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A PROPOS DE:

DIRTY BOOTZ (10 JANVIER 2020)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
ROCK

Auteur d'un premier album de rock remarquable, Geoffray Aznar a bien voulu nous en dire plus sur le duo qu'il forme avec le batteur Samuel Devauchelle.
NUNO777 - 16.01.2020 - 3 photo(s) - (0) commentaire(s)
Votre musique est très marquée du sceau des USA avec ce blues du sud et des ajouts de grunge. Avec quelle musique avez-vous grandi pour vous inspirer de la sorte ?
 
Geoffray Aznar : Libre à chacun d’interpréter notre musique comme il le sent, l'essentiel c'est qu'il voyage avec nous. Personnellement le terme de « sceau des USA » me paraît trop catégorique.
Pour faire court, j'ai connu mes premiers vertiges musicaux avec une cassette de Nirvana qui circulait dans mon collège. Le disquaire du coin m'a très vite dirigé vers Sonic Youth, Babes in Toyland, L7, Mudhonney etc. Ceci dit j’écoutais à côté beaucoup de sons britanniques. J'aime beaucoup Nick Cave, Joy Division, PJ Harvey par exemple, les suites d'accords de Bowie me font tripper et je me suis beaucoup nourri de punk anglais. J’étais grand fan des Sex Pistols et j'ai aussi poncé les disques des Beatles de mes parents. Bref la liste de ce qui m'a nourri serait trop longue à faire ici.  En gros j'ai voyagé dans le temps avec la musique. Je me suis intéressé assez vite aux origines de ce que j’écoutais, j'ai donc rebroussé chemin et suis tombé sur Skip James. Un ami jouait une reprise de 'Hard Time Killing Floor', la version que Chris Thomas King joue dans "O'Brother". Ce morceau m'a tordu le bide par sa beauté et sa sincérité. Je dévore donc depuis tout ce que je peux de tous ces vieux bluesmen du delta.
Je pourrais te parler de toutes ces découvertes et notamment des musiques de films qui m'ont nourri mais il nous faudrait plusieurs soirées et quelques bouteilles de vin donc je vais m’arrêter là...


Si tu as un moyen de m'envoyer dans les années 20/30 je t’achète un billet de suite


Avez-vous eu l’occasion d’aller aux USA pour vous immerger encore plus dans cet univers musical ? Serait-ce un rêve pour vous de jouer là-bas ?

Non je n'ai jamais eu l'occasion d'y aller. L'univers musical qui m'intéresse n'est pas actuel. Si tu as un moyen de m'envoyer dans les années 20/30 pour que je pique tous les riffs de Son House, Skip James et Mississipi John Hurt, je t’achète un billet de suite.
Mon rêve est de voyager et de faire de la musique, peu importe la destination. Les USA ne sont pas un objectif en soi, mais je serais ravi d'y aller si l'occasion se présente.
Ce qui attise ma curiosité serait plutôt les paysages sauvages que l'on peut y trouver.  


Dirty Bootz c’est deux musiciens, une guitare et un batteur. Geoffray, en tant que guitariste tu dois souvent te creuser la tête pour savoir comment compenser la basse d’une manière ou d’une autre. Comment procèdes-tu ?

Je monte la fuzz !!!
Plus sérieusement, je joue sur plusieurs amplis et j'ai modifié mon jeu de main droite pour mettre en évidence une basse qui n'y est pas. Depuis peu, je teste des octavers, mais aucun n'est présent sur l'album.
Le choix de mes guitares, des accordages que j'utilise, très souvent en open, font partie du package.





Dirty Bootz est ton projet solo au départ. Comment s’est fait la rencontre avec Samuel ? A quoi ressemblait Dirty Bootz quand tu étais seul à le porter?

Nous avons été appelés tous les deux sur un projet de groupe dans lequel nous ne sommes finalement pas restés. A l'époque je tournais seul et je cherchais un batteur pour donner plus de relief et d'explosivité à ma musique. Au départ Dirty Bootz était un projet annexe regroupant des chansons plus tranquilles que je ne pouvais jouer dans le groupe de stoner rock dans lequel j'étais chanteur-guitariste.
De fil en aiguille, ce projet est devenu mon projet principal. J'avais besoin de pouvoir m'exprimer plus librement et d'expérimenter les mélanges qui me faisaient envie. Je me suis mis en mode one man band avec une percu au pied et un looper pour empiler des voix et des parties guitares. Je crois que j'avais aussi besoin de monter seul sur scène pour me prouver que je pouvais le faire. J'y ai pris beaucoup de plaisir mais l'arrivée de Sam m'a donné un souffle nouveau. J’apprécie beaucoup son jeu et sa spontanéité. C'est quelqu'un d'intelligent qui a su s'adapter à mes morceaux et les mettre en valeur.


Vous n’avez jamais pensé à enrôler d’autres musiciens ?

Je ne cache pas que l'idée nous a effleuré l'esprit, mais nous sentons que nous avons encore des choses à dire dans ce format-là. Nous aimons bien la liberté que cela nous procure.





Votre première vidéo pour le morceau 'Dead Clouds In Your Pockets' tourne depuis début décembre alors que l’album sort deux mois plus tard. Prévoyez-vous de sortir d’autres titres d’ici là pour ne pas frustrer les auditeurs ? Plus sérieusement pourquoi ce titre en particulier ?

Mais parce que frustration est source de contentement, très cher !
Pour répondre sérieusement à la question sérieuse : ce titre nous paraissait être une bonne vitrine pour notre album pour plusieurs raisons : d'une part le texte a été écrit par mon ami Miguel Lopez (Mill) et je tenais à ce que le single soit un morceau sur lequel nous avions participé tous les trois.
D'autre part c'est son format, son sens et une intuition commune qui nous a fait penser que c'était ce morceau que nous devions mettre en avant. Il exprime aussi notre état d'esprit, plus que d'autres titres qui sont plus dans l'imaginaire.


Ce clip est d’ailleurs visuellement très réussi. Vous pouvez nous en dire plus ?

Merci du compliment. L'idée de départ était de faire un dessin animé.
N'ayant que peu de moyens financiers nous avons pensé faire des jeux d'ombres en mode jeu vidéo, quelque chose de simple, efficace et explosif. Il devait exprimer un retour à la simplicité, aux racines et parler d'humanité. L'idée a de suite plu à mon vieux pote Thomas Guibal et à son acolyte David Rinaldi.
Nous avons passé une journée à faire les cons sur un fond vert avec des amis, et les deux copains de Spilia Production ont fait le montage.


Votre musique évoque des images de grand espace et de voyage à travers le Sud des USA. Personnellement je verrais bien un film genre road trip avec votre album en bande-son. Avez-vous été approché pour ce genre de projet ?

Si c'est l'effet que ça t'a fait, tu m'en vois vraiment ravi !
Nous n'avons pas été contactés pour ce genre de projet, à part un petit court métrage gore une fois pour mon ami David Tempère, mais c'est un de mes nombreux rêves. Je suis un grand fan de road movies et de cinéma.
Qui sait ? Un jour peut-être ?





Est-ce que les paysages parfois arides de l’arrière-pays Héraultais ont été une source d’inspiration pour votre musique ?

De façon certaine ! Ceci dit je ne suis pas d'un tempérament chauvin et je m'extasie sur beaucoup de paysages que je trouve, pourvu que j'ai un peu de temps pour me poser avec mon bottle neck et ma vieille parlor.


On perçoit un retour des fondements blues dans le rock depuis quelque temps. La question de la transmission de ce genre musical assez localisé dans l’espace et le temps a dû se poser pour vous. Comment avez-vous abordé la question de passer d’auditeur amoureux à musicien pratiquant cette musique ?

La question ne s'est pas posée ! J'en avais envie et j'ai eu la chance de rencontrer beaucoup de musiciens qui m'ont filé des riffs et des tips. J'ai pris et j'ai fait ma soupe avec.


Vous citez Seasick Steve comme influence. Que vous inspirent les révélations qui ont été faites sur son passé et le fait qu’il ait construit une légende pour donner un cachet d’authenticité ?

J'aime sa musique, le reste n'est que folklore. Je ne pense pas que Robert Johnson ait passé un pacte avec le diable non plus et pourtant ça n’enlève rien à son talent. J'ai un peu de mal avec tous ces délires sur l'authenticité. Quand il joue on sent qu'il est sincère et c'est tout ce qui m'importe.


Le grunge et le punk ne sont pas si éloignés d'une certaine façon. Ils ont à mon avis une âme commune.


Il y a aussi des touches de grunge dans votre son. Cela donne un résultat particulièrement intéressant notamment dans ‘End Is A Start’ car il conserve tous les codes du hard-blues que vous développez dans tout le disque avec une tonalité grunge très identifiée. D’où vous vient cette idée de mélanger le blues et le grunge ?

C'est assez simple en fait. Je suis tombé dans le grunge et le punk étant adolescent et j'en ai gardé quelques séquelles. Sur plusieurs morceaux je suis parti d'instrus bluesy et à un moment j'avais besoin d'un refrain plus explosif. Le blues crée une tension que le refrain grungy lâche. Je cherche beaucoup cet équilibre dans la musique. J'essaye le plus souvent possible de créer des vagues dans un morceaux.
De plus ces deux styles ne sont pas si éloignés d'une certaine façon. Ils ont à mon avis une âme commune.


On entend des chœurs dans certains refrains et ça apporte une vraie densité. Vous chantez tous les deux, ou est-ce que tu doubles toutes les voix ?

Sam s'est prêté au jeu sur 'When She Comes' avec classe, mais pour les autres doublages c'est moi qui les ai enregistrés.  


Coucou on est là, et ça va péter !


La thématique de l’enfance est très présente dans ce disque. Ça tranche avec ce genre de musique que l’on imagine parler de sexe, drogue et rock’n’roll. Pour quelles raisons vous avez choisi ce(s) sujet(s) ?

Parce qu'ils me touchent. Je n'aime pas vraiment les conventions et j'aime m'exprimer librement donc je prends les sujets tels qu'ils viennent. J'aime la plupart du temps écrire des histoires, rester dans l'imaginaire et faire au feeling.
J'ai écrit deux chansons adressées à mon fils oui, mais au travers de ces chansons, c'est de vie et de mort dont je parle plus précisément. Pour les autres, certaines parlent de vengeance, de nihilisme, d'envies de meurtres, de folie, de sincérité. "Broken toy" parle de mise à nu et fini en film un tantinet gore. J'aime les textes qui ont plusieurs niveaux de lecture généralement.
En ce qui concerne la pochette d'album, elle est libre d’interprétation. Pedro Vitorino (graphiste) et moi avons opté pour la laisser faire son chemin dans l'esprit des gens. Nous avons eu tout un tas de réflexions la concernant, mais nous avons jugé bon de ne pas trop intellectualiser cette image. Nous cherchions pour notre part un visuel fort et explosif pour dire « coucou on est là, et ça va péter ! »  





A quoi doivent s’attendre les amateurs qui viendront vous écouter en concert ? Vous allez vous en tenir au duo strictement ?

Oui nous allons jouer en duo la majorité du temps, mais il se peut qu'il y ait des surprises occasionnelles. Je joue aussi tout seul de temps à autre. Souvent pour voyager un peu en solitaire, des fois dans la rue aussi parce que c'est assez grisant.


Les premiers échos que l’on peut lire en référence à la vidéo de 'Dead Clouds In Your Pockets' sont très positifs. Cela vous met-il la pression quelques jours avant la sortie de l’album ?

On est surtout très excités et on a hâte de défendre notre album sur scène. La conception d'un album et tout le processus de sortie sont très intéressants mais ce qui nous anime c'est de jouer live.  


D’ailleurs qu’attendez-vous de cet album ? Et plus généralement quelles sont vos ambitions et vos projets à court ou moyen terme ?

Nous attendons qu'un maximum de gens l'écoutent, et à court comme à moyen terme, jouer sur de jolies scènes, voyager, échanger et partager notre envie de faire de la musique.


Un dernier mot pour les lecteurs de Music Waves ?

Venez voir des lives !
Bisous !


Plus d'informations sur https://www.facebook.com/dirty.bootz.mtp/
 
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