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FRANCK CARDUCCI (05 NOVEMBRE 2019)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
ROCK PROGRESSIF
Music Waves est parti à la rencontre du chapelier fou Franck Carducci afin d'évoquer son nouvel album, le très réussi "The Answer" qui sort à une période charnière pour l'artiste.
CALGEPO - 21.11.2019
Franck Carducci n'en finit plus d'étendre son aura musicale depuis ses débuts. Le musicien accumule les très bonnes chroniques et engrange des dates de concerts (surtout à l'étranger) avec des prestations très vivantes. "The Answer" sort en ce mois de novembre afin de réchauffer les chaumières. A cette occasion, nous avons pris contact avec le fantasque Franck pour évoquer ce nouvel album et ses attentes.
 


Franck, tu en es à ton troisième album, ou le deuxième selon que l'on considère le premier comme n'en étant pas un. Depuis le début ton public et ses attentes grandissent, la presse est très positive, tu rencontres beaucoup de succès en Angleterre notamment, as-tu ressenti ainsi une pression particulière à l'occasion de l'écriture de cet album ?


« Oddity » est clairement un album donc « The Answer » est bien mon 3ème album studio (4ème si on compte le live sorti en 2017). J’ai un public effectivement assez enthousiaste et c’est tant mieux, mais c’est pas ça qui me met la pression. Comme m’a dit un jour Steve Hackett, je fais de la musique avant tout pour moi, égoïstement, si ça plaît tant mieux, si ça plaît pas c’est pas grave puisque je l’ai fait pour moi ! La pression n’est pas sur la qualité de la musique mais plutôt sur le fait d’arriver à sortir quelque chose de suffisamment bien pour que j’ai envie de le sortir.





La mythologie tient une grande place dans tes projets (Achille dans ton premier album), aujourd'hui Arion, l'une des premières superstars ! Comment la mythologie nourrit-elle tes projets musicaux ?


J’y trouve effectivement énormément d’inspiration. Je suis un passionné de mythologie, notamment grecque, depuis très longtemps. Je trouve les mythes à la fois touchants, pleins d’émotions et en même temps très drôles. Les dieux grecs ont en réalité des caractères très humains et c’est cela qui les rend attachants et inspirants, contrairement aux dieux des religions monothéistes que je trouve beaucoup plus ennuyeux.


Ce qui est sur c’est que le succès, la célébrité et le star-system entraînent forcement une certaine solitude car les rapports humains sont inévitablement biaisés a cause de ça !



Dans cet album, on a l'impression que tu donnes une vision noire du star system. Arion fini jeté à la mer... Dans cet album le chanteur semble finir à l’asile. C'est une vision pessimiste déjà partagée par Balavoine dans 'Le chanteur' ou Claude François dans le 'Mal Aimé', est ce que chanteur ou musicien est forcément synonyme de désamour derrière les paillettes et l'argent ?


Arion de Méthymne finit également a la mer dans le mythe original, donc je n’ai rien inventé!
Apparemment la malédiction du chanteur/musicien est quelque chose qui se répand depuis des millénaires. Ce qui est sûr, c’est que le succès, la célébrité et le star-system entraînent forcément une certaine solitude car les rapports humains sont inévitablement biaisés a cause de ça !
Après, dans mes histoires il y a également beaucoup d'humour, tout n'es pas aussi sérieux que ça en a l'air.


Est-ce qu’adolescent quand tu te voyais monter un groupe ou vendre des disques, imaginais-tu l'industrie musicale ainsi, comment vois-tu son évolution avec la mort du CD, la dématérialisation, le streaming et le revival du vinyle et des cassettes ?


Pas du tout, et je pense que sans ma rencontre avec Steve Hackett, cela ne serait jamais arrivé. Comme quoi, on ne sait jamais où la vie va nous mener!
Mon problème avec l’industrie musicale aujourd’hui, c’est qu’elle n’est plus basée sur le talent comme c’était le cas dans les années 70, mais sur le profit à court terme. A l’époque, une maison de disques savait qu’elle allait devoir investir à perte sur un groupe ou artiste pendant au moins 2 ou 3 albums avant de commencer à en récolter les fruits. Elles investissaient sur un talent en qui elles croyaient. Aujourd’hui elles veulent du profit rapide, du recyclable, des nouvelles pseudo-stars chaque années, au point de "médiocriser" l’art au maximum afin que n’importe qui puisse croire en ses chances de devenir la star de demain sans effort particulier. L’argent a en quelque sorte désolidarisé le talent de l’art. Heureusement qu’il y a énormément d’artistes indépendants et libres de laisser leurs cœurs s’exprimer !


Je vois pas au nom de quoi je prendrais la grosse tête. Je savoure et j’apprécie cette chance et les opportunités que la vie m'offre.



Tu as acquis depuis tes débuts une belle réputation sur la scène progressive, fait l'objet d'articles dans Prog Magazine, des webzines (dont Music Waves), tu as voyagé dans le monde, tu t'es produit dans de nombreux festivals, tu aurais pu avoir la grosse tête et pourtant tu demeures accessible auprès de tes fans, comment arrives-tu à garder les pieds sur terre?

Pour moi c’est plutôt l’inverse. Je suis extrêmement reconnaissant d’avoir la chance que ma musique plaise et d’avoir des gens qui me soutiennent. Je vois pas au nom de quoi je prendrais la grosse tête. Je savoure et j’apprécie cette chance et les opportunités que la vie m'offre. Comme le disait Kansas dans la chanson, « a la fin nous ne sommes rien d’autre que de la poussière dans le vent » … se croire mieux ou au-dessus des autres parce qu’on a un peu de succès à un moment de notre vie, perso je trouve ça ringard et inapproprié.






Tu n'es pas encore atteint par le syndrome Steven Wilson qui était très accessible encore il y a peu de temps (dédicace...) et qui depuis son dernier album est pris dans la spirale du star system et du marketing à vendre des places VIP hors de prix pour avoir quelques goodies en plus... En même temps il l'a cherché, quitte à perdre des fans de la première heure, est-ce que tu cours après cela ou souhaites tu garder un part d'authenticité ? Si oui comment y parvenir, en restant indépendant ?

Je ne sais pas si c’est un syndrome dû au succès ou juste un trait de sa personnalité. J’ai une amie qui a acheté un ticket VIP et traversé toute la France pour aller le voir. Il y avait en tout 3 VIPs qui ont pu assister à la balance et il n’est même pas descendu les saluer a la fin. Alors s’il y en avait 300 ce serait évidement compréhensible, mais 3 … ça lui aurait pris 1 minute. Pire, les dédicaces sur le CD et le tour program étaient faits par la personne qui s’occupe du merch !! Bref, tout ça ne me regarde pas mais les quelques fois ou je l’ai rencontré, je n’ai pas eu l’impression d’avoir a faire a quelqu’un de très sociable, mais je ne le connais pas personnellement donc je ne suis pas la bonne personne pour pouvoir en juger. Il était peut-être juste dans un mauvais jour.
Pour moi je préfère être sincère, authentique, et surtout reconnaissant.


Mais ce qui se retrouve dans tous mes albums c’est une partie fantaisie, rêve, avec un lien vers des situations de la vie réelle.


Tu transmets énormément d'éléments personnels dans tes chansons. Derrière cette apparence joyeuse festive, ce look bien singulier, qu'est ce qui se cache derrière, peut-être un homme plus fragile qu'on le pense, qui par sa musique évacue ses propres angoisses (c'est la partie psychologique de l'interview) ?

Ça, c’est une très bonne question, mais difficile à répondre. C’était peut-être plus le cas en 2015 pour "Torn Apart" ou j’étais dans une période assez difficile de ma vie, et certaines chansons m’ont effectivement permis d’évacuer ces mauvais sentiments et de régler quelques comptes au passage. Du coup cet album est assez 'dark' si on regarde les thèmes abordés. Pour "The Answer" je dirais que c’est moins le cas, les thèmes sont plus légers, même s’il y a un coté philosophique à vouloir trouver le sens de la vie humaine.

Mais ce qui se retrouve dans tous mes albums c’est une partie fantaisie, rêve, avec un lien vers des situations de la vie réelle. Donc quelque part, tu as raison, écrire des chansons constitue une forme d'échappatoire, un moyen d’évacuer ses craintes ou ses frustrations d’une certaine manière.


Dans cet album plus que jamais tu mets en avant le côté storyteller, est-ce quelque chose que tu cherchais à accentuer dans cet album ?


J’ai lu il y a quelques temps l’auto-biographie de Bruce Springsteen "Born to Run" qui m’a énormément inspiré. Je suis devenu un grand fan des textes de Bruce. Je trouve sa manière d’écrire extrêmement percutante, il vous frappe en plein cœur, c’est immédiat. Il raconte des histoires qui touchent les gens car ce sont des histoires vraies, des histoires qui vous parlent, qui vous rappellent des souvenirs, qui vous apportent une certaine mélancolie. La chanson 'Born to Run' est pour moi la plus belle chanson d’amour jamais écrite, même si elle n’en a pas l’air, c’est a vif, c’est pur, c’est brut de décoffrage, et en même temps à l’opposé de toutes les chansons d’amour traditionnelles que je trouve bien souvent assez niaises. C’est ce que j’ai essayé de faire dans les histoires de « The Answer ».





Tu alternes dans 'The Answer' le côté chanson pure avec 'Slave To Rock'N Roll' très rock 70's, ou le sensible 'The Game Of Life' avec les titres plus progressifs comme 'Superstar' ou 'Asylum', en un sens cet album pourrait constituer la synthèse de tes influences (Genesis, Led Zeppelin...)?


Quand on me demande mes principales influences je donne toujours Pink-Floyd, Led-Zeppelin et Supertramp. Je pourrais en citer d’autres bien évidement. Mais ça reste autour du Classic-Rock 70s. Je ne mets pas vraiment de règles quant à la longueur ou le style de mes morceaux - ça sort comme ça veut, je dirais. Mais on peut clairement trouver des influences Led-Zeppelin dans 'Superstar' et Supertramp dans 'Asylum' (et Pink-Floyd sûrement dans les 2). Pour moi le principal reste la mélodie. Il faut qu’il y ait une bonne mélodie sinon ce n’est pas la peine. On pourrait donc ajouter les Beatles à ma liste, ce sont les rois de la belle mélodie.


Tu as commencé à tester les nouvelles chansons sur scène, comment as-tu perçu la réaction du public vis-à-vis de ces titres ? Est-ce que tu as fait cela pour la première fois, si non est-ce une manière de te rassurer sur leurs potentiels ?


La moitié des titres de "The Answer" ont été testés et expérimentés en live lors de la tournée « On the Road to Nowhere ». Je trouve que c’est une très bonne manière de voir le potentiel d’une chanson, en observant les réactions du public soir après soir. Ce n’était pas la première fois que je faisais ça. Des anciens titres comme 'Torn Apart' ou 'Artificial Paradises' avaient été joués en live dès 2013, donc avant l’enregistrement de l’album "Torn Apart".
J’ai entendu une interview de Pink-Floyd ou ils expliquent avoir joué "The Dark Side of the Moon" en live pendant un an et demi avant de l’enregistrer, et que, du coup, les versions avaient évolué pendant ce temps. Je trouve cette méthode très intéressante.


'Superstar' est le titre central de l'album, il raconte l'histoire de Arion transposée à l'époque actuelle. Ce titre est très progressif dans son sens le plus noble avec un début plutôt entraînant où le musicien est la star de son quartier (Hollywood), puis vire vers le sombre le tout avec une construction qui tombe sous le sens après un passage tout en douceur exprimé par Mary, seul le progressif pouvait être par essence le support à cette histoire de musicien blasé par le succès ?


Seul je ne sais pas, mais c’est sûr que ça s’y prête énormément !
En fait, j’ai repris la trame de fond du mythe original de Arion de Méthymne et je l’ai transposée a notre époque. Mon Arion Superstar est donc une star hollywoodienne. Les 3 séquences de la chanson représentent la présentation du personnage, le drame lorsqu’au retour d’une tournée en Sicile il s'est fait kidnapper par des femmes pirates qui lui dérobent le butin de la tournée avant de le jeter a la mer après qu’Arion ait obtenu l’autorisation de chanter son « tube » une ultime fois, et enfin la dernière partie ou Arion est jeté a la mer et finalement sauvé par sa douce Dolly.


Derek Sherinian intervient sur le dernier morceau « Asylum ». C’est lui qui m’a contacté...



'The After Effect' se veut plus synthétique avec l’utilisation de nappes de claviers envoûtantes. Sur cet album, Derek Sherinian intervient, comment en es-tu venu à travailler avec lui et quelle a été son implication dans cet album, lui qui a collaboré avec Dream Theater en apportant sa touche rock et aussi Alice Cooper ?


'The After Effect' est un morceau à part car il a été entièrement coécrit avec mon claviériste Olivier Castan … ce qui explique sans doute l’omniprésence des claviers, même s’il y en a évidement sur tous les autres. Derek Sherinian intervient sur le dernier morceau 'Asylum'. C’est lui qui m’a contacté et je ne sais toujours pas comment il a entendu parler de moi, je soupçonne que c'est via le magazine anglais Prog Magazine. En tous cas il a beaucoup aimé ce morceau et donc la collaboration est partie de là. Je connais Derek depuis longtemps évidemment, de par ses apparitions avec Alice Cooper, Billy Idol et Dream Theater entre autres...


Dans ce titre particulièrement, il semblerait que les lignes de basse soient la ligne directrice, est-ce bien le cas ?


Pas spécialement non, on a tout écrit au piano d’abord, puis on a rajouté le reste.


'The Game Of Life' adopte un style dépouillé avec sa trompette et son piano, un titre qui pourrait être issu d'un polar tourné dans un bar filmé en noir et blanc et qui tranche vraiment avec l'ambiance très colorée des autres titres, pourquoi un tel moment à cet instant ?


'The Game of Life' est très différente. Tout d’abord car j’ai écrit le texte avant la musique, chose qui ne m'arrive jamais. C’est un morceau que j’ai écrit pour mes 2 filles. Je me suis dit que la vie étant a la fois si précieuse et si courte, je ne serai peut-être plus là demain, et un beau jour, elles pourraient avoir besoin de mes conseils sur quelque chose. Je me suis donc mis en tête de mettre toutes les réponses que je voudrais leur donner dans une chanson. Un espèce de résumé de ma vision de la vie qui contiendrait ma réponse a n’importe laquelle de leurs interrogations. C’est un exercice qui peut paraître a la fois difficile et même assez prétentieux, j’avoue, mais c’est quelque chose que j’avais besoin d’exprimer, et rien de tel qu’une chanson pour cela.

La musique est un peu inspirée d'un morceau de Springsteen intitulé 'Meeting Across the River' (dans l’album "Born to Run"), je voulais essayer de reproduire l’idée d’un piano-voix très simple, dans une ambiance feutrée style jazz-club années 30, avec une trompette qui vient de loin, on ne sait pas trop d’où, peut-être de l’autre bout de la salle, et qui ajoute un coté un peu mystérieux.





On sent un certain fatalisme dans ce titre, un retour à la raison mais qui finalement transite vers la folie du titre suivant, est-ce que ce passage illustre l'âge où tu pourrais commencer à tirer un bilan sur ta carrière, un questionnement sur la vie : basculer dans la folie ou bien rester serein et conscient ?


Non pas vraiment, c’est vraiment écrit pour mes filles, comme expliqué précédemment et il n’y a pas du tout de lien avec la chanson suivante.


On le voit dernièrement il y a eu beaucoup de biopics sur Queen (Freddy Mercury), Elton John dans lesquels on s'aperçoit de la pression que peuvent ressentir les musiciens, qu'as-tu pensé de ces films et est-ce que star rime obligatoirement avec à un moment de craquage complet ?


J’ai bien aimé "Bohemian Rhapsody" même si j’ai trouvé un peu dommage qu’il contienne autant d’inexactitudes, comme les prétendues excuses qu’aurait demandées Freddy pour revenir dans Queen (alors qu’ils ne se sont jamais séparés) ou le sous-entendu que Queen aurait fait le show du Live-Aid en ayant fait une seule (mauvaise) répétition, alors qu’en réalité ils étaient en tournée depuis 1 an et demi a ce moment-là … donc j’ai passé un bon moment mais sans plus. "Rocket man" par contre, j’ai vraiment adoré. Avec tout le coté glam, paillettes, extravagance et bien sûr une vraie comédie musicale, avec des adaptations magnifiques des morceaux originaux. Un chef-d’œuvre pour moi !

Je pense que très peu de ces immenses stars peuvent avoir ce genre de carrière sans, à un moment, sombrer dans une certaine forme de dépression et d’abus en tous genres. Peut-être certains comme Paul McCartney ou les membres de Pink-Floyd ont su ne pas se faire avaler par le star-system, Peter Gabriel aussi d’une certaine manière mais il n’a pas tout à fait eu le niveau de célébrité d’un Elton ou d’un Freddy, ...


Sur la pochette de l'album il y a un sablier, le temps qui s'écoule est-il quelque chose qui t'inquiète, toi qui gardes une part de candeur adolescente notamment sur scène où tu débordes d'énergie ?


Il me semblait pourtant clair que la pochette représente une jeune fille à qui on oblige d’écouter un morceau de rock-progressif de 20 minutes et qui se demande quand son calvaire va enfin se terminer ! (Rires).

Une deuxième explication serait que la pochette est inspirée par le morceau 'The After Effect'. Et justement le sablier est figé car le temps ne s’écoule pas. Le personnage représente une entité extra-terrestre pour qui le temps ne passe pas, elle n’a pas d’âge. Elle sait tout, et connaît précisément les conséquences de chacun de ses actes. Elle prend une apparence humaine pour venir sur terre et essayer de comprendre le sens de la vie humaine, si fragile et si dérisoire.

Elle a un visage très jeune et en même temps des cheveux blancs pour signifier qu’elle n’a pas d’âge et que la notion de temps qui passe n’a pas de signification pour elle. Cette entité recherche la réponse a la question « Quel est le sens de la vie humaine ? ». C’est ce qu’explique cette chanson. Des éléments de réponse sont fournis dans 'The Game of Life' et '(Love is) The Answer'.

Maintenant je laisse les lecteurs choisir laquelle des deux explications ils préféreront concernant cette pochette!


il est important pour nous de profiter, d’apprécier le moindre petit bonheur qui nous est offert, chose qui n’aurait aucune valeur si nous étions éternels et indestructible



En y pensant tu apportes une réponse dès le début avec 'The Answer.... is Love' (l'amour), mais quelle est la question qui amène cette réponse ?


La question est celle que se pose notre entité extra-terrestre, a savoir, « Quel est le sens de la vie humaine ? » Elle ne comprend pas comment on peut faire des choix dans nos vies alors que nous n’en connaissons jamais précisément les conséquences. On naît, on vit, on meurt, … bref pour cette entité nous sommes aussi inutiles qu’insignifiants, pourtant elle éprouve le besoin de comprendre ce qui rend notre vie valable, à quoi on sert et qu’est-ce qui nous rend heureux, sachant que nous ne sommes pas éternels comme elle. Il y a plusieurs éléments de réponse dans l’album. L’amour bien sûr, au sens universel du terme, en est un. Notre fragilité aussi, et le fait que justement, sachant que l’on va mourir dans relativement pas longtemps, il est important pour nous de profiter, d’apprécier le moindre petit bonheur qui nous est offert, chose qui n’aurait aucune valeur si nous étions éternels et indestructibles comme notre entité. Bref ce sont des thèmes très positifs, même si ça n'en a pas forcément l'air au premier abord !


'Slave To Rock'n Roll' est le premier extrait de cet album et j'avoue avoir entendu des échos inquiets par rapport à l'orientation de l'album, est-ce que tu as lu ces impressions, ça t'a fait marrer, c'était un peu de provocation de ta part ?


Je peux comprendre les inquiétudes des fans qui craignent les changements de direction des artistes, mais honnêtement c’est pas ça qui m’empêcherait de faire ce que j’ai envie. Après, j’ai toujours été fan de Classic-Rock à la Led-Zeppelin ou même Guns ‘n’ Roses et 'Slave' pourrait tout a fait être dans cette lignée. Pour moi, dans tout album, il faut un ou deux titres plus accessibles susceptibles d’accrocher un nouveau public pour l’attirer ensuite vers les autres chansons. L’idée derrière 'Slave' m’est venue après avoir écrit 'Superstar'. Je me suis dit : cet Arion a du écrire un méga hit pour être devenu une telle superstar, et il est vite devenu nécessaire pour moi d’écrire ce « tube » qui aurait rendu Arion célèbre. D’ailleurs lors de nos concerts, c’est Arion lui même qui chante ce morceau !!! 


Le clip est totalement déjanté plein de cliché et d'humour (sex, alcool, drugs and rock'n roll, très Ramones par exemple), quel est le message derrière ce clip ?


On est sur un sujet beaucoup plus léger que les autres chansons. L’idée était de donner vie a mon personnage, en lui créant une histoire, un mode de vie et, donc, un méga tube. J’ai voulu faire une sorte de parodie, le cliché de la rock star dans tous ses excès. Mais avec beaucoup d’humour et d’exagération pour que ce soit clair qu’il s’agit d’une parodie. Je voulais surtout éviter que les gens, en le voyant, se disent, mais pour qui il se prend, il a pris la grosse tête. Pas du tout … mais on a bien rigolé !


Dans ce clip, Mary semble jouer la bonne conscience, la manageuse, as-tu besoin d'une telle personne pour te contenir ou te rassurer ?

En live, lors de ce morceau, Mary joue le rôle de la fan absolue d’Arion. Dans le clip, ça m’a semblé  inapproprié qu’un membre du groupe joue le rôle d’une fan. Donc on a inventé le concept de la manageuse lesbienne refoulée, la seule insensible aux charmes d’Arion, et qui est là pour empêcher les autres de trop faire la fête, et faire en sorte que les répétitions se passent bien …


Les femmes ont toujours été très présentes autour de toi : Mary t'accompagne sur scène depuis des années, Charlotte aussi présente sur la pochette et dans le clip de 'Slave', qu'est-ce qu'elles t'apportent dans ton projet et dans ta vie ?

Ah oui j’aime les filles !!!
Je pourrais te faire un long discours sur le pourquoi je pense que les femmes devraient avoir beaucoup plus de rôles importants que les hommes dans notre société, pourquoi je pense qu’elles ont (en général) des valeurs humanistes plus développées que les hommes, etc., mais je crois que Renaud l’a déjà fait dans sa chanson 'Miss Maggie', donc en te référant a son texte tu y trouveras le fond de ma pensée !


Aujourd’hui, la conception de la musique a changé, et de moins en moins de gens écoutent des albums dans leur intégralité, ils n’écoutent plus que quelques chansons, es-tu conscient que cet album s'adresse à un public précis et n'est-ce pas frustrant ?


Oui c’est vrai, et c’est très frustrant car, comme tout artiste en développement, il est vital pour moi d’agrandir ma fan-base. Il en va de la viabilité du projet, des tournées...
C’est aussi la raison pour laquelle un morceau comme «'Slave to Rock ‘n’ Roll' a toute sa place sur cet album, de même que les versions radio-cut en bonus. Des gens vont découvrir d’abord les morceaux les plus accessibles et une fois qu’ils les auront digérés, s’attaqueront au reste du catalogue, enfin je l’espère !


Est-ce d'ailleurs pour cela que tu le proposes en vinyle avec des versions bonus ?


Non, les morceaux bonus ne sont pas sur le vinyle. Le vinyle a une contrainte temporelle physique qui fait que tu ne peux pas aller bien plus loin que 45 minutes, alors que le CD peut en contenir près de 80.

Les versions radio-edit ne sont que sur le CD car c’est ce qu’utilisent la plupart des radios avec le MP3, sur le vinyle ça aurait été complètement inutile de proposer ça! Mais il est clair que de plus en plus de gens veulent acquérir un vinyle.





Il était prévu que l'album soit enregistré ou mixé aux studios Real World de Peter Gabriel, a- tu pu réaliser ton rêve et si non où a-t-il été enregistré (il bénéficie d'ailleurs d'un excellent mixage) ?


J’ai fait le mixage avec mon ami Christian Morfin dans son studio près de Lyon. On a l’habitude de travailler ensemble (a des heures parfois très tardives) et tous les deux on forme une bonne équipe il me semble.

Christian est très a l’écoute et très patient, donc une fois que j’ai bien explique ce que je veux, je suis quasiment sur qu’il va y arriver !. Le mastering a été effectué au studio Real Wolrd, grâce a la grande réussite de notre crowdfunding, nous avons pu financer cela, et je crois que ça en valait vraiment la peine !


Tu utilises un instrument le didgeridoo ('The Answer') , quelle est la raison d'un tel choix et pourquoi ne pas avoir accentuer ce côté world qui apporte beaucoup de personnalité au titre ?

C’est la marque de fabrique de mon ami Christophe Obadia. On l’avait déjà utilisé sur l’album "Oddity" ('The Quind') et sur "Torn Apart" ('School') donc je reste cohérent.

Mais c’est surtout en live que le didgeridoo prend une toute autre dimension car on lui donne un rôle dans notre univers visuel psychédélique. Il amène carrément un coté très théâtral, plus que musical en réalité.


J’aimerais, évidement que quelques professionnels du business se penchent dessus car je suis clairement à un moment de ma carrière où ça devient compliqué de tout gérer seul et j’aurais besoin de l’aide d’un manager, d’un label, d’un tourneur pour pouvoir me recentrer sur la musique.


Qu'attends-tu de cet album ?


Qu’il me propulse au rang de superstar interplanétaire, bien évidement !

De manière plus réaliste, j’espère que les gens prendront le temps de l’écouter, de l’apprécier, et que cela leur procurera du plaisir. C'est le plus important pour moi, donner des émotions aux gens a travers ma musique, les emmener en voyage dans mon univers loufoque et fantastique. Leur faire oublier la routine pendant un moment.

Après j’aimerais, évidement que quelques professionnels du business se penchent dessus car je suis clairement à un moment de ma carrière ou ça devient compliqué de tout gérer seul et j’aurais besoin de l’aide d’un manager, d’un label, d’un tourneur pour pouvoir me recentrer sur la musique. Mais je sais d’expérience qu’il est très difficile d'atteindre ces gens-là, la demande est très forte, et ils sont extrêmement sollicités!


Tu as énormément de succès à l'étranger (Angleterre), que ressens-tu ne n'être pas prophète dans son propre pays qui n'est pas connu pour son amour du rock ?


Évidement j’aimerais jouer plus en France et y être un peu plus reconnu. Mais ce n’est pas une fin en soi et je suis déjà très content de ce que j’ai et de ce que je fais un peu partout. La difficulté reste d’attirer un peu plus de gens aux concerts et de franchir cet espèce de seuil de rentabilité où le projet s’autofinance.

Le Rock en France n’est pas la priorité des médias ni des gens qui tiennent les ficelles du business, donc on ne peut pas espérer qu’émerge un nouveau Johnny Hallyday, du moins pas dans le sens du Johnny des années 65-75. Mais comme je suis quelqu’un qui s’accroche a ses rêves de gosse, j’espère toujours voir un jour mon nom écrit en lettres rouges a l’Olympia !


Si on te proposait de faire la première partie d'un artiste, quel serait il ou elle ?


Ça ne me semble pas réaliste de te répondre Paul McCartney ou Roger Waters, donc je dirais plutôt Alice Cooper. Déjà parce que je suis sur que ça collerait à merveille, et surtout car en 2017 on est passés à deux doigts de le faire. On était en contact avec la prod Drouot et c’était quasi calé mais au dernier moment ça ne l’a pas fait, donc beaucoup de frustration suite à ça évidement. Sinon une de mes idoles, Roger Hodgson (Supertramp) que j’ai eu le bonheur de rencontrer par hasard a l’aéroport d’Amsterdam cet été. Ce serait un immense privilège pour moi d’ouvrir un jour pour lui !





Quels sont tes projets à court terme ? Penses-tu déjà à un nouvel album ?


Ah non, surtout pas !!!

J’ai monté un nouveau groupe qui va évoluer en parallèle du FC Band. Ca s’appelle F.C. & The Fantastic Squad. L’idée est de pouvoir proposer une formule light plus disponible, plus flexible, plus adaptable, afin de pouvoir jouer dans plus d’endroits, plus souvent, plus loin, plus, …
J’ai recruté des musiciens plus jeunes et plus disponibles avec … une fille derrière la batterie !!!
Donc je me concentre là-dessus avec déjà une jolie tournée a partir de Mars 2020, et on verra bien où cela nous mènera.


Un dernier mot pour les lecteurs de Music Waves ?


Un grand merci à toutes et à tous pour votre soutien depuis mes débuts. J’espère que "The Answer" vous plaira et que j’aurai l’occasion de vous croiser sur la route à partir de mars 2020.

Si vous souhaitez vous procurer l’album, il est disponible chez Quadrifonic ainsi que sur toutes les plateformes numériques, et toutes les news et infos sont sur mon site web, Facebook, Instagram, Twitter, YouTube...

Merci !



Plus d'informations sur http://www.franckcarducci.com
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