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A PROPOS DE:

RIVERSIDE + CLOVERSEEDS


TYPE:
LIVE REPORT
GENRE:
ROCK PROGRESSIF

Concert à la Puce à l'Oreille (Riom), le 05/11/09
PLATYPUS - 08.11.2009 - 0 photo(s) - (0) commentaire(s)
Une fois n’est pas coutume, c’est d’un concert joué en plein cœur de l’Auvergne, dans la petite ville de Riom (63), dont nous allons parler ici. Et pas n’importe quel concert : celui du groupe de néo-progressif polonais, Riverside, accompagné en première partie par le talentueux groupe clermontois de rock alternatif, j’ai nommé Cloverseeds.

C’est dans un chaleureux café-concert, La Puce à L’Oreille, que ces deux groupes se produisaient ce jeudi 5 novembre. Programmant essentiellement de la chanson française, cette salle de dimension humaine (350 places) à l’acoustique remarquable ne s’interdit pas pour autant de belles échappées vers le progressif, ayant par la passé accueilli Jack Dupon (dont la chronique est disponible sur Music Waves).


19h00, ouverture des portes. Cloverseeds ne commençant qu’à 20h00, quelques bières permettent de patienter de manière agréable, avant la montée du groupe sur scène. La salle n’est pas complète, mais le public est néanmoins au rendez-vous, et au vu de ce qui suivra durant les 45 prochaines minutes, il aurait bien eu tort de ne pas l’être. Car Cloverseeds, dont Hyperunknown avait déjà souligné tout le potentiel dans sa chronique de leur premier album, Innocence, nous réserve une prestation tout simplement remarquable.

Si les influences sont présentes (Radiohead, Muse, Porcupine Tree ou encore Oceansize), leur musique réussit à rester personnelle et passe avec succès l’épreuve du live. Cédric Oléon, chanteur du groupe, s’impose comme un frontman aguerri, et même s’il avoue ne pas être très à l’aise dans la communication avec le public, force est de remarquer qu’il n’en a pas besoin. Sa voix seule suffit à entraîner les spectateurs dans une atmosphère sombre, mélancolique, parfois rageuse et violente, mais toujours chargée de nuances émotionnelles particulièrement abouties. Les musiciens ne sont pas en reste, et les soli de guitare, techniquement abordables, valent pour la sensibilité et la précision sonore avec lesquelles ils sont joués.
Si tous les morceaux s’avèrent excellents et parfaitement interprétés, quelques temps forts apparaissent : A Thousand Knives For A Thousand Lies, gratifié d’un refrain chanté à fleur de peau – la présence scénique du chanteur, qui évoquera sans doute Thom Yorke sans que pour autant l’on puisse penser qu’il s’agisse d’un artifice, n’est pas étrangère à l’émotion qui m’a si souvent étreint lors de ce concert -, Wisard, bref mais d’une beauté intemporelle, Khaos pour son solo final, et surtout Innocence, qui résume à lui seul les multiples talents et facettes du groupe.
Petite précision qui a son importance : je n’avais écouté l’album de Cloverseeds qu’une fois avant leur concert ; il tourne désormais en boucle sur ma platine.


Une petite demi-heure pour le changement de scène, et c’est dans une salle désormais bien remplie que les quatre membres de Riverside investissent la scène. Calmes, concentrés, manifestement heureux d’être là alors que cette date n’était au départ pas programmée dans le Anno Domini Hight Definition Tour, ils débutent avec un 02 Panic Room de haute volée, quoiqu’un peu timide. Pour moi, le concert ne commence vraiment qu’avec Second Life Syndrome, un morceau qui a l’avantage de mettre en valeur l’ensemble des musiciens et qui laisse le guitariste exprimer toute sa sensibilité au cours d’un solo frissonnant.
La qualité d’exécution est excellente, et rien ne la démentira au cours de l’heure et demie suivante. La richesse des éclairages et jeux de lumière contribue également à faire de cette prestation un excellent spectacle visuel renforçant la diversité des émotions véhiculées par la musique. De ce côté là, tout comme au niveau du son, parfaitement équilibré et rendant bien compte de la sonorité si spécifique de la basse de Duda, aucune faute de goût n’est à déplorer. Et la taille de la salle n’ayant pas évoluée entre les deux groupes, je me trouve toujours au premier rang, à moins de deux mètres de distance de la scène : peut-on rêver conditions plus optimales pour assister à un tel concert ?!
Les Polonais visitent une partie de leur répertoire trilogique, n’hésitant pas à nous proposer la superbe ballade électro-acoustique In Two Minds, que précédait un morceau beaucoup plus électrique, The Same River, encore meilleur sur scène qu’en album. C’est donc à une première partie de concert résolument rock néo-progressif que Riverside nous convie, régalant à n’en pas douter leurs fans les plus anciens.

La seconde partie de la prestation concerne en revanche leur dernier album, qui sera, bonheur ultime, joué en intégralité. Music Waves avait noté au sujet de Anno Dominici une dérive fort bien exécutée vers les terres plus agressives du métal progressif. Cela est confirmé – et de belle façon ! – par le live. Passée l’introduction piano d’Hyperactive, il est clair que le propos est tout différent ; dans une certaine mesure, il serait presque possible d’affirmer que ce n’est plus le même groupe qui joue, ne serait-ce la permanence de cette couleur sonore si personnelle certainement due au jeu de basse et à l’utilisation des claviers en denses et planantes nappes mélancoliques. Car le rythme s’est considérablement accéléré, les riffs s’enchaînent sans coup férir, entrecoupés de parenthèses solistes incroyablement maîtrisées par le guitariste et le claviériste. Le son, rude et saturé, nous promet sans équivoque possible près d’une heure de métal progressif, qui, et c’est assez rare pour le signaler, ne doit que peu de choses au monstre sacré qu’est Dream Theater.
La courte mais jouissive incursion funk sur l’un des riffs d’Egoist Hedonist constitue sans doute l’un des points forts du concert ; mais cela ne dure qu’un instant, alors que la longue pièce Left Out s’étend sur 10 minutes et propose une variété d’ambiances et d’émotions encore plus marquées sur scène que sur album. Le superbe thème mélodique apparaissant plusieurs fois au cours du morceau est repris en chœur par un public définitivement conquis lors de son ultime exposition : il est clair que Duda apprécie.

Après avoir joué un Hybrid Times sombre, violent et au solo final bouleversant, Riverside quitte la scène sous des applaudissement nourris. Le rappel s’ouvre sur un morceau moins convainquant, introduit par des samples qu’à titre personnel je n’ai que moyennement apprécié ; mais la suite Reality Dream (II et III) efface immédiatement ce titre en demi-teinte. Les quatre musiciens se lâchent complètement sur un instrumental hallucinant de technique qui pour le coup évoque indubitablement Dream Theater. Ce dernier morceau, extrêmement dynamique, referme le concert sur l’image toujours agréable de musiciens et d’un public au diapason, les premiers semblant autant prendre de plaisir que le second. Après une telle prestation, que demander de plus à Riverside désormais, si ce n’est de vite repasser par la France ?

Riverside : setlist

1. 02 Panic Room
2. Second Life Syndrome
3. Schizophrenic Prayer
4. The Same River
5. In Two Minds
6. The Time I Was Daydreaming
7. Hyperactive
8. Driven To Destruction
9. Egoist Hedonist
10. Left Out
11. Hybrid Times

Rappel :
12. Stuck Between
13. Reality Dream II
14. Reality Dream III

De grands remerciements à Julien de KProd ainsi qu'à Struck, sans qui je n'aurais peut-être pas assisté à cette superbe soirée musicale!


Plus d'informations sur http://www.riverside.art.pl
 
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