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SWARM (08 JANVIER 2020)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
THRASH
"Anathema", c'est le deuxième album fraîchement sorti de Swarm. A l'occasion de cette actualité, Music Waves avait rendez-vous avec les membres du groupe...
STRUCK - 15.01.2020
... pour une interview sous le signe du groove metal, du thrash, du metalcore mais aussi - plus surprenant - du progressif et de Francis Lalanne... Rencontre avec un groupe talentueux et ambitieux que nous vous proposons de découvrir !





Quelle est la question qu’on vous a trop souvent posée ?

Antoine Chapet : Hum… Je dirais de présenter le groupe.


Et nous le ferons pas…

Swarm : (Rires)


Nos premières interrogations sont assez générales et pourraient concerner nombre de formations indépendantes. Quand on crée un groupe c’est souvent une envie qui vient de la jeunesse autour d’une bande potes, est-ce que c’est votre cas ?

Antoine : Oui et non ! Matthieu et Rémy ne sont pas des membres d’origine du groupe…


A la base, Swarm était une bande de potes qui avait envie de faire un groupe de groove metal depuis très longtemps !


Ce ne sont pas donc pas des potes…

Antoine : (Rires) Personnellement, on ne s’apprécie pas trop mais on fait comme on peut (Rires) !
Non mais à la base, Swarm était une bande de potes qui avait envie de faire un groupe de groove metal depuis très longtemps ! Après, Matthieu et Rémy sont également des potes quand ils sont arrivés dans le groupe et c’est naturel vu ce que nous partageons ensemble que ce soit en tournée dans des petits vans, en répét’…


On a la volonté d’avancer et de faire évoluer le groupe le plus vite possible.





Vous êtes allés assez vite finalement, formation en 2014 et premier album en 2017 et le deuxième est déjà là, le tout en tournant ! Comment expliquez-vous cette rapidité là où certains mettent des années à se lancer ? Vous ne vouliez pas perdre de temps dans une époque musicale qui ne laisse guère de répit ni de temps d’apprentissage pour se lancer ?

Matt Bankowski : Je pense qu’on a pris le temps d’analyser ce que nous avions fait sur le premier album pour ensuite apporter cette amélioration sur le nouvel album mais finalement, on a très vite analysé ce qu’il fallait vraiment améliorer !

Antoine : Après, le premier album a été composé sur un éventail d’années assez long. J’ai commencé la première compo quand j’avais 16 ans, j’en ai 27 aujourd’hui ! On a eu plein de soucis avec l’enregistrement : entre le début de l’enregistrement et la sortie de l’album, il y a eu plus d’un an et demi…
Depuis, nous avons trouvé un line-up stable et nous avons voulu enchaîner vite car la vie passe très vite. On a la volonté d’avancer et de faire évoluer le groupe le plus vite possible.


A l’époque des playlists Deezer ou Spotify, cela ne vous a pas effrayé au moment de composer et de sortir un album sachant qu’il ne sera plus écouté comme à l’âge d’or de la musique ?

Antoine : Dans le metal, il y a encore quand même pas mal de personnes qui écoutent des albums en entier. Et à côté de ça, je pars du principe qu’il y a l’album d’un côté, les clips, les lives, la promo d’un autre… si bien qu’aujourd’hui, un album, ce n’est plus comme dans les années 1990 où l’album permettait de découvrir un groupe, aujourd’hui, un album, c’est plus une finalité : tu vas découvrir un groupe en live et c’est ensuite que tu avais approfondir en écoutant l’album si ça t’a plu…


A propos de live, vous êtes purement indépendants, cela n’est pas trop délicat pour organiser la promotion, distribuer le disque et trouver des dates comme celle partagée avec Ill Nino en particulier ? Comment vous organisez-vous concrètement ?

Antoine : C’est compliqué ! On fait un peu comme on peut avec ce que l’on a. On a la chance d’être bien entourés comme par exemple, notre technicienne son qui a des contacts dans le milieu et qui nous a permis de choper quelques occasions… Dès qu’on a une opportunité, on tente notre chance en se jetant dessus le plus vite possible.


N’avez-vous jamais été déçus par certains concerts notamment en raison d’un manque d’affluence ou de retour ?

Antoine : Il y a toujours des jours avec et des jours sans. On s’est retrouvé parfois à des concerts où il n’y a personne ou un public qui n’est pas forcément réceptif à notre musique : ça arrive… C’est heureusement assez rare mais parfois, ça arrive de tomber sur un truc un peu moins cool que d’habitude…


Musicalement vous proposez un mix de thrash, de hardcore avec une touche de groove, purement dans un style en vogue surtout dans les années 90 grâce à Pantera puis Machine Head et Lamb Of God, ces groupes constituent une sorte de Sainte Trinité ?

Antoine : Je ne vais peut-être pas répondre pour tout le monde mais pour ma part, bien sûr mais ce n’est pas forcément le cas des autres… Nous avons tous plein d’influences bien évidemment mais en ce qui me concerne, c’est effectivement mon truc !

Rémy Pauck : Ma Sainte Trinité serait plutôt vers des trucs psyché comme Tool… J’écoute du Pantera et du Lamb of God mais très peu finalement.


Tu évoques Tool mais on ne l’entend pas forcément dans la musique de Swarm…

Rémy : (Rires) Non mais dans la façon d’écrire mes textes comme la volonté de faire un concept album en se triturant un peu l’esprit au lieu de faire des textes séparément. Cette façon de faire, je la puise dans mes influences Tool, Pink Floyd… Même si ce n’est pas une influence musicale, je vais chercher ma façon de composer, d’écrire mes textes dans les influences que je viens de te citer.


On a évoqué le groove metal qui a mené au metalcore dans les années 2000, quel regard portez-vous sur cette évolution souvent décriée du genre ?

Antoine : C’est quelque chose de super ! Ca a remis sur le devant de la scène ce style de musique parce que mis à part Pantera et Machine Head, le groove thrash metal est un genre qui a très peu de groupes finalement et c’est une des raisons pour lesquelles nous avons voulu en faire.
Globalement, il y a eu le neo metal dans les années 1990 et le metalcore a remis sur le devant de la scène des compositions plus techniques avec le mélange avec le death mélodique… Du coup, pour moi, le metalcore est une chose super positive. Malheureusement comme dans toute scène, tu finis par te lasser d’entendre des riffs à la At The Gates avec des breakdowns hardcore. Une fois que tu as entendu 20 albums du genre, ça devient un peu toujours la même chose et on avait envie de faire autre chose de ça tout simplement.


L’idée est de faire un truc un peu plus personnel.




Malgré tout, vous vous frottez un peu au style metalcore sur l’album, je pense notamment à des titres comme ‘Life On Hold’ ou ‘Frontiers’ par exemple, mais sans sombrer dans le côté obscur du genre... c’est délicat de se frotter à ce style de nos jours et une contrainte que vous vous étiez fixés ?

Antoine : Honnêtement, un petit peu parce que l’idée est de faire un truc un peu plus personnel. Dans notre composition, on ne va pas forcément composer des riffs metalcore et on n’a pas un chanteur scream… Pour ces raisons, notre musique ne peut pas être metalcore à la As I Lay Dying ou Killswitch Engage mais ça fait partie de nos influences -j’en écoute beaucoup, c’est le style préféré de notre bassiste- c’est donc normal qu’à un moment, ça se ressente.


A côté vous ne faites souvent pas de quartier, au-delà de la marque thrash teintée de groove on a également ressenti l’esprit de Slayer sur ‘New Sun’, ‘Intifada’ ou ‘Five’ que ça soit dans les riffs ou dans le chant. Slayer, c’est aussi une référence dans le style thrash pur et dur ?

Antoine : C’est naturellement une influence. Mais de toutes façons à partir du moment où tu fais des trucs un peu thrash, tu as vite tendance à retomber dans du Slayer, Metallica…

Matt : … qui sont les bases !

Antoine : Tu n’es pas le premier à nous le dire et effectivement, nous sommes également très fans de ce groupe. J’aime beaucoup le Slayer des années 1980 avec des albums comme "Seasons in the Abyss" mais j’aime également un album comme "God Hates Us All" par exemple, qui est un album qui mélange ce thrash à l’ancienne avec des trucs plus modernes. En ce sens, personnellement, je suis peut-être plus influencé par "God Hates Us All" que "Seasons in the Abyss" ou "Reign in Blood".


On pense aussi à Overkill pour la hargne et le côté très rapide, la scène thrash américaine est-ce une référence pour vous ?

Antoine : Carrément ! C’est bien vu. Nous sommes tous fans de thrash…


Bien sûr donc il y a cette facette néo thrash que l’on qualifiait de moderne dans les années 90 et on retrouve souvent ce groove, notamment dans ‘The Deed Is Done’ ou ‘Spoutnik Explorer’ et dans des passages de ‘New Sun’ ou ‘Frontiers’. On en parlait avant mais ce son c’est vraiment la marque de fabrique à partir de laquelle vous travaillez vos titres ?

Antoine : Pas tous, mais il y en a pas mal. On aime beaucoup des groupes comme Fear Factory ou des groupes de néo comme Limp Bizkit autant que j’aime Slayer. Tout cela fait partie de nos influences : on mélange tout ce qu’on aime !


En fait notre sentiment est de retrouver un melting pot thrash de ces vingt dernières années, on a évoqué Slayer, de la scène thrash groovy avec Pantera et Lamb Of God juste avant. On retrouve du Soulfly sur ‘Deaf Blind Silent’ et une pincée de Gojira sur ‘Spountik Eplorer’ et ‘Five’. Vous retrouvez-vous dans cette idée de fusion des genres et les groupes cités ?

Antoine: Ce ne sont que des groupes que nous écoutons ! On écoute plein de trucs, j’adore Pink Floyd et Tool mais ce n’est pas forcément ce qui va ressortir dans notre musique... Malgré tout, il y a un instrumental de 8 minutes, une power ballade… mais c’est clair qu’un titre comme ‘Deaf Blind Silent’ n’est pas du tout un morceau prog.


Il y a un peu de chant clair et des passages en français sur ‘Five’, ‘The Deed Is Done’ et ‘Life On Hold’. Cela aère l’album, c’était l’idée car même si le chant français peut surprendre, ça amène une grosse force et on pense à la scène française entre Lofofora et Mass Hysteria : il s’agissait d’appuyer le propos ?

Rémy : J’écris tous les textes en français avec notamment les idées… et ensuite, Antoine les traduit.
Le passage sur ‘Five’ et ‘The Deed is Done’, quand on a essayé de les traduire, on s’est rendu compte que c’était plus moche en anglais qu’en français et on les a donc gardés en français. Et concernant le passage de fin sur ‘Five’, j’aimais tellement quand je l’ai écrit que j’ai voulu le laisser ainsi en français en mode discours…
Et à la base, même le titre de l’album, on voulait le faire en français…


… Oui mais bon, dans le cas présent, ça fait plus penser à Francis Lalanne qu’autre chose…

Antoine : (Rires) Tu vois qu’on a bien fait de le faire en anglais !


L’exercice de la power ballade est quelque chose qui ne se fait plus maintenant : c‘est très rare qu’un groupe de metal en 2020 tente une power ballade.




On trouve du chant féminin au début de ‘Simple Automata’, quelle était l’idée dans ce début très atmosphérique, vous aviez envie de tenter un truc pour vous ouvrir à d’autres perspectives ?

Antoine : En fait, quand on a terminé le premier album et au moment de se demander ce qu’il fallait faire pour le deuxième, on s’est tous même mis d’accord qu’il fallait faire quelque chose d’un peu moins monolithique. Même si on l’adore, il y avait quand même pas mal de répétitions dans le premier album et ce nouvel album est plus varié.
Pour le coup ‘Simple Automata’ est une compo de base de ma part et Rémy a fait beaucoup de travail d’arrangements dessus. L’exercice de la power ballade est quelque chose qui ne se fait plus maintenant : c‘est très rare qu’un groupe de metal en 2020 tente une power ballade. Je ne sais pas si c’est trop suranné ou s’ils n’osent pas mais nous avions très envie de le faire, histoire d’apporter un autre truc, tenter d’autres choses… et faire un break parce qu’une heure de metal, c’est bien mais c’est important de pouvoir respirer un peu…


Enfin on mettra à part ‘Pyroclastic Flow’, pourquoi avoir placé ce long instrumental en fin d’album parce que s’il confirme en tout cas une sacrée force technique de votre part, les riffs et soli scotchent au siège tout le long de l’album, vous aviez envie de vous faire plaisir le temps d’un titre complet ?

Antoine : Sur le premier album, il y a également un instrumental de 8 ou 10 minutes à fin : c’est un peu dans l’idée de faire comme la fin d’un film avec les crédits qui défilent. Ces titres, c’est également un condensé de tout ce qu’on sait faire musicalement et histoire de conclure sur quelque chose d’un peu différent.
Et puis, la fin de ‘Pyroclastic Flow’ c’est le même motif mélodique que l’intro du premier morceau mais joué différemment. L’idée était de faire un truc un peu à part mais qui s’insère dans l’album.


Nous ne sommes pas un groupe engagé, nous sommes plus spectateurs et narrateurs de notre ressenti sur ce que nous observons.



Avec cette boucle instrumentale que tu évoques, les textes -le disque s’appelle « Anathema » qui signifie réprobation-, une pochette qui diffère de la scène thrash avec ces personnages reliés au cœur d’une ville avec l’un des deux ancré dans le sol… On se demandait s’il y avait un message autour de l’état de notre planète ? Vos textes ont l’air de tourner autour d’un thème central sur l’être humain, c’est le cas et vous voyez-vous comme un groupe engagé ?

Rémy : Nous ne sommes pas un groupe engagé, nous sommes plus spectateurs et narrateurs de notre ressenti sur ce que nous observons.
Ce qui est amusant, c’est que tu es le premier à parler écologie : c’est effectivement une des phases de l’album mais il peut parler d’autres choses en fonction de l’interprétation que l’on en a. Sur la pochette, la plupart des gens voient juste la femme et l’homme qui est une autre grille de lecture de l’album qui traiterait de la supériorité.


Et vous quelle est votre interprétation ?

Rémy : Je me suis placé sur plusieurs angles et que cet album puisse être interprété différemment selon l’humeur…


C’est la réponse typique de l’artiste progressif qui laisse la libre interprétation au public…

Antoine : C’est vrai !

Rémy : C’est vrai mais je me suis placé sur quatre angles différents : l’angle de la contradiction, l’injustice, l’angle de l’amour et l’angle de l’écologie.
C’est ma lecture de mon récit que j’ai interprété de ces façons en fonction de mes ressentis. Et je me dis que si demain, des personnes l’interprètent d’une autre façon, ça rajoute une vision encore différente des choses.




Comme quoi, on peut faire du groove thrash metal et être un groupe réfléchi…

Antoine : C’est l’idée de brouiller un peu les pistes !

Rémy : Et ce qu’il faut savoir c’est que cet album a deux facettes. On est parti sur deux facettes simples proposées à travers deux pochettes : une qu’on qualifie de lumière et l’autre d’obscurité au recto du livret. En changeant juste l’angle de vue de la pochette, on a une autre interprétation de la pochette. On a voulu faire cela avec la pochette pour garder le concept, à savoir qu’en fonction d’où je me place, je le vois différemment.


Quelles sont les attentes pour cet album ?

Antoine : L’idée est de passer un stade, de pouvoir faire quelques festivals, de faire des tournées plus sympas et pourquoi pas faire des premières parties sympas également. Le but est d’évoluer avec cet album et de gagner du public en jouant sur de belles scènes…

Rémy : Nous ne sommes plus un groupe qui joue uniquement le dimanche pour s’amuser. Notre groupe est un projet que nous voulons mener à bien. On ne sera pas des super stars mais on se donne les moyens.


On a commencé cette interview par la question qu’on vous a trop souvent posée, au contraire quelle est celle que vous souhaiteriez que je vous pose ou à laquelle vous rêveriez de répondre ?

Antoine : C’est une question énorme ! C’est tellement compliqué de répondre à ça : c’est bien vu !


Généralement, cette question est une porte ouverte à notre prochaine rencontre. Je vous propose de réfléchir à cette question et nous commencerons la prochaine interview par votre réponse.

Antoine : Carrément ! C’est une très bonne idée !


Rendez-vous est donc pris d’ici combien de temps ?

Antoine : D’ici deux ans…

Rémy : On essaye de garder un rythme de sortie tous les deux ans.




Et d’ici-là quelques dates à annoncer ?

Rémy : On joue le 1er février à Lyon, en mars à Nice, on fait un festival en juillet dans le Var et on est en train de booker une tournée pour fin mai.

Antoine : Et on sort un nouveau clip d’ici quelques semaines…


Merci

Swarm : Merci à vous !


Merci à Noise pour sa contribution...


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