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VACUUM ROAD (23 SEPTEMBRE 2019)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
METAL ALTERNATIF
De retour avec un album accompli, les Réunionnais de Vacuum Road nous ont accordé un moment avant leur tournée dans l'ouest de la France
PROGRACER - 24.09.2019
Qu’est-ce qui changé depuis notre dernière interview en 2016 ?  Qu'a apporté “Rear Views” à votre statut, votre notoriété ?

"Rear Views" pas grand'chose, pour être honnête... On n'avait pas de plan. Quand il est sorti on venait de changer de batteur. Il y a eu une grosse période de rôdage, on n'était pas sereins pour voir plus loin, on s’est contenté de jouer ici à la Réunion, et puis on a hiberné pendant 2 ans et enfin on a sorti un EP dont je ne suis pas très satisfait. Mais il nous a permis de battre le fer et de faire une tournée Française de dix dates. C’était une super opportunité, on a pu ouvrir pour des groupes comme Bukowski, Dagoba ou Tagada Jones. Rage Tour nous a beaucoup aidé, c’était inespéré pour un groupe qui vient d’aussi loin comme nous. La France c’est un pays étranger, c’est à 10 000 km de chez nous, et personne ne nous attendait. C’était assez effrayant, mais les retours ont été plutôt positifs. 




Avez-vous enfin trouvé un peu de stabilité dans le line-up du groupe ?

Oui, on a enfin un batteur à plein temps ! 


Est-ce que Planck ou Warfield ont toujours les mêmes difficultés à se faire connaître en dehors de La Réunion ? Et pourquoi ?

Planck a splitté il y a bien longtemps. Pour ce qui est de Warfield, ils continuent leurs efforts, ils seront en tournée juste après nous, ils vont ouvrir notamment pour Ultra Vomit et Black Bomb A. Mais, tu as peut-être entendu parler de Pamplemousse, ils ont sorti déjà 2 albums en très peu de temps, et ils ont fait quelques concerts remarqués en métropole. C’est toujours difficile, mais depuis quelques années on a pu amorcer le dialogue avec des tourneurs. C’est positif. 


J’aime toujours l’idée que la musique peut se passer des mots pour faire passer une émotion


La dernière fois tu nous disais que tu ne souhaitais pas spécialement faire passer de message au travers des textes, mais cette fois il y a du chant en français. Les francophones vont forcément les scruter avec plus d’attention, non ?

C’était vrai pour "Rear Views", j’avais écrit les chansons sans vraiment penser qu’un jour elles finiraient sur un album. Alors, je ne m’étais pas trop posé de questions. J’aime toujours l’idée que la musique peut se passer des mots pour faire passer une émotion. Mais, avec un line up enfin stable, et des beaux projets qui se concrétisaient, j’ai eu envie de sortir de ma zone de confort. En écrivant, je me suis vraiment pris au jeu, et j’ai fini par y mettre beaucoup de mon histoire personnelle. 


Espérez-vous que le chant en français vous permette de mieux vous faire connaitre en métropole ? 

Oui, les portes de France Inter nous sont grandes ouvertes maintenant (Rires). 


Quand il a fallu prendre le stylo et écrire, j’ai voulu sortir de ma zone de confort (...) Je me suis retrouvé à écrire très frontalement sur des trucs plus personnels


Qu’est-ce qui a motivé ce choix d’écriture ?

Il y a quelques années, Lofofora est venu à la Réunion pour un concert à la Nuit de Kal (notre festival de metal local). Ils ont fait des masterclass, et Reno, qui est un type adorable, a animé un atelier d’écriture. C’était très convivial et ça a levé pas mal d’inhibitions chez moi, l’idée a commencé à faire son chemin. Et puis, quand il a fallu prendre le stylo et écrire, j’ai voulu sortir de ma zone de confort. Et au fur et à mesure, j’ai trouvé ça très libérateur de pouvoir écrire en français, de me passer du vernis cosmétique et pudique de l’anglais. Je me suis retrouvé à écrire très frontalement sur des trucs plus personnels, des trucs assez glauques que j’ai vécus. Je me suis rendu compte que ça me bouffait comme un cancer depuis que j’étais petit, mais qu’on pouvait s’en libérer un peu en écrivant. 


Sur “Biopsie”, il y a une reprise d’Alain Bashung, ‘La Nuit Je Mens’. Elle est particulièrement bien retravaillée. Pourquoi ce choix ?

Bashung c’était vraiment le boss du game, et j’adore cette chanson tout simplement. On a commencé à la bosser avant l’écriture de l’album. Ça nous a probablement aidés à nous convaincre qu’une écriture en français était pertinente dans la musique que l’on fait. 




Vous cultivez le sens de la dualité avec des oppositions permanentes : chant clair/hurlé, textes anglais/français, ambiances soft/metal. Est-ce désormais une marque de fabrique du groupe de s’inscrire dans une ambiguïté permanente entre douceur et rage ?

Tout ça vient assez naturellement, en fait. En tout cas, c’est une bonne manière de nous décrire. 


Nous avons noté une évolution importante du chant et notamment de l’accent sur les parties en anglais. As-tu travaillé spécialement cet aspect pour l’album ?

Pas spécialement, non. En fait, je déteste les sessions d’enregistrement en studio. T’es tout seul dans une boite, t’as pas l’énergie des concerts. Tu recommences 10 fois les mêmes trucs jusqu’à ce que les chansons deviennent vides de sens. "Rear Views" a sûrement pâti de ça. Cette fois-ci, je me suis donné plus de temps sur l’enregistrement, les séances étaient espacées pour prendre un peu de recul, et une partie a été enregistrée au calme chez Yann. J’étais beaucoup plus serein. 


Cette fois, la direction artistique de l’album est beaucoup plus claire, il n'y a donc pas besoin d’en faire des caisses


Nous avons également noté une évolution dans la production avec moins d’éléments ajoutés en post production. Est-ce pour vous autoriser plus de liberté sur scène ?

Non. Sur Rear Views, on ne savait pas trop où on allait, alors on a expérimenté, et on en a peut-être trop fait à certains endroits. Cette fois, la direction artistique de l’album était beaucoup plus claire que le précédent, il n'y avait donc pas besoin d’en faire des caisses. Samuel avec qui on bosse pour les arrangements a proposé pas mal de choses, et on a dit non à beaucoup d'entre elles. Mais il a fait un taff super, sur les passages calmes il y a notamment a ce Rhodes que j’adore qui donne une atmosphère “moelleuse” à l’ensemble. 


Cette production donne également un son plus brut et plus metal avec une batterie assez sèche et légèrement en retrait. Est-ce volontaire ?


Le mix a été fait chez Jon Symons, il est en Hollande. On voulait travailler avec quelqu’un dont on aime l’approche, quitte à aller le chercher très loin. A mon sens "Rear Views" était probablement surproduit, trop d’arrangements, trop de tout. Avec Jon, on a beaucoup échangé, sur ce qui allait et ce qui n'allait pas, et on lui a fait confiance. On est très satisfaits du résultat. 


Tool et Katatonia sont les deux influences que l’on distingue le mieux à l’écoute de “Biopsie”. Les aspects prog et metal prennent le pas sur vos autres influences ?

Oui clairement. 





Vous avez choisi de mettre en avant ‘Sur Le Seuil’ en vidéo, un titre post rock très représentatif de l’album, avec chant en français, screamo et une ambiance musicale très toolienne. Pourquoi ce choix ?

C’est la chanson qui a donné la couleur à tout le reste de l’album. Celle qu’on a composée en premier. Ce n’était même pas un choix tellement c’était évident. 


Sur “Biopsie” il n’y a pas vraiment de morceau radiophoniquement compatible


Sur “Rear Views” vous aviez au contraire choisi le titre le plus pop de l’album. A posteriori, regrettez-vous ce choix ?

Pour moi, c’était logique de mettre en avant un morceau accessible. Sur “Biopsie”, la question ne s’est pas posée ainsi, puisqu’il n’y a pas vraiment de morceau radiophoniquement compatible. 


"Sur le Seuil" est mon titre préféré pour les raisons évoquées. Quel est le vôtre ?

On a chacun le nôtre et on n'est pas tout à fait d’accord à ce sujet. Mais c’est clair que “Sur le seuil” est la synthèse parfaite de cet album. Pour Yann, c’est “To Kill a Father”. Raphael, “Always on”. Zomby “Il y a Deux Cadavres dans la Pièce”. Pour ma part, c’est “Le Conquérant” 


Qu’attendez-vous du nouvel album “Biopsie” ?

Que plus de gens l’écoutent. Je sens qu’on a vraiment réussi ce qu’on voulait faire sur cet album. On n'a pas bien fait le travail de promo sur le premier album, et le truc est retombé très vite. J’entends corriger ça pour celui-ci. 


Vous entamez une tournée en France dans le nord-ouest, qu’en attendez-vous ?

Faire des rencontres, approfondir les relations avec les associations locales, faire plus d’échanges avec les groupes de là-bas. 


Tro for pou la France, tro fèb pou la Réunion


Je n'ai pas vu de Zenith dans la liste des salles, C'est un oubli ?

On est beaucoup trop chers pour le Zenith ! (Rires). Comme on dit chez nous : “Tro for pou la France, tro fèb pou la Réunion” 





Est-ce que le merchandising est important dans ce genre de petites salles ? Que vous permet-il ?

Le CD, c’est mort. Moi, j’ai même plus de lecteur CD dans ma voiture. Donc ouais, il faut faire du merch. Ça n'amortit pas le coût d’une tournée, c’est certain, mais c’est un complément sympa. 


Est-ce que, comme le disait ironiquement John Lennon, le rock français est vraiment comme le vin anglais ?

J’espère que non ! Mais, je pense que je n’écoute pas assez de rock francophone pour être catégorique. 


Merci


Plus d'informations sur https://www.facebook.com/vacuumroad
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