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A PROPOS DE:

ALTESIA + UNICORN BLASTER (14 DECEMBRE 2019)


TYPE:
LIVE REPORT
GENRE:
METAL PROGRESSIF

La bataille d'Altesia a eu lieu à Bordeaux en l'an 2019 après Jésus Christ
CALGEPO - 09.01.2020 - 21 photo(s) - (0) commentaire(s)
Assister au premier concert (enfin presque) d'un groupe naissant est important pour le public tout comme pour chaque membre dudit groupe, d'autant plus lorsqu'on pressent le haut potentiel qu'il représente. Cette expérience a eu lieu en plein mois de décembre non pas à Paris mais à Bordeaux. Et malgré le climat social compliqué, la chance était au côté du Music Waves qui a pu se rendre au Haillan dans la salle le Salem qui accueillait Altesia pour la release party, organisée par l'association Eclipse (qui promeut le rock et metal progressif dans la région), de "Paragon Circus" , coup de cœur de cette fin d'année.


La journée légèrement pluvieuse a commencé doucement avec le recueil des propos de Clément (chanteur, guitariste et compositeur du groupe) pour une riche interview que vous avez pu lire dans nos pages. Un peu éloignée de Bordeaux, le Salem est une salle à taille humaine et correcte qui a offert de belles affiches (Daniel Cavanagh, Antimatter, Klone, Pat'O May...) et donc pour cette soirée Altesia qui sort son premier album et Unicorn Blaster qui ouvrira le bal.


UNICORN BLASTER :


Le groupe bordelais a déjà à son actif un album 'Eggs Invasion' sorti en novembre 2018 mais présenté pour la première fois en version physique à l'occasion de ce concert. Naviguant dans un style djent progressif proche de Periphery, Tesseract ou de Ne Obliviscaris, le combo a acquis une belle notoriété et se distingue par l'utilisation du violon et par un duo voix masculine et féminine. Autre particularité, le batteur Yann Ménage est aussi le batteur d'Altésia. Il aura toute une soirée pour exprimer son talent (et s'échauffer pour les futurs concerts de plus de 2h30). Mais ce n'est pas le seul point commun entre les deux groupes comme nous le constaterons plus tard dans la soirée.








Le premier contact avec le groupe s'avère relativement aisé car il offre suffisamment de portes d'entrée mélodiques pour pouvoir compenser les parties les plus complexes de leur musique. Le violon tenu par Thibaut qui ne fait pas de la figuration apporte indéniablement un énorme plus à l'ensemble par ses lignes qui accentuent la dramaturgie et la tension de ce djent mélodique. Malgré un son quelque peu brouillon et parfois quelques petites faiblesses dans la voix de Charlotte, la prestation ne souffre d'aucune faiblesse et emporte par son énergie l'adhésion du public. Esteban à la guitare et au chant possède une voix terrifiante et très technique pour canaliser les lignes de growl qui éclaboussent le spectre sonore du projet Unicorn.







L'imagerie du groupe, surtout pensée par Charlotte (qui s'occupe notamment du design) est bien présente (Charlotte est habillé en petit chaperon rouge) et mériterait d'être encore plus développée sur scène. La rythmique joue un rôle primordial, Yann nous gratifiant d'un ahurissant solo de batterie improvisé de plus de 5 minutes à la manière d'un Neal Peart ou d'un Mike Portnoy, ni plus ni moins. Unicord Blaster est à l'aise sur scène et maitrise son propos, les échanges et clins d’œil au public sont nombreux et il n'hésite pas à proposer un mini wall of death aux dimensions de la salle qui n'a pas à rougir de ceux des plus grands festivals. Nul doute que les Bordelais ont un très bon potentiel live pourvu qu'il corrige les petits soucis de son et de justesse, mais cela viendra certainement avec l'expérience. Le concert de ce 14 décembre devrait donner des idées aux tourneurs, il ne seront pas déçus.








ALTESIA :


Le temps d'installer le matériel pour la seconde partie de concert permet de reprendre son souffle après un set décoiffant (voir la photo juste au-dessus) autour d'une bière afin d'échanger avec les membres d'Unicorn Blaster, très disponibles.

La tension monte d'un cran pour ce premier "vrai" concert donné pour le vernissage de "Paragon Circus" sorti trois jours avant seulement, autant dire tout juste à temps. Premier "vrai" set, car le groupe a déjà donné un concert le 29 juin dernier qui a servi surtout de répétition générale mais pour ce 14 décembre cela devient encore plus sérieux et concret : l'album est enfin disponible ! Outre le stress lié au concert, un autre évènement est venu se rajouter pour l'augmenter un peu plus car le groupe a intégré très récemment (début novembre soit un mois et demi auparavant) un nouveau bassiste, Hugo Bernart, qui a remplacé Antoine Pirog. Le nouveau bassiste a eu très peu de temps pour répéter ces morceaux. Levons le suspens, il s'en sortira haut la main, le bougre !






A l'image des illustres ainés et influences d'Altesia tels que Dream Theater ou Porcupine Tree, le groupe rentre sur scène sur la bande sonore de 'Pandora', titre ouvrant l'album, qui plonge le public dans une émotion palpable (les familles et amis étant aussi présentes) illustrant l'aboutissement de deux ans de travail acharné - comment pourrait il en être autrement ?

Le groupe va donc jouer 'Paragon Circus' en entier mais comme parfois pour le tiercé, dans le désordre, ce qui ne nuit pas du tout au concept bâti autour du thème de la destruction de l'homme par l'homme tel qu'a pu l'écrire Hobbes dans "Le Léviathan". D'emblée on sent le groupe bien en place malgré sa jeunesse. Il faut dire que l'expérience des membres (qui font aussi partie d'autres groupes) qui entourent Clément, T-shirt de Haken saillant (un signe), plaide en la faveur d'une maitrise à la fois technique et scénique. Chacun possède déjà une belle personnalité : Alexis à la guitare est le plus mobile et expressif, il est suivi de près en cela de Yann à la batterie plutôt volubile, Clément, très concentré n'est pourtant pas en reste avec de beaux échanges avec le public, reste Hugo dans sa bulle (cela s'explique par le peu de temps qu'il a eu pour apprendre les morceaux !) et Henri plutôt discret. La palette est donc large en terme d'individualités et tous sont au service du groupe, tels les mousquetaires !







Outre l'album entier, Altesia propose quelques petites surprises comme l'extrait de 'Trains' de Porcupine Tree qui ouvre 'The Prison Child' et 'Money' qui sera joué en entier en clôture dans une version moderne, plus rock, avec de très beaux moments comme le passage des nappes de clavier par Henri et le solo d'Alexis qui personnalise celui de Gilmour. En outre, l'éclairage, avec parfois les faisceaux de lumières verte et jaune, ajoute à l'ambiance floydienne de l'ensemble qui transforme Clément en une sorte de Jésus avec ses apôtres, distillant tel un prêcheur ses paroles très bien chantées. Ses lignes de chant s'apparentent à celle du rock progressif se rapprochant des lignes claires de Mickael Akerfeldt, ce qui accentue le contraste de ce qui est attendu en terme de metal progressif pur. Il transmet l'émotion sans la surjouer.






Les morceaux de 'Paragon Circus' prennent encore plus d'ampleur et de dimension en live permettant de confirmer leur potentiel entendu en studio. Les passages les plus personnels tels que le funk de 'Réminiscence', le violon (Thibault de Unicorn Blaster viendra sur scène) de 'The Prison Child' qui à cinq minutes fait dresser les poils, le growl de Esteban (de Unicorn également) dans 'Hex Reverse' et 'Cassandra's Prophecy' qui ajoute encore plus à la torpeur des morceaux emportent l'adhésion du public. L'épic de 17 minutes'Cassandra's Porphécy' passe comme une lettre à la poste grâce à sa fluidité et étonne par sa grande maîtrise et sa structure limpide. L'exécution ne souffre d'aucune fausse note flagrante malgré la haute technicité qu'il réclame. Yann martèle sa batterie jusqu'à user un nombre de baguettes impressionnant, sa rythmique en impose ! L'aspect symphonique de l'ensemble ressort également en live grâce au travail d'Henri qui apporte quelques petits passages augmentés par rapport aux versions studio et dont les interventions se rapprochent fortement d'un Kevin Moore avec son style épuré se concentrant plus sur les harmonies et la mélodie. Alexis s'amuse à descendre dans le public pour distiller ses interventions solistes solides et toutes bien pensées, il titille Clément, un peu plus sur la réserve, dont l'interprétation restera sans faille et offrant beaucoup de sourires, satisfait et heureux de pouvoir faire vivre sur scène son "enfant" qui a bénéficié d'un son au cordeau.











Après un peu plus d'une heure, le concert se termine sous une salve d'applaudissements et les remerciements de Clément, aux yeux embrumés, destinés aux autres membres du groupe qui l'ont épaulé, au public, à ses soutiens, sa famille et à Eclipse.  L'ennui n'a jamais gagné la prestation à la fois accessible et progressive, metal et rock, et le plaisir d'assister au concert d'un groupe au fort potentiel en a été encore plus grand. Car oui, ces gars-là possèdent tous les atouts pour aller loin ensemble : des chansons efficaces, des influences qui parlent, une belle personnalité, une présence scénique bien en place, l'équilibre entre technique et mélodie et une belle accessibilité empreinte d'une légère timidité ou humilité face à l'ampleur de l'accueil positif de l'album et du concert. Si la bataille d'Alésia a vu l'échec de Vercingétorix en l'an -52 avant J.C., celle d'Altésia en l'an 2019 après J.C. verra certainement l'entrée réussie du groupe dans le monde fermé du metal progressif français et, espérons-le, bientôt mondial.










Il nous reste à remercier le Salem pour son accueil et Eclipse pour l'organisation ainsi que Thierry Bourriat pour les photos.

Set List :
Pandora (Instrumental)
Amidst The Smoke
Trains/The Prison Child
Hex Reverse
Cassandra's Prophecy
Reminiscence

Money (Rappel)




Plus d'informations sur https://www.facebook.com/altesiamusic/
 
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