019)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
METAL INDUSTRIEL
On va tous crever avec Sidilarsen.
NEWF - 01.05.2019
Impossible pour Music Waves de passer à côté de l'orientation nettement metal du nouvel album de Sidilarsen. Avant de tous crever, nous avons donc rencontré David "Didou" Cancel et Benjamin "Viber" Bury pour parler de metal indus, d'urgence climatique et de crise de la quarantaine.

Dans notre précédente interview en 2016, vous disiez espérer que « Dancefloor Bastards » donne un nouvel élan à Sidilarsen et fasse passer un nouveau cap au groupe. Mission accomplie ?

Viber et Didou : oui, clairement !


Comment l’expliquez-vous ? Est-ce l’album, vos prestations au Hellfest et au Download ?

Didou : c’est une somme de choses : le travail, les tournées, l’album "Dancefloor Bastards" qui a touché un peu plus le public metal par rapport à nos albums précédents. Et puis c’est aussi le travail commun des gens avec qui nous travaillons, le label Verycords, le tourneur …





Et en 2016, c’était la première fois que vous faisiez une journée promo pour un album. Et c’est encore le cas pour ce nouvel album. On a le sentiment que vous avez un soutien comme jamais auparavant de la part de votre management et de votre label.


Viber : c’est un ensemble. Nous avions mieux ciblé l’album artistiquement. Et on a appris à se connaitre avec Verycords donc le travail a été d’autant plus efficace. On perd moins d’énergie, on va plus droit au but.

Didou : et le Hellfest a eu un impact considérable.

Viber : oui, il y a eu un  avant et un après Hellfest. De même pour notre tournée en Russie qui a prouvé que Sidilarsen pouvait s’exporter.


Vous avez aussi fêté vos 20 ans dans la fameuse salle du Bikini de Toulouse avec la sortie du DVD live « In Bikini Dura Sidi ». L’accueil du DVD a-t-il été conforme à vos attentes ?

Viber : carrément ! On était même au-dessus des prévisions donc on était très contents. Ce qui nous a aussi surpris, c’est de faire sold-out car il faut quand même remplir le Bikini et ses 1500 places. Ce n’est pas évident dans le sud-ouest quand tu fais du metal. Très peu de groupes metal, à part Gojira ou de grosses pointures internationales, arrivent à faire complet au Bikini. Donc il y a eu un bel élan même pour le DVD, d’autant plus que le DVD est un format un peu daté mais il y a encore des collectionneurs dans le milieu metal.


Est-ce une fierté de ne pas avoir lâché le morceau et d’avoir ce succès, même un peu tard ?


Viver : oui, c’est une fierté collective. Quand on rentre sur scène au Bikini et qu’on voit toute cette ferveur collective, on se dit que tout ce qu’on a pu faire avant n’était pas pour rien. C’est une énorme récompense et un plaisir qu’on partage avec tous ceux qui nous ont suivis pendant toutes ces années. Les fans nous réclamaient un DVD depuis très longtemps et on voulait bien le faire. On a bien travaillé avec nos partenaires et le label pour montrer ce qu’est Sidilarsen en live.

Didou : c’est vrai qu’on voulait le faire bien et on pensait ne jamais avoir les moyens suffisants de le faire correctement. Grâce à la persévérance et à Verycords qui a accepté de nous suivre sur le projet, on a enfin pu l’enregistrer correctement avec les bonnes personnes, notamment un réalisateur à la hauteur, car on préférait ne rien faire que de faire un DVD à l’arrache.


Est-ce que vous avez eu du coup une pression particulière au moment de composer ce nouvel album « On Va Tous Crever » ?


Viber : non, comme on a eu un changement de line-up avec l’arrivée de Sylvain à la basse, on a composé très vite. On n’a même pas eu le temps d’y réfléchir.

Didou : c’est vrai que notre nouveau bassiste est arrivé il y a à peine un an et on a pondu l’album directement sans réfléchir.

Viber : on a plus subi la pression des délais et la gestion des agendas, plutôt que celle de l’album.

Didou : c’est vrai qu’on aurait pu sortir ce nouvel album dans six mois ou un an, mais pour nous c’était trop long. Donc le délai était un peu court mais stimulant.





Et il fallait aussi surfer sur le succès de « Dancefloor Bastards ».


Didou : oui, mais il y avait aussi une envie profonde de composer avec notre nouveau bassiste. Il fallait tourner la page et elle n’était pas si facile que ça à tourner. Après le Bikini, j’ai été un peu down, avec la crise de la quarantaine.

Viber : c’est sûr qu’après 20 ans de carrière, on regarde en arrière.


Ça aurait été dommage d’arrêter après le DVD, d’autant plus que le succès est arrivé dans les deux dernières années.


Viber : je te rejoins là-dessus, mais disons qu’à un moment tu es obligé d’entamer une réflexion sur ce qui te motive et te pousse à faire de la musique. Et ça n’amène pas que du bonheur.

Didou : c’est d’ailleurs ce qui a conduit au changement de line-up. On a décidé de se séparer de Fryzzzer en bons termes et quand Sylvain est arrivé, ça a relancé la machine.


Son intégration a été naturelle ?


Didou : je dirais qu’elle est encore en train de se faire.

Viber : on a fait très peu de dates ensemble. Mais ce qu’on a ressenti était très positif. Dans la composition aussi. C’était une des conditions à l’embauche (rires). On est parti au départ sur un CDD (rires).


"On Va Tous Crever" est beaucoup plus sombre que "Dancefloor Bastards". On est bien loin des pistes de danse. Qu’est-ce qui a dicté ce tournant musical ? Est-ce que ça va de pair avec ce coup de mou que vous décrivez ?


Didou : je pense que oui. L’album fait écho à ce que l’on ressent, à la manière dont on aborde le monde d’aujourd’hui ainsi que nos vies personnelles.

Viber : "Dancefloor Bastards" était déjà sombre. Il est sorti après les attentats. Maintenant il y a une autre urgence qui bien sûr n’a pas effacé les précédentes. C’est la conscience mondiale qu’on a tous merdé, que les choix politiques ont été une catastrophe écologique. Pour continuer, nous avions besoin de nous réinventer et de durcir le ton musicalement. On a à la fois un côté un peu punk « no future » et un autre côté qui dit qu’on ne peut pas faire comme si on ne savait pas. Parce que ce n’est plus possible ! Tout le monde sent bien que ça touchera les plus démunis et les plus pauvres.


En 2016, vous disiez que la mutation du monde pouvait entrainer du positif. Est-ce toujours le cas deux ans après ?


Didou : il faut vraiment le chercher mais ce n’est pas ce qu’on voit au premier plan.

Viber : il y en a toujours. Des gens se révoltent à juste titre, il y a eu nuit debout, les gilets jaunes, les choses bougent.


Est-ce que ce n’est pas trop tard ?


Viber : "On Va Tous Crever" dit que c’est trop tard. Mais c’est justement parce qu’il est trop tard qu’il faut le faire.

Didou : je pense que dans notre parcours personnel, les choses sont assez claires maintenant. Parce que pour faire du metal après 40 ans, soit tu y vas à fond soit tu fais autre chose. Il faut y croire. Nous avons besoin de radicaliser notre propos et notre musique.





Les paroles du titre ‘We Come To Get It’ résument-elles l’album musicalement selon vous ? (Ndlr : « de retour pour une mise au point, prendre la place qui nous revient » ; « un nouveau départ phénoménal » ; « on vous laisse le choix du metal »).


Viber : oui, clairement. On vient pour prendre ce qui nous est dû. Nous avons un droit légitime d’être à la place où nous sommes et de la revendiquer clairement.

Didou : et d’affirmer un peu plus ce que représente Sidilarsen.


L’album est très homogène, moins éclectique que « Dancefloor Bastards ». Avez-vous changé des choses dans votre façon de composer ?


Viber : on a écrit les textes après la musique. La fraîcheur et la jeunesse du nouveau bassiste Sylvain ont donné envie à tout le monde de travailler les compositions. Les idées ont commencé à fuser et on a décidé d’écrire en fonction de la rythmique avec des textes plus premier degré qu’auparavant.

Didou : on a écrit les textes dans l’urgence et sur le son. C’est ce qui a beaucoup changé.


La production est massive avec un son énorme et des guitares très en avant. Elle rappelle celle du dernier album de vos potes de No One Is Innocent, "Frankenstein". Pensez-vous que ce type de production puisse vous ouvrir à l’international en prouvant qu’il n’y a pas que Gojira en France qui sache faire du gros metal ?


Viber : le but est bien sûr toujours d’élargir. Nous n’avions jamais eu cette démarche jusqu’au bout, de faire un album plus metal et d’aller chercher un mastering américain avec une pointure comme Drew Lavyne et en lui disant d’y aller à fond.

Didou : et qu’on n’est pas là pour épiler les framboises (rires)

Viber : du coup c’est le plus violent et le plus massif de nos albums.

Didou : après, la dimension internationale demande tellement de moyens et d’opportunités qu’elle se fera ou pas. Il n’y a pas de règles, chaque parcours est unique. On avait aussi envie d’un album plus homogène. "Dancefloor Bastards" avait toutes les influences que nous apprécions : metal, rock, electro. Pour "On Va Tous Crever", on voulait faire un album metal homogène, sans perdre notre identité. Ça nous a permis d’aller plus loin dans la production.


Quand on s’est rencontrés pour "Dancefloor Bastards", vous nous aviez dit que l’album précédent "Chatterbox" avait été un aboutissement en termes de grosse production et qu’il était difficile de faire plus et que vous étiez revenus un peu en arrière avec "Dancefloor Bastards".


Didou : oui effectivement, pour "Dancefloor Bastards", nous voulions quelque chose de plus vivant, plus rugueux, plus sale. C’est vrai que "Chatterbox" était plus propre et froid, même si on en est fier. Mais tu as peut-être raison, peut-être que chaque nouvel album est une réaction à l’album précédent.





L’album est très orienté metal indus, moins electro que le précédent, avec des influences Nine Inch Nails sur le titre ‘Money Game’ ou Rammstein sur le titre ‘On Va Tous Crever’. Si vous deviez choisir entre ces deux approches du metal indus, vous seriez plutôt NIN ou Rammstein ?


Didou : on est Sidilarsen (rires). Mais tu as raison, ce sont deux groupes que nous respectons infiniment et que nous apprécions beaucoup mais nous ne cherchons jamais à copier. Mais pour répondre à ta question, je n’ai pas de préférence.

Viber : les deux groupes sont très différents musicalement avec un côté épique et mélodique chez Rammstein et un côté punk plus violent et spontané chez Nine Inch Nails.

Didou : disons que NIN est plus innovant et Rammstein plus rassurant.


En terme de son, c’est en tout cas bien du Sidilarsen. Et dans les textes, Sidilarsen reste très engagé politiquement, c’est votre marque de fabrique. Certaines paroles sont très nettement dans l’air du temps notamment sur la prise de conscience écologique avec des morceaux comme ‘Interdit De Se Taire’ ou ‘On Va Tous Crever’. Vous pensez vraiment que la planète court à sa perte ?

Viber : la planète, ça ne risque pas, elle n’a peur de rien. C’est l’espèce humaine qui court à sa perte.

Didou : je pense que tant que nous dirons qu’il faut sauver la planète, nous serons à côté de la plaque. Il s’agit de sauver les hommes et les espèces. La planète nous dépasse largement. Quelle prétention de dire : on va sauver la planète, on se prend pour qui !?

Viber : j’ai écrit qu’on se croit au centre de l’univers en tant qu’hommes. Rien ne le prouve. Cette auto-sauvegarde n’a jamais été la façon de faire naturelle de l’humanité. C’est la première fois que cette question se pose.


A l’écoute du dernier titre de l’album ‘L’ardeur Du Vivant’, il semble qu’il y ait quand même un petit espoir de s’en sortir ? (Ndlr : « l’ardeur du vivant emporte tout »)


Viber : on peut le voir aussi d’une autre façon en disant qu’elle emporte tout même au détriment de l’humain.

Didou : la nature reprend ses droits même sur les terres de Tchernobyl. Est-ce que l’humain fera partie de ce retour de la nature ?

Viber : la force de vie est aussi puissante que la force de mort. Des formes de vie arrivent à naître même dans les milieux les plus hostiles de la planète.

Didou : et l’humain a quand même un instinct de survie impressionnant. Donc on peut se surprendre nous-mêmes, qui sait ?


En quoi l’artwork représente-t-il ce message ?


Didou : c’est cette dualité de la mort et la vie, l’espoir et le désespoir.


Mais je ne vois pas l’emblème de Sidilarsen (Ndlr : le tire-bouchon).


Didou : alors j’invite les aficionados à acheter le digipack. Mais il faudra fouiller beaucoup pour le trouver. Mais il y est toujours. On le retrouve sur chaque album, mais parfois très discrètement.


Merci beaucoup !

Avec grand plaisir.



Plus d'informations sur http://www.sidilarsen.fr/
Main Image
Item 1 of 0
 
  • 16900
  • 16901
  • 16902
  • 16903
EN RELATION AVEC SIDILARSEN
DERNIERE ACTUALITE
Le PYHC FEST fête ses 10 ans
CONCERT

Lire l'actualité
Voir toutes les actualités concernant SIDILARSEN
 
DERNIER ARTICLE
On va tous crever avec Sidilarsen.

Lire l'article
Voir tous les articles concernant SIDILARSEN
 
DERNIERE CHRONIQUE
On Va Tous Crever (2019)
Production énorme, guitares en avant et riffs tranchants, Sidilarsen nous offre l’album le plus metal de sa carrière.

Lire la chronique
Voir toutes les chroniques concernant SIDILARSEN

F.A.Q. / Vous avez trouvé un bug / Conditions d'utilisation
Music Waves (Media) - Media sur le Rock (progressif, alternatif,...), Hard Rock (AOR, mélodique,...) & le Metal (heavy, progressif, mélodique, extrême,...)
Chroniques, actualités, interviews, conseils, promotion, calendrier des sorties
Quelques uns de nos partenaires :
Roadrunner Records, Mascot Label Group, Spv Steamhammer, Afm Records, Sony Bmg, Peaceville Records, Warner, Unicorn Digital, Frontiers Records, Karisma Records, Insideout Music, Kscope, Ear Music, Progressive Promotion Records

© Music Waves | 2003 - 2020