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LES WAMPAS (06 NOVEMBRE 2019)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
ROCK
Les Wampas reviennent pour "sauvre le monde" qui a encore besoin de sa folie, de sa tendresse et sa poésie... Et pour l'occasion, Music Waves a rencontré son attachant leader, Didier Wampas...
STRUCK - 27.11.2019
Il n'aura pas vu Chirac en prison, l'histoire ne dit pas si il a enfin le portefeuille de Manu Chao mais Didier Wampas nous livre une entrevue à son image : sincère et sans langue de bois... Une interview pendant laquelle il sera bien entendu et très longuement question du nouvel album en date des Wampas "Sauvre le Monde", le côté décalé mais assumé du groupe et plein d'autres sujets traités de façon poétique dans cet album comme le climat, le vote extrémiste... mais également le rap qui a repris les codes de du rock'n'roll qui s'est embourgeoisé... Interview sans filtre






Les Wampas, qui au passage ont inventé le rock and roll…

Didier Wampas : C’est vrai !


… sont la preuve que Dieu existe…

Mais oui !


… et Font La Gueule, viennent ici Sauvrer Le Monde. Mais pourquoi le monde a-t-il besoin d'être sauvré ?

Il n’en a pas forcément besoin parce qu’il se débrouille tout seul mais il faut l’aider un peu en amenant un peu de poésie, de tendresse et de folie !


Et ce titre de l'album "Sauvre le monde" : est-ce une faute de frappe ou clin d'œil à un groupe parodique de Facebook qui révèle des complots que tout le monde doit sachoir ?

Non, non, c’est l’ingénieur du son américain qui a écrit "Sauvre le Monde" sur le titre et on l’a gardé (Sourire) !


J’essaie de ne pas enfoncer de porte ouverte !




Est-ce à dire que les Wampas veulent agir, être un peu plus en phase avec leur temps, dénoncer les problèmes comme voulurent le faire les Bérurier Noirs ?

Ah non, non, non, j’essaie de ne pas enfoncer de porte ouverte !


C’est ce que faisaient les Béruriers Noirs ?

Parfois un peu quand même ! J’adore Loran mais parfois, Les Ramoneurs de Menhir, sur scène, en plein milieu d’un titre, balancent un riff en disant "Pour l’Occitanie libre !"… Oui, oui, mais pourquoi (Rires) ?  


A un moment donné, on tournait un peu en rond avec les Wampas et ça m’a vraiment fait du bien de jouer avec d’autres gens



Est-ce que ton expérience en solo t'a fait évoluer depuis dans ton travail avec les Wampas ?

Ce n’est pas vraiment dans mon travail mais ça m’a fait du bien de repartir à zéro avec de nouveaux musiciens, un nouveau répertoire… A un moment donné, on tournait un peu en rond avec les Wampas et ça m’a vraiment fait du bien de jouer avec d’autres gens, les Bikini Machine pendant deux ans…


Comment avez-vous choisi la pochette et quel est le sens à décrypter ?

Oh la la, il n’y a aucun sens à décrypter ! On s’est dit que c’était mieux de faire nous-mêmes la pochette parce que les maisons de disques te proposent des gens qui connaissent à peine le groupe et qui te font des trucs qui n’ont à rien à voir ! Au moins quand tu fais la pochette toi-même, déjà cette pochette, tu as un peu de moi dedans !


Et que trouve-t-on au milieu de ce médaillon ?

C’est un chien ! Au départ, c’était un médaillon avec Elvis mais on s’est dit qu’on allait avoir des problèmes avec lui (Sourire) ! Donc on a collé un chien. C’est un chien qu’on a trouvé échoué sur la plage de Sète : il était là, il ne ressemblait plus à rien et je l’ai recueilli ce doudou abandonné qui a dû passer des mois en mer et on l’a mis sur cette pochette. Il n’y a pas vraiment de message ! C’est comme une peinture, une œuvre d’art, ça ne s’explique pas, chacun prend ce qu’il veut…


La poésie, ça ne s’explique pas bordel de merde !





Cet album démarre avec 'Tu Dévisses' et ses sifflements un peu insistants et une montée en crescendo. Ici, tu sembles juger sévèrement un disciple d'Icare et essaies de le diriger afin de lui éviter la chute. Le morceau rappelle un peu une chanson de William Sheller 'Goodbye Goodbye Good' sur son album le plus rock ''Albion'' dans lequel il adopte un chant similaire où il guide une personne à travers un parcours imaginaire ?

Aie, aie, aie (Rires) ! Non, non, rien de ça ! Au départ, il n’y avait que les sifflements et la musique. J’ai mis des paroles d’un autre titre que nous n’avons pas gardé. Tout simplement !
Je n’aime pas trop expliquer pourquoi j’écris telle ou telle chose. Ça me rappelle l’école quand le professeur te disait ce qu’un auteur avait voulu dire dans une poésie : qu’est-ce qu’on en sait ? C’est chiant : je déteste ça ! Les impressions c’est de la poésie et la poésie, ça ne s’explique pas, bordel de merde !
 

Etait-ce volontaire de choisir de débuter par un morceau un peu plus sentencieux voire noir alors que la deuxième piste est du Wampas pur jus et aurait pu figurer en première ligne ?

Je ne sais plus vraiment qui a décidé l’ordre des titres, c’est toujours quelque chose de bizarre ! C’est toujours dur de déterminer l’ordre des titres d’un album. En revanche, je sais bien le faire sur scène mais sur disque, c’est compliqué !
Mais je ne sais pas pourquoi on a mis ce titre en premier… Il fallait bien un premier (Sourire) !


J’essaie d’écrire de bonnes chansons et d’être sincère



Il y a une certaine nostalgie d'une innocence où nous étions persuadés de pouvoir changer les choses, est-ce que finalement les Wampas ce n'est pas ça, une quête de l'innocence perdue à travers des chansons à l'apparence légère ?

Oui, un peu ! Ce n’est pas vraiment volontaire ! C’est comme Trenet -je suis fan de Trenet- et je ne pense pas que c’était volontaire : il parlait beaucoup de l’enfance, du temps… Je ne parle pas de mon enfance et je n’ai aucune nostalgie du passé… Je n’en sais rien (Rires) ! J’essaie d’écrire de bonnes chansons et d’être sincère, c’est tout ! Après ça donne ce que ça donne mais je n’ai pas de message !


Avec le recul et tous ces albums, retrouves-tu toujours ce côté sincère ?

J’ai toujours été sincère et je n’ai jamais écrit une seule chanson en me disant que j’allais toucher tel ou tel public ! Quand j’écris une chanson, je ne demande jamais si les gens, les radios, les journaleux vont aimer… je m’en fous !


Les journaleux justement, dans 'Les Chinois Vont Sur La Lune', tu dis, je cite "TF1 a des remords, non c'est une blague je sors !" Pourquoi cette attaque inattendue ?

(Rires) Je n’en sais rien ! Pourquoi j’ai attaqué TF1 ? Parce que ça représente un peu tout le mal de notre monde. La télé déjà -je n’ai pas de télé depuis 30 ans- j’ai l’impression que c’est un média qui abrutit les gens…


Mais tu y vas parfois à la télé...

Le moins possible… Je fais en sorte de ne pas y aller. Quand on me demande, je n’aime pas refuser sachant qu’il faut également assumer : cela veut dire que hélas, tu as fait un truc qui plait et il faut assumer (Sourire) !


Et comment vis-tu une telle journée promotionnelle ?


Je parle avec des gens… Mais c’est comme la télé !

Je ne vais pas souvent à la télé mais je suis allé chez Ruquier et je lui parle comme je te parle. Que ce soit un webzine comme Music Waves ou Ruquier, je dis la même chose, je ne me dis pas qu’il faut que je dise tel truc parce que je suis chez Ruquier : je n’en ai rien à foutre !
Mais je ne suis pas content parce que je n’aime pas la télé, j’ai un blocage avec la télé ! Si je pouvais faire ce que je voulais, j’appuierais sur un bouton pour couper la télé dans le monde entier et les gens feraient autre chose : ils liraient, ils écouteraient de la musique, ils parleraient, ils joueraient, ils sortiraient…

Petit, j’ai regardé la télé et je n’ai pas aimé : je n’ai jamais aimé ce que ça représentait et TF1 représente le pire de la télé, le mal absolu (Sourire) ! Je suis désolé, TF1, d’être méchant avec vous (Rires), en vrai, je ne vous regarde jamais…


N’est-ce tout simplement parce qu’ils ne t’ont jamais invité ?

Non, non (Sourire) !


Peux-tu nous parler du personnage de Roy, cet homme sympathique qui votait FN. Etait-ce une façon de réagir contre la stigmatisation de certains Français par leur vote ?

Non, non, pas du tout ! C’est une histoire vraie d’un collègue de la RATP qui est mort il y a quelques années et sa femme m’a envoyé un message sur Facebook en demandant si ces anciens collègues pouvaient faire un petit quelque chose pour lui et j’ai fait cette chanson… C’est une histoire vraie d’une personne alcoolique, il avait tout pour être un sale type mais c’était un mec génial, super gentil (Sourire) !
Et voilà, il votait Front National, il était vraiment facho mais il avait le cœur sur la main, il était gentil comme tout : c’était vraiment bizarre ! Il y a des gens gentils qui votent Front National…


Et inversement…

… ou des cons qui votent les Verts, c’est sûr !


Dans ces conditions, c’est important de rencontrer les médias pour expliquer le contenu de ce titre…

Oui, j’avais peur, d’ailleurs, j’ai failli ne pas la mettre sur le disque en me disant que certaines personnes allaient mal le prendre comme Rock & Folk…


Tant pis, si certains disent que je banalise le vote Front National ce qui n’est pas du tout le cas !




D’où l’importance…

… d’expliquer : oui, tu as raison ! Il faut expliquer un titre comme celui-ci. Mais bon, si certains le prennent mal, je n’y peux rien : j’assume ce que je fais et tant pis, si certains disent que je banalise le vote Front National ce qui n’est pas du tout le cas ! J’ai vraiment écrit cette chanson pour Roy !


‘Léonie’ rappelle un peu par son traitement Bijou. Tu avais écrit une chanson ‘Dauga’ où tu te moquais un peu du bassiste de Bijou…

Ah non, je ne me moquais pas de Dauga, c’est un ami que j’adore !


… Est-ce que tu lui reproches d'être des rockeurs de droite ?

Ah non, je lui écris cette chanson mais je ne lui reprochais pas d’être un rockeur de droite : il n’est pas de droite d’ailleurs ! Il vient de cette époque -les années 1970 en banlieue- où les rockeurs étaient de droite. Quand j’étais petit, les rockeurs ne votaient pas Georges Marchais, les rockeurs étaient de droite : ils n’aimaient pas les cocos, ils n’aimaient pas les hippies, il ne fallait pas déconner en banlieue, Coluche le racontait très bien dans ses sketchs…

Et pour en revenir à ‘Léonie’ et son traitement Bijou et bien, tant mieux si ça sonne comme ‘Ok Carole’, je suis content !


Cette chanson permet de se défouler après ‘Roy’, une chanson d'apparence légère mais tragique. Même si tu disais que tu avais du mal à constituer l’ordre des titres dans un album, était-ce malgré tout cet équilibre que tu cherchais ?

Oui, c’était volontaire !


Un autre moment de douceur c'est ce slow 'Jenny' chantée en voix de tête et accompagnée d'une choriste. D'où vient la choriste et pourquoi avoir voulu chanter ainsi ?

Tu sais, je fais toujours des morceaux en yaourt avec ma guitare et on a gardé ça comme ça. La choriste, c’est Marie des Liminanas…


Effectivement vous avez fait les maquettes chez Lionel des Liminanas…

Tout à fait, j’étais tout seul avec ma guitare, il a mis un ampli et un micro et il a fait les arrangements par la suite avec Marie qui a chanté dessus. En fait, on a gardé les maquettes.


[On] a complétement changé notre façon de travailler et ça nous a fait du bien : ça nous a sorti de notre routine !


Tu n’avais pas l'habitude d'enregistrer des maquettes précédemment. Est-ce que cette nouvelle façon de travailler -comme ton album solo- a changé des choses et apporte un vent de fraîcheur sur vos compos ?

Oui, c’est énorme parce que d’habitude on répète les morceaux tous ensemble, on les travaille tous ensemble et le producteur arrive juste après. Mais qu’est-ce que tu veux faire quand tu arrives ainsi face à un groupe qui travaille ensemble depuis 30 ans ? Qu’est-ce que tu veux que le producteur fasse à part rajouter un petit truc ?
Pour cet album, le fait d’aller tout seul chez Lionel qui a fait les maquettes, nous sommes allés ensuite au studio avec ses maquettes et il a fallu jouer dessus et ça a complétement changé notre façon de travailler et ça nous a fait du bien : ça nous a sorti de notre routine !


Est-ce que cela ne va pas être plus compliqué pour retranscrire ces morceaux sur scène ?

Je n’en sais rien, nous n’avons pas encore commencé : on verra bien !


Mais appréhendes-tu ?

Non ! La scène, on sait faire, on se débrouillera ! Il ne faut pas avoir peur et je n’ai jamais fait un disque ou une chanson en pensant à la scène. On fait des chansons et on verra bien ce que ça donne sur scène !


'C'est politique' est à nouveau une observation un peu désabusée de notre monde avec comme excuse cette phrase que tu brandis à tout va : ''C'est politique''…

Non, ce n’est pas désabusé au contraire, si c’est politique, on peut donc faire quelque chose !


Tu penses qu’on peut encore faire quelque chose ?

Bien sûr ! Pourquoi ne pourrions-nous pas le faire ? Depuis 2.000 ans, la civilisation fait des choses, la société a toujours évolué, des empires chutent, d’autres arrivent…
Il faut arrêter et lire les livres d’histoire : il y a eu la peste noire, les invasions, les guerres… la situation actuelle n’est pas pire que certains moments de l’histoire de l’Humanité, loin de là !


Mais sommes-nous dans une meilleure situation que les années 1960-1970-1980 ?

Bien sûr que oui, parce que nous évoluons. Et nous irons encore plus loin lors de la prochaine évolution. Les mouvements #MeToo, la planète… plein de choses évoluent qu’on n’osait pas dire avant…


Justement cette planète, tu es optimiste pour nous sur cette planète ?

Oui, je le suis ! Les gens se réveillent aujourd’hui. On en parle, les gens prennent conscience : donc, c’est bien !


On en parle mais finalement rien ne change…


Mais si, ça va se faire petit à petit. Les prochaines générations, les mômes qui naissent aujourd’hui vont naître avec cette conscience : ils auront tous conscience de ça ! Tous ces jeunes et potentiels futurs hommes d’état, industriels… auront ça quelque part ancré en eux.


Pour moi, le punk, c’était le futur




En écoutant ton discours et faire le lien avec le punk, les Wampas, c’est l’antithèse du message punk et donc "No No Future" ?

Effectivement, je suis tout le contraire de ça ! Au contraire pour moi, le punk, c’était le futur : on peut faire ce qu’on veut, on s’habille comme on veut… Pour moi, le punk m’a ouvert et c’était le futur : "Gros Futur" comme disait Groland (Rires) !


Toute cette imagerie rock’n’roll existe désormais dans le rap et plus dans le rock’n’roll !


Lors de notre interview pour ton album solo, tu me disais avoir assisté au concert d’Ultra Vomit avec tes enfants qui aujourd’hui écoutent du Booba, que s’est-il passé ?

Mes enfants écoutent plein de trucs… Et mon plus petit est allé voir un concert de Booba et il m’a dit que c’était super bien. Il me disait que par rapport aux concerts de rock où tout est bien réglé où finalement rien ne se passe, au concert de Booba, dans la Défense Arena, c’est super bien : des gens du public montent sur scène, un footballeur arrive avec une bouteille de rhum… Il me disait que ce sont des choses que tu ne vois plus dans des concerts de rock. A la limite, Booba a une attitude plus rock’n’roll que les rockeurs !

Ca me rappelle que je suis allé une fois à Skyrock et j’ai halluciné : je venais pour parler et ils avaient tous des pétards, des bouteilles de whisky, de rhum, ils font les cons… et tu vas chez Oui Fm, ce n’est du tout comme ça !

Toute cette imagerie rock’n’roll existe désormais dans le rap et plus dans le rock’n’roll !


Aujourd’hui, le rock c’est comme le jazz : une espèce de truc pour petits blancs de classe moyenne !


Tu dis que le rock est mort pour s’être embourgeoisé ?

Oui, aujourd’hui, le rock c’est comme le jazz : une espèce de truc pour petits blancs de classe moyenne ! Mais ce n’est pas grave, ce n’est pas pour ça que j’arrête de faire du rock’n’roll. J’y crois toujours : le rock’n’roll veut toujours dire quelque chose pour moi !
Heureusement qu’il y a le rap quelque part ! J’écoute très peu de rap mais mes fils m’ont fait écouter Lorenzo et ‘Nique la BAC’, tu écoutes ça, c’est 10.000 fois plus fun que les paroles de rock qui sont ringardes !
Mais je n’écoute pas beaucoup de rap parce que c’est une question de culture, de génération mais à chaque fois que j’en écoute, je me dis que c’est dix fois mieux que le rock !


Donc la première partie de votre prochaine tournée sera assurée par un rappeur ?

Non parce que ça ne marcherait pas : c’est autre chose ! Je ne ferais jamais de rap parce que ce n’est pas ma culture !
Le rock soit se prend au sérieux ou fait du comique mais au milieu, tu n’as rien et c’est ce que j’essaie de faire : ni du comique, ni du sérieux !


Le titre 'Comme une pourrissure triangulaire' renoue avec un son plus lourd, mais pourquoi ce titre bizarre qui viserait Mylène Farmer ?

Je crois que le titre est une référence à un titre de Pierre Boulez mais je ne suis plus certain : je ne l’ai jamais retrouvé et je me demande si je ne l’ai pas rêvé (Sourire) !


Mais que vient faire Mylène Farmer là-dedans même si on a bien compris que tu en ferais bien ton affaire ?

(Rires) Oui ! Mais je ne sais plus trop, je n’ai rien contre elle et rien pour non plus (Rires) !


J’ai bien conscience d’être complétement décalé par rapport à la société mais tant mieux, c’était déjà le cas quand on a commencé !


Dans un autre titre, tu évoques Sacha Distel… Penses-tu toujours être en phase avec le public actuel ?

Effectivement, Sacha Distel n’est pas très actuel mais je m’en fous complétement ! On parlait du rap tout à l’heure, j’ai bien conscience d’être complétement décalé par rapport à la société mais tant mieux, c’était déjà le cas quand on a commencé ! Depuis nos débuts, nous n’avons jamais été en phase avec quoi que ce soit et puis, ce n’est pas le but de l’art d’être en phase avec la société.

Si tu es phase avec la société, tu fais de la pub qui n’est pas de l’art. C’est ce que font la plupart des soi-disant artistes soit dans l’art contemporain ou la musique : ils sont dans leur petite boîte et sont en phase ! A partir du moment où ce que tu fais marche, tu es en phase, tu ne déranges personne mais ce n’est plus de l’art !


Ça me suffit de faire du rock’n’roll !




Avec cette façon d'utiliser le nom de personnes célèbres, n'as-tu jamais eu envie de te lancer dans l'écriture d'un roman où tu pourrais t'inspirer de personnages connus pour les transformer en autres au gré de ton imagination ?

Je n’ai pas trop envie d’écrire ! Je n’ai pas trop envie de faire autre chose que du rock’n’roll, que les Wampas… Faire du cinéma, écrire des livres ne m’intéresse pas : ça me suffit de faire du rock’n’roll !


'Pernety' est une station de métro, tu as travaillé à la RATP, est-ce à l'instar du ‘Dernier cormoran’, un nouveau regard sur ton passé ?

Je pensais à Pernety un jour où je pensais à des amis de l’époque. Il m’en reste encore deux ou trois de l’époque qui sont encore vivants (Rires) et c’est vrai que quand on se croise, il y a quelque chose de vraiment profond entre nous : c’est comme si on avait fait la guerre ensemble !

J’ai l’impression que je n’aurai plus jamais d’amis comme à l’époque ! J’ai d’autres amis avec qui je vis plein de choses mais des amis comme à l’époque de mes 18 ans avec qui tu traînes, je n’en aurai plus… Oui, c’est un moment de nostalgie -que je n’ai pas vraiment- mais c’est de la nostalgie quand même (Sourire)… et un hommage à tous ces amis d’il y a 40 ans…



On en parlait un peu tout à l’heure, avec 'L'autoroute des gros porcs', Didier Wampas est-il devenu Greta Thunberg ?


Ah non ! Je serais gêné d’être à sa place, si médiatisé. Plus ça va, moins j’ai envie d’être médiatisé… C’est toujours bizarre d’être médiatisé. Comme disait Gandhi -et j’en parle dans une chanson- c’est bizarre d’être riche et respecté dans une société injuste - parce que notre société est injuste. Quand tu es mis en avant dans une telle société, ça signifie que tu fais quelque chose qui va dans le sens de cette société.

Quand je parlais de mon envie de ne pas aller à la télé : si tu vas à la télé, c’est pour faire de l’audience et surtout tu cautionnes cette société injuste ; c’est bizarre ! Je suis donc content d’être un peu à part et je m’en fous : je me fous de tout !


L'album s'achève par 'La Nasa Nous ment' qui débute par la batterie de 'Be My Baby'. Est-ce une façon de montrer que l'album était une sorte de trajectoire entre passé présent et futur et peut-on parler de concept album ?

Non, mais c’est vrai que c’est bizarre il y a deux chansons qui parlent de Chinois sur la lune et la Nasa mais non, ce n’est pas un concept… C’est surtout lié au fait que j’écris tout en studio, l’écriture est vachement concentrée !
Et je ne sais plus trop pourquoi je parlais de la Nasa qui nous ment, j’ai discuté deux ou trois fois que la Terre était plate mais il y a quelque chose derrière : la Nasa nous ment, les médias nous mentent… toutes ces théories du complot, ces fake news partout…


Ce n’est pas parce que Nicola [Sirkis] me demande un truc que je vais écrire un tube en me disant que c’est la chance de ma vie !



Sans transition, concernant ton passé, tu avais refusé de chanter un duo avec Cali, mais pourtant plus tôt tu avais chanté avec Indochine sur 'Harry Poppers', est-ce que finalement Didier Wampas est et restera toujours un mystère ?

Ce sont toutes des histoires vraies. Nous étions sur le label Atmosphériques et on venait de se faire racheter comme un produit par Universal. On a donc fait un disque sur Universal, on est allés en Suède avec le mec des Hives et quand on est revenu le mec d’Universal nous dit que c’est inécoutable et que ça ne passera jamais à la radio ! Mais ce n’était pas le but, ce n’est pas fait pour ! Et là, le mec d’Universal me demande si je connais Cali et si je ne voulais pas lui demander de faire un duo avec lui… Les bras m’en sont tombés ! Je suis retourné en studio, j’ai réécrit les paroles en me foutant de la gueule d’Universal en disant qu’il n’y aura pas de single, ni de duo avec Cali mais je n’ai rien contre Cali.

Et pour le duo avec Indochine, j’ai pris des bouts de chansons que je n’avais pas utilisés. Et comme pour tout le reste, ce n’est pas parce que Nicola (NdStruck : Nicola Sirkis) me demande un truc que je vais écrire un tube en me disant que c’est la chance de ma vie ! J’ai juste regardé dans mon cahier, j’ai récupéré des bouts de chansons non utilisées, j’ai collé ça et je lui ai dit : "Tiens voilà, une chanson !" (Rires)


Toujours concernant les collaborations. Pourquoi avoir refusé de chanter sur un album hommage à Michel Delpech ‘Le Loir et Cher’ ?

Je crois que c’est le seul truc que j’ai refusé de ma vie ! Je ne sais pas pourquoi, à l’époque, on me demandait plein de choses et j’ai refusé et je regrette parce que sur le principe, je dis "oui" et notamment pour des collaborations avec des petits groupes… Et là, j’ai refusé, c’est con et je regrette de ne pas l’avoir fait, surtout quand j’ai vu combien il en avait vendu après (Sourire) !


Enfin, quel regard portes-tu sur "Rock N Roll Part 9" ton album le plus achevé selon nous ?

Le plus achevé ? Oui, il est bien produit sans l’être trop parce que l’Américain qui l’a fait avait l’habitude de prendre plus de temps pour produire des disques. Il nous a dit être un peu embêté parce qu’il considérait avoir besoin d’une semaine ou deux en plus pour pouvoir le travailler plus, aller plus loin…


Cet Américain, c’était Nicolas Sarkozy ?

(Rires) Non, ce n’était pas nous qui devions travailler plus !
Non, mais j’aime bien comme sonne cet album et nous n’étions que deux guitares -c’était le moment où on avait viré Jo (NdStruck : Joseph Dahan) et Tony (NdStruck : Tony Truant) n’était pas encore arrivé- et c’est plus facile en studio quand tu as deux guitares au lieu de trois. Personnellement, je veux bien ne pas jouer de guitare en studio pour ne plus en avoir que deux mais ils ne joueront pas comme moi. Ce n’est pas pour me placer à tout prix mais je joue mal de la guitare, je joue avec des sons bizarres et tarés, et c’est bien que ce soit sur le disque et je ne vais pas virer Tony : il est super Tony ! Donc, c’est compliqué d’avoir trois guitares sur disque que deux…


Pour revenir à "Sauvre le Monde", que contiendra la version digipack de cet album avec son livret de 20 pages ?

Des photos et les textes des chansons. Cet album est d’ailleurs sorti et vous pouvez l’acheter (Sourire) !


Et qu’attends-tu de cet album ?

Rien ! Une fois que l’album est fait, pour moi, il est fini, c’est fini : je n’attends rien ! Je ne l’écoute même plus. On va le jouer sur scène mais je n’attends rien… Aujourd’hui, je suis parti sur le prochain…


Et concernant la scène, des dates sont déjà prévues ?


Oui, je crois qu’on joue le 1er février à l’Elysée Montmartre qui lancera la tournée…





Merci beaucoup !

Merci à toi, c’est gentil ! C’était intéressant et ce n’est pas toujours le cas. Il faut donc dire quand l’interview est belle, il faut le dire : c’est important !


Et merci à Adrianstork pour sa contribution...


Plus d'informations sur http://www.wampas.com
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