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TITRE:

SAPIENS (09 NOVEMBRE 2019)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

POP



Music Waves a rencontré un drôle d'Homo Sapiens à deux têtes. Nico et T-bow Fassler ont accepté de dévoiler les mystères de leur projet assez peu commun : dix voix émanant du rock et du metal viennent rythmer une partition acoustique mélancolique.
ADRIANSTORK - 12.11.2019 -
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Sapiens comme la sagesse, Sapiens, c’est le projet monté par Nico et T-bow Fassler dont le concept est de composer des titres acoustiques. Sur ce premier one-shot, le groupe a décidé de convier autant d'interprètes que de chansons. Un projet ambitieux? Laissons-la parole au duo.


D’où a germé l’idée de réaliser un tel projet unplugged et quel est le lien avec le nom du projet?

Nico : L’idée est venue d’une simple envie d’essayer quelque chose de différent. Je sortais d’un an et demi de concerts pour promouvoir le dernier album en date d’LDDSM, ''Human Collapse'' et j’avais d’aller explorer d’autres horizons. La guitare acoustique a toujours fait partie de mon parcours musical. Ma première guitare était une folk et j’ai fait mes premières armes dessus. Je n’ai jamais cessé de composer sur acoustique et j’avais dans mon ordi une multitude de bouts de chansons qui traînaient. Donc j’ai ressorti ces idées des tiroirs et à la suite de l’achat d’une nouvelle guitare dont je suis tombé amoureux, j’ai re-bossé dessus et j’ai écrit de nouvelles choses. Le nom du projet fait référence à la fois à l’universalité de ce lien qui nous unit tous en tant qu’espèce et également à sa trivialité qui fait sens avec le côté « mise à nu » de l’acoustique.

Tibal : De mon coté, j'ai toujours été principalement un guitariste acoustique, même si j'ai 10 grattes électriques, et un pedalboard de 50kg. Quand Nico m'a parlé d'un projet 100% acoustique, franchement, j'allais pas dire non. J'avais toujours rêvé de faire un album entier avec cette contrainte, de ne JAMAIS me reposer sur mes 272000 effets. Et en vrai, je suis très très très heureux de l'avoir fait.


N’aurait-il pas été possible de faire un tel projet avec Los Disidentes del Sucio Motel?


Nico : Bien sûr que si, mais à cette période-là nous n’étions pas tous prêts à franchir ce cap. Nous avons fait le choix de composer encore un album électrique avant d’éventuellement s’essayer à un album acoustique. Mais l’acoustique a toujours fait partie de l’histoire d’LDDSM, que ça soit en terme de composition, d’enregistrement ou de live, donc il est quasiment certain que nous finirons par sortir quelque chose sous cette forme dans les années à venir. Une autre condition était d’avoir un chanteur rock ou metal de la scène française différent.


D'où vous est venue cette idée?

Nico : En fait, en me mettant à bosser sur ces nouvelles compos dont je t’ai parlé avant, l’idée m’est apparue un soir après avoir écrit la chanson qui allait devenir 'Surreal Estates'. Je me suis dit « Cette chanson irait si bien à Julien Pras, je pourrais lui demander de la chanter. Et puis pourquoi je me limiterais à Julien ? Je pourrais aussi faire ça avec d’autres chanteurs… Et pourquoi pas tout un album comme ça finalement ? » et voilà, le concept était là.


Comment vous êtes-vous organisés pour chercher des voix? Avez-vous eu des désaccords entre vous voire des réponses négatives?


Nico : Alors déjà j’ai été le seul à choisir les chanteurs car Tibal est arrivé dans le projet légèrement après. J’avais déjà fait plus ou moins la liste dans ma tête avant de lui proposer de me rejoindre. Le choix est avant tout celui d’un simple fan. A la base, je ne pensais pas du tout que l’idée prendrait une telle ampleur. Je me disais « Si j’arrive déjà à les convaincre d’enregistrer un petit truc sympa avec moi, ça serait super ». Donc c’est déjà un simple kiff que je me suis fait à la base. J’ai contacté des chanteurs dont j’adore les groupes tout simplement. Il n’y a aucune démarche opportuniste là-dedans. J’ai juste eu une chance énorme que tous soient partants ! La seule réponse négative que j’ai eu au début a été celle de Yann de Klone car entre l’écriture de leur nouvel album et ses projets professionnels perso, il a préféré décliner l’invitation plutôt que de nous faire perdre du temps et de devoir bâcler son travail et c’est tout à son honneur.

Tibal : Tu les avais pas tous les chanteurs, quand tu m'as proposé le projet. Mais oui, de toute façon c'est clairement toi qui les as choisis, puisque, pour beaucoup d'entre eux, je ne connaissais que très vaguement leur travail. Ce furent de très belles découvertes.





N'avez-vous pas eu peur de manquer d'unité vocale tout au long de l'album, une voix familière à laquelle l'auditeur pourrait se rattacher?


Nico : Honnêtement, je ne me suis pas du tout posé cette question tout simplement parce que selon moi, elle ne se pose pas, puisque c’est tout l’intérêt du projet. Les gens qui s’intéressent à l’album viennent justement chercher la diversité. La diversité des voix, mais aussi des influences, des sons, des ambiances, etc. Ecrire un album acoustique avec un seul chanteur, revient à écrire un album d’LDDSM et c’est autre chose que je voulais faire, même si les membres du groupe ont joué dessus. Je pense que le public rock et metal français est beaucoup plus ouvert qu’on ne le croit. Je suis sûr que toi comme moi, nous n’écoutons pas qu’un seul style de musique, et même qu’un seul style de Rock, donc pourquoi ne pas rassembler toute cette variété dans un seul et même album ? La cohérence d’un album peut venir d’ailleurs, dans la composition, dans le son etc.

Tibal : Clairement, le but entier de l'album était de confier l'individualité de chaque titre aux chanteurs, et nous de nous charger de l'unité. Quand tu n'as « que » des guitares acoustiques comme instruments, et pas d'effets dessus, et Dieu sait que j'ai été chiant sur ce point en particulier, tu as un seul son. Tu peux l'agrémenter avec du dobro, de la 12-cordes, mais ça reste du son acoustique. Ton unité elle est là à la base, et il faut justement aller chercher des voix différentes pour que ça ne reste pas simplement un « bon album  de pop ».


Avec ''Surreal State' nous entrons dans le rêve d'un monde endormi. La voix de l'interprète nous fait ressentir une émotion à fleur de peau. Etait-ce voulu de commencer par cette chanson pour ne pas tricher dans votre pacte avec l'auditeur et venir vers lui désarmé?

Nico : Nous avons fait le choix d’ouvrir l’album sur ce titre car il a le mérite de poser les bases de ce qui va suivre dès les premières secondes. On allume la platine, on lance la lecture et à l’écoute de cet arpège de guitare, on annonce direct la couleur « bienvenue dans un album de rock acoustique ». En plus, c’est le premier titre composé, le premier pour lequel nous avons reçu les pistes chant, le premier enregistré et enfin c’est notre titre préféré. C’était logique pour nous.

Tibal : En vrai, pour moi, il a jamais été question de venir « désarmé ». Mais plus de montrer que même si on n'utilise pas les armes habituelles du rock, on peut venir castagner quand même. On a, je pense, réussi à conserver une énergie très rock. La raison principale pour laquelle 'Surreal Estates' est le premier titre de l'album, c'est qu'il l'ouvre sur un univers très particulier. Un truc à contrepied de ce qu'on pourrait attendre en entendant l'arpège de début. Et c'est tout l'album qui est comme ça. Tout est un contrepied géant. Et puis, ce texte, bordel ! Il est d'une beauté...


Nous voulions justement laisser une liberté totale à nos invités.


Avez-vous donné des conseils à vos interprètes en général pour vivre la chanson?


Nico : Des conseils, non pas vraiment, je n’aurai pas cette prétention de donner des conseils à de si bons musiciens. Mais nous avons évidemment échangé pendant l’écriture des morceaux, mais au final Tibal et moi sommes très peu intervenus sur les chants. Nous voulions justement laisser une liberté totale à nos invités. Tous ont travaillé sur une simple base d’une démo à 2 guitares acoustiques et ont eu derrière carte blanche sur les textes et les mélodies. Ils se sont enregistré de leur côté et nous ont envoyé leurs prises. C’était alors à nous de nous adapter à eux et de finir la chanson de la façon la plus cohérente avec leur travail. Ce sont tous de très grands interprètes, dans des styles extrêmement différents, nous savions que nous pourrions leur faire totalement confiance et nous n’avons pas été déçus !


Tibal : Clairement pas. Je ne savais pas du tout à quoi m'attendre, donc j'ai fait le choix de ne pas essayer de m'attendre à quelque chose. Je me suis presque fait un devoir de ne pas écouter ce que faisaient ceux des chanteurs que je ne connaissais pas, pour ne pas influencer mon attente. Et pour ne pas non plus « attendre » quelque chose qu'ils n'auraient éventuellement pas envie de donner. Le résultat a été une surprise à chaque fois, et jamais une déception. Avec le recul, je reste convaincu que c'était la meilleure façon d'approcher la contribution des chanteurs.


Dans les pistes suivantes en particulier 'Palm Prints', il y a un aspect contemplatif qui suscite tristesse et nostalgie, rassurez-nous, vous allez bien?


Nico : Oui pourquoi ? [rires] Il faut forcément être mal pour composer quelque chose de triste ? Je ne crois pas. On est tous des humains avec des émotions diverses et variées et l’inspiration vient quand elle veut et fonction de ton humeur. Je te rassure, je vais très bien!

Tibal : La nostalgie, c'est pas forcément négatif. Se retourner et contempler ce qu'on a vécu de beau, je trouve que c'est une bonne démarche. Et la tristesse, même quand elle est là, c'est pas forcément quelque chose de mal. C'est une émotion qu'on ne devrait jamais s'interdire de ressentir.


Pourquoi avoir été en promenade dans cet univers mélancolique?

Nico : Je n’en sais strictement rien. Les doigts se posent sur des cordes, des notes en sortent, ton cerveau et tes émotions font le reste. En tout cas c’est ma façon de composer. Je ne prétends pas avoir la méthode magique pour écrire des chansons, c’est juste la mienne. Ici effectivement le ton est grave, la tension est lourde et l’ensemble sonne clairement mélancolique mais je trouve pour ma part le refrain très ouvert et positif. J’aime beaucoup alterner dans un même morceau les sonorités mineures et majeures pour varier les ambiances.

Tibal :  Ce sont des univers pleins de vie, mais situés soit après une bataille, soit à sa naissance. C'est dingue comme chacun peut interpréter ces titres à sa façon. C'est dingue, et c'est beau.

Pourquoi en majeure partie (nous y reviendrons) avoir choisi l'anglais, était-ce le vœu de vos invités?

Nico : Totalement. Comme dit, nous n’avons rien voulu imposer aux chanteurs. Ils ont tout simplement choisi la langue qui leur paraissait la plus appropriée pour leurs textes et celle qui selon eux sonnerait le mieux avec la musique. Bien sûr je suis très heureux que Reuno et Mat Peq aient choisi le français car c’est sous cette plume que je les préfère, mais je ne regrette pas pour autant que les autres aient choisi l’anglais. Moi-même en tant que chanteur d’LDDSM, je n’écris et ne chante qu’en anglais car j’estime que c’est la langue qui fonctionne le mieux avec notre musique. En tout cas, tous ont écrit des textes magnifiques et souvent très personnels et je suis très heureux qu’ils aient choisi Sapiens pour exprimer toutes ces choses. C’est un magnifique cadeau qu’ils nous ont fait.

Tibal : On a laissé à chaque chanteur le choix de faire ce qu'il voulait. Ecrire en français, c'est un exercice très difficile, et je ne me voyais pas d'imposer ça à des chanteurs qui, le reste du temps, écrivent en anglais. Et ensuite, un album acoustique en français, sorti en France, on aurait vite fait de nous classer dans la case « chanson française ». Et même si le titre de Reuno peut très bien se situer dans la partie noble de cette case, ce n'est clairement pas le but de l'album. Donc tout ceux qui ont voulu écrire en français l'ont fait.





‘Pure Love Ashes' est une tempête rythmique, comme un laboratoire sonore, on a l'impression que vous avez mélangé un peu de folk de différentes origines et que vous avez réussi à trouver un bel équilibre. Quelle a été la genèse de cette chanson?


Nico : Pour ce titre, je voulais surtout m’amuser avec les schémas rythmiques. Je ne voulais pas tomber non plus dans le prog avec des mesures composées complexes, mais sortir du classique 4/4. Les instruments s’entremêlent en jouant sur les temps par mesure. Tantôt les guitares sont en 5/4, tantôt la batterie est en 4/4, les refrains en 3/4 etc… bref ce que je te raconte ne va parler qu’aux musiciens [rires]. Ensuite je connais Steve de Robot Orchestra depuis très longtemps et comme pour tous les autres, je devais réussir à l’emmener dans un autre univers musical pour le sortir de sa zone de confort tout en lui proposant quelque chose qui lui ressemble. Je dirai que ce morceau est une espère d’hybride entre du post rock, du flamenco et de la musique Mariachi. Ça peut paraître un peu chelou comme ça, mais comme tu dis ça fonctionne. La section de percu a été enregistrée à plusieurs et notamment des élèves d’une école de musique entre 8 et 16 ans. Nous voulions cette diversité de frappes, dans le placement et dans l’intensité pour avoir cet effet de masse. Les gosses ont bossé les plans rythmiques avec Cédric Grob qui a aussi joué sur l’album, leur prof de batterie, pendant plusieurs semaines et étaient parfaitement prêts le jour J pour enregistrer. L’expérience était super. Quant aux cuivres, elles sont l’œuvre d’un seul et même homme ; notre pote Alex Brand. Il sait jouer du tuba, du trombone, de la trompette… et nous avons tout écrit et enregistré en une soirée ! C’était hyper dense, mais là aussi, c’était un super moment à vivre.

Tibal : En 6/8 les refrains ! (rires) On va encore se faire engueuler par les musicologues. (rires)  En vrai, quand on a placé les guitares, qui sont très rythmiques, et les percus, on s'est rendu compte qu'il nous fallait du liant. Et comme on voulait pas tomber forcément refaire des cordes, vu qu'on en avait déjà sur pas mal de titres, et que j'étais éthiquement opposé aux synthés, je me suis dit, et pourquoi pas des cuivres en fait. Pas des sax, ou clarinettes, mais genre des cuivres purs. Et après le défi a été de ne pas tomber dans l'harmonisation jazz-funk, et d'aller chercher plus du coté mariachi, musiques traditionnelles.

Pouvez-vous expliquer le titre évocateur 'Red Wine Lullaby'?

Nico : N’ayant pas écrit le texte, ça me dérange de parler à la place de Cédric, donc pour répondre à ta question, je préfère le paraphraser. « En gros une petite déprime devant un verre de rouge. Une soirée deep ou juste une bonne cuite peut te faire trouver le sommeil. Pas la meilleure solution mais un truc viscéral, quoi ». Bref, du Cédric quoi !

Comment justifiez-vous dans 'Still Down', une voix un peu engourdie et l'explosion vocale finale? On a l'impression d'un passage à l'acte d'un adolescent un peu frustré, peut-être une façon de grandir?

Nico : Alors là… tu pars loin dans l’interprétation personnelle. Là encore, je ne veux pas parler à la place de Poun, donc j’ai préféré lui poser directement la question. Voici sa réponse : « effectivement au début j’étais un peu constipé, par la force des choses, adolescences, virginité, mouchage de nez... comme tu l’as bien entendu très peu de confiance en moi...et!!.. petit à petit, oui oui, je m’affirme pour enfin devenir l’homme que vous attendiez tous! Merci !»


Dans 'C'est gênant', on mélange un peu de heavy, de blues, de country et quelques growls allié à un texte fou. Etait-ce une façon de jeter du lest par rapport à l'aspect un peu affecté du reste?

Nico : Y a peut-être un peu de ça, oui. Disons que pour nous, ce morceau était un peu la récréation et je savais qu’en mettant Mat sur le coup, on obtiendrait ce côté fun et à la fois dérangeant, cette espèce de cheveu dans une bonne soupe aux potirons. J’adore la folie de Mat. Ce mec a un talent d’écriture et d’interprétation incroyable ! Il a ce don de décrire ces personnages dérangeants et de les incarner comme personne. Je trouve que ce titre apporte un peu de fraicheur dans l’écoute globale de l’album, même s’il a ce côté malaisant de par ses paroles. C’est ce contraste que j’adore.

Tibal : C'est clairement le titre le plus fun de l'album. Je pense que Mat a un regard très franc sur le monde, et qu'il essaye pas de cacher ce qu'il voit derrière des conventions. Et c'est un gars vraiment humainement très accessible et ouvert. Et ça fait du bien d'avoir un titre comme ça, qui fout vraiment un coup pied dans la fourmilière.

'Cognitive Dissonance' semble jouer l'épure pour être au plus près de l'auditeur avant de décoller joyeusement. Les violons apportent à nouveau un peu de charme. Dans votre musique vous utilisez souvent un faux calme qui débouche sur une explosion, comme un problème énoncé et sa résolution ou sa tentative de résolution, est-ce le cas et est-ce que la musique pourrait soigner le vague à l'âme?


Nico : J’aime bien les morceaux en crescendo et je compose souvent comme ça. Je n’aime pas trop qu’un morceau soit d’intensité constante, qu’elle soit forte ou douce. La musique est là pour te faire ressentir des choses et je pense qu’il est important de varier les temps forts dans une chanson.

Tibal : En fait, une musique qui a tout le temps la même dynamique, c'est plat. Et que ce soit calme, ou que ça bourre. Comme disait le grand philosophe Yann Morel, si tu bourres tout le temps, tu bourres jamais. Du coup, oui, on fait des morceaux en crescendo, sauf 'Pure Love Ashes', qui bourre PRESQUE tout le temps. En revanche, j'avoue que j'aimerais un jour arriver à faire une chanson en decrescendo. Un morceau qui se calme petit à petit pour arriver lentement vers le silence. Parce que je ne vois pas du tout comment réussir ça. Et ça me titille. (rires)





La dernière piste, à nouveau en français, 'Le Feu qui Danse', semble laisser le micro à un patriarche qui jugerait sa vie passée avec un peu d'amertume. Est-ce que l'on peut dire que ces 10 voix sont issues de la même personne à différents temps?


Nico : Difficile à dire, je pense que tout le monde est différent dans son être intérieur. Chacun a son parcours, ses apprentissages, ses joies, ses blessures, alors peut-être qu’au lieu de parler d’une seule et même personne, on peut peut-être dire que Sapiens représente une palette de l’humanité. Ce qui finalement est assez cohérent avec le nom et le concept du projet à tout bien y réfléchir. Je pense qu’on a tous un peu de chacun en nous et qu’on pourra se retrouver à un moment ou un autre dans ce qui est écrit dans un de ces textes.

Tibal : Je suis assez d'accord avec Nico. Mais c'est le propre de la musique en particulier, et de l'art en général. Il y a un temps pour chaque œuvre dans la vie de chacun, et il sera différent pour chaque personne. Et c'est marrant, parce que ta question est clairement formulée comme une hypothèse post-hoc, on n'a pas DU TOUT pensé l'album comme ça... mais au final, on peut le lire comme ça.


Sapiens représente une palette de l’humanité.



Pour le Sapiens 2 : est-il envisageable une version metal de l'album ou comme avait fait dans leur genre le duo Lazaro/Topor ("François Détexte Topor" où François Hadji-Lazaro composait la musique de textes écrits par Topor, le duo voulait faire ensuite l'inverse mais Roland Topor s'est éteint prématurément), vous vous chargeriez des paroles et vos invités se chargeraient de la musique?

Nico : Déjà, je ne pourrais pas te promettre à coup sûr qu’il y aura un Sapiens II [rires]. Laisse-moi déjà digérer le travail de celui-là et on verra plus tard. Des idées j’en ai, ça c’est pas un problème. J’ai déjà des brides de ce que pourrait être un Sapiens II, mais d’ici là j’aurai peut-être changé d’avis ou trouvé encore autre chose. Mais je pense que la base sera toujours d’écrire nous même les musiques et d’inviter des interprètes pour chanter dessus, je doute qu’on change cette formule. Après, cette recette peut être dégustée à de nombreuses sauces !

Tibal : En vrai, dans ce sens-là, je pense qu'il serait beaucoup plus compliqué d'atteindre une unité au sein de l'album. Quand je vois combien les gens ont du mal avec un artiste qui fait plusieurs styles d'albums dans leur carrière, ou quand les morceaux sont différents les uns les autres sur un même album, je me dis qu'on s'ouvrirait la porte à des critiques expéditives, et vu la quantité de boulot que réclamerait un Sapiens II, on n'a pas envie d'en faire un album qui serait balayé d'un revers de la main sous prétexte que c'est trop « incohérent », quoi que ce terme veuille dire.


Même si c'est utopique de pouvoir rassembler tous ces gens, est ce qu'il y aura quelques tentatives de jouer l'album en live en petit comité?


Nico : On me pose la question quasiment tous les jours depuis qu’on a commencé la promo - ce qui est très gratifiant, je précise. A ce jour, ce n’est pas prévu, mais la demande a l’air d’être réelle donc peut-être qu’on va réfléchir à quelque chose pour la suite si l’engouement se poursuit. Il est évident que réunir tout le monde, plus une équipe technique demanderait un travail fou, un peu comme un « Bal des enragés » acoustique et ce n’est pas mon métier de mettre ça en place. Mais si un booker ou promoteur a envie de nous aider à lancer ce projet fou, nous l’étudierons avec plaisir car l’envie est là, évidemment. Nous allons voir pour faire quelques petits show cases par ci par là avec une formation réduite. C’est encore au stade de l’étude.

Tibal : Ce serait beaucoup trop cool que ça arrive, ceci dit.


Un dernier mot pour les lecteurs de Music Waves ?

Nico : Merci déjà. Merci d’avoir pris le temps de nous lire. Merci de vous intéresser au projet et j’espère que vous prendrez autant de plaisir à écouter l’album que nous de l’avoir fait.

Tibal : Moi mon dernier mot ce serait « catapulte ». Voilà. (rires)


Plus d'informations sur https://www.facebook.com/pg/sapiensproject
 
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