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RAGARAJA (10 OCTOBRE 2019)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
HARDCORE
Premier album long format "Egosphère" pour Rãgarãja que Music Waves vous propose de découvrir...
STRUCK - 13.11.2019
Rãgarãja débarque avec son premier album évènement "Egosphère" qui pourrait bien faire de lui un des futurs fers de lance du metal à la française ! Interview découverte...


Nous avons l’habitude de commencer nos interviews par la question qu’on vous a trop posée et à laquelle vous avez marre de répondre ?

Euryale : (Rires) "D’où vient le nom Rãgarãja ?"

Léo Goudaroulis : Mais en même temps, c’est tellement important le nom d’un groupe !

Euryale : Important mais pas essentiel…

Léo : Mais c’est vrai qu’on nous la pose tout le temps…





Ce ne sera pas le cas aujourd’hui, votre actu est la sortie de votre premier album après un EP "Sheitan" bien accueilli. Quelle est votre impression le jour de sa sortie ?

Euryale : Nous sommes bien encadrés. Pour le coup, on va être distribués par Season of Mist à partir du 1er novembre dans le cadre de notre partenariat avec Ellie Promotion. Aujourd’hui, l’album sort en numérique : cette sortie est très attendue par nos fans hardcore et nous en avons quelques-uns -c’est l’avantage de chanter en français : on motive et on implique les gens. On a donc plutôt une bonne appréhension et personnellement, je suis soulagé que cet album sorte parce que ça fait deux ans qu’on travaille dessus, ça fait deux ans que je me tape le mix et le master -ce sont des choses qui prennent du temps à s’apprendre, mine de rien- et on a beaucoup travaillé sur cet album, on a voulu faire quelque chose d’assez riche avec une intro, avec pas mal d’ambiances, de la diversité dans les titres… pour que ce soit un album complexe… Du coup, on est soulagés qu’il sorte et on est impatients de voir comment les gens vont l’accueillir, de lire les critiques positives comme négatives !


Tu parlais d’introduction. Pourquoi une introduction douce alors que votre musique est sauvage ? Est-ce que votre album est un album concept ?

Euryale : Une intro, c’est comme les préliminaires. Les meilleurs albums ont toujours une intro qui envoie, je pense au "Black Album", les Guns N’Roses avec "Appetite for Destruction" et ‘Welcome to the Jungle’, Bullet for my Valentin et ses petits violons sur "The Poison" qui est extraordinaire, même Trivium ont quelques bonnes intro… Pour moi, un bon album démarre par une bonne intro…

Léo : Je peux même étendre en disant qu’un bon live démarre également par une bonne intro…


Ça signifie donc que cette ‘Intro’ sera l’intro de vos lives ?

Euryale : Alors on a une intro en live qui est légèrement différente mais l’état d’esprit dans lequel peut te mettre l’introduction du CD, tu la retrouves dans l’intro live. C’est vraiment une intro qui est là pour faire monter la sauce, pour créer une tension qui amène à être résolue, à une solution…
Cette intro me tient particulièrement à cœur parce que toute la musique a été écrite par notre bassiste et j’ai écrit un texte sur la naissance de son fils. Je me suis mis à la place de son fils en me demandant comment je me sentirais si je naissais dans une telle famille aimante, d’où nom du titre ‘Premier Souffle’. Notre bassiste a donc composé l’intro et ce premier titre et je voulais que l’album démarre par ces titres : la vie de son fils démarre et un album est un peu un bébé…


Il y a un concept global dans l’album : le thème, c’est la liberté !




Et les autres titres sont-ils également liés de la sorte en décrivant la vie de cet enfant ?

Euryale : C’est quelque chose qu’on aurait pu faire mais ça fait deux ans qu’on travaille sur cet album et il n’avait pas prévu l’arrivée de son bébé quand nous avions commencé cet album… Mais c’est un concept qui m’a traversé l’esprit. J’avais déjà fait l’exercice de me mettre dans l’esprit d’un mort dans le premier EP et le titre ‘La Loi du Temps’ : mon grand-père venait de décéder juste avant. Pour l’occasion, j’ai fait l’exercice inverse, j’avais envie de faire ce rappel : démarrer là où ça avait fini !


Le cercle de la vie en quelque sorte...

Euryale : Exactement !

Léo : Pour répondre concrètement à ta question, clairement oui, ‘Premier Souffle’ raconte la vie de l’album. L’album est censé raconter une histoire !

Euryale : Il y a un concept global dans l’album : le thème, c’est la liberté !


Comme vous l’avez dit, votre thème principal est la liberté, en quoi cette liberté est-elle entravée dans notre société moderne ? Comment cultivez-vous cette liberté ? Vous êtes très critiques face au monde moderne, est-ce que monde vous pèse ?

Léo : La liberté est quelque chose de très personnel -d’où "Egosphère"- c’est avant tout s’accepter. La liberté, c’est également la liberté d’expression qui est quelque chose de très fort : beaucoup de gens créent et avec Internet, on a accès à énormément d’informations. Donc oui, nous sommes assez libres même si d’un point de vue politique, je ne m’exprimerai pas : ce n’est pas mon truc…


Mais artistiquement, pensez-vous que nous sommes libres ?

Léo : Les deux sont étroitement liés : la liberté artistique vient vraiment de celle de la personnalité humaine. Mais artistiquement sommes-nous libres ? J’aurais tendance à répondre positivement, en Europe en tous cas.


La vie est une succession de choix que tu fais et finalement, tu n’as pas de liberté autre que de choisir !



Mais ne l’êtes-vous pas parce que vous œuvrez dans une niche ?

Euryale : En fait, tu n’es libre que dans tes choix. La vie est une succession de choix que tu fais et finalement, tu n’as pas de liberté autre que de choisir ! On ne dénonce pas vraiment parce qu’on ne tient pas de propos politique, notre titre le plus politique est ‘Fractale’ dont le thème est un enfant dans une cité et il évoque comment tu grandis dans une cité et comment tu es enfermé dans une sorte de ‘Fractale’ qui est une structure qui se répète à l’infini…Pourtant, il n’y a pas de politisation, de moralisation : nous sommes juste dans le constat !


Que le fameux ascenseur social ne fonctionne plus…

Euryale : Exactement ! C’est un constat mais je ne le critique pas plus que ça ! Décrire n’est pas critiquer ni donner une leçon de morale ! Je ne veux pas donner de leçon de morale. Il y a une seule notion de morale dans l’album, c’est dans le morceau ‘Egosphère’ où on dit « Ferme les yeux. Débranche-toi. Ecoute les frissons de l’air ».

Léo : Personnellement, je fais partie d’autres projets dans des musiques encore plus de niche justement comme la noise notamment et je suis très content de ce choix même si ce n’est pas vendeur. Et je suis vraiment content d’avoir fait ce choix artistique : dans la noise, je n’ai pas à me forcer à mettre du chant ou ne pas me forcer à ne pas faire de la musique moins technique…


Quel est le lien entre ce thème et la pochette de cet album qui peut faire penser à Paradise Lost ?


Euryale : C’est vrai qu’il y a un peu de ça… La pochette représente la divinité Rãgarãja qui est le roi des passions. L’aspect liberté vient du casque qu’il porte qui le relie, l’aveugle et l’empêche de voir ce qu’il a entre les mains, pourtant il fait offrande de son cœur, de ses tripes… En fait, cela décrit un peu l’état dans lequel nous sommes c’est-à-dire qu’à gauche tu vas avoir un symbole le Vajra qui est le symbole de colère contenue - qui est ce qui nous motive, la colère contenue -, on en fait quelque chose de créatif, qui nous anime- de l’autre côté, tu as l’harmonie avec la fleur de lotus, c’est ce que nous recherchons, c’est notre objectif. Entre le moyen et l’objectif, tu as les deux mains tendues avec le cœur : on se livre, on donne nos tripes ! Et ce casque, c’est l’enfermement dans lequel nous sommes avec malgré tout la connexion vers l’extérieur.

Léo : Et la surinformation ! C’est une vraie critique de notre société actuelle !

Euryale : C’est une critique visuelle par les symboles et les gens l’interprètent comme ils veulent… Et puis pour finir sur le visuel, tu remarqueras qu’il n’y a pas de sphère : c’est un pied de nez, tu peux choisir un titre à savoir "Egosphère" et te détacher de ce qu’il implique en ce qui nous concerne, nous avons choisi un casque et un visuel carré !


Vous évoquiez la colère que l’on ressent clairement….

Euryale : … J’espère bien !


... Qu’est-ce qui la nourrit de façon concrète ?

Léo : C’est assez compliqué et quelque part politisé sur le coup, c’est tout simplement le mode vie actuel. C’est assez vaste : la vie numérique, le bruit, la pollution… des choses qui m’angoissent énormément !


La colère est un sentiment négatif mais le metal t’offre la joie d’en faire quelque chose de positif, que tu partages…



Et tu vis à Paris !

Léo : Et je vis à Paris mais tout simplement pour une question de réseaux mais je compte bien partir à terme. C’est quelque chose de très fort en moi : l’enfant sauvage !

Euryale : En ce qui me concerne, c’est plus une colère pure. Je suis un excessif : c’est mon énergie principale, c’est mon équilibre ! Si je ne me purge pas ainsi, si je ne prends pas cette colère pour créer quelque chose, je vais devenir infect et en plus, je risque de ne rien faire de cette colère. La colère est un sentiment négatif mais le metal t’offre la joie d’en faire quelque chose de positif, que tu partages…
Faire quelque chose d’individuel, d’égoïste -parce que la colère est quelque chose d’égoïste-, la transformer en un exutoire qui te rassemble avec d’autres personnes et qui fait que tu partages quelque chose de positif, c’est le plus beau pied de nez que tu peux faire à cette grande blague qu’est la vie : prendre du moins pour faire du plus !


En quoi vos paroles s’approchent-elles de Baudelaire, comme on peut le lire dans votre bio ? Est-ce que c’est cet esprit bohème, désespéré et poétique que vous avez aussi ?

Euryale : (Rires) C’est clairement l’esprit bohème, désespéré : c’est clairement ça !

Léo : Il n’y a pas à tortiller, ma vie, c’est cela : mon père est musicien, ma mère est photographe d’art… Mes parents développaient des photos à 3 heures du matin avec du gin tonic !

Euryale : Baudelaire est l’écrivain qui m’a donné envie d’écrire parce que je trouve qu’il arrivait à construire de belles images poétiques : chaque mot t’envoyait loin. Il avait un cumul d’images dans chacune de ses phrases qui créait une sensation et c’est ça que je recherche : j’ai besoin dans une seule et même phrase d’avoir plusieurs sensations !
Je ne connais que ce poète, je n’ai lu que ce poète et je n’ai jamais consommé autre chose. Je ne consomme pas beaucoup de metal et je ne consomme pas beaucoup d’art en général : je créé beaucoup pour avoir l’orgueil de penser que je suis le premier con à avoir eu ces idées. Mais ça m’évite d’être influencé, d’être parasité…


J’ai envie que les gens se mettent à aimer le français dans le metal.




Dans votre biographie, vous citez des groupes djent comme nos amis de Beyond the Dust, ne craignez-vous pas de vous couper de certains métalleux en proposant un crossover de styles metal comme le metalcore, le djent ou encore le néo metal ?

Léo : Personnellement, j’écoute une musique beaucoup plus "melting pot" que ça. Mais non, ça rejoint la question de liberté, je ne pense pas qu’on fasse de la musique pour qu’elle entre dans une case, on essaie juste de faire une musique qui nous plaise !

Euryale : En fait, j’essaie de faire un truc qui n’existe pas et c’est ce qui m’intéresse. C’est également la raison pour laquelle j’ai choisi le français parce que j’ai envie que les gens se mettent à aimer le français dans le metal.


A ce titre, en vous écoutant, j’ai pensé à The Arrs. Ce groupe faisait-il partie de vos influences ?

Euryale : J’ai dû écouter deux morceaux de The Arrs. Si jamais Nico lit cette interview : je suis désolé (Rires) !

Léo : En ce qui me concerne, cette comparaison me va très bien mais ce n’est pas une référence en particulier mais contrairement à Euryale, je consomme énormément d’art et de musique et pas spécialement du metal.


Tu parlais de noise tout à l’heure, pour faire le lien avec le djent, on voulait citer The Algorithm, dans votre cas, pourquoi l’élément électro reste un habillage de surface ? N’aviez-vous pas eu envie de pousser encore plus loin ou est-ce une évolution future pour définitivement se différencier ?

Euryale : En fait, c’est clairement, clairement ce que nous envisageons ! Quand je compose, je le fais avec une guitare et une mélodie : peu importe le son derrière, cela doit sonner ainsi !
Je pense qu’on en a chié pour faire cet album parce qu’on a tout fait nous-mêmes -enregistrement, mixage, production- nous sommes arrivés à un stade où je suis très content d’avoir pu atteindre ce niveau mais je n’ai pas pris le temps de m’intéresser aux sonorités, textures électro : je pense que ça va arriver dans les prochains mois. Nous allons faire un EP l’année prochaine et on va essayer de marquer une différence dans la texture sonore et d’aller chercher des sonorités peut-être plus approximatives, plus imaginatives, différentes, toujours dans l’optique de créer quelque chose qui n’existe pas. Je pense que je vais fonctionner de la même façon que je fonctionne maintenant, à savoir que je ne vais pas consommer de musique de groupes comparables : je vais essayer de faire avec ce qui me semble bien sonner.


C’est peut-être dans cette variété que les gens vont venir nous chercher… Nous sonnons différemment, nous chantons en français : nous sommes une curiosité musicale à l’instar d’un Rammstein qui a comblé un vide !


Ça fait plusieurs fois que tu dis ne pas consommer de musique mais comment estimez-vous que le public va consommer votre musique ?

Euryale : C’est une question très pertinente ! Je ne consomme pas parce que je créé et que ça me paralyse quand je crée. En revanche, je consomme des trucs types Nile Rodgers, du funk… j’adore ça parce que cette variété m’aère la tête ! Et c’est peut-être dans cette variété que les gens vont venir nous chercher… Nous sonnons différemment, nous chantons en français : nous sommes une curiosité musicale à l’instar d’un Rammstein qui a comblé un vide !


Nous revenons à The Arrs que je citais tout à l’heure et qui a laissé un vide…

Léo : C’est clairement une place qu’on essaie de prendre !

Euryale : Il y avait également Eths et il reste Smash Hit Combo qui sont plus rap…

Léo : … et Mass Hysteria !


Et justement, ce choix du français : est-ce une volonté pour se démarquer ?

Euryale : Pas particulièrement. La raison pour laquelle j’ai choisi le français, c’est que je ne me voyais pas écrire en anglais et dire des trucs dans une langue qui ne traduit pas ce que je ressens : il n’y a rien de mieux que la langue maternelle pour s’exprimer et je ne me voyais pas avoir ce côté faux-cul, pour me prononcer autrement…


Si on avait choisi la facilité, on aurait fait de la pop rock électro !



En revanche, vous avez conscience que…

Euryale: (il coupe)… ça va nous pénaliser ? Bien sûr ! Mais si on avait choisi la facilité, on aurait fait de la pop rock électro (Sourire) !

Léo : Mais c’est quelque chose qui va être défendu par le projet. D’ailleurs, on voit cette particularité sur le logo : l’Hexagone n’est pas là par hasard !

Euryale : Il y a des millions de personnes qui ne sont pas habitués à écouter du metal en français…


Ça va peut-être nous pénaliser mais de toute façon, je ne fais pas du metal pour être connu, je le fais pour dire quelque chose et parfois, c’est dans la souffrance !




Du rock tout simplement…

Euryale : C’est vrai parce que je trouve qu’à aucun moment, en France, on n’a voulu donner une identité au rock français qui soit séduisante comme peut l’être l’anglais alors que si tu traduis les textes anglais en français, c’est d’une pauvreté et d'une stupidité absolues. J’ai envie de faire la démarche inverse au lieu de faire de l’anglais parce que ça peut marcher, je fais du français parce que j’ai envie de le faire et on va faire en sorte que ça marche. Ce n’est pas une démarche d’évidence mais c’est l’état d’esprit dans lequel nous sommes : ça va peut-être nous pénaliser mais de toute façon, je ne fais pas du metal pour être connu, je le fais pour dire quelque chose et parfois, c’est dans la souffrance !


On parlait de se pénaliser : votre album est long. Est-ce que cette longueur ne risque pas de nuire à son efficacité ?


Léo : C’est une bonne question !

Euryale : On en discutait avec notre bassiste qui voulait faire un album encore plus long il voulait ajouter des interludes… Cet album fait 51 minutes pour 11 titres. C’est long dans le format actuel parce que les groupes sortent plutôt des EPs qui est un format efficace. Mais nous avions envie de marquer le coup : ça faisait deux ans qu’on traînait pas mal de titres, je ne me voyais pas jeter à la poubelle des trucs : je suis plutôt écolo, je recycle des riffs qui ont presque 10 ans. Il y a des parties de jambes en l’air courtes et efficaces et d’autres monumentales parce qu’elles sont bien longues et bien amenées. J’ai essayé d’en faire une longue et bien amenée : peut-être que je me plante et que j’aurais dû en faire une courte et efficace (Sourire) mais l’idée était de faire un album pour lequel il faut prendre son temps pour l’écouter.


Tu parles de parties de jambes en l’air, ça m’évoque votre précédent clip ‘Dans le miroir’. Avez-vous conscience qu’avec un tel clip, certains vous ont taxé d’opportunistes en voulant absolument créer le buzz ?

Euryale : En fait, je m’en fiche ! Si les gens ont un problème avec la nudité, j’ai envie de dire : "Travailler sur vous et un jour, vous serez plus heureux !". En fait, nous avons eu très peu de mauvais retours sur ce clip et quand c’était le cas, c’était plus des mecs que des nanas, ce qui est assez surprenant : je pensais qu’on allait se prendre des chiennes de garde en pleine tronche !
Mais oui, il y avait l’idée de faire quelque chose de choquant, c’était le but mais à proprement parler, hormis la nudité, le propos n’est pas plus malaisant que ça : il n’y a pas de dégradation, d’objectification de la femme. Il y a une vraie histoire, une vraie démarche : le but était de faire de l’art érotique et pas faire du cul pour du cul. Si ça avait été le cas, j’aurais mis une gonzesse un peu dénudée qui danse autour d’une barre et l’affaire était réglée !


Et effectivement, on est loin de la démarche d’un Rammstein que tu citais tout à l’heure…

Euryale : Tout à fait ! Ils ont fait du porno pur et dur. Ils ont joué la carte de la provoc' à fond. Ce n’était pas notre démarche volontairement : on a pris l’option de faire de la nudité qu’on ne censurerait pas, de faire un truc cru… On ne force personne à regarder ce clip et aujourd’hui, malgré tout, c’est notre clip le plus consulté. Et nous n’avons pas eu de tribune parce qu’il y avait un vrai effort artistique derrière et ça a été reconnu et ça, ça fait plaisir ! On a pris un risque et ce risque a payé positivement et heureusement, il n’a pas créé de bad buzz !


Pendant qu’on parle de buzz, qu’attendez-vous pour cet album qui sort aujourd’hui numériquement et très prochainement physiquement ?

Euryale : Est-ce qu’on séduit quelqu’un en ayant des attentes ?
On doit séduire le public. Clairement ! On n’a pas envie de se dire que le public est un objectif en tant que tel. C’est un peu comme une gonzesse si tu la séduis en te disant que ce n’est pas un objectif en tant que tel pour finir avec mais juste de passer un bon moment et d’essayer de te montrer au mieux. C’est un jeu de séduction entre nous et le public : nous sommes là pour essayer de séduire le public en nous montrant sous notre meilleur jour. In fine, le but est de passer un cap en montrant qu’on a fait un album long en ne reprenant pas l’idée de refaire un EP, en montrant qu’on s’est cassé le cul en faisant quelque chose de travaillé et qu’on pourra peut-être compter sur nous !

Léo : J’aimerais également dire que nous n’allons pas seulement défendre cet album sous forme physique ou numérique mais également et surtout en live. C’est très important car nous sommes très attachés au live ! Nous essayons justement de faire comprendre à la communauté que Rãgarãja, c’est pour du vrai : c’est physique, c’est du contact avant tout ! Donc le live est primordial ! On essaie de faire en sorte que les morceaux soient le plus efficaces possible en live quitte à ce que je simplifie un peu les rythmiques pour que ce soit encore un peu plus rentre-dedans…
La soirée d’aujourd’hui va dans ce sens à savoir que nous ne sortons pas juste notre album en numérique, nous faisons un post Facebook et fin de l’histoire… Non ! Nous voulions qu’il y ait du vrai contact !


Ce qui est assez contradictoire avec votre biographie finalement dans laquelle vous mettez l’aspect numérique en avant…


Euryale : C’est clair qu’il va falloir se mettre un peu à jour : on a grandi ! On est parti d’une démarche où nous existions numériquement, aujourd’hui on se concrétise en live. De la même façon, plutôt que de filer 200 euros à Facebook ou Instagram, on a fait un jeu concours dans lequel on offre 200 euros de tatouage au gagnant.
L’idée avec ce jeu concours, cette release party ce soir est de revenir au physique parce qu’il n’y a rien de plus kiffant que de voir les gens, leur serrer la main, passer de bons moments à rigoler et boire un coup… Sans contact, sans cohésion sociale, sans moment humain, ta vie n’a aucun sens, elle est fade ! L’egosphère, c’est ça : on est tous à distance des uns des autres, on est tous dans son propre ego…


Nous avons commencé par la question qu’on vous a trop posée, à l’inverse quelle est celle que vous souhaiteriez que je vous pose ou à laquelle vous rêveriez répondre ?

Euryale : J’aime bien l’idée du dernier message. Si je devais dire quelque chose aux gens, c’est de sortir de chez eux une fois qu’ils ont fini de lire l’interview, ils éteignent leur PC, leur écran… ils vont marcher une heure et se poser dans un coin, s’allonger sur l’herbe et écouter ce qu’il y a autour…






Merci

Euryale : Merci à toi, c’est très agréable d’avoir de telles questions qui nous challengent et ça, c’est cool !


Merci à ThibautK pour sa contribution...


Plus d'informations sur https://www.facebook.com/ragarajaband/
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