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PARLOR SNAKES (07 NOVEMBRE 2019)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
ROCK ALTERNATIF

Music Waves n'a pas peur des serpents et part à la rencontre de Parlor Snakes afin d'en savoir plus sur cet album "Disaster Serenades".
CALGEPO - 11.12.2019 - 3 photo(s) - (0) commentaire(s)
Avec trois albums au compteur, Parlor Snakes n'en fini plus d'étendre son aura faite d'un rock sensuel incarnée par Eugénie et Peter, la rencontre entre l'Amérique et l'Europe.


Parlor Snakes est né presque au hasard à l'issue d'une soirée arrosée à laquelle Peter participait en provenance des Etats-Unis pour venir voir sa petite amie qui était (est toujours) une de tes meilleures amies, Eugénie. Pensiez-vous à l'époque que le groupe existerait encore en 2019 ?

Cela peut paraître fou mais j’ai toujours cru en nous, oui. L’idée n’était sans doute pas au départ de sortir des albums ni de faire des tournées mais plutôt de s’amuser en écrivant des chansons. Mais j’ai vite senti que cela deviendrait sérieux, notamment parce que Peter était un « vrai » musicien, contrairement à nous autres, à l’époque de cette formation originelle, et que j’avais envie d’avoir un groupe depuis toujours. Le rock m’a toujours fait rêver.





Nous vous partageons notre sentiment sur le fait que votre musique est avant tout très sensuelle, presque séductrice voire érotique (par exemple dans ‘Nylon And Milk’), est-ce donner une bonne définition de vos compositions : d’être très charnelles ?

Pour moi le rock est un courant électrique, une vibration rythmique qui te prend en-dessous de la ceinture, mais ça ne se limite pas tout le temps à ça. Elle rattache aussi à des souvenirs, à des choses plus cérébrales parfois. Elle permet aussi de porter des idées fortes. Chacun vit la musique comme il la ressent. Il n’y a pas de manuel pour la décrypter. Si Nylon & Milk provoque des choses chez vous, c’est très bien !


Cet aspect charnel et attachant semble désormais moins présent dans la musique actuelle, très immédiate. La conception de la musique et la manière dont on l’écoute ont changé par rapport à il y a quelques années, les gens écoutent de moins en moins d’albums dans leur intégralité et zappent les chansons, êtes-vous conscient du risque de sortir un album de nos jours ?

Certes, mais travailler dans le business de la musique est déjà un risque en soi. Donc sortir un autre album ne nous fait pas peur. Et c’est le troisième donc ce n’est pas la même démarche que pour un premier LP. Si on débutait maintenant peut être qu’on sortirait d’abord un EP, je ne sais pas.
Peter et moi continuons d’acheter des albums, des vinyles, mais on est aussi consommateur de musique en streaming. Au moins ça permet de découvrir des groupes, d’aller les voir en concert et d’acheter leurs albums après.





Au surplus est-ce que vous cultivez cette image ? On peut notamment la voir sur les pochettes de vos albums : d'abord sur l’éponyme “Parlor Snakes” et donc cet album “Disaster Serenades” sur laquelle vous semblez vous soutenir l'un et l'autre, qui rappellent un peu les pochettes de disques vinyle des années 70 ?


Quand j’ai vu passer cette photo de nous faite par Carmen Morand, et tiré d’un concert, elle m’a de suite plu. Je trouvais qu’elle dégageait beaucoup d’émotion et qu’elle collait parfaitement au titre de l’album. Elle a un côté 70’s qui nous plaisait aussi. On voulait du live, avant même de voir cette photo. On voulait du vrai, si je puis dire. Nous n’avions pas envie de poser des heures devant un photographe. Et je nous voulais tous les deux dessus, ou pas du tout.


Je suis très admirative du musicien qu’il est devenu.



L'album est relativement sombre, notamment le titre traduit qui signifie "des sérénades catastrophiques", est-ce comme ça que Peter t'a séduite musicalement au cours de cette soirée (ou inversement) et finalement ce n’était pas si désastreux puisque vous continuez ensemble ?


C’est un titre que j’aime car il est très évocateur et intraduisible en français !
Peter et moi nous connaissons depuis longtemps maintenant, nous évoluons côte à côte, c’est une relation enrichissante à bien des niveaux. Je suis très admirative du musicien qu’il est devenu.


Plus sérieusement pourquoi les sérénades seraient elles aussi catastrophiques que cela, peut-être qu’il y a moins de spontanéité et plus de calcul et c’est ce que vous essayez de traduire en musique ?

La vie n’est pas un long fleuve tranquille. Cet album en est le reflet. Nos vies ont été traversées par des épisodes heureux mais aussi des moments beaucoup plus douloureux. Comme tout le monde à vrai dire, sauf que nous, nous avons la possibilité de créer de la musique autour de ça. La création permet de transcender la perte, les désillusions, pour continuer d’avancer et d’avoir des rêves.


La base de votre projet est très rythmique, hypnotique ; est-ce que vous avez mis longtemps à trouver ce style et comment avez-vous réussi à le faire évoluer ?


Notre style est en constante évolution je pense, et nous cherchons à ne nous rattacher à aucun. C’est aussi pour ça que parfois les gens ont du mal à nous rentrer dans des cases. Ça nous convient très bien d’ailleurs. L’évolution se fait spontanément, en vivant, en expérimentant, en rencontrant d’autres musiciens, mais aussi en suivant son instinct. Ça prend juste le temps qu’il faut. Tout va très vite aujourd’hui, la frustration des gens est très palpable, on essaye au maximum de se préserver de ça. Et de rester concentrés sur notre musique.


Avez-vous le sentiment d'avoir progressé depuis vos débuts et d'atteindre avec ce nouvel album votre apogée artistique ?

Nous avons bien évidemment progressé, évolué. Apogée artistique, heureusement que non ! J’ai vu Patti Smith dernièrement à l’Olympia, là on peut parler d’apogée artistique, et encore, je pense qu’elle nous réserve encore de belles choses. Elle est fantastique.


Dans 'Serpent' vous délaissez l'anglais pour chanter en français, pourquoi un tel choix sur ce titre en particulier sur une musique très tarantinesque ? Contient-elle un message spécial que vous souhaitiez faire comprendre et transmettre au commun des mortels français qui n’a souvent que faire des paroles et surtout en anglais ?

Cette chanson devait être en français, c’est arrivé comme ça. J’avais écrit un texte en anglais mais Peter et moi étions un peu mitigés. Ça manquait de quelque chose. Il m’a dit « you should write this song in french », ce que je pensais aussi, et je m’y suis mise et c’est devenu 'Serpent'. Son côté swamp lui confère une atmosphère très particulière, nocturne et dangereuse . Notre groupe a deux entités, une américaine et une française, c’est donc très naturel, tout ça. Pas vraiment de calcul. L’anglais est la langue de notre rencontre et donc celle dans laquelle nous communiquons tout le temps, mais notre bassiste actuel est italien, donc on parle un espèce de mélange franco – américano – italien ! Bref, chaque groupe à sa propre langue interne. La nôtre c’est un mélange de tout ça. Combiné à de nombreuses private jokes !





Est-ce une expérience que vous allez renouveler (écrire en français) ?

Oui. J’ai adoré écrire en français.


Lorsqu’on parle de vous, on cite souvent PJ Harvey… Mais j’y vois quelque chose de plus personnel, une rencontre entre PJ Harvey, Morissey, parfois Nick Cave and The Bad Seeds, un projet un peu bluesy, garage, urbain à la fois chaud et froid, une sorte d’androgénie des genres, est-ce que ce sentiment qu’on ressent est conscient, traduisant le fait pour vous de faire sauter les barrières de la catégorisation, quitte à être insaisissables et conserver votre liberté ?

Ça fait longtemps qu’on ne m’a pas parlé de PJ Harvey pour tout dire ! Ça arrivait souvent au début, mais maintenant les gens ont surtout du mal à « genrer » Parlor Snakes. C’est cool ! Et je crois que le fait de catégoriser les groupes avec des références constantes par rapport à d’autres, c’est plus un truc de médias. Nous même sommes incapables de définir notre musique avec précision. Graver dans le marbre quelque chose qui est constamment en mouvement n’a pas de sens. On aime beaucoup les artistes que tu cites, je ne suis juste pas très au point sur Morissey. 


Vous donnez à votre album une couleur particulière très authentique et minimaliste, exempte de tout artifice, pourquoi un tel choix à l’époque de la musique assistée par ordinateur ?

Nous aimons et nous travaillons à partir de nos instruments, la guitare et les claviers sont prédominants sur cet album. Peter fabrique ses propres pédales, on passe du temps en répétition pour trouver des sons provenant des instruments, des amplis ou des pédales, les ordis ce n’est juste pas notre truc a l’heure actuelle. Mais encore une fois, rien n’est gravé dans le marbre.


Dans une chanson vous évoquez le cinquième rêve de Marc Bolan (leader de T Rex), quel est ce rêve et que représente pour vous ce chanteur dans votre culture musicale (l’inventeur du glam rock) ?


Ce cinquième rêve se cache derrière le texte !
T Rex est important pour nous, même si nous ne faisons pas dans le glam rock. Marc Bolan a écrit des chansons sublimes, dans un temps relativement court étant donné son décès tragique. Il a aussi vécu à une époque passionnante et inspirante pour nous. On danse souvent sur du T Rex.


Vous aviez enregistré le précédent album à New York, qu’avez-vous ressenti et appris là-bas et qui vous a servi pour ce nouvel album ? Celui-ci a été enregistré en France ou aux Etats-Unis ?


Peter est de New York donc il y avait comme un côté retour aux sources.
C’était une expérience géniale. Recording le jour, sorties la nuit. C’est extrêmement agréable de travailler avec Matt Verta Ray, qui est à votre service et qui vous emmène vers le meilleur de vous-même. Et on voulait de l’analogique dont il est spécialiste. "Disaster Serenades" a été enregistré et mixé entre Pantin et Paris. Nous avons continué d’enregistrer au maximum en live, comme nous l’avions fait à New York. Pour le reste, nous avons eu plus du temps sur celui-ci, étant chez nous. On a laissé un peu de temps entre les sessions, histoire de digérer, modifier, ajouter un morceau au dernier moment etc.
Et puis à un moment faut décider que ça doit s’arrêter. Sinon c’est sans fin !


Peter porte en lui l’âme de Parlor Snakes, et cette âme vient de New York. Ça s’entend dans notre musique. Et moi j’en suis le ventre, les entrailles.



Quel est la part américaine et française dans votre projet ? Est-ce une sorte de Yin et de Yang entre l’énergie des USA et le raffinement européen ?

Peter est très européen au final. New York et Paris sont des villes très fortes en émotions. Elles inscrivent quand même pas mal de choses dans nos gênes. Je pense que Peter porte en lui l’âme de Parlor Snakes, et cette âme vient de New York. Ça s’entend dans notre musique. Et moi j’en suis le ventre, les entrailles.


Dans cet album vous laissez une grande part de liberté aux instruments dans des titres qui durent plus comme ‘Darkness Rises’ presque progressif, c’est pour vous un choix de donner plus de musicalité aux compositions et pouvoir développer cela en live en improvisant parfois
?

Oui, on aime bien faire durer certains morceaux en live. Et laisser une part d’improvisation. Ça permet aussi de redécouvrir certains morceaux autrement. De se surprendre.





Qu’est-on en droit d’attendre de Parlor Snakes sur scène ?


De la sueur, de l’émotion, de la sensualité, des guitares très fortes, de la joie.  C’est un peu comme une montagne russe émotionnelle.  Chaque concert a sa propre set list. On change tout le temps.


Qu’attendez-vous de cet album ?

Tout et rien à la fois. Mais surtout qu’il nous permette de tourner au maximum.


Si un artiste vous invitait à partager l’affiche d’une soirée avec vous, quel serait-il (ou elle) et pourquoi ?


Ty Segall. On l’avait vu à NY devant à peine 100 personnes, alors qu’il était encore inconnu. On aime ce qu’il fait, tout simplement. Il est inspirant.


On vous laisse le dernier mot pour nos lecteurs ?

On espère vous rencontrer bientôt lors de nos concerts !


Merci !



Plus d'informations sur https://www.facebook.com/parlorsnakes/
 
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