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WAXX (10 MAI 2019)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
ROCK ALTERNATIF
Cela fait quelques années que le phénomène Waxx évoquait son premier album, maintenant que "Fantôme" est sorti, il était logique que Music Waves rencontre son géniteur...
STRUCK - 29.05.2019
Une longue interview passionnante dans laquelle il serait bien entendu question de ce premier album intime mais également de l'évolution de l'industrie du disque et en particulier du genre rock qui n'a pas su évoluer et prendre le train "numérique" en marche...


Nous aimons commencer nos interviews par cette question : quelle est la question qu’on t’a trop posée ?

Ce sont des questions qui n’ont pas de rapport direct avec la musique. En général, on me demande si je suis célibataire ou ce genre de truc. Sur les réseaux, les gens veulent savoir si tu es en couple ou non. C’est le genre de question auquel je ne réponds pas et en général, je ne réponds pas aux questions qui ont trait à ma vie privée.





Tu as obtenu une certaine renommée grâce au Comité des reprises, est-ce que ta participation à cette émission qui reliftait les chansons de certains artistes, était un bon tremplin, une bonne expérience mais que la page un peu potache est désormais tournée?

C’était effectivement un bon tremplin. C’était surtout mon bébé, une idée que j’avais écrite il y a longtemps car je trouvais qu’il y a peu de spots dans l’industrie de la musique pour pouvoir faire de la promotion musicale. C’est-à-dire qu’à la télé, il y a assez peu de spots, en radio, il y en a très, très peu aussi, les demandes sont souvent les mêmes à savoir jouer ton single en acoustique et faire une reprise en acoustique : une fois passé, c’est terminé ! J’ai donc eu l’idée de créer un lieu dans lequel on ferait une version inédite d’un single de manière décalée. Et pour moi, c’était peut-être une de mes meilleures aventures parce que finalement en dehors de rencontrer des artistes que pour la plupart je connaissais déjà, ça permettait de montrer aux médias français qu’il était possible de faire un peu de culture et que ça plaisait aux gens.


Pour autant, rien n’a changé…

Bien sûr !


Tu as également joué le rôle de producteur auprès de Linkin Park ou Ben L'Oncle Soul. Peux-tu nous parler de ton meilleur souvenir et a contrario de ton pire dans cette période médiatico-créative?

Honnêtement, je n’ai pas de pire souvenir. Peut-être que mon souvenir le plus terne serait d’avoir travaillé avec Chester (NdStruck : Chester Bennington, chanteur de Linkin Park) et d’apprendre sa mort quelques mois après : c’était un peu violent. Du coup, la vidéo qu’on trouvait si bien, on échangeait souvent à ce sujet : il voulait que nous rejouions cette version sur scène plus tard lors d’un festival… mais ça ne se fera pas parce qu’il nous a malheureusement quittés depuis… C’est mon souvenir le plus triste !
Concernant les bons souvenirs, je dirais que c’est à peu près avec tous les artistes avec lesquels je fais de la musique. C’est toujours incroyable car on ne sait jamais exactement ce qu’on va faire mais on est toujours hyper contents du résultat : je pense que c’est parce que c’est hyper candide et naturel !


Malheureusement, le travail n’est pas très récompensé aujourd’hui, il y a beaucoup de gens qui sortent beaucoup d’albums très rapidement, de mon côté, j’aime bien que chaque chose qui sort soit un petit bijou que je pourrai regarder dans 15 ans sans rougir !




L’objet de cette interview, c’est cet album "Fantôme", un album maintes fois repoussé puisque tu en parles depuis 2016 : le fait de le sortir aujourd’hui, c’est un soulagement ?

Clairement ! Ça a été très long mais je suis quelqu’un de - je ne dirais pas lent - mais pas précipité et j’aime bien pouvoir revenir en arrière et pouvoir refaire certaines choses que j’estime ne pas aller.
Par exemple, c’est comme sur ma chaîne, il y a beaucoup de vidéos que je fais en conséquence : je fais 17 prises, je prends la 15e mais je les étudie toutes, je regarde, on travaille beaucoup en amont… je trouve que c’est une bonne école ! Malheureusement, le travail n’est pas très récompensé aujourd’hui, il y a beaucoup de gens qui sortent beaucoup d’albums très rapidement, de mon côté, j’aime bien que chaque chose qui sort soit un petit bijou que je pourrai regarder dans 15 ans sans rougir !


J’ai trouvé ma formule, ma formule unique



Cela signifie que le prochain album n’est pas pour tout de suite et que tu ne suivras pas le rythme d’une sortie tous les 2 ou 3 ans ?

Si, peut-être mais comme je fais des vidéos, ce qui est important, c’est que j’aime que ce soit assez unique. Une fois que j’ai la formule, tout va plus vite ! J’ai trouvé ma formule, ma formule unique : je ne connais pas beaucoup d’artistes qui font exactement ce que je fais.


Cet album a été mon journal intime



Cet album est presque intégralement en anglais pourtant il s'intitule "Fantôme". Pourquoi pas ne pas l’avoir appelé "Ghost" ?

C’est une très bonne question. Pour le titre, pourquoi "Fantôme" ? Parce que pour le coup, cet album a été mon journal intime. Comme je te disais par ailleurs, je ne réponds à rien concernant ma vie privée et pourtant sur cet album, je ne parle que de ma vie privée. En anglais, pour la bonne raison que je suis d’origine arménienne -mon père est arrivé en France sans savoir parler français- je n’ai aucun absolument aucun lien avec la pop culture française c’est-à-dire que mon père n’avait pas baigné dedans du tout et donc quand on me fait écouter Starmania, je n’ai même pas d’opinion car ça ne me dit absolument rien, je n’ai pas baigné dedans.


Tu dis que tu chantes en anglais en raison de tes origines mais n’est-ce pas également pour laisser à l’interprétation les textes sur ta vie privée, une façon de te cacher ?

Pas vraiment. En réalité, pour être totalement honnête, j’ai de la famille à Istanbul, aux Etats-Unis, en Irak, un peu partout et la seule langue qui nous rassemble tous est l’anglais. Donc depuis que nous sommes petits, nous avons toujours parlé et chanté en anglais dans toutes les fêtes.  Je ne parle pas si bien anglais que ça mais c’est la langue universelle qui nous permet de nous faire comprendre et pour moi, c’est donc la langue de la musique.


On entend plein d’influences sur cet album. Le premier titre installe tout de suite le décor sonore. Une mélodie lancinante, une voix lointaine entre douceur et inquiétude en accord avec le titre légèrement perturbé par quelques beats jusqu'à un final un peu plus dramatique avec parfois un solo de guitare à la clé. Un titre qui peut évoquer O.S.I projet qui parle aux fans de metal progressif : est-ce que ça te parle ?

Non, je ne connais pas du tout !


Rage Against the Machine et Led Zeppelin font tellement partie de mon univers qu’effectivement je me rends compte rétrospectivement que cela y ressemble fortement mais je n’en rougis pas parce que c’est tout simplement mon ADN !




De la même façon, le riff de ‘Hot Damn’ peut rappeler Rage Against the Machine….

Oui, oui ! Comme le riff principal de ce même titre qui fait très Led Zeppelin. Rage Against the Machine et Led Zeppelin font tellement partie de mon univers qu’effectivement je me rends compte rétrospectivement que cela y ressemble fortement mais je n’en rougis pas parce que c’est tout simplement mon ADN !


Tous les morceaux de l’album ont été écrits pour être visuels.


'Night And Day' l'un des sommets de l'album, prend un départ tétanisant, comme si une course contre la montre devait être courue. Nous passons par différents sentiments : étouffement, espoir, peur. Y-a-t-il une dimension cinématographique dans ton album?

Définitivement ! Ce titre est le dernier titre qu’on a fait pour cet album. Pour nous, en termes de production et de composition, c’était un peu l’épilogue de tout ce que nous avions fait. Je pense donc qu’effectivement que ce doit être le morceau certainement le plus efficace d’une certaine manière et pour nous, c’était le morceau le plus frais.
Mais c’est vrai, tous les morceaux de l’album ont été écrits pour être visuels.


La question est de savoir si le rock c’est Greta Van Fleet qui fait un copié/ collé de Led Zeppelin ou est-ce que le rock est voué à évoluer et à être différent ?


A propos de visuel, c'est d'ailleurs un des titres que tu as choisi comme clip. Une espèce de photoshooting démentiel où tu te déguises à ta guise. Est-ce que c'est justement la continuité du comité des reprises en filmant un titre un peu à contre-courant de l'atmosphère inquiétante du morceau?

Oui, je voulais montrer avec ce clip que ça a été compliqué de définir quelle était la musique pour tous les gens avec lesquels nous travaillons et notamment les personnes de notre maison de disques : des rythmes très rap, très Lil Peep dans le fond, du beatmaking, des guitares très hachées et des mélodies assez pop… Personne n’était capable de dire ce que c’était : un pendant du rap, du rock ?
Pour moi, c’est du rock, du rock actuel, c’est le rock qui se pratique aux Etats-Unis comme XXXTentacion malgré le fait qu’il soit black -les gens disent que c’est un rappeur- je ne suis pas tout à fait d’accord avec ça, je le trouve bien plus éclectique que ça. Ma musique va dans cette lignée !
Mais la question est de savoir si le rock c’est Greta Van Fleet qui fait un copié/ collé de Led Zeppelin ou est-ce que le rock est voué à évoluer et à être différent ? Pour ma part, je pencherais plutôt pour la deuxième réponse…


Tu parles de Greta Van Fleet véritable phénomène qui est soit adoré, soit détesté : il semblerait que tu fasses de la deuxième catégorie ?

Non, non, j’adore Led Zeppelin… Je connais la vieille garde rock, j’ai tourné pendant des années avec tous les groupes alternatifs français, la vieille garde punk comme le regretté Schultz et tous ces mecs sont un peu passéistes. Je ne critique pas mais j’ai l’impression d’être intergénérationnel. Je bosse avec des rappeurs de 19 ans et ils n’ont aucune idée de qui sont Led Zeppelin -les médias n’en parlent plus- AC/DC, ils connaissent parce que les gens portent des t-shirts au même titre que moi, quand j’étais plus jeune, je ne savais pas qui étaient les Ramones, je pensais que c’était une marque de t-shirt !


Le seul truc qui me dérange dans le débat Greta Van Fleet, c’est le snobisme du rock qui tue ce mouvement…




Et Metallica dont tu portes le t-shirt aujourd’hui ?

Metallica c’est un peu comme Green Day, ils ont réussi à avoir presque trois générations de fans dans leur public ce qui est rare !
Et pour en revenir à Greta Van Fleet, je dirais que c’était très bien pour les jeunes qui ne connaissent pas le rock -c’est une très bonne porte d’ouverture- et quand ils découvriront Led Zeppelin, ils pourront s’en dissocier en disant qu’ils ont tout copié.
Mais après critique-t-on autant que ça le reggae qui depuis 20 ans n’est composé que de groupes de reprises de Bob Marley ? Même chose dans la country où les rythmes country sont souvent les mêmes ? Pourquoi finalement le rock n’aurait pas ce droit ?
En fait, le seul truc qui me dérange dans le débat Greta Van Fleet, c’est le snobisme du rock qui tue ce mouvement…


C’est-à-dire ?

C’est-à-dire le fait de rejeter la nouveauté, les jeunes, les réseaux sociaux, la vie dans laquelle nous vivons aujourd’hui… Moi qui baigne dans le milieu du rock depuis longtemps, je me rappelle très bien en 2008 lorsque Facebook s’est démocratisé, tous les rappeurs se sont mis sur Facebook en ajoutant un maximum de fans parce que c’étaient des artistes qui n’avaient pas la chance de pouvoir s’exprimer, ils faisaient du street marketing, ils vendaient des CDs dans la rue et quand on leur a permis de vendre des CDs directement chez les gens depuis leur ordinateur : ils en ont tout de suite profité !
Les rockeurs se sont dit que c’était un truc de clochard ou d’immigrés. Pour eux, le rock prolétaire c’était fini, ils étaient passés au rock bourgeois qui laisse une distance avec son public et ils avaient de très beaux Myspace, ils n’iraient pas sur Facebook qui était un peu vulgaire ! Et aujourd’hui, ils s’en mordent tous les couilles parce qu’il n’y a plus personne à leurs concerts. C’est bien qu’il y ait le Hellfest et deux ou trois évènements qui regroupent tout le monde pour que ce soit complet… Dans le rap, il suffit qu’il y ait un artiste comme Drake pour faire autant d’influence que tout un Hellfest parce que ces mecs ont grandi avec le street market : il faut être partout, il faut faire 50 clips, il faut faire 3 albums par an, il faut être ultra-entouré et être prêt à donner de l’argent à tout le monde -Drake travaille avec 40 auteurs/ compositeurs… Après, on peut les critiquer mais au moins, ils font de la matière de qualité, ils sont numéro 1 quoi qu’il arrive : ça plait aux gens et ça, ça ne ment pas !


Je suis alternatif : je fais de la musique qui est entre de la musique qui ne marche plus -c’est-à-dire le rock- et l’alternatif du hip hop -c’est-à-dire le côté Lil Peep.


Et toi, tu t’inscris où au milieu de tout ça ?

Moi ? Je suis alternatif : je fais de la musique qui est entre de la musique qui ne marche plus -c’est-à-dire le rock- et l’alternatif du hip hop -c’est-à-dire le côté Lil Peep.


Sur ‘LTQT’ tu essaies de jouer avec les contrastes, de marier tes compositions d'un peu de rap. Mais les paroles du rap en français, du style Nekfeu, sont un peu naïves, on remarque cela également sur la piste finale. Est-ce que tu n'aurais pas pu rapper toi-même?

Non, non ! C’est vraiment un art à part et les gens que j’ai invité Giorgio et Doums qui rappent en français sur cet album sont des mecs qui ont un talent fou et qui savent manier le flow et l’écriture comme peu savent le faire en France. Et ça correspond exactement à l’ouverture que je voulais avoir sur cet album.
A l’inverse, certains rappeurs font un tout petit peu de guitare mais ils m’invitent à faire des solos sur leurs albums ou des guitares un petit peu plus techniques. Chacun fait ce qu’il sait faire et on échange très bien ensemble !


Il y a beaucoup d’invités sur cet album. Est-ce pour te servir de filet pour ce grand saut finalement ou était-ce un renvoi d'ascenseur?

Non, non, c’était une vraie volonté ! D’ailleurs si l’album a pris autant de temps, parce qu’à la base, je voulais faire un album collaboratif : un titre/ un invité. Mais au milieu du processus de l’album, j’ai chanté sur une chanson juste pour avoir la ligne. Et je me suis rendu compte que ça me plaisait et que finalement, je voulais chanter un peu plus sur cet album. Nous sommes donc repartis de zéro, on a tout refait : on a perdu un an mais ça n’a pas vraiment été perdu : c’était nécessaire !


Et ces invités, leur as-tu laissé carte blanche? D'en avoir produit certains (Giorgio, Pomme) est-ce que tu as dû changer d'attitude sachant que vous inversiez un peu les rôles?

C’est vrai ! Ça s’est passé aussi simplement que quand on travaille sur leurs albums c’est-à-dire qu’ils venaient au studio, je prenais ma guitare en disant que je verrais bien telle ou telle chose, Chris prenait les machines… on faisait exactement comme on fait pour leurs albums sauf que dans le cas présent, j’avais ma ligne, mes thèmes et eux, aussi généreux que j’ai pu l’être avec eux : ils écrivaient, on faisait tout en live… Ça s’est fait très facilement, il n’y a eu aucune seconde de questionnement.
Le morceau avec Giorgio, on l’a fait pendant qu’on travaillait ensemble sur son album. Le morceau avec Pomme, on l’a fait un peu plus tard mais on a un tel passé avec Pomme -on travaille tellement ensemble tout le temps- que ça a été hyper facile.


J'ai toujours eu l’impression d’avoir eu un fantôme derrière moi qui englobait mes rencontres, mes réflexions, mes morts, mes absences, mes peurs…




Les paroles des chansons évoquent une fuite en avant, en fin d'album 'Blindside' apparaît plus apaisée. Peut-on dire que "Fantôme" est un concept album ou une collection de chansons accusant quelques sympathies ensemble?

Honnêtement, en gros, j’ai fait un post Instragram dans lequel j’expliquais un peu ce qu’était ma définition du fantôme. J’ai toujours eu l’impression d’avoir eu un fantôme derrière moi qui englobait mes rencontres, mes réflexions, mes morts, mes absences, mes peurs… plein de choses et en réalité, le fantôme peut prendre la forme qu’il veut. C’est comme si je m’étais livré, j’avais livré différentes facettes de mon fantôme dans cet album : j’y parle de mes troubles obsessionnels, de mes frustrations, de mes origines arméniennes sur ‘Hayastan’, de l’amour que je porte à des gens qui ne le savent pas… Parfois, je n’arrive pas à croire que j’ai pu écrire cet album tellement il parle de choses personnelles alors que je ne veux pas en parler. Effectivement, en anglais, ça donne un côté moins direct pour les gens alors qu’en français, ça aurait pu évident. Justement, j’aime cette double lecture qu’il peut y avoir sur certains titres : je reçois des messages de gens qui me disent qu’ils se sont complétement retrouvés dans tel ou tel titre alors que je suis sûr qu’on n’a pas du tout les mêmes raisons de se retrouver dans ces morceaux.


Atteignant presque l'heure d'écoute, "Fantôme" est un album assez long. Est-ce que tu n'as pas peur d'offrir une durée aussi longue à tes fans ou au contraire, tu ne pouvais pas retirer une ou deux chansons de ton album, pièces nécessaires à ton puzzle sonore?

J’avais une quarantaine de titres, dans la sélection finale, il en restait 25 et j’ai dû couper pour arriver au nombre que je voulais afin que ça raconte la bonne histoire et qu’il y ait le bon dosage. C’est la raison pour laquelle cet album débute par ‘Lost’ qui est un morceau qui résume assez bien l’album : ça commence de façon douce, une espèce d’envolée sur le refrain et après tout de suite, on arrive sur un beat qui est très électro-rap et ça finit sur du rock. Hormis le fait qu’il n’y ait pas de solo, il y a à peu près tout ce qui est présent sur cet album et j’ai continué ainsi dans la playlist des morceaux en voulant raconter une histoire. C’est un album est comme un live et je voulais finir par quelque chose de très doux et c’est la raison pour laquelle cela se termine par les dernières phrases de Doums avec quelques notes de solo de guitare qui sont les dernières notes du film.


Tu parlais de live, comment s’est passé ta première partie en ouverture de Papa Roach et notamment l’accueil de son public ?

Ça a été hyper cool ! Je ne savais pas du tout où je mettais les pieds. J’ai connu pire comme première partie décalée : je me souviens de ma première partie de Lynyrd Skynyrd au Zénith où j’étais tout seul avec une guitare acoustique alors que eux étaient 15 derrière à faire des solos dans tous les sens. Ça a été des moments un peu compliqués, où tu te demandes ce que tu fais là avec des drapeaux confédérés…
Mais fort d’une grosse dizaine d’années de tournée, j’aborde le live de façon complétement différente : j’essaie d’être plus en relation avec le public et là, l’accueil du public de Papa Roach a été super !


Tu parles de public : quel est le tien avec ton univers quand même un part dans la scène rock ?

Il y a des artistes qui me partagent, qui me mettent en avant et on voit tout de suite que leurs fans adhèrent tout de suite. J’ai fait par exemple la première partie de PV Nova -avec qui je faisais le comité des reprises- mon album n’était même pas sorti, les gens ne savaient même pas ce qu’ils allaient écouter mais j’ai été super bien accueilli et donc là, c’est facile ! Mais effectivement dans le cas d’un Papa Roach ou Extreme au Bataclan, les gens ne savent pas du tout qui je suis et ce que je fais là et donc, dans ces cas-là, je m’adapte ! C’est-à-dire que je construis mon live de manière différente un peu comme un Dj. Pour Extreme, j’ai mis en avant les solos…


Même si c’est difficile de rivaliser avec Nuno Bettencourt…

C’est impossible, c’est mon guitariste vivant préféré avec Slash.


Les Américains sont des aficionados de musique alors que nous, Français, sommes aficionados de chanson


Malgré tout dans ton discours, ta musique, il semblerait que tu sois le chaînon manquant entre les genres qu’on a tendance à vouloir séparer ici en France alors que cela semble naturel aux Etats-Unis ?

Pour avoir travaillé très longtemps aux Etats-Unis, mon analyse est que je n’ai jamais culpabilisé en tant que Français de faire partie d’une culture et d’un peuple qui ne réagit pas comme ça. Force est de constater que les Américains sont des aficionados de musique alors que nous, Français, sommes aficionados de chanson. Aux Etats-Unis, ils n’ont pas d’équivalent de ce que nous avons ici et c’est très différent : il y a un monde avec la variété française qui est présentée comme de la pop. Par exemple, ils n’ont pas de Brel ou de Brassens. Il y a cet héritage en France qui fait que nous ne sommes pas en retard, nous sommes à notre rythme.
C’est-à-dire Jay Z a fait des albums avec Linkin Park, c’était tout à fait naturel, ce n’était même pas une révolution, c’était la continuité d’Aerosmith et Run DMC, même Johnny Cash faisait des trucs à l’époque avec Bob Dylan, ça pouvait paraître fou car c’était l’univers de la country qui rencontrait la folk mais aux Etats-Unis, ce n’était pas si fou que ça, ça fait partie de leur culture. Et quand nous en France, on essaie de faire la même chose, c’est contre nature et ça donne Ministère Amer et Johnny Hallyday : des trucs qui ne sont pas de bon goût, pas bien fait… Ce n’est pas fait pour les bonnes raisons. Aux Etats-Unis, ils font cela parce que c’est logique mais ça rapporte des sous in fine alors que nous enlevons la logique mais gardons le business model et au final, ça ne marche pas !


Tu penses que ça nous pénalise ?

Non ! Mais globalement, aux Etats-Unis, ce sont des fonds d’investissement qui maintiennent à flot l’industrie de la musique. Donc ils se foutent complétement de liens amicaux. Quand je rencontre le vice-président d’Interscope, il est plus jeune que moi, il est dans le coup. Du coup, les fonds d’investissement sont sains, ils n’ont aucun mal à virer des gens, il n’y a pas de copinage : tout est pour le profit !
En France, c’est très différent, ce sont de vieilles instances avec des personnes âgées, il y a une rupture avec la jeunesse et ce qui se fait et donc toute bonne idée est une fausse bonne idée. Par exemple, il y a huit ans, j’ai eu une discussion avec Mouloud (NdStruck : Mouloud Achour) et je lui avais dit que Le Grand Journal gagnerait à ce que Michel Denisot aussi bon soit-il parte et que Mouloud prenne les rênes parce qu’il aurait venir plein de jeunes…


Ce qui est dur c’est de se dire que ces gens de l’industrie musicale qui ont une méconnaissance totale ont tous les pouvoirs !


C’est ce qui va se passer à la rentrée…

Oui mais c’est 8 ans trop tard avec l’intermède Yves Calvi… Et la musique, c’est pareil, j’ai fait écouter ma musique à des professionnels qui m’ont dit : "Ça me fait penser à ce groupe ??? Metallica !"… C’était fou car ça n’a vraiment rien à voir avec Metallica ! Ce qui est dur c’est de se dire que ces gens de l’industrie musicale qui ont une méconnaissance totale ont tous les pouvoirs !


Je suis très fier de travailler sous l’égide de Mercury pour sortir un album pareil




Pourtant, tu es signé chez Mercury, filiale d’Universal, elle-même filiale de Bolloré qui pour le coup est très orienté profit comme les fonds d’investissement américain que tu citais…

Je suis très fier de travailler sous l’égide de Mercury pour sortir un album pareil. Je me dis que c’est fou qu’ils aient signé le projet sur une promesse et ils n’ont pas une seule seconde fait un retour sur mon album en me disant qu’il faudrait qu’il soit autrement…


D’ailleurs, au final, qu’attends-tu de cet album?

Honnêtement, ça va être des attentes sur le long terme. Les seules dates que j’ai annoncées à la Boule Noire et la Maroquinerie sont complètes, ça veut dire qu’il y a déjà un vrai retour… Il y a une grosse demande sur les réseaux sociaux après il faut que les médias relaient si ils ont envie de le faire…


Malgré tout, ce premier album tu l’as confectionné avec Christopher Colesse et Matthieu Joly. As-tu une pression particulière pour la suite sachant que Matthieu ne sera pas là ?

C’est évidemment quelque chose qui nous touche beaucoup. Cet album, on l’a également sorti pour lui ! A un moment donné, je me suis demandé si il fallait continuer ou pas…


C’est cliché mais est-ce que le fantôme sur le visuel, n’est-ce pas lui qui soutient cet album ?

Bien sûr, ce n’est pas loin d’être la vérité ! Honnêtement, on sent qu’il est avec nous : on veut le rendre fier ! C’est la raison pour laquelle on défendra cet album jusqu’au bout. Son héritage est marqué au fer rouge dans nos vies.


Nous avons commencé par la question qu'on t’a trop souvent posée, au contraire, quelle serait celle que tu souhaiterais que je te pose ou laquelle tu rêverais de répondre ?

Je rêverais que tu me demandes : "Alors, premier album ! Premier disque d’or !".





Et alors t’y attendais-tu ?

(Sourire) Je ne m’y attendais pas mais c’est une sacrée victoire !


Merci

C’était génial ! Merci beaucoup !


Merci à Adrianstork pour sa contribution...


Plus d'informations sur https://www.facebook.com/benjaminwaxx/
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