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DOSSIER KILLING JOKE (2ème partie)


TYPE:
DOSSIER
GENRE:
METAL INDUSTRIEL
Killing Joke va fêter les 40 années de la sortie de son premier album, l'occasion est trop belle de revenir sur ce groupe aussi mystérieux que méconnu.
ADRIANSTORK - 17.02.2020
Fin de la décennie 80, la blague qui tue commence à être salement éventée. L'album ''Outside The Gate'', majoritairement décrié, plante les clous du cercueil que Jaz et Geordie semblent s'être fait un malin plaisir de confectionner pour leur propre usage. Les deux Paul, en désaccord avec le choix artistique dominant - à savoir, un excès synthétique - ont quitté à la nage un navire qui refusait d’appareiller au port qui convenait -selon leurs oreilles - à l’étendard Killing Joke. Virgin qui avait un contrat d'exclusivité en Amérique refuse finalement de le sortir sur ce continent...                                                                       


''Outside The Gate'' n'était pourtant pas l'abomination que l'on aurait voulu voir. Killing Joke s'est toujours plu à se dépasser, à prendre possession d'un nouveau corps pour mieux affirmer son identité. Aucune tournée de promotion ne voit le jour et petit à petit ''Outside The Gate'' mord ses galons d'album maudit. Avec cet échec de plomb sur leurs épaules, les deux survivants se devaient de donner le coup de grâce au cadavre  trop récalcitrant de Killing Joke, une blague qui n'a pas tué mais a rendu colère la plus grande partie de leurs fans... Ce ne sera pas le cas et le lecteur aura très vite compris la raison d'un deuxième volet à ce dossier.

Le duo fait paraître en 1989 l'enregistrement sonore d'une conférence au Courtauld Institute de Londres. Geordie à la guitare acoustique et Jeff Scantlebury (rescapé d' ''Outside The Gate'') aux percussions accompagnent un Jaz déclamant une confession sur les influences invisibles de l'inspiration justifiant la raison d'être d' ''Outside The Gate''. Si le texte est poétique (d'aucuns diront délirant), on ne peut pourtant pas parler de renouveau (la conférence ayant eu lieu avant la sortie d' ''Outside The Gate''). Pour survivre aux moqueries et à l'indifférence générale, Killing Joke doit se faire plus mordant.



1990 - Extremities, Dirt and Various Repressed Emotions




Pour faire peau neuve, il faut rejeter les reliquats du passé. Aussi, le duo signe la fin de la collaboration avec son label historique E.G et commence à prospecter de nouveaux compagnons de fous rires. Le batteur Martin Atkins, ancien partenaire de Johnny ''Rotten'' Lydon dans Public Image Limited, passe brillamment son test. En revanche, un autre revenant des 80's, Andy Rourke des Smiths, endure trois jours de répétition avant de débrancher sa basse, saluer et s'en aller. Un  bassiste Gallois du nom de Dave 'Taif' Ball permet de boucler leur effectif pour partir en tournée. Après avoir enregistré un album avec Anne Dudley ''Songs From The Victorious City'',  Jaz Coleman dirige ses troupes sur Berlin, lieu de naissance supposé du huitième album studio de Killing Joke. Hélas dans la ville encore coupée en deux, c'est la débâcle. Ball claque la porte, les enregistrements n'apportent rien et sont abandonnés. La queue basse, le trio rentre à Londres à la recherche d'un nouveau bassiste. L'identité de celui-ci, ils ne la connaissent que trop bien!


Paul - Tiens, Geordie, qu'est-ce que tu fais là, tu habites dans le coin?
Geordie - Euh...non, je voulais te voir...
Paul - Me voir? Ne me dis pas que tu as enfin laissé tomber Jaz!
Geordie - Euh...
Paul - Et donc tu viens me voir pour te faire tes excuses, pour dire que moi et Paul avions raison et que tu aurais dû nous écouter. Dur, dur, Geordie!
Geordie - Euh...non!
Paul - Alors?
Geordie - On voudrait que tu reviennes.
Paul - Attends, mais calme-toi. Que je revienne après ce qui s'est passé?
Geordie - Jaz m'a dit de te dire : ''Promis, on mettra moins de synthé!''
Paul - Bon...C'est déjà un début...


Paul Raven, le roi corbeau, est de retour. Le groupe entre dans une écurie au nom prédestiné : Noise! Si les synthés sont encore là, ils passent à l'arrière-plan au profit de la guitare. Killing Joke retrouve les instants de folie furieuse et meurtrière de ces premiers albums à l'image de la pochette qui représente quatre paires d'yeux colorés de l'acteur Conrad Veidt (inoubliable interprète de Cesare, le somnambule meurtrier du film expressionniste ''Le Cabinet du Docteur Caligari'' de Robert Wiene).                                                                           

Les riffs de guitare de Geordie s'écoulent comme des torrents de lave, appuyés par la basse (qui conclut 'North Of The Border') et la batterie puissante qui retrouve parfois son timbre tribal. Les claviers font entendre leur ritournelle diabolique ('Solitude') ou leur aspect déglingué d'un cynisme méphitique ('Extremities'). Les morceaux qui s'étirent généreusement (l'album dépasse l'heure d'écoute, nouvelle loi discographique) ressemblent à des bolides lancés en cinquième vitesse dans une impasse étroite, la mécanique s'emballe et le choc menace d'être létal ('Age Of Greed', 'Extremities'). Mais au moment de l'explosion, le rythme se gèle comme un arrêt sur image et Jaz semble redevenir humain. Mais la machine reprend inexorablement sa course mortelle alors que nous pensions être épargnés. A l'inverse, après avoir tenté l'ascension des pentes enneigées de 'The Beautiful Dead', une avalanche rythmique nous fait décrocher prise.

Les textes sont interprétés par Jaz de sa voix possédée (ses growls sont gelés, il se racle la gorge sur 'Money Is Not Our God' qui annonce l'exorcisme de l'opus suivant). On l'a rarement entendu aussi remonté contre les problèmes de notre société, l'asservissement des hommes à l'argent et à la finance (dans 'Money Is Not Our God', Jaz démontre que les plus belles choses sont gratuites : l'air frais, le coucher du soleil, les étoiles) voire les dérèglements climatiques ('Intravenous'). Son message peut se faire parfois mystique ('Solitude', 'Slipstream') ou parabolique ('Inside The Termite Mound, et son atmosphère post-apocalyptique) mais il nous ordonne de poursuivre une lutte de longue haleine ('Struggle'). L'album se conclut par des rires, comme si Killing Joke reprenait au vol son propre flambeau, se réinventant tout en restant cohérent. S'il est une réussite du genre, l'album et le single 'Money Is Not Our God' ne se classent pourtant pas dans les charts.



1994 Pandemonium




Après la tournée de promotion du précédent album, Killing Joke manque de se disloquer à nouveau. Alors qu'il avait été le détonateur vocal de la violence déployée sur le précédent album, Jaz part se purifier en Nouvelle-Zélande (il prend d'ailleurs un peu plus tard la nationalité néo-zélandaise et compose la version maori de l'hymne national). Ses compagnons forment un groupe Murder, Inc., coupable d'un EP et un album en 1992. Mais l'hibernation de Killing Joke n'est jamais définitive. En 1992, Virgin sort un best-of qui fait la part belle aux titres obscurs des Anglais ''Laugh? I Nearly Bought One!'' mais qui fera couler l'encre en raison de sa pochette sulfureuse (on y voit un abbé allemand - et non le pape - bénir des soldats nazis). C'est l'occasion de recroiser un drôle d'énergumène, Youth qui entre temps est devenu producteur-remixeur (Tom Jones, Alien Sex Fiend, Yazz, Yazoo, U2, Kool And The Gang Bananarama passent entre ses doigts). Il est également lauréat d'une 4ème place dans les charts avec la chanson 'Naked In The Rain' de son groupe Blue Pearl et est l'une des têtes pensantes du duo The Fireman aux côtés de Paul McCartney.


Geordie - Pour ma part, je pense que ça serait bien d'inclure des titres de chacun de nos albums.
Youth - Geordie?
Geordie - Oui?
Youth - Quand je vois toutes ces chansons géniales, je me suis dit que c'est trop bête. Ecoute, reformons le Killing Joke de notre insouciante jeunesse.
Geordie - Bien sûr, on enlèverait ''Outside The Gate'', pas la peine de torturer les fans.
Youth - Geordie, tu m'écoutes? On recommence Killing Joke et j'en suis, j'ai envie de rejouer avec vous les gars!
Geordie - ça serait bien aussi d'offrir de nouveaux mixages, comme ça le fan saura qu'on ne se moque pas de lui.
Youth - Geordie???
Geordie - Quoi encore? Tu es imperméable à tout mixage?
Youth - Je veux revenir dans Killing Joke...
Geordie - A la bonne heure. Après ce qui s'est passé en Islande!
Youth - Il ne s'est rien passé Jaz l'a dit lui-même. Et pour vous prouver ma bonne foi, je vous signe sur mon label Butterfly. ça mérite réflexion non?
Geordie - Ou alors peut-être qu'un seul titre remixé ça irait...



Youth finit par avoir gain de cause. Avec le retour de son bassiste historique et désormais producteur, mais sans véritable batteur officiel, Killing Joke enregistre un nouveau brûlot. Après avoir influencé une cohorte de groupes de metal industriel (Ministry en tête), Killing Joke se devait de plonger dans l'amphithéâtre et prouver à ses anciens disciples que non seulement leur maître était on ne peut plus à l'aise sur leur terrain de jeu mais qu'en outre il pouvait renouveler le genre.

''Pandemonium'' est un mille-feuilles à l'arsenic. Dans sa pâte on y retrouve plusieurs couches d'ingrédients disparates, metal, pop, new wave, indus et même folk, grâce à une panoplie d'instruments orientaux qui ont le mérite d'alléger le propos. L'ensemble n'est pourtant jamais indigeste et révèle des arrangements riches et une sensibilité mélodique qu'une simple écoute ne suffit pas à étancher.

Les riffs metal de Geordie tournoient en boucles tranchantes, la batterie flingue avec une folie métronomique, les claviers appliquent une morsure indus avec des relents techno ('Mathematics Of Chaos', 'Whitehout'). Le chant de Jaz est délicieusement schizophrène. Sur 'Pandemonium', le serpent Coleman nous charme de sa voix confiante et posée sur les couplets avant d'exploser sur les refrains, appuyé par un riff puissant du fidèle Geordie. 'Millenium' prend presque le contre-pied du précédent : sur les couplets, Geordie pulvérise la partition tandis que Jaz prophétise d'une voix déformée, alors que les refrains prennent un tour plus sensuel avec des sonorités orientales (mais Jaz n'en a cure et finit par hurler avec Anubis). Dans la cité de Pandemonium, il y a toujours un peu de place pour la douceur : 'Communion' balade en felouque sur les eaux du Nil et la ballade 'Jana'. Mais le calme est de courte durée, Jaz finit par hurler sur les refrains de cette dernière, ruinant à jamais toute tentative de concorde (Jana apprend dans une lettre qu'elle est positive...).

''Pandemonium'' est un concept-album ambitieux : l'Apocalypse ayant déjà eu lieu, Pandemonium, la cité des Enfers, est en réalité notre village global. A travers les prophéties anciennes nous plongeant dans les mystères de l'Egypte, les textes plus poétiques et plus obscurs de Jaz, mêlant traditions millénaristes et savoirs occultes, cherchent la lumière de notre salut. 'Exorcism' est comme son nom l'indique une séance d'exorcisme dans laquelle Jaz rejette littéralement le démon de sa gorge et se purifie de tout pêché (en espérant que notre monde fasse de même) tandis que guitare et claviers se lancent dans une boucle Ouroboros (on peut même entendre pendant un instant une mesure que Daft Punk aura - pléonasme - emprunté). Il faut savoir s'aventurer dans les climats froids du désert ('Black Moon') quitte à y perdre son identité (les rythmiques folles de 'Labyrinth'). 'Whiteout' invite l'esprit à faire sécession du corps sur une boucle vertigineuse quasi dansante, 'Mathematics Of Chaos' nous incite à contempler notre monde s'effriter ('Plus tu écarquilles les yeux et plus tu es dégoûté') vaincu par ses excès. 

Malgré son esprit sentencieux ''Pandemonium'' sera très bien accueilli (16ème dans les charts mollement dominés par un best-of de Wet Wet Wet). Les trois singles qui en sont issus occupent des positions honorables : 'Millenium' est 34ème, 'Jana' 54ème et 'Pandemonium' 28ème. S'il est vrai que l'époque est plus portée sur Wet Wet Wet ou Céline Dion, la performance de 'Pandemonium' leur permet de revenir enflammer le plateau de Top Of The Pops. Si l'auteur de ce dossier peut se permettre d'intervenir directement dans son propre récit, voilà l'album le plus complet de Killing Joke  et sans  doute le meilleur album de metal-indus. Enfin, selon la légende, 'Exorcism et 'Millenium' auraient été enregistrés dans la Chambre des Morts de la Pyramide de Gizeh. Ce n'est pas un légende, on y était :


Guide égyptien - Maintenant, mesdames et messieurs, nous arrivons dans la fameuse Chambre des Morts, faites attention à la marche et remarquez...Mais qui êtes-vous et qu'est-ce que vous faites là?
Jaz - Un exorciiiiiiiisme !
Geordie - Non, pardon, ne l'écoutez pas, on enregistre juste une ou deux chansons. Il y a une sacrée acoustique !
Guide égyptien - Ah? Et vous avez une autorisation ?
Jaz (growlant) - Tremblez, morteeeeeeeeeels. J'entends la voix des mooooooorts, ils me disent que vous serez maudiiiiiiiiiiits sur dix-sept génératioooooooons !
(le guide et ses visiteurs s'enfuient apeurés sans demander leur reste)
Jaz - La prochaine fois, Geordie, laisse-moi faire ! Qu'est-ce qu'on peut perdre comme temps en formalités!



1996 Democracy





Fort de sa nouvelle popularité, la locomotive Killing Joke repart sur de bons rails. Après avoir sorti un album live ''BBC In Concert'', des captations de performance sur scène datant de 1986 (certaines ayant même été prises lors d'un concert à Paris), le groupe se retrouve dans l'Oxfordshire avec toujours Youth derrière les manettes. Même s'il est dépourvu de ses oripeaux arabisants et si l'ambiance générale semble moins lourde que sur ''Pandemonium'', ''Democracy'' reprend pourtant là où s'est arrêté son prédécesseur. L'album fait défiler une collection de morceaux rageurs et dynamiques sur lesquels Jaz éructe toujours comme un prophète enragé (la démocratie est dévoyée, les politiciens nous contrôlent, une grande entreprise de fastfood prêcherait un message écologique) ne faisant guère usage de sa voix claire. En contrepoint, Geordie met en avant des riffs de guitare plus chaleureux ('Savage Freedom'), ne rechignant pas à utiliser la guitare acoustique  sur 'Another Bloody Election' ou la ballade enragée 'Lanterns'. Jaz signe une ode à l'amitié ('For Absent Friends') et une belle chanson d'amour 'Pilgrimage' dans un style qui n'est pourtant guère romantique et avec 'Medecine Wheel relate son expérience récente aux côtés des Indiens dans la région de Sedona dans l'Arizona au son d'une flûte de pan. Cela ne signifie pas que Killing Joke s'assagit. Les frissons de l'angoisse agitent toujours notre chair : la peur rôde sur 'Prozac People' tandis que le groupe-araignée a tissé une toile gluante sur laquelle la voix rampante de Jaz nous parle de contrôle des masses.

Pas aussi introspectif que ''Brighter Than A Thousand Suns'', manquant d'un tube en or comme sur ''Pandemonium'' ''Democracy'' apporte toutefois de l'apaisement à la fureur. Jaz et Geordie en sont d'ailleurs quitte pour une colère homérique envers Youth, coupable de choix de mixage au-delà de son enthousiasme et sans en référer à ses partenaires. Le principal intéressé sera exclu des tournées remplacé par Troy Gregory de Prong (dans lequel évolue un certain Paul Raven). Sorti le 1er avril 1996, le poisson ''Democracy'' frétille à la 71ème place des charts, incapable de suivre le hors-bord de Take That. Le single du même nom entre directement à la 39ème place des classements anglais où trône "How Deep Is Your Love'' du gang de Robbie Williams.


Beaucoup de gens disent que nous sommes "ceci" et "cela" dans Killing Joke. Que nous sommes "noirs" et que nous sommes de "mauvaises personnes". Il n'y a jamais eu de violence dans nos concerts. A la fin d'un concert de Killing Joke, il y a pourtant des moments où je me suis dit : "Suis-je en conflit avec ma foi et ce que je crois vraiment ? Et la réponse est : "NON". C'est la chose la plus étrange que j'ai trouvé. Parce qu'au fond, c'est bien. Vous jugez un arbre par ses fruits, et il n'y a pas de fruits amers dans Killing Joke. '' (Jaz Coleman, 1994)


2003 Killing Joke




Sept ans séparent la sortie de ce nouvel opus de celle de ''Democracy''. Killing Joke s'est de nouveau mis en jachère artistique - l'occasion rêvée pour chacun de cultiver son jardin. La fièvre symphonique a gagné Jaz qui fréquente assidûment l'opéra de Prague et fait montre d'un savoir-faire virtuose. Geordie Walker joue dans le supergroupe indus The Damage Mutual. Youth se rend coupable de la production du tube 'The Bitter Sweet Symphony' de The Verve en 1997 et ajoute à son carnet de chasse Heather Nova (''Siren'' en 1998) Dido ('No Angel' en 1999), Bananarama (pour un best-of). Il retrouve Jaz pour la sortie d'une version revisitée de Led Zeppelin en compagnie de l'Orchestre Philarmonique de Londres ''Kashmir, Symphonic Led Zeppelin''. La brouille est définitivement passée. Mais alors que les années 2000 démarrent dans la terreur et l'horreur (World Trade Center, les busheries sanglantes), le trio est unanime : la Blague Qui Tue doit à nouveau se propager. Mais une question n'a toujours pas été résolue. Si les précédents albums avaient utilisé différents batteurs de studio, aucun n'avait réussi à s'intégrer totalement. Le nouveau-venu va leur tomber du ciel.


Dave - Euh...d'abord, je voudrais dire : ''Salut!''
Geordie - Oh, ''Ne vous changez pas, venez comme vous êtes'', laissez-le moi que je l'étripe!
Youth - Du calme, Geordie. Ecoutons ce qu'il a à nous dire avant de l'exterminer.
Dave - Ha ha ha! Exterminer c'est bien digne de Killing Joke.
Jaz - Il te reste cinq secondes à vivre.
Dave - Ha ha ha! Vous êtes des comiques. Bon, euh, j'ai vu que vous n'aviez plus de batteur, alors je me suis demandé si...
Jaz - Si tu ne pouvais pas venir nous demander cette fois-ci l'autorisation de voler un de nos morceaux pour les Foo Fighters.
Geordie - C'est de bonne guerre, j'ai bien envie de vous piquer le riff de 'Smell Like Teen Spirits' en échange! Chiche!
Dave - Non vous n'y êtes pas. Je me sens un peu coupable de ce qui s'est passé. On aurait pu vous rendre célèbres mais on s'est bien foutu de vous.
Geordie - C'est mon compte en banque qui se fout de moi.
Dave - Aussi, je voulais savoir si vous voudriez bien de moi à la batterie. Et je suis prêt à jouer gratuitement!
Jaz - On a rarement vu attitude plus suicidaire. ça me plaît. Tu es engagé!


Dave Grohl, batteur de Foo Fighters et Nirvana, rejoint la nef des fous de Jaz. Sous la houlette d'Andy Gill (Gang Of Four), Killing Joke enregistre son second album du même nom comme un retour en enfance. Tous les sens sont en éveil, l'alerte rouge a été déclenchée, c'est la guerre ! Les apports acoustiques n'ont plus lieu d'être, la rythmique sera d'une urgence morbide et d'une clarté inouïe. Killing Joke déploie toute son infanterie où chacun des officiers a une tâche bien précise. Si Jaz éructe toujours (le refrain d' 'Asteroid'), il adopte un ton plus déshumanisé ('The Death And Ressurection Show', 'Dark Forces') aux portes de la folie (le chant alicecooperien de 'Total Invasion', 'Blood On Your Hands'). Libéré de ses filets acoustiques, Geordie retrouve les royaumes de la lourdeur, ses riffs se plaisent à mitrailler à tout bout de champ mais s'accordant quelques exercices de haute voltige ('Blood On Your Hands'). Assurant l'arrière garde, Youth prend une part active aux combats avec un apport maléfique sur 'Seeing Red'. Les claviers sont plus discrets mais font parfois entendre leur salve indus ('Loose Canon') et new wave ('Implant').         
                                                                                                                                                                                                        Et que dire de Dave Grohl! Celui-ci s'est totalement investi dans ces jeux meurtriers (sur la première piste, Jaz invite l'auditeur à ''Ecoutez la batterie''). Sa force de frappe défie toute puissance et son énergie se montre inépuisable comme si sa survie en dépendait.  Killing Joke surprend toujours comme sur 'Loose Canon' grâce aux chœurs enthousiastes de Geordie sur les refrains et aux changements de tempo. Le groupe prend un parfait contre-pied avec la fausse ballade élégiaque 'You'll Never Get To Me' d'une sensibilité à fleur de peau sur ses refrains. L'album se termine en apothéose avec 'That House The House That Pain Built', véritable bombardement sonore avec au programme chant dédoublé de Jaz, refrain anthologique et force de frappe destructrice de Dave Grohl.

A travers ses textes, Jaz dénonce, sur un mode occulte et religieux qui lui est propre, la mainmise des nantis de ce monde sur toutes les parties du globe et leur propension à vouloir s'enrichir en créant des conflits imaginaires (sur 'Total Invasion', il annonce que les rois du pétrole veulent faire main basse sur les ressources des pays qui détiennent des armes de destruction massive et brocarde la servilité anglaise sur 'Seeing Red' lors de l'épisode irakien) prouvant qu'il fait toujours sombre sur Pandemonium.

L'album qui a failli s’appeler ''Axis Of Evil'' se classe 43ème, loin de l'oublié Coral. En revanche, le single indus 'Loose Cannon' obtient une 25ème place inespérée dans les charts dominés par le 'Crazy In Love' de l'ex-Destiny's Child, Beyoncé. Pour la tournée de promotion , Ted Parsons, un autre musicien issu du groupe Prong vient remplacer Dave Grohl qui ne jouera jamais en live avec Killing Joke. Youth cède également sa place à...Paul Raven. La vie en studio avec le producteur avait été orageuse et celui-ci semble bien avoir claqué la porte (pas de chance, nos micros sont tombés en panne, et l'on ignore ce qu'il s'est passé). Geordie Walker épaulé de Paul Raven, seulement crédité sur deux singles ('Seeing Red' s'est rapidement consumé sans entrer dans les charts), se serait alors emparé de la basse pendant la moitié de l'enregistrement. Le roi corbeau est à nouveau de retour!



2006 Hosanna's From The Basement Of Hell




En février 2005, le groupe joue deux soirées consécutives au Shepherd Bush pour souffler ses 25 bougies (un CD et un DVD sont d'ailleurs édités). Mais pour l'heure, il n'est plus question d'un nouveau hiatus, un nouvel album voit vite le jour. Un batteur nommé Benny Calvert embarque dans l'aventure.  Son titre un peu fantasque est pourtant inspiré de la réalité (l'Enfer est le nom de la salle la plus profonde du studio Faust de Prague). 

Après avoir annoncé que l'Enfer était sur Terre sur "Pandemonium", Jaz et ses diablotins nous souhaitent la bienvenue (traduction d'Hosanna) dans les flammes de la Géhenne. La production metal post-punk est à nouveau brouillonne et sale avec un goût de cendre : 'Walking With Gods' est une danse martiale avec le jeu métallique haché de Geordie, 'Implosion' est fidèle à son titre, 'Majestic' se fait glauque à souhait. Le son plus organique et étouffant témoigne de l'exiguïté du placard dans lequel cet album a été enregistré. Le regard est parfois porté en arrière avec un 'Invocation' qui n'aurait pas dépareillé sur "Pandemonium" et qui témoigne de l'appétit insatiable de Jaz pour les musiques du monde et le cinéma (il pourrait très bien figurer dans une relecture moderne de ''Lawrence d'Arabie''). La batterie retrouve elle-meme son ton martial ('The Tribal Antidote', ´Implosion´).                                 

A l'exception de 'Judas Goat' (où le chant se noie dans un maelstrom) , le chant de Jaz n'a plus rien d'humain et s'apparente aux flots vomis par la bête de l'Apocalypse. Sans grande surprise, l'album est dépourvu de lumière. Serge Gainsbourg, bien étonné de se retrouvé convoqué dans cette phrase et aurait pu en dire : "Cet album est plus noir noir qu'un conte d'Edgar Allan Poe". Il ne faut pas attendre de pitié du prince de ce monde. Cependant les textes sont remplis d'espoir contre la bêtise humaine et les grands profiteurs ('Majestic'). Le prophète Jaz nous somme de contrôler notre colère et nos envies de meurtre (le morceau-titre et 'Implosion') pour lutter et reprendre notre planète des mains de ceux qui la pourrissent ('Lightbringer', 'Walking With Gods'). Car Jaz a sacrément foi en l'humain comme il le prouve de façon poétique sur 'Gratitude', sur un ton pourtant robotique.                                         

L´album ne rentre pas dans les charts, à l'inverse du single du même nom qui se classe 72ème dans l'indifférence de Ne-Yo, Orson et Pink. A l'heure actuelle, il s'agit du dernier single classé de la formation. Après une tournée de promotion, le roi corbeau s'envole à tire-d'aile rejoindre le petit frère turbulent Ministry. Sans qu'il le sache, cet au-revoir sera un adieu définitif... 


''Nous nous considérons un peu comme AC/DC. C'était comme si nous faisions toujours la même chose, encore et encore, et parfois les gens aiment et parfois ils n'aiment pas.  Mais de toute façon, on n'en a vraiment rien à foutre. En faisant appel à Dave Grohl, on a réussi à vendre un peu plus de disques et à intéresser de nouvelles personnes. Et je suis heureux de faire partie de l'intrigue.'' (Paul Raven, 2006) 



2010 Absolute Dissent




En cette année 2007, Killing Joke est frappé dans sa chair. Alors qu'il était en train d'enregistrer à Genève, le corbeau rejoint subitement le tombeau et ne retrouvera jamais le chemin de l'arche de Jaz.

Geordie - Je n'arrive toujours pas à m'y faire. Pauvre Paul...
Jaz - C'est toujours les meilleurs qui partent en premier.
Geordie - Hé mais c'est Big Paul qui vient vers nous?
Big Paul - Condoléances, je n'ai pas toujours été d'accord avec lui mais c'était vraiment un chic type.
Jaz - Oui, c'est toujours les meilleurs qui partent en premier.
Big Paul - Hé mais ce mec, c'est Youth, il a les cheveux violets maintenant?
Geordie - On devrait se cacher mais je n'ai pas le cœur à rire.
Youth - Condoléances, c'était vraiment un chic type. Il avait bien repris le flambeau au sein du groupe.
Jaz - En effet, ce sont toujours les meilleurs qui partent en premier.
(gros silence)
Geordie - Vous savez les gars? Killing Joke c'est comme un grande famille dysfonctionnelle. On rit beaucoup, parfois on se met sur la gueule on part dans son coin, mais à la fin on finit toujours par revenir.
Youth - J'en sais quelque chose.
Big Paul - Ce groupe a énormément compté pour moi et jusqu'à mon dernier soupir, pardon Paul, je penserai Killing Joke.
Jaz - C'est toujours les meilleurs groupes qui partent en premier.
Geordie - Mais bordel, les gars, vous ne vous rendez pas compte, s'il nous voyait là-haut, Paul aurait des raisons de se moquer de nous! On est là tous les quatre à s'apitoyer sur Killing Joke alors que la mission n'est pas terminée.
Youth - Et qu'est-ce tu proposes?
Geordie - On reforme le groupe d'origine puisque ça compte tant pour chacun.


30 ans après leur premier album studio, Killing Joke retrouve son line-up d'origine sur ''Absolute Dissent". Un court EP 'In Excelsis' avait précédé la sortie de l'album en 2010. La raison était toute simple : ayant été le jouet de troubles homériques (bandes volées, bandes endommagées, crises de nerfs, deuils familiaux), le groupe avait dû retarder la sortie de l'album et pour ne pas mécontenter les fans, leur a offert quelques miettes pour patienter.                                          

Malgré ses malheurs, Killing Joke affiche un visage plus apaisé, plus rayonnant, renouant avec l'esprit 80's de ''Night Time'' avec des compositions plus proches du format couplets/refrains (à la sauce pimentée Killing Joke). Mais que l'on ne se méprenne pas, s'il est plus accessible d'accès, ''Absolute Dissent'' n'est pas la résignation lumineuse d'un groupe sombre. Si Geordie est toujours agile à la guitare, ses riffs s'affranchissent un tant soi peu de lourdeur metal indus mais en gardant leur crasse ('Fresh Fever From The Skies', 'This World Hell', 'Honour The Fire'). Youth fulmine à la basse ('In Excelsis', 'Depthcharge'). Les claviers refont leur apparition, offrant une pulsation électro froide ('European Super State') et retrouvant leur aspect hanté ('Ghosts Of Ladbroke Grove'). Big Paul est en verve métronomique, comme si tout ce temps passé à l'écart de la maison-mère n'avait pas fait son œuvre, adoptant même le son Dave Grohl sur 'Fresh Fever From The Skies'. On y croise des curiosités comme 'This World Hell', un squelette du son Killing Joke, blanchi jusqu'à l'os mais avec toujours des traces de crasse (on y retrouve même les choeurs auxquels Jaz répond, ou 'Depthcharge' qui se distingue par son rythme aussi caverneux que sautillant dans l'esprit d' 'Harlequin' à l'inverse d'un 'Ghosts Of Ladbroke Grove' plus venimeux. Dans un esprit plus ou moins apaisé, on retient également la ballade rock alternative 'Honour The Fire' et  l'ode à notre cher disparu Paul Raven, morceau poignant sur la disparition d'un être cher où Jaz passe du désespoir à la rage et à la résignation.

Jaz n'a pas renoncé à remettre en jeu son titre de growler ('The Great Cull', 'This World Hell', 'Ghosts Of Ladbroke Grove') mais chante parfois plus volontiers en chant clair. L'auditeur se surprend parfois à fredonner avec lui certains titres au potentiel mélodique évident ('Endgame'). Les textes sont toujours acérés, Jaz rappelant le désastre écologique ('Absolute Dissent', 'The Great Cull' qui épingle Monsanto), le besoin des peuples à disposer de leur bonheur ('In Excelcis'), militant pour un véritable union européenne ('European Superstate').
''Absolute Dissent'' ne fera pas mieux qu'une 71ème place à une époque où l'on a foi en la science, comme le veut le groupe de rock Irlandais The Script, premier dans les charts.



2012 MMXII




2012 (MMXII en chiffres romains), les calendriers Aztèques n'étendaient pas l'existence de notre monde au-delà de l'année 2012, Sylvain Durif aurait aperçu d'étranges présences sur le Pech de Bugarach. Qui de mieux que Killing Joke pouvait annoncer la nouvelle de l'Apocalypse qui semblait enfin arriver? On ne pourrait cependant taxer le groupe d’opportunisme, Jaz ayant développé ses thèmes de fin du monde pour mieux nous alerter sur nos excés. Voilà donc une bonne occasion de renouveler cette piqûre de rappel.

Comme pour donner une suite directe à ''Revelations'', Killing Joke déploie son artillerie tribale et lourde. 'Pole Shift' offre un lit de fer au chant grawlé et bestial de Jaz. Plus subtil, 'Primobile' laisse s'exprimer des claviers froids et implacables sur lesquels Geordie broche des arpèges tantôt aériens tantôt menaçants. 'Fema Camp' démarre comme une marche militaire avant de se faire vertigineux. Paul retrouve ses sensations tribales sur 'On All Hallow's Eve'.


Mais de ce chaos peut surgir une lumière inattendue. Killing Joke va se transcender et réaliser un morceau sublime dans le sillage de 'Love Like Blood' ou 'The Raven King'. 'In Cythera' est l'une des plus belles preuves d'amour et d'amitié qu'il soit. Sur une autoroute de claviers cold-wave, Jaz déploie un chant clair puissant et nostalgique : ''Je te suis reconnaissant/Pour toutes ces heures partagées ensemble/A travers les combats et la folie/Tu as toujours été là'' . Comme quoi le poète avait tort, ce n'est pas l'Amour qu'il faut sauver mais l'Amour qui nous sauvera. 

Les paroles de Jaz sont toujours aussi incisives : 'Fema Camp' dénonce les fausses intentions humanitaires des camps de survivants de l'Apocalypse qui classifient les rescapés en plusieurs groupes (les noms sur liste rouge vont directement à l'incinérateur), 'Corporate Elect' vilipende les entreprises amoureuses de devises sanglantes prises à la sueur de leur employés et les politiciens, dont la plus grande qualité est de savoir berner les foules ('Rapture') . Mais Jaz n'est guère pessimiste, notre monde autophage s'écroulera d'indigestion (dans les paroles du martial 'Glitch') et il faudra chacun de nos mains reconstruire un monde plus juste, plus propre, plus respectueux de nos ancêtres ainsi que nos descendants à venir ('On All Hallow's Eve').

''MMXII'' qui était porteur d'une menace universelle ne secoue guère les foules endormies par les déhanchements lascifs de Nicki Minaj et se classe 44ème dans les charts. Somme toute, nul n'est prophète en son globe. Au moment de partir en tournée avec The Cult et The Mission, Jaz sera rattrapé par ses démons et ce qui devait arriver arriva...


Youth - Geordie?
Geordie - Oui, quoi encore?
Youth - Je n'arrive pas à joindre Jaz. Tu ne l'aurais pas vu par hasard?
Geordie - Tiens, c'est vrai, je me disais bien qu'il manquait quelque chose.
Youth - Je ne sais pas si tu as remarqué mais ce matin, Jaz a écrit sur son compte Facebook que The Cult et The Mission était un groupe d'imbéciles...
Geordie - Ha! Ha! Ha! C'est génial!
Youth - Pas vraiment, tu ne te souviens pas qu'on tourne avec eux!
Geordie - Si, mais bon je ne la sens pas cette tournée. Ils ont voulu rendre cela rentable en ajoutant deux autres groupes.
Youth - Voilà que tu parles comme Jaz! Mais çe ne nous dit pas où il est. La dernière fois que tu l'as vu, est-ce qu'il avait l'air bizarre?
Geordie - Pas plus que d'habitude : il disait que ça sentait la fin du monde et qu'il fallait bientôt trouver un refuge.
Youth - Oh non, ne me dis pas qu'il est reparti se cloisonner en Islande.
Geordie - C'est bien possible.
Youth - Mais pourquoi ne m'en as-tu pas parlé avant?
Geordie - Suis-je le gardien de Jaz?


Les deux hommes se mettent vite à la recherche de leur chanteur, en pensant que Jaz a semé des indices derrière-lui. En se penchant sur le texte d 'In Cythera', ils pensent avoir trouvé la clé de l'énigme :  Jaz serait à Chypre, l'île de l'Amour... ne disait-il pas dans les paroles qu'il reverrait ces proches à Cythère si la vie leur en laissait le temps? Les deux limiers auraient dû écouter le professeur Tournesol dont le pendule détraqué indiquait toujours plus à l'ouest (dans 'Pole Shift', le disparu ne disait-il pas que les directions du pendule s'inversaient ?). Après moult péripéties, ils finissent par découvrir Jaz en pleine forme, vivant comme un nomade dans le désert du Sahara. ''J'avais besoin de calme pour écrire un livre et une nouvelle symphonie'' dira le principal intéressé. En ce qui concerne le message injurieux à l'égard de The Cult et The Mission, Jaz a été victime d'un imposteur opportuniste. La tournée aura finalement lieu sans Killing Joke...


Nous essayons simplement de nous surprendre. C'est pourquoi les albums ne sonnent jamais de la même façon. Alors oui, on continue de trouver de nouveaux trucs qui nous surprennent toujours (Geordie Walker, 2013)


2015 Pylon




15ème et ultime album à ce jour de Killing Joke, ''Pylon'' est enregistré entre République Tchèque et Angleterre.  Depuis le retour de Youth, le groupe remet en avant ses racines post-punk et new wave sans toutefois remiser au placard ses oripeaux metal. Dernier volet de cette trilogie, 'Pylon' poursuit là où ''MMXII'' s'était arrêté. Archéologue de ses propres vestiges, Killing Joke réussit bien souvent à ne pas tomber dans le piège de la redite. Dès le premier morceau 'Autonomous Zone', nous plongeons à nouveau dans les miasmes, ingurgitant un magma sonore duquel se déploie la voix claire de Jaz Coleman ponctuée de surprenants éléments folkloriques à la façon ''Pandemonium''.  Les amateurs de frissons se pencheront sur la nerveuse '''I Am The Virus' avec ses refrains grawlés et sa pulsation electro-martiale et la cérébrale 'Into The Unknown'. La rampante 'New Jerusalem'  ravive les braises du metal-indus de ''Pandemonium'' tandis que  'Dawn Of The Hive' lorgne vers ''Killing Joke'' (2ème du nom).  Sur 'War On Freedom', Geordie joue au météorologue, conjuguant sur le même plan riffs froids et arpèges brûlants.  

Si elle est toujours capable d'inattendus moments de rage, la voix de Jaz prend une orientation plus claire, comme pour souligner la sagesse de son but. S'il continue de clouer au pilori les profiteurs d'un système qu'ils ont eux-mêmes créé (en particulier les mégabanques, les va-t-en-guerre responsables d'une nouvelle guerre froide), Jaz a toujours une sacrée foi en l'humain pour pouvoir reprendre le pouvoir et retrouver sa sagesse ('Euphoria' où un simple rayon de soleil suffit à replacer l'homme en doute dans la bonne direction). C'est ainsi que l'on ressent un peu d'apaisement avec 'Big Buzz' (dont le riff rappelle 'Empire Song') et la ballade 'Euphoria' dans le sillage d' 'In Cythera'. 

Pour propager son message humain trop humain, Killing Joke a besoin du soutien de tous ses fans pour ébranler les charts. Opportunisme commercial déguisé ? Passons, ''Pylon'' réussira à grimper jusqu'à la 16ème place, une performance égale à ''Pandemonium'' et plus marquante que la première place de 5 Seconds Of Summer.

Si Killing Joke n'a pas enregistré de nouvel album depuis 5 ans (les fans ont toutefois droit à des live et à un album symphonique de Jaz à se mettre sous la dent), ce groupe pas comme les autres continue toutefois de tourner, récemment en compagnie d'un groupe qui ne peut nier l'influence qu'il a exercé sur lui : Tool. Mais pour l'heure il est temps de prendre congé de nos héros : 


Youth - Jaz, avant de refermer ce dossier, tu ne voudrais pas dire un petit mot au lecteur de Music Waves?
Jaz - Plonger dans les abysses de notre musique, que Killing Joke soit la bande sonore de vos cauchemars. Et n'oubliez pas, le monde est injuste mais il ne tient qu'à vous de l'améliorer!
Geordie - Et buvez de la bière! Non, mais je plaisante, après les lecteurs vont croire que je suis une caricature ambulante.
Youth - Par contre, tu pourrais les éclairer sur notre mystérieux commanditaire, tout le monde s'est douté de son identité !
Jaz - Bon, bon, il n´y a pas de mystérieux commanditaires de la Blague Qui Tue. C´est moi et Paul qui avons écrit la petite annonce du Melody Maker.
Youth - Mais pourquoi avoir choisi cette forme-là?
Jaz - Parce que j´ai toujours eu un esprit farceur, pas vrai, Paul?
Big Paul - ...





Plus d'informations sur http://www.killingjoke.com
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