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MICHAEL MONROE (18 SEPTEMBRE 2019)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
HARD ROCK
Icône du rock'n'roll, Michael Monroe est revenu sur son parcours pour Music Waves !
DARIALYS - 25.10.2019
Michael Monroe est connu pour avoir été le chanteur du groupe de glam finlandais Hanoi Rocks. Si la formation a splitté il y a une dizaine d'années, le leader charismatique coule des jours heureux avec son nouveau groupe auquel il a donné son nom, et s'éclate toujours autant à faire de la musique ! Entretien auprès d'une figure légendaire du rock qui n'a pas sa langue dans sa poche !





Nous commençons toujours nos interviews sur Music Waves par la question suivante : quelle est la question que l’on t’a posée trop souvent ?

Michael Monroe : (Il réfléchit) Je ne sais pas ! (Rires).

Tant mieux ! Ça veut dire qu’on ne te pose pas tout le temps les mêmes questions !

Non effectivement. Chaque jour est différent, chaque personne est différente. J’aime maintenir un certain niveau d’enthousiasme et d’excitation dans les interviews !


Est-ce que tu te considères comme une icône musicale, ou même une légende ?

Non ! (Rires). Je me considère comme un rocker, mais pas comme une rock star. Certains me considèrent comme une légende, ce qui fait très plaisir ! Ça me flatte beaucoup, mais je pense que je suis simplement un rocker, un musicien. Je fais de mon mieux pour m’améliorer tout le temps, mais on n’est jamais assez bon ! Il faut rester humble.

 

Hanoi Rocks est un groupe dont je suis très fier. C’est le groupe de ma vie.

 

Dix ans après le split de Hanoi Rocks, ton nom reste malgré tout associé à Hanoi Rocks. Comment est-ce que tu vis ça ? En es-tu fier ? Ou est-ce une page que tu aimerais tourner ?

Hanoi Rocks est un groupe dont je suis très fier. C’est le groupe de ma vie. Pendant longtemps, ce groupe, c’était toute ma vie. Il a fallu que je recommence à vivre par moi-même. J’ai réussi à survivre malgré tout (Michael Monroe a eu de sérieux problèmes de drogue et a perdu sa femme il y a une vingtaine d’années, ndlr).

Tu es musicien depuis 40 ans ! Est-ce que tu as des regrets liés à ta carrière ?

Non, car si j’avais su ce que je sais aujourd’hui, j’aurais bien sûr fait certaines choses différemment. Mais dans la mesure où on ne peut pas revenir sur ce qu’on a fait, ça ne sert à rien d’avoir des regrets, ça ne va pas t’aider.

Dans ce cas, qu’est-ce que tu estimes que tu aurais dû faire différemment ?

Oh, la liste serait trop longue ! Je n’aurais pas dû faire ce projet, Jerusalem Slim, avec Steve Stevens. Ça a été l’une des pires choses de ma carrière. On a fait un album vraiment nul. Je n’y pouvais pas grand-chose, mais j’ai engagé ma responsabilité en laissant cet album sortir. Je crois qu’on est les créateurs de ce qui se passe dans nos vies ! Ce qui me dérange, c’est qu’un album soit sorti de ce projet. Dieu merci, on a appelé ce groupe Jerusalem Slim. Il n’y avait pas mon nom dans le nom du groupe ! Ça m’aurait tué ! (Rires).

 

Dès que l’on donne un nom à ta musique, ça limite la créativité et ça ruine la musique.

 

Est-ce que tu te considères comme un survivant de l’ère du glam ? Est-ce que ces années te manquent ? C’est une époque qui correspond à une liberté que l’on n’a plus maintenant.

J’ai plus de libertés maintenant qu’avant ! Le problème, c’est que les gens nous ont collé l’étiquette glam avec Hanoi Rocks, mais nous n’avons jamais dit que nous faisions du glam ! Pour moi, dès que l’on donne un nom à ta musique, ça limite la créativité et ça ruine la musique. Les labels, bien sûr, encouragent ce phénomène, car ils veulent vendre. Dans les années 60, 70, et même au début des années 80, on ne se souciait pas de savoir si un groupe faisait du heavy metal, du black metal, du grunge, ou je ne sais quoi ! Il n’y avait pas de marketing derrière. Ça encourageait les groupes à faire de la vraie musique et à avoir leur propre personnalité. Les albums de ces années-là sonnent toujours mieux que les albums d’aujourd’hui, quand bien même nous avons toutes les technologies qui existent ! Tout ça, ce n’est rien comparé à ce qu’on faisait avant. Je ne dis pas ça parce que je vieillis et que c’était mieux avant. Pour le coup, c’était vraiment mieux avant ! On faisait de la musique pour les bonnes raisons ! Et puis, à partir des années 90, la musique est devenue un business. Dans le grunge, Nirvana, groupe sorti de nulle part, a fait un tabac. Et puis d’un coup, quelqu’un a dit que c’était du grunge new wave, et puis plein de groupes ont voulu sonner comme eux, sans jamais y parvenir. Quelle perte de temps ! Laissez ces mecs faire leur musique et jouez votre musique !

 

Je ne fais pas de la musique pour être adoré ou approuvé par les gens.

 

Le nom Michael Monroe évoque immédiatement le rock’n’roll. Es-tu conscient que ton nom est devenu une marque de fabrique en quelque sorte ? Steel Panther est un peu dans le même cas. Est-ce que tu te considères comme un héritier de ce genre ?

Je ne me suis jamais identifié au glam. On m’a décrié car j’ai voulu sortir de cette mode de mettre des étiquettes sur la musique. Tout ce qui a de l’importance pour moi, c’est de la musique. On m’a posé une question aujourd’hui : « quand as-tu eu ta première relation avec une groupie ? ». Mais ça ne m’est jamais arrivé de toute ma vie ! Je ne passerais pas la nuit avec une parfaite inconnue pour ne jamais la revoir ! Beaucoup de chanteurs de rock, au moins la moitié, sont des idiots finis. Des gens superficiels, étroits d’esprit, égoïstes… Je suis ici pour prouver qu’il n’y a pas besoin d’être un idiot pour être chanteur de rock ! (Rires). Pour répondre à ta question, beaucoup de groupes des années 80 dans ce genre de musique ont sorti au moins un gros hit. Ça n’est pas mon cas, mais ça n’est pas un problème. Je fais mon truc quoi qu’il arrive ! Je ne fais pas de la musique pour être adoré ou approuvé par les gens. J’ai toujours travaillé selon mes propres conditions sans compromettre mon intégrité. C’est ça dont je suis fier. Quand j’ai commencé ma carrière, le plus important pour moi était de ne pas oublier qui j’étais, de ne pas devenir un con, de ne pas me perdre en chemin.

 

Notre seul but a toujours été de faire de la musique et d’être honnêtes dans notre démarche. Je me fiche du nombre d’albums qu’on vend.

 

D’un autre côté, des groupes comme Mötley Crüe ou Guns’N’Roses ont dit avoir été influencés par Hanoi Rocks !

Mais Guns’N’Roses a su garder son propre son et j’en suis très content ! Et Slash est le meilleur guitariste au monde. Ils ont su s’inspirer des autres groupes de la bonne manière. Ils se sont inspirés de l’attitude des autres groupes tout en gardant leur propre style. Ils ont un son un peu plus heavy que Hanoi Rocks, mais leur son est unique. Ils ont reconnu que Hanoi Rocks était une grosse influence pour eux et ils voulaient que les gens entendent parler de nous. A l’inverse, certains groupes se sont inspirés de nous, mais pas dans le bon sens du terme, d’une manière plus superficielle. Ils se sont trompés de façon de faire, ce qui n’a pas empêché certains groupes de vendre des millions d’albums et d’avoir des millions de fans. C’est toujours flatteur d’entendre qu’un groupe est influencé par toi ! Mais nous, notre seul but a toujours été de faire de la musique et d’être honnêtes dans notre démarche. Je me fiche du nombre d’albums qu’on vend. Ce n’est pas ça qui te rend heureux. C’est ce que tu fais qui te rend heureux, et il faut faire les choses selon ses propres règles.

Ce nouvel album ("One Man Gang") semble être plus un travail de groupe que le travail de Michael Monroe seul. Est-ce bien le cas ?

Oui. C’est un travail de groupe.

C’est comme ça que tu arrives à maintenir une certaine inspiration malgré les années ?

D’une certaine manière, oui. Heureusement, je n’ai pas un gros égo, et je ne cherche pas à tout contrôler. On fonctionne comme un vrai groupe, même si on s’appelle Michael Monroe.

Est-ce que tu ne songerais pas à changer de nom du coup ?

Non. On a commencé ce groupe en 2009/2010. Michael Monroe est un nom bien établi. Pourquoi créer un nouveau nom auquel il faudra s’habituer ? Il aurait fallu attendre 2 ou 3 ans histoire que les gens fassent le rapprochement. Michael Monroe est un bon nom. Je donne à tout le monde la possibilité d’écrire autant qu’ils le veulent. Il y a beaucoup de talent et de créativité dans ce groupe. Je veux donner cette liberté de création à tous. Peu importe qui écrit les chansons tant qu’elles sont bonnes ! Beaucoup de groupes des années 80 qui ont sorti des gros hits font aujourd’hui des albums simplement pour partir en tournée derrière. Au final, ils ne jouent aucun morceau de leur nouvel album, ou peut-être une seule chanson. Je préfère largement être dans ma position où on crée de nouvelles musiques avec le groupe. La plupart des gens disent que mes meilleurs albums sont ceux de ma carrière solo. Je suis plutôt d’accord. Je préfère être dans cette situation, être enthousiaste et excité quand je crée.

Le punk semble très important dans ta musique aussi.  Il y a un invité du groupe Captain Sensible sur l’album. Il y a aussi des influences punk sur ‘The Pitfalls Of Being An Outsider’ et sur ‘Black Ties And Red Tape’. Pourquoi le punk est-il si important pour toi ?

Je crois que le punk est le seul genre qui a gagné à être identifié clairement avec un nom dans le business musical. Avant que le punk n’arrive, il y avait des groupes millionnaires qui dormaient dans châteaux en étant coupés de la réalité. Ils faisaient des albums pour se faire plaisir, avec des solos de 20 minutes. Et puis tout à coup, quelques groupes sortent de nulle part sans être d’excellents musiciens, sans être des virtuoses, mais ils ont quelque chose à dire. Ils écrivent des choses qui signifient quelque chose. Un peu comme quand le rock’n’roll est apparu, ils ont soulevé des questions et remis en cause les choses établies pour dire la vérité. Bob Dylan est celui qui a commencé à écrire des paroles en ce sens. Ça a révolutionné l’approche de la composition. Le punk a été un coup de pied au cul de toutes ces riches rockstars complaisantes. C’était quelque chose de nécessaire.




Et on prend aussi un sacré coup de pied au cul en écoutant des morceaux comme ‘Junk Planet’, ‘Wasted Years’ ou ‘Hollywood Paranoia’. Ce sont des chansons directes taillées pour la scène. Il y a de la mélodie et des refrains qui restent en tête. A l’instar de Motörhead, on dirait que vous faites des chansons dans cette veine-là. Es-tu d’accord ?

Oui je suis d’accord !


L’artwork représente le groupe dans le couloir d’un métro. L’idée représentée est forte, mais en même temps, on est loin des clichés des groupes dont on parlait précédemment où on pouvait voir des femmes nues sur les pochettes, ou autre. Vous avez envie de montrer que vous êtes loin de tous ces clichés ?

Oui. Dans les musiques et dans les paroles on essaye toujours de sortir des clichés et de réinventer ce que l’on fait. On essaye de se renouveler. C’est quelque chose de très important dans ce groupe.


On disait tout à l’heure que certains groupes étaient inspirés par le vôtre, Guns’N’Roses notamment. Il y a beaucoup de livres qui traitent de ta carrière. Aimerais-tu avoir un biopic sur toi et ta carrière ?

Il y en a un en réalité, mais il est en Finnois uniquement ! Il est sorti en 2011. Il est très différent de ce qu’on lit en général sur des groupes de rock’n’roll. Ça ne parle pas de se retourner la tronche ou quoi que ce soit, ça ne parle pas de ces choses ennuyantes. Il a été réédité il y a quelques années avec une partie actualisée. Il faudrait qu’il soit traduit en anglais mais ça coûte cher. Ce serait bien qu’il puisse être publié mondialement. Tout le monde a sa biographie maintenant, même Britney Spears, elle a écrit un livre sur sa vie ! De mon côté, je n’étais pas trop du genre à faire la fête tout le temps et à me retourner la tête. J’étais plus du genre à prier, plutôt spirituel. Je passais mon temps à essayer de m’ouvrir l’esprit, plutôt que de boire et de faire des choses stupides. J’ai eu des difficultés aussi mais je suis toujours en vie ! Au début du livre, je raconte que je n’ai pas envie que les gens fassent certaines choses que j’ai pu faire aussi. Mais le livre ne parle pas de drogue et de tout ça, il retrace vraiment ma carrière. J’ai une histoire assez unique, et il m’est arrivé beaucoup d’histoires que les gens n’auraient pas imaginées !


On sait que tu es un grand chanteur, mais tu joues aussi du saxophone, et notamment sur un morceau du nouvel album de Black Star Riders. Il y a aussi des invités sur ce nouvel album. Tout ça, c’est un moyen pour toi de rester inspiré ?

Oui ! J’aime quand il y a du saxophone, de la harpe… Tout le monde ne sait pas jouer de ces instruments ! Le saxophone ajoute une vraie couleur aux chansons. Sur notre album, il y avait 18 chansons et je n’en ai gardé que 12. Il y avait quelques chansons qui n’ont pas été retenues avec du saxophone. Mais elles sont trop bien pour n’être que des B-sides, donc elles seront sur le prochain album.


Qu’attends-tu de ce nouvel album ?

Prendre du plaisir ! "All killers, no fillers" est mon leitmotiv (en français, cela signifie littéralement que chaque titre est une "tuerie", et aucun n’est là pour faire du "remplissage", ndlr). Si un album n’est pas suffisamment bon, je ne le sors pas. Je veux pouvoir regarder ma carrière avec la conscience tranquille et en me disant que je suis resté fidèle à moi-même pour pouvoir m’endormir paisiblement !



Nous avons commencé cette interview en te demandant quelle était la question que l’on t’avait trop souvent posée. Au contraire, quelle serait celle à laquelle tu aurais aimé répondre ?

En 1985, un magazine m’avait placé 5ème dans leur classement des chanteurs et 1er au classement des sex-symbols ! Ça m’avait embarrassé car je ne voulais pas être connu pour être un sex-symbol mais pour mon chant !


En tout cas on a été ravis de pouvoir parler à une icône du rock’n’roll ! Merci beaucoup !

Merci beaucoup ! (En français, ndlr).





Merci à Noise pour sa contribution...



Plus d'informations sur http://www.michaelmonroe.com/
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