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58 SHOTS (06 FEVRIER 2020)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
HARD ROCK

Avec "French Rock Revolution", 58 Shots n'en est qu'à son deuxième tir discographique mais fait preuve de beaucoup d'ambition. Echange avec Arthur, chanteur-guitariste du prometteur combo de hard-rockeurs Terrifortains.
LOLOCELTIC - 17.03.2020 - 6 photo(s) - (0) commentaire(s)
58 Shots est un groupe fondé en 2011, vous obtenez la reconnaissance du magazine Classic Rock dès 2012. Pourquoi seulement deux albums depuis cette date ?

Arthur : La première date de sortie pour "French Rock Revolution" était fixée à mai 2017, donc plutôt raccord avec la date du premier (sorti en avril 2015). Mais le producteur avec qui on travaillait à ce moment-là mettait un temps infini à nous rendre son travail pour qu'on lui dise ce qu'on en pense. On a finalement terminé l'enregistrement définitif, le mixage et le mastering en juin 2018… déjà on n’était pas en avance. Alors on s'est fixé une deuxième date en novembre 2018 pour le sortir. Le problème c'est que notre van de tournée est tombé en panne en octobre et que l'intégralité de l'argent destinée à la promo et au pressage s'est retrouvée à financer la location d'un nouveau van pour assurer les dates en plus des frais de déplacements habituels, et du remboursement de l'emprunt pour l'achat du camion qu'on ne pouvait plus utiliser… Bref, on était vraiment dans la merde. Heureusement, grâce à nos fans les plus fidèles et quelques aides extérieures qui croient en nous plus que nous-mêmes, on a pu le remettre sur pied en juillet 2018. Enfin, le temps de récupérer encore assez d'argent pour payer ce que coûtent la promo et le pressage d'un album, cela nous a ramené à décembre 2019.


Quels ont été les retours de cette reconnaissance par un magazine aussi emblématique ? Un accélérateur de carrière ?

Arthur : Je ne sais pas si individuellement, passer dans Classic Rock Mag est un accélérateur de carrière. Cela permet juste de montrer aux programmateurs qu'on a une reconnaissance à l'international. Pour accélérer une carrière, il faut passer dans beaucoup d'endroits en même temps.


On est repartis de zéro totalement avec "French Rock Revolution", autant sur le plan financier que dans la composition des titres.




Pourquoi surnommez-vous cet opus votre "second premier album" ? Et second signifie-t-il qu’il n’y aura pas de troisième ?

Arthur : On est repartis de zéro totalement avec "French Rock Revolution", autant sur le plan financier que dans la composition des titres. L'expérience du premier ne nous a quasiment servi à rien ! On a eu la chance de bosser cette fois avec un producteur qui a mis le nez dans toutes les compos et qui les a optimisées. Le moindre placement de grosse caisse, la moindre note de guitare, les effets sur les voix, tout de A à Z. On a pris conscience d'à quel point c'est important d'avoir un mec extérieur au groupe qui donne son avis et fait des propositions. C'est comme si on avait sorti un premier album finalement. Évidemment il y aura une suite à tout cela.


En ouvrant cet album avec le titre éponyme très marqué par AC/DC, n’avez-vous pas peur d’être directement catalogués comme étant des nouveaux clones du gang des frères Young par des auditeurs qui ne chercheraient pas à écouter l’album plus loin ?

Arthur : On est dans une phase intéressante où on continue à se chercher. Certains titres, comme ‘French Rock Revolution’ ou ‘Devil In My Room’, font clairement penser à AC/DC. Mais d'autres comme ‘I'm Sorry’ ou ‘The Unstoppable Man’ sont plus influencés par Glenn Hughes et Black Country Communion. On aime beaucoup de choses dans 58 Shots et on ne se voit pas rester dans un seul style. C'est quelque chose qui changera probablement avec le temps. On affinera nos goûts, on se trouvera une identité plus marquée. Maintenant, pour répondre clairement à la question, la plupart des gens qui se procurent notre album viennent nous voir en live et voient l'étendue de ce que l'on fait, donc je ne suis pas certain que cela joue à notre désavantage.


A qui s’adresse l’émouvante ballade ‘Like The Son You Want Me To Be’ ?

Arthur : À mon père. J'ai toujours été le vilain petit canard de la famille et c'est difficile de briller pleinement entre les attentes des parents et la réalité de ce que tu es. Il fallait que je sois musicien. Il n'y a que ça qui me fait vibrer. Je ne sais toujours pas pourquoi d'ailleurs. Mais quand ton père comprend que tu ne seras jamais ingénieur, cela met une petite pointe de déception, évidemment.




Sur ‘Man Of Sorrow’, vous semblez réussir à marier parfaitement des éléments pris à Led Zeppelin, à Deep Purple et à AC/DC. Est-ce votre objectif suprême de trouver une identité propre constituée d’éléments en provenance des formations légendaires des années 70-80 ?

Arthur : Oui. Mais on veut aussi le faire sans bouder ce qui se fait aujourd'hui ni ce que nous sommes. Entre Tyler Bryant And The Shakedown ou Greta Van Fleet, il y a encore tout à inventer. Merci pour ce compliment en tout cas.


Sur l’hymnique ‘Devil In My Room’, vous reprenez le gimmick de guitare de ‘Hold Me Back’ d’AC/DC ("Stiff Upper Lip" - 2000). Est-ce volontaire ou inconscient ?

Arthur : Totalement inconscient et on est pas du tout gênés. J'espère qu’eux non plus…


Nous tirons nos influences des grands groupes de Rock alors nous nous sentons aussi redevables.




On sent que vous vous êtes fait plaisir sur ‘Zeppelin Song’ en citant chaque membre du groupe. Est-ce une manière d’assumer pleinement votre envie de rendre hommage à certaines formations légendaires sans avoir de comptes à rendre ?

Arthur : Nous sommes très adeptes des clins d'œil chez 58 Shots. Nous tirons nos influences des grands groupes de Rock alors nous nous sentons aussi redevables quand nous composons que quand nous écrivons.


Sur ‘The End Of The World’, vous utilisez un riff qui n’est pas sans rappeler ceux de ‘Celebrate’ de General Store ("Somewhere In The Middle" - 2012) et de ‘Stone Cold Rage’ de Gov’t Mule ("Revolution Come… Revolution Go" - 2017). Ces formations font-elles également parties de vos influences ?

Arthur : À titre perso, je suis très fan de Warren Haynes. Mais ce riff me fait plutôt penser à ‘Bombtrack’ de Rage Against The Machine.


Vous utilisez à de nombreuses reprises différents orgues et claviers. Pourquoi ne pas inclure un membre à part entière dans le groupe pour s’occuper de ces instruments ?

Arthur : L'organiste qui s'occupe des parties de claviers et d'orgues sur l'album s'appelle Nicolas Pouret. Il est d'accord pour jouer avec nous sur quelques scènes et en studio mais pas pour faire partie intégralement du groupe. Il y a aussi une raison moins fun : l'argent.





Est-ce que la proximité de la Suisse, dont la scène rock/hard-rock est réputée, est un avantage pour vous ?

Arthur : On a quelques dates en Suisse mais globalement non. Il nous faudrait un tourneur sur ce secteur qui puisse savoir où nous placer et avec qui.


Vous avez partagé la scène avec de nombreuses pointures de différents horizons musicaux (Sting, Johnny Winter, Chris Slade ou Nashville Pussy par exemple). Lesquelles vous ont le plus marqués et pourquoi ?

Arthur : Je dirai Sting, Johnny Winter et Glenn Hughes.

Pour Sting, c'était au festival Guitare en scène en 2018. Il faut savoir qu'au catering des artistes, que tu sois un jeune groupe issu du tremplin ou que tu sois la tête d'affiche de la soirée, tout le monde est logé à la même enseigne. Du coup, Sting mangeait à deux tables de nous. Alors forcément, on est allé lui demander une petite photo et il a eu la gentillesse d'accepter. Quand on l'a postée sur les réseaux sociaux, elle a complètement buzzé ! Encore aujourd'hui, c'est notre deuxième publication ayant engendré le plus de réactions de la part de nos fans.

Pour Johnny Winter, ce fut pour moi une de mes plus grandes influences en blues. Pouvoir le rencontrer a été une chance inimaginable. Pendant les balances, Johnny était trop fatigué et je me suis proposé pour le remplacer. Du coup, je monte sur scène et je me mets à chanter accompagné par les musiciens de Johnny Winter, avec Paul Nelson dont la réputation n'est plus à faire tellement il a collaboré avec des stars dont Éric Clapton entre autres. En fin de soirée, Johnny a eu la gentillesse de m'accueillir dans son camping-car (oui, il était en tournée en camping-car) et on a échangés quelques mots et une photo. C'était complètement dingue d'avoir eu tout ça en une seule soirée, d'autant plus quand tu apprends qu'il décède un mois et demi après.

Enfin Glenn Hughes, c'était au Raismes Fest 2019. C'est juste à mes yeux le meilleur chanteur du monde. Je suis un énorme fan ! On était comme des gosses et on a adoré pouvoir le rencontrer et discuter un peu avec lui.


Je pense qu'on a assez d'expérience maintenant pour intéresser des gens dans cette industrie qui puissent aider le groupe à toucher plus de monde.




Quelles sont vos ambitions pour la suite de votre carrière ?

Arthur : Pour la suite, on souhaite passer à la vitesse supérieure au niveau de notre développement. Je pense qu'on a assez d'expérience maintenant pour intéresser des gens dans cette industrie qui puissent aider le groupe à toucher plus de monde.


Et pour la suite, vas-tu le défendre sur scène ? Un nouvel EP ou un nouvel album ?

Arthur : Évidemment, on a déjà pas mal de dates de programmées en salle et en festival, dans toute la France et même à l'étranger. Ça a bien commencé cette année, nos deux premiers concerts étaient sold out. Il y aura forcément un nouvel album d'ici quelque temps. On espère le sortir dans moins de 5 ans celui-là !





Un dernier mot pour les lecteurs de Music Waves ?

Arthur : Continuez de soutenir vos médias indépendants. C'est eux qui font passer les informations que VOUS voulez voir. Si notre interview vous a plu, n'hésitez pas non plus à regarder la musique que l'on fait sur YouTube ou Facebook. Il suffit de taper 58 shots dans la barre de recherche. Un grand merci à vous !


Plus d'informations sur https://www.facebook.com/58shots/
 
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