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A PROPOS DE:

THINK OF A NEW KIND (07 FEVRIER 2020)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
DEATH METAL

Désormais définitivement libéré de son acronyme, Think of a New Kind aborde une nouvelle étape et une nouvelle façon de penser avec son premier album concept "Ideals Will Remain"...
STRUCK - 28.02.2020 - 4 photo(s) - (0) commentaire(s)
Désormais définitivement nommé Think of New Kind, le groupe ouvre un nouveau chapitre de sa carrière. Fort d'un quatrième concept album "Ideals Will Remain" décliné en un comic signé par un artiste Marvel, une signature chez Verycords..., le groupe devrait passer un cap même si ce dernier doit faire avec un handicap de taille : être français...



Votre actualité est le nom T.A.N.K qui cède définitivement la place à Think Of A New Kind, pourquoi ce changement définitif, est-ce que TANK faisait trop guerrier ?

Raf Penner : Tu as à moitié répondu à la question ! En fait, ça fait longtemps qu’on sait qu’il y a un petit amalgame avec un autre groupe anglais qui s’appelle Tank, avec un rappeur qui s’appelle Tank également ! C’est la raison pour laquelle on s’appelle Think of a New Kind depuis le début mais c’est vrai que là, c’était le moment de changer…
On a également eu affaire avec un management américain -il y a quelque temps- qui était très intéressé pour travailler avec nous et qui nous disait que clairement, ce n’était pas possible : Tank est un groupe de metal anglais !
On a beaucoup réfléchi. On n’avait pas envie de changer de nom. On a donc coupé la poire en deux : on a viré l’acronyme et on a gardé le nom.





Mais tu évoques les amalgames qui ne sont pas nouveaux finalement. Est-ce qu’au départ du groupe, vous aviez créé cet acronyme et le nom en connaissance de cause et l’issue qui prend forme aujourd’hui ?

Raf : Tout à fait !

Nils Courbaron : Il faut également mettre en perspective le fait qu’à l’époque le groupe Tank n’avait pas sorti d’album depuis des décennies et c’est seulement quand on a commencé à émerger qu’ils se sont remis en activité… comme pour nous faire chier (Rires) !

Raf : Si en France, ce n’est pas gênant parce que le Tank anglais n’est pas très connu en revanche, ça le devient quand on passe la frontière de la France.


C’était impératif quand on sait que Think of a New Kind à nouvelle façon de penser plus orientée international.

Raf : C’est très beau ! Je n’y avais pas pensé mais j’aime beaucoup ce type d’interprétation.

Nils : Et pour te donner un exemple concret de ce changement. Je suis endorsé par la marque de guitare ESP et je fais des démos à droite, à gauche. Et en l’occurrence, ESP m’avait envoyé en Bretagne faire une démonstration et je me suis retrouvé dans un super magasin avec des mecs super cool. Il y avait ma gueule et celles des autres intervenants imprimées sur un poster géant sur les murs, une toile au plafond et même chose sur le sol. Et au moment où je marche sur ma gueule, j’ai cherché à lire ce qui était écrit : "Journée spéciale avec Nils Courbaron du groupe Tank (groupe de metal londonien)".

Raf : (Rires) Et puis, c’est également beaucoup plus simple pour nous trouver sur Internet… et c’est l’occasion de revenir avec une sorte de nouveau départ avec ce pseudo-nouveau nom.


Lors de la précédente (longue) interview, nous avions longuement échangé avec toi Raph mais également Clément et nous avions beaucoup parlé batterie et notamment le fait que ton son était une source de critique. Vous passez outre et enfoncez le clou en la mettant plus que jamais en avant (‘Anima’), est-ce qu’il y a eu beaucoup de négociations au sein du groupe pour lui laisser une place importante malgré les critiques ?

Raf : Pour moi, les critiques sur la production de batterie dataient de beaucoup plus longtemps que ça. Mais globalement laisser de la place à la batterie, ça fait partie de l’identité du groupe. Mais plus généralement, on laisse de la place à tout le monde dans ce groupe : on a tous beaucoup de choses à dire avec notre instrument. Et il a toujours été prévu de laisser de la place à Clément et il n’y avait pas de raison que ça change avec cet album. Mais pour que ce soit mortel, il faut qu’une bonne prod et c’est ce que nous voulions changer : avoir une prod encore plus grosse que par le passé !

Nils : J’espère qu’il ne lira jamais ça parce que ça me fait chier de le dire -mais comme c’est un batteur, il ne sait pas lire- on a la chance d’avoir un batteur qui sait vraiment bien jouer. Beaucoup d’ingénieurs du son te diront que la batterie est la chose la plus compliquée à enregistrer en studio parce que ça te demande un agencement de fou. Et on a la chance d’avoir un batteur précis, rapide, talentueux qui va réussir à faire en sorte de faire ses prises de manières professionnelles, avec de l’émotion, de manière humaine et hyper carrée…  


On retrouve des batteries variées, avec un usage modéré des doubles grosses caisses, est-ce que cet aspect de la batterie est une nécessité et finalement votre identité propre à Think of a New Kind ?

Nils : Je me permets d’intervenir parce qu’il y a certains titres sur cet album où contrairement aux albums précédents, c’est le contraire : il y a autant de tapis de double pédale que dans les phases de power metal ou de heavy parce que j’ai un peu contribué à la composition et j’aime énormément ça.

Raf : Et lui aussi…

Nils : Mais il ne te le dira pas !




Mais n’est-ce pas toute la richesse du groupe : tous ces profils différents qui unissent leurs influences dans une même musique ?


Nils : Exactement ! C’est toute la richesse du groupe ! Quand j’ai composé ‘The Phantom’ et que je l’ai proposé aux gars, je ne savais pas du tout à quoi m’attendre parce que c’est un morceau assez étrange par rapport aux morceaux que je propose d’habitude. Et il faut admettre que quand j’ai composé ce morceau, je l’ai composé en pensant à Clément en me disant que j’allais faire une seule note à la guitare avec une rythmique groovy et c’est Clément qui va faire ses trucs de gospel, de diablerie de batterie….


A ce titre, si on devait résumer Think Of A New Kind en un mot, ne serait-ce pas le groove qui résume votre approche musicale ?

Raf : Ça me ferait très plaisir d’entendre ça ! C’est très compliqué pour nous de dire ça mais c’est quelque chose qu’on aime et qu’on essaie de faire dans notre musique. Ça se ressent plus dans certains morceaux -comme ‘The Phantom’ ou ‘Dead End’s Night’ également- que d’autres. C’est quelque chose que nous aimons beaucoup mais de là à dire que c’est notre marque de fabrique, j’aimerais beaucoup mais je ne trouve pas forcément !

Nils : C’est effectivement quelque chose d’important dans le groupe. Je suis issu du power metal et je suis très à l’aise dans ce style mais faire du T.A.N.K. avec ce que tu évoquais à savoir du groove, je ne savais pas faire quand j’ai intégré le groupe…


Mais désormais tu l’as bien intégré puisque tu viens de nous dire que tu avais composé ‘The Phantom’…


Nils : C’est exactement ce que je veux dire ! Quand j’ai composé ‘The Phantom’, j’ai effectivement apporté le morceau mais si j’ai pu le faire c’est parce que les gars m’ont aidé à progresser et m’ont apporté les acquis nécessaires pour faire ce genre de chose. Mais effectivement pour résumer, je n’aurais jamais pu faire ce genre de choses si je n’avais pas rencontré Clément qui me disait "Le power metal, c’est de la merde, connard ! Faut écouter Meshuggah et faire du groove !"… (Rires)


Mais s’il t’a amené vers le côté groovy de la force, tu l’as initié à celui de la double pédale : vous vous enrichissez mutuellement…

Raf : Exactement !

Nils : Oui car si je lui ai fait une intro, un couplet… à la Clément Rouxel en revanche, le refrain, c’est typiquement néo-classique avec de la double pédale…


Votre album mêle groove (‘Survivance’) technique et puissance, est-ce que ce mariage est le résultat d’un travail de longue haleine ou est-ce quelque chose de naturel pour vous ?

Raf : Je dirais que c’est plutôt naturel.

Nils : C’est naturel mais ça reste de longue haleine : faire un morceau nous prend du temps parce qu’il faut qu’on soit d’accord ! On est tous arrivés avec des riffs qu’on pensait être les meilleurs du monde et les mecs te regardent en te disant que c’est nul ! C’est compliqué parce que parfois tu passes du temps à développer des trucs qui ne sont pas acceptés.


Nous avons envie de faire des choses qui nous accomplissent en tant que musiciens



Est-ce la complexité rythmique qui caractérise le groupe n’est pas un handicap par rapport à des formations plus directes et rectilignes ?


Raf : C’est effectivement la complexité de ce genre de musique d’arriver à faire quelque chose qui nous satisfait techniquement parlant mais qui ne soit pas "débile" à écouter. Il y a des exercices qui sont très intéressants à travailler mais ça ne reste qu’un exercice et pas quelque chose que tu veux écouter. Toute la complexité est de jouer des trucs qui nous font plaisir mais qui sonnent cohérents et presque naturels sans que tu te rendes  compte que c’est technique, parce que nous ne sommes pas dans la démonstration : nous ne faisons pas de la technique pour le plaisir de montrer qu’on joue très vite. Nous avons envie de faire des choses qui nous accomplissent en tant que musiciens.


Nous nous foutions plus que d’habitude de savoir si les morceaux allaient entrer dans la ligne éditoriale de Think of a New Kind


Malgré tout, dans cet album (comme les précédents), il y a des instants calmes (‘The Phantom’, ‘Anima’), des accélérations (‘Last Days of Deception’), des ralentissements et des passages lourds. Avez-vous conscience que cette variété est un élément qui doit vous aider à vous démarquer de la concurrence ?

Raf : Ça serait super !

Nils : Et c’est le but !

Raf : Je trouve que cet album est assez varié mais par exemple, il y a des morceaux comme ‘Shadows Hill’ avec énormément de blast beats, il y a des morceaux comme ‘The Phantom’ qui sont très sombres, très groovy, d’autres comme ‘Dead End’s Night’ qui sont beaucoup lumineux et toujours groovy mais aussi ‘The Essence’ un morceau de huit minutes, qui est également très lumineux…

Nils : Je me souviens que tu avais eu le même comportement que moi -quand j’ai proposé ‘The Phantom’- quand tu as proposé ‘Shadows Hill’ à savoir que tu l’as proposé au groupe sans vraiment savoir quelle allait être la réaction des autres et on a tous adoré (Rires) !

Raf : C’est vrai ! Mais globalement, nous nous foutions plus que d’habitude de savoir si les morceaux allaient entrer dans la ligne éditoriale de Think of a New Kind : si le morceau nous plaisait, on le faisait peu importe le style !


Malgré tout, cet album marque la signature sur Verycords, n’aviez-vous pas un certain cahier des charges à respecter ?

Raf : L’album est composé depuis très longtemps. On leur a proposé un produit complétement fini.

Nils : On est arrivés avec un album enregistré, produit, mixé, masterisé, le visuel était fait, le concept existait déjà et le clip était tourné et étalonné. En fait, il ne restait plus qu’à signer en bas à droite (Sourire)… Mais la différence, c’est que Verycords au lieu de seulement en bas à droite nous a dit : "Ok, vous êtes de très bons musiciens, le produit nous plaît bien en revanche, qu’est-ce qui vous différencie des autres groupes qui jouent super bien comme vous ?".

Raf : En fait, ils nous ont dit qu’on avait un concept ultra solide et qui a l’air mortel, il faut tout miser là-dessus !



D’où la BD….

Nils : D’où la BD ! Merci Verycords, c’était une idée à eux ! Et on se retrouve avec un produit comme ça, que toi et moi on a envie d’encadrer chez nous…


Il faut essayer de proposer un petit truc en plus et j’espère que cet album avec son concept, son univers [...] va nous aider à passer ce cap…


Vous le savez, on aime beaucoup la musique de Think of a New Kind chez Music Waves mais on se demandait comment se faisait-il que vous ne soyez pas plus connus avec un tel potentiel. Pensez-vous qu’avec la signature avec Verycords, cet BD… vous allez passer enfin ce cap ?

Nils : C’est l’objectif !

Raf : On l’espère fortement ! Déjà je te remercie pour les compliments que tu as faits, c’est très cool mais comme Nils l’a dit tout à l’heure, il y a plein d’autres groupes à qui tu peux faire ces mêmes compliments et qui sont même meilleurs que nous. Mais qu’est-ce qui va nous différencier ? C’est essayer de proposer quelque chose d’un peu original, un truc qui va marquer un peu plus les esprits, un truc qui va faire que les gens vont se rappeler un peu plus de nous que juste parce que tu as proposé un beau concert ou ils ont écouté un bon morceau… Evidemment, c’est très important de faire un bon morceau, de bons concerts, mais il faut essayer de proposer un petit truc en plus et j’espère que cet album avec son concept, son univers -qui me tient beaucoup à cœur parce que j’ai énormément travaillé dessus- va nous aider à passer ce cap…

Nils : J’espère effectivement que ce travail d’équipe avec Verycords va nous faire passer un cap.

Raf : Mais ça présage du bon pour la suite !


Mais effectivement, vous avez mis tous les atouts de votre côté…

Nils : Exactement ! Après, je joue dans un groupe qui s’appelle Sirenia et j’ai eu l’occasion de discuter avec les mecs de Napalm Records : ils n’étaient pas emballés par le truc… C’est moche mais ils me répondaient qu’on était français !


C’est hyper compliqué parce que nous sommes complètement boycottés par les médias de masse français !




Justement, tu mets le doigt dessus, penses-tu que ce manque de reconnaissance est en partie lié au fait que vous êtes un groupe français ?


Nils : Ce n’est pas rédhibitoire mais c’est hyper compliqué parce que nous sommes complètement boycottés par les médias de masse français ! Un label comme Napalm Records n’est pas con, la majorité de ton chiffre de vente tu vas le faire dans ton pays et à partir du moment où ton pays n’est pas ouvert à travailler avec eux sous prétexte que le metal c’est nul ou c’est pour les satanistes…, c’est perdu d’avance…
Et c’est vrai qu’on était à une période à se dire qu’on était un peu désabusé en voyant que plein de groupes étaient signés et pas nous et finalement, on signe chez Verycords…


Non seulement qui vous signe mais vous travaille, ce qui n’est pas toujours le cas des labels qui signent plein de groupes sans en faire la promotion par la suite…

Nils : Exactement ! C’est quelque chose que j’ai appris, plein de groupes marchent par connaissance et sont signés chez Nuclear Blast ou Napalm Records par exemple mais aucune promo n’est faite autour du groupe…


Raph, tu évoquais un thème qui te tenait particulièrement à cœur mais quels sont les idéaux que vous conservez, qui vont prévaloir comme le titre de l’album l’indique (“Ideals Will Remain”) ?

Raf : En gros, pour te remettre un peu dans le contexte, quand on s’est demandé de quoi on allait parler dans ce quatrième album -on ne voulait pas continuer à faire la même chose en parlant de nos problèmes d’adolescent- on s’est retrouvés autour d’une table, on a réfléchi en balançant toutes nos idées -c’était très varié parce qu’on est tous très différents. Il y avait un joyeux bordel et il a fallu que je prenne toutes ces infos et que j’essaie de faire un truc qui contenterait un peu tout le monde. Il y avait la notion de parler de notre monde, ce qui nous révoltait et c’était marrant de faire le parallèle avec le fait que nous sommes français, la Révolution et mettre des phrases en français…

Nils : Par exemple, Sabaton joue ce soir à Paris : j’adore l’histoire et j’avais apporté l’idée de la Révolution…

Raf : Il y avait donc ce côté Révolution, ce côté un peu social et dire les choses qui ne vont pas…


Des thèmes typiquement français et d’actualité finalement…

Raf : (Rires) Et je suis totalement incapable de faire des textes à la Trust ou à la Lofofora en revendiquant les choses, j’aime bien les métaphores, les trucs un peu poétiques -désolé de faire mon bobo à la con… et du coup, est venu le côté dystopique un peu la Black Mirror dans lequel nous parlons de notre monde mais de façon un peu fantasmée.

Nils : Et on va changer le nom de l’album en "Gilets Jaunes Will Remain" !

Raf : (Rires) Pour te remettre dans le contexte, nous sommes dans un monde qui ressemble énormément au nôtre -c’est peut-être le nôtre dans quelques années ?- le système s’est cassé la gueule sur l’ensemble de la planète, il y a eu une Apocalypse sociale ! Du coup, le monde est à l’abandon. Il y a des forces en présence qui essaient de reprendre le contrôle et essaient de remettre le système qui existait avant pour exploiter à nouveau les gens. Et face à ça, tu as les "gentils" qui se révoltent contre ça…


Les "gentils" menés par Think of a New Kind…

Raf : Exactement ! En fait, Think of a New Kind est une sorte de porte-parole de l’Essence -l’entité gentille- contre l’Entropie qui représente le mal.


Sans avoir cette explication de texte, on comprend très vite qu’on a face à nous un album concept avec ce thème en introduction qu’on retrouve à la fin de l’album… mais comme tu sembles très disert sur le sujet, comment se termine cette histoire ?

Raf : C’est une très bonne question : peut-être n’est-elle pas terminée ?


On peut d’ores et déjà envisager une trilogie ?

Raf : Déjà, le clip qui est sorti tout récemment nous plonge dans le concept en plein milieu de l’histoire sans qu’on comprenne vraiment ce qu’il se passe. Il y a également ce comic book que tu peux voir pour le moment et que le public pourra retrouver au stand de merchandising ou sur Internet -parce qu’on va quand même dévoiler une version web. Et ensuite, il y aura les autres clips.
Nous avons plein d’idées en tête, nous avons plein d’ambition désormais. Tout en restant dans les limites du réalisable, dans les autres clips, on aurait envie de continuer ou d’expliquer ce qui s’est passé avant… Mais je ne peux pas te spoiler la fin du film mec (Rires) !


Nils, c’est la première fois que nous nous rencontrons. Tu es très actif sur les réseaux sociaux avec beaucoup de vidéos de guitare, est-ce aujourd’hui une nécessité ?

Nils : Oh que oui !


Et penses-tu que ça contribue à la popularité du groupe ?

Nils : Je ne pourrais pas dire que ma "notoriété" y contribue… Mais oui, je suis obligé de faire beaucoup de vidéos de guitares : mes héros ont toujours été Jeff Loomis, Michael Romeo… et le fait d’être endorsé par ESP est un rêve de gamin !  

J’ai toujours écouté Iron Maiden et du heavy mais ce qui m’a fait passer au death, c’est Children of Bodom et à l’époque où je l’ai connu, il jouait sur Jackson, j’avais donc une Jackson… Mais je ne suis pas passé sur ESP à cause d’Alexi Laiho !
Auparavant j’étais endorsé par la marque VGS pour qui je faisais également beaucoup de vidéos…

Je viens d’avoir 30 ans et je me dis que quand j’avais 15 ans, je voulais faire ce que je fais maintenant. Je suis super content !


Malheureusement, tu ne peux pas te permettre d’être juste bon musicien en 2020


On parlait de héros, est-ce que tu es le chevalier des temps modernes et ta monture la guitare, comme le héros de K2000 dont tu as repris le générique à la guitare ?

Nils : Pour faire une question dans ta question, je dirais : "Qu’est-ce que c’est qu’être musicien en 2020 ?". Malheureusement, tu ne peux pas te permettre d’être juste bon musicien en 2020. Des meilleurs gratteux que moi, il y en a des milliers… En revanche, ce qui va faire la différence, c’est la façon dont tu communiques.
Effectivement -et c’est honteux de l’admettre- c’est parfois au détriment de la musique. Le temps que je vais passer à réfléchir à ce que je vais poster sur les réseaux sociaux, je pourrais le passer sur ma guitare même si je bosse sur ma guitare quasiment tout le temps. Ca me casse les couilles de le faire alors que je pourrais travailler mon tapping, mon sweeping… mais je suis obligé de le faire parce que c’est comme ça que ça marche.
Le gars auquel j’essaie de ressembler c’est Andy James qui a chopé le truc hyper rapidement, il est super actif sur les réseaux sociaux… Résultat ? C’est lui qui a remplacé le guitariste sur la tournée de Five Fingers Death Punch… Le mec est juste en tête d’affiche devant Megadeth !

Raf : What the fuck (Rires) ???..!!!

Nils : De la même façon, tu as Ola Englund de The Haunted… Ce sont des légendes de la guitare qui sont d’autant plus inatteignables que le même truc qu’ils postent sur les réseaux sociaux va faire 250.000 likes…


Pour revenir à votre musique, comment avez-vous réussi à marier ces éléments de guitares techniques tout en gardant une intensité et une énergie animale du death ? Comment être technique et garder la puissance ?


Nils : Ce n’est pas si compliqué que ça ! Il faut remettre dans le contexte qu’il y a eu des changements au sein des guitaristes de Think of a New Kind : les deux guitaristes fondateurs du groupe ne sont plus là et quand j’ai intégré le groupe, j’étais uniquement à la rythmique. Quelque part, ça m’a permis de découvrir d’autres choses et de progresser parce que je ne savais pas groover par exemple…
Je suis un bosseur, je sais reconnaître mes limites… j’ai pris une claque quand j’ai intégré le groupe parce qu’ils étaient tous vachement balèzes et il fallait que je travaille…
Les changements de line-up m’ont permis de ne plus avoir de contraintes, je peux désormais me faire plaisir. Maintenant, Thomas (NdStruck : Thomas Moreau) nous a rejoint récemment, c’est un super guitariste qui bosse super bien… Je n’ai pas de problème d’ego au contraire, je suis un grand fan d’Iron Maiden et si on peut s’échanger des solos…

Raf : En termes de technicité, ça se fait un petit peu tout seul. On en parlait un peu tout à l’heure, on n’avait pas prévu de mettre des solos partout mais je me suis rendu compte après coup qu’il y avait un solo sur chaque morceau : c’est quelque chose qui se fait naturellement sans que ce soit prévu ! Mais bon, on a deux gratteux qui déchirent, ce serait con de ne pas l’utiliser !


Il y a le concept, il y a Verycords, il y a le changement de nom… c’est clairement un nouveau départ !



Pour ce quatrième album, on vous sent libres, comme “libérés” de votre passé avec ce nouveau nom, nouveau label. Est-ce finalement avec ce nouveau nom, Think of a New Kind ouvre un nouveau chapitre de sa carrière ?

Raf : C’est exactement ça ! Il y a le concept, il y a Verycords, il y a le changement de nom… c’est clairement un nouveau départ !

Nils : Nos précédents albums étaient "The Burden of Will", "Spams of Upheaval" et "Symbiosis" qui étaient dans une continuité. Aujourd’hui, on a un concept : on tourne la page album avec un album concept !


On peut se demander en 2020 si l’album est un format pertinent…




On a tourné la page album, concept… J'en reviens à la question déjà posée on ouvre donc une série d’albums type trilogie ?

Raf : (Rires) Peut-être… Honnêtement, je n’ai pas poussé la réflexion jusque-là parce qu’on peut se demander en 2020 si l’album est un format pertinent…


Vous envisagez de sortir des EPs ?

Raf : Clairement oui ! A l’heure de Spotify, Deezer… qui marchent très, très bien, est-ce que sortir des EPs, des titres… n’est pas plus pertinent ?

Nils : Je suis un fan ultime de Ghost et ils sortent des albums et des EPs et ça marche extrêmement bien !

Raf : Je ne dis pas qu’on ne fera plus jamais d’album… C’est cool de sortir un album mais si on repart sur des compos, on va penser un ou deux morceaux en mode EP. Nous sommes en 2020, il y a désormais d’autres formats pour exploiter la musique.


Tu évoquais Ghost mais selon moi, leur popularité vient plus de leur imagerie que de la sortie d’albums et EPs…

Nils : Je suis tout à fait d’accord ! Ils en sont très conscients s’ils n’avaient pas leurs masques, ils n’en seraient pas là et seraient juste un cover band de Black Sabbath (Sourire).


Mais justement à l’instar d’un Ghost qui exploite son filon, en sortant des EPs ne risqueriez-vous pas de briser la dynamique du concept que vous venez de créer ?

Raf : C’est une excellente question mais pour le coup, tu es en train de prendre de l’avance sur notre problématique.
On te dit qu’on va arrêter de sortir des albums en privilégiant les EPs mais tu es en train de suggérer que c’est déjà has been…  C’est intéressant comme idée.


Mais surtout vous venez de créer un concept, une imagerie qui vous démarque des autres. Mais en sortant des EPs, vous briseriez ce concept et vous ne pourriez plus développer l’univers autour des personnages créés autour de ce concept.

Nils : Nous sommes cinq dans le groupe, nous pourrions faire un EP autour d’un des personnages….


Une sorte de spin-off musical décliné de cet album…

Raf : Exactement ! Nous pourrions faire des spins-off des fous et pas seulement autour de nos personnages mais autour d’autres choses présents dans l’album… J’aimerais bien faire ça !

Nils : On est sur un délire de comics et donc pourquoi pas ?


Aujourd’hui, nous avons trouvé [ce concept] et nous sommes tous d’accord : évidemment, nous allons garder ce filon et nous allons essayer de l’exploiter


C’est effectivement ce qui vous démarquera…

Raf : Et c’est effectivement ce que nous avons en tête… Il y a plusieurs concepts importants qui se démarquent : Eve, la survivance, les putrids… qui pourraient mériter un EP chacun.

Nils : Il faut savoir que le concept a été difficile à mettre en place dans le sens où ça se passe comme pour la musique -nous écoutons, nous vivons, nous regardons tous des choses différentes- et du coup, pour se mettre d’accord sur un concept, ça nous a pris énormément de temps ! Aujourd’hui, nous l’avons trouvé et nous sommes tous d’accord : évidemment, nous allons garder ce filon et nous allons essayer de l’exploiter et ça inspire Raf…


On en revient à Ghost, on va attendre l’accueil du public mais c’est effectivement, ce qui pourrait vous permettre de vous différencier…

Nils : Clairement !


Et concrètement, qu’attendez-vous de cet album ?

Nils : Nous ne sommes pas fermés. Mais de façon générale, comme tous les groupes, on attend d’être en tour bus, faire des tournées européennes, faire le Hellfest, le Wacken… Oui, on voudrait être Gojira et faire des tournées aux Etats-Unis, au Japon…

Raf : C’est assez classique mais on attend de repartir en concert pour défendre cet album sur scène. J’aimerais beaucoup avoir une scène qui développe cet univers de fou qu’on vient de créer et pas seulement avec un back, des drapeaux… Je n’ai pas encore les idées…





Ça me fait penser à Shaârghot, envisagez-vous de faire intervenir des personnages sur scène et de jouer certaines scènes de l’album sur scène justement ?

Raf : C’est une bonne question à laquelle même nous n’avons pas les réponses… Ça reste à définir…


C’est une question de moyens…

Raf : C’est ça ! Il y a un moment, on n’ose pas avoir ce genre d’ambitions. Tu imagines à quel moment on aurait pu oser avoir l’ambition de faire un comic book ?
Aujourd’hui, jusqu’où on peut pousser le truc ? On a tous envie de développer le concept sur scène mais qu’est-ce qu’on peut faire de plus au-delà du logo ?
Tu as parlé des personnages mais il y a plein de choses vu que c’est un univers assez riche : à nous de voir comment on va mettre ça en place…


Des réponses qu’on aura sur les scènes à venir dans les mois à venir…


Raf : Exactement, il nous faudra encore un peu de temps pour répondre à cette question…


Merci

Think of a New Kind : Avec plaisir !


Merci à ThibautK pour sa contribution...


Plus d'informations sur http://www.thinkofanewkind.com/
 
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