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A PROPOS DE:

CARCARIASS (12 FEVRIER 2020)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
DEATH METAL

Dix ans, dix longues années que nous n'avions plus de nouvelles studio de Carcariass qui revient après un long silence avec un cinquième album "Planet Chaos". Music Waves fait le point avec les membres du groupe...
STRUCK - 11.03.2020 - 13 photo(s) - (0) commentaire(s)
"Planet Chaos" marque le retour studio de Carcariass après un long silence.  Raphaël "Raph" Couturier et Bertrand "Bebert" Simonon reviennent sur les choix de vie et de carrière guidés principalement par la passion et le plaisir lors d'une rencontre placée sous le signe de la bonne humeur...





Quelle est la question qu’on t’a trop souvent posée à laquelle tu aurais marre de répondre ?

Raphaël "Raph" Couturier : "A quoi je sers ?" (Rires) ! Non, je m’en fous, tu peux me poser les questions que tu veux : je suis quelqu’un de gentil (Rires) !


Il vous a fallu dix ans pour proposer une suite à "E-Xtinction" qui déjà arrivait sept ans après "Killing Process". Comment expliques-tu de tels délais entre vos productions ? Vous aviez le désir de proposer un produit parfait et donc de prendre le temps de le sortir ? Ou tout simplement vos vies ont-elles pris le pas sur le groupe comme cela arrive souvent ?

Raph : … Ou tout simplement, on est nuls (Rires) !
En fait, non, nous ne sommes pas rapides -il y a plein de Suisses dans le groupe et comme on dit là-bas "Il n’y a pas le feu au lac !"- et donc nous avons pris le temps…
Tu as répondu en partie à la question : nous avons vécu des choses dans notre vie qui ont fait que nous avons voulu faire une pause. Mais à un moment, nous n’avions plus d’argent, il a donc refallu faire de la musique pour gagner des sous mais vu que nous ne sommes pas très bons, nous ne gagnons pas beaucoup de sous avec la musique sinon ça se saurait.
Nous avons donc arrêté la musique en 2005 parce que plus de temps, les contextes familiaux… Nous avons enregistré "E-Xtinction" en 2008, nous nous sommes de nouveau remis en hibernation. Puis Pascal -le guitariste- et Christian -le batteur qui nous rejoindra plus tard- ont joué dans Mindwarp et se sont dit que ce serait bien qu’on bouge le cul. On a refait quelques concerts mais le but était également de se faire plaisir en enregistrant quelque chose de nouveau ce qu’on a fait !
Entre temps, on a évolué en prenant de savoir ce qu’on voulait enregistrer ou pas. Comme on n’est pas pressés, on a donc pris le temps de faire bien les choses…
Voilà, tu as toutes les raisons pour lesquelles on a pris du temps !


Vous n’êtes pas restés hors de l’actualité pour autant. Il y a eu des rééditions et quelques concerts dont un marquant au Hellfest 2017...

Raph : Je ne m’en souviens plus trop (Rires)…


Un petit festival local qui monte… Rester en partie dans l’actualité c’est devenu fondamental dans notre époque musicale si fugace au niveau des modes ?


Raph : Comme je te l’ai dit, on fait de la musique pour se faire plaisir. On a donc sorti "E-Xtinction" en 2008/ 2009 mais nous voulions également montrer qu’on était capables de rejouer, il fallait montrer qu’on était encore dans la mouvance. On a donc essayé de faire des concerts, montrer qu’on était toujours là…


Quel effet cela fait de voir que le public ne vous a pas oublié et que même toute une nouvelle génération est au rendez-vous et vous connait ?

Raph : Au Hellfest, on a demandé aux jeunes qui ne nous connaissaient pas et beaucoup de bras se sont levés (Sourire) ! C’est difficile de savoir et ce n’est pas nous qui pouvons répondre à cette question. En tous cas, on a apprécié de jouer au Hellfest…




Tu nous parlais tout à l’heure de Pascal votre guitariste et Christian votre batteur qui officiaient au sein de Mindwarp. Etait-ce pour te fuir, toi qui ne sers à rien ?

Raph : (Rires) La basse n’est pas ce qui s’entend le plus dans le metal. A l’époque, je chantais dans le groupe mais nous avons voulu évoluer mais je ne savais pas chanter de manière différente -je ne sais pas chanter en chant clair- nous avons donc fait appel à Jérôme Thomas qui joue également dans un groupe suisse qui s’appelle Science of Disorder qu’on connaissait et je te grille toutes tes prochaines questions (Rires) !


Il y a même un renouveau certain dans le public qui redécouvre les grands des années 1990, un groupe comme Coroner par exemple a beaucoup plus de succès qu’à l’époque. Comment expliquez-vous cet incroyable retour en force pour un genre technique pas forcément facile à appréhender ?

Raph : C’est difficile de répondre parce que je ne connais pas le groupe Coroner dont tu me parles (Rires)…
Non, Coroner, c’est particulier parce qu’on a les vus en Suisse en 2010, c’est un groupe qu’on a toujours adoré… C’est un groupe qui a toujours continué à jouer mais -hormis les vieux métalleux qui écoutent un certain style de metal- est-ce que les jeunes connaissent ? A mon avis, non ! Mon opinion est peut-être faussée mais je n’ai pas l’impression qu’il y a tant de jeunes que ça qui écoutent Coroner ?
De la même façon, je n’arrive pas à te dire si un nouveau public nous écoute. Il y a forcément un nouveau public, des personnes qui connaissaient le nom de Carcariass et qui ne nous avaient pas écouté… De l’autre côté, on a également dû perdre une partie de notre public de l’époque parce qu’ils n’écoutent plus de metal…


Le travail du Label Great Dane est remarquable, les rééditions ont permis au groupe de rester dans la lumière, c’est un compagnon idéal pour vous, aussi exigeant que vous l’êtes avec votre musique ?

Raph : Ce n’est pas facile de répondre parce que nous avons contacté plein différents autres labels mais finalement, on connaît bien ce label, on sait comment il travaille, on sait qu’il n’est pas chiant, il sait qu’on n’est pas chiants… On est compatibles !


Sur un label plus gros vous auriez moins de liberté sans doute ?

Raph : C’est fort possible rien qu’au niveau des droits, certains labels veulent tous les reprendre… Nous avons eu des discussions qui n’ont pas abouti. Avec notre label actuel, il n’y a pas de stress, il est cool, on s’entend bien...


Je pense qu’on restera un groupe peu connu à l’étranger



Mais finalement, ne vaut-il pas être mieux dans un label à taille humaine qu’une major qui ne travaillera pas le groupe ?

Raph : Ce n’est facile de répondre à cette question : il faudrait avoir fait les deux pour comparer, ce que nous n’avons pas fait.
Je pense qu’on restera un groupe peu connu à l’étranger. On n’a rien contre le fait de le devenir mais je ne suis pas sûr qu’on soit prêts et qu’on nous proposera de faire des tournées mondiales demain matin. Peut-être que cette interview changera les choses, si ce n’est pas le cas, je vous en tiendrai rigueur… le seul problème est que je n’ai pas votre adresse (Rires) !


Tu y as répondu en partie tout à l’heure. L’actualité c’est donc "Planet Chaos", vous intégrez un chanteur à part entière en la personne de Jérôme Thomas pour ce disque. Quelle en est la raison et est-il amené à intégrer le groupe à temps complet ?

Raph : Une réponse possible aurait été "Et pourquoi pas ?". Une autre réponse possible est que comme je te le disais, en termes de chant, je ne suis pas capable de chanter en chant clair et de faire des modulations au niveau de la voix.
Nous connaissions Jérôme par ailleurs et nous savions qu’il chantait bien et nous aimions bien le style de chant qu’il a notamment au sein de Science of Disorder. On lui a proposé de chanter sur cet album, on a fait des essais, on a vu que ça marchait bien, on lui a donc proposé de chanter sur tout l’album. On a donc échangé ensemble pour modifier certaines choses… La question que tu vas me poser est de savoir s’il est prévu qu’il continue avec nous ? Oui, c’est prévu que sur les concerts ce soit lui qui chante. Si toutefois, il y a des conflits d’agenda avec son autre groupe, on avisera mais on n’a pas ce problème pour le moment. Et il est également prévu que s’il y a un prochain CD, il chante toujours. A moins qu’il change d’avis, on a envie de continuer ainsi…


On a plein de fois hésité à faire un album entièrement instrumental.



Le disque est en partie instrumental, avez-vous déjà songé à sortir un disque uniquement instrumental ou sortir un tel disque serait sûrement un pari risqué tant le genre instrumental est dur à vendre, ceci peut expliquer la présence d’un chanteur ?

Raph : On a plein de fois hésité à faire un album entièrement instrumental. Sur le précédent album, nous avions mis tous les morceaux en version instrumentale à la fin. On a hésité à le faire sur cet album et on ne l’a pas fait finalement parce que ça prend du temps, ça veut dire remixer différemment certains trucs, mettre des nappes de synthés pour meubler… après, il faut savoir s’arrêter aussi ! On s’est donc arrêté : il n’y a pas de chant sur tous les morceaux et je ne pense pas que ce soit pour demain qu’il y aura du chant partout…
Après je dis ça et peut-être que sur le prochain album, il y aura du chant partout mais comme c’est Pascal notre guitariste qui compose, il peut dire qu’il y aura du chant partout mais il s’avère que quand il compose, il met souvent des solos partout si bien qu’il n’y a plus de place pour le chant…


Le disque est long et riche, 69 minutes à digérer… Est-ce que le chiffre de 69 était prémédité ?

Raph : (Rires) Bien sûr que non ! Tu ne vas pas t’amuser les morceaux pour arriver pile sur le chiffre…


… Vous n’avez pas peur que l’auditeur ne vous suive pas durant tout ce temps à une époque où la musique est devenu un produit qui se consomme sur des playlists ?

Justement dans les playlists, il choisit les titres qu’il veut et il n’écoute pas le reste et tant mieux pour lui (Rires)…
Bien sûr, certaines personnes vont écouter cet album sur Internet -Youtube, Spotify, Deezer…- chacun écoute la musique comme il le veut. L’avantage est de pouvoir écouter ce que tu veux en virant les instrus si tu n’aimes pas ça ou ne garder que les instrus si tu n’aimes que ça…
A un moment, on avait envisagé de ressortir tous nos anciens titres en version instrumentale pour ne faire qu’un album instrumental : on ne l’a pas fait, on le fera peut-être plus tard… on verra !


On a évoqué votre longue période de silence studio et vous revenez avec un album de 69 minutes mais avez-vous envisagé de sortir un EP moins dense et le sortir plus tôt ?

Raph : Non !


Nous étions lancés : il faut battre le fer tant qu’il est chaud !


Pourquoi ?

Raph : Parce que les morceaux étaient faits et on s’est dit qu’il fallait les sortir. Effectivement, à un moment donné, on s’est un peu posé la question mais finalement, nous étions lancés : il faut battre le fer tant qu’il est chaud !


Ça signifie que vous avez déjà commencé à travailler sur le prochain album ?

Raph : Pascal a déjà commencé à faire des trucs et notre rôle est de détruire ses compositions (Rires).
Plus sérieusement, il compose, nous écoutons sur le moment et on lui fait passer le message qu’il faudrait changer telle ou telle chose ce qui lui permet d’avoir un avis plus critique par la suite. Il a des morceaux qu’il a composés il y a longtemps, qu’on a gardés, qu’on enregistrera… ou pas !


La marque Carcariass est facilement identifiable dès les premières mesures, vous proposez ce mix de death technique et progressif avec un côté plus typé death mélodique. Vous vous retrouvez dans cette idée de mélange entre At The Gates et Death ou Cynic ?

Raph : Oui mais tu oublies le heavy et Iron Maiden parce qu’il y a beaucoup de Maiden ! Ta question était mal posée, c’est la raison pour laquelle je la reformule (Rires)…
Il y a effectivement tout le death mélodique mais il y a aussi tout le heavy. Je ne suis pas super fan des groupes de heavy mais j’adore Iron Maiden.  S’il ne fallait retenir que deux groupes, c’est Maiden et Death ! Il y a plein d’autres groupes qu’on adore comme Cynic, Coroner que je ne connaissais pas avant mais que j’ai découvert grâce à toi (Rires)…


Tu as évoqué Cynic, tu as donc dû apprécier le retour de Aghora ?

Raph : Je l’ai écouté et il n’y a plus de chant. C’est pas mal mais est-ce que j’écouterais ça tout le temps ? Mais Aghora fait partie des trucs que j’aime bien mais que je n’écouterais peut-être pas cinquante fois de suite non plus. Je l’ai écouté deux fois de suite au bout d’un moment -on va dire que je suis méchant- j’ai ce sentiment de déballage de notes…


Notre style est plutôt triste avec plein de solos de guitare qui ne cherchent pas à en foutre plein la vue techniquement parlant, on cherche quelque chose qui soit le plus mélodique possible et qu’on retient




Ne crains-tu pas qu’on vous fasse le même procès justement ?

Raph : Je pense que non. Aujourd’hui, techniquement, il y a des milliers de groupes qui jouent plus vite que nous. On ne joue pas sur ce registre, on essaie de retenir la partie mélodique, un peu mélancolique, triste… sans pour autant faire des mélodies à la Helloween qu’on n’aura pas envie de jouer !
Notre style est plutôt triste avec plein de solos de guitare qui ne cherchent pas à en foutre plein la vue techniquement parlant, on cherche quelque chose qui soit le plus mélodique possible et qu’on retient… Quand il fait un solo trop branlette sur son manche, on lui dit mais de toutes façons, il n’a plus envie de faire ça…


Tu as répondu en partie mais votre musique est souvent ébouriffante mais jamais trop lourde comme cela arrive dans la scène djent, trouver cet équilibre pour laisser la mélodie au centre du propos, c’est votre objectif principal en composant ?

Raph : Oui, bien sûr ! Notre particularité -et ça nous fait plaisir- c’est d’avoir des mélodies qu’on retienne. Pascal est très là-dedans, si tu es guitariste et tu as une oreille, tu distingueras rapidement que le morceau est de lui ou non : par exemple, dans Mindwarp, les solos sont clairement du Pascal Lanquetin…


On essaie de faire quelque chose qui ne soit pas que du déballage technique



Pour résumer, si je vous dis que vous représentez l’intelligence artistique par rapport à une forme de prétention technique sans âme, cela te parle ?

Je ne vais pas critiquer les autres groupes : il y a plein d’autres groupes qui jouent très bien des choses plus techniques… On essaie de faire quelque chose qui ne soit pas que du déballage technique sans critiquer ceux qui le font : on fait juste ce qui nous fait plaisir !


(Bertrand "Bebert" Simonon nous rejoint à ce moment)


En écoutant cet album, on peut retrouver des atmosphères de bande son de film, c’était l’idée en composant ?

Raph : On a fait ça pour qu’on reverse les droits, des procès sont en cours : c’était l’objectif (Rires) ! Non, les morceaux n’ont pas été composés dans ce sens. Nous aimons bien les atmosphères un peu planantes, un peu tristes et donc, effectivement ça peut se rapprocher des musiques de film mais ce n’était pas le but.


Ce qui me frappe aussi et me fait faire ces comparaisons c’est le chant de Jerôme, il tient une place forte dans vos chansons, Il tient bien son growl mais il sait chanter en clair et amène une touche assez sombre et même wave…

Raph : Si tu le voyais, il n’aimerait pas que tu lui dises ça… Il fait du MMA donc fais gaffe !


… On a pensé à SUP par moments : êtes-vous d’accord avec cette comparaison ?

Bebert : Mais pourquoi tout le monde nous fait chier avec SUP ? C’est hallucinant !

Raph : Et puis, on ne les aime pas SUP… Non, ils sont sympas !

Bebert : Mais c’est fou, plusieurs journalistes font cette comparaison. On ne connaissait pas les derniers albums de SUP…


Mais avec le recul ?


Bebert : Par curiosité, on a écouté les derniers et oui, effectivement, on peut voir le rapprochement…


… notamment sur la voix…

Bebert : Oui, oui, c’est possible !


Le chant a toujours été un instrument chez Carcariass




Et avez-vous composé avec lui en tête ? En clair, son chant vous a-t-il ouvert des perspectives ?

Raph : On ne savait pas si on allait faire l’album avec lui. On a fait les tests avec lui qui ont marché et on lui a proposé de tout enregistrer et donc forcément, on connaît sa façon de chanter et les titres n’étaient pas prévus pour lui. Est-ce que les prochains morceaux qui vont être composés seront faits en tenant compte que ce sera lui le chanteur ou quelqu’un d’autre ? C’est trop tôt pour y répondre…

Bebert : Le chant a toujours été un instrument chez Carcariass. Si on a besoin du chant, on en met, si ça n’apporte pas un plus, on peut s’en passer : ça reste un instrument comme un autre.


Au-delà de ces influences comme Coroner que j’ai fait découvrir à Raph…

Raph : Oui je ne connaissais pas, tu as écouté toi ?

Bebert : Ah oui, le truc qui tourne en ce moment le Coronervirus ?

Raph : (Rires) !


Les trois piliers, les racines de Carcariass sont Iron Maiden, Death et Coroner…


… On trouve aussi des influences plus proches de Voivod ou Devin Townsend pour le côté voyage épique teinté de science-fiction notamment sur ‘Star Implosion’, ‘Letter From The Trench’ et ‘Psychotic Starship, vous vous retrouvez dans ces influences ?


Bebert : C’est vraiment difficile de répondre. Les trois piliers, les racines de Carcariass sont Iron Maiden, Death et Coroner… Voivod, par exemple, j’ai écouté mais il y a très longtemps…

Raph : … et on a aimé mais est-ce qu’on va écouter ça tous les jours aujourd’hui ? Non, ce n’est plus le cas…

Bebert : Aujourd’hui, Carcariass est un mélange involontaire de nos différentes influences.

Raph : Après, j’aime bien Devin Townsend mais je trouve qu’on est quand même assez différents de ce qu’il fait notamment sur le chant où il chante super aigü… Mais oui, on peut trouver des touches…

Bebert : Certains passages feront forcément penser à un groupe ou une influence…

Raph : … comme SUP, Devin Townsend, Voivod…


Aujourd’hui, Carcariass est un mélange involontaire de nos différentes influences.




Et finalement qu’attendez-vous de ce nouvel album ?

Raph : Des sous (Rires) ! Je t’ai répondu tout à l’heure que grâce à tes questions, ça marcherait mieux : on attend de voir !


Tu parles de sous mais est-ce une réponse ironique ou un réel désir parce que c’est compliqué vu l’état de l’industrie du disque ?

Raph : Bien sûr que non ! On cherche uniquement à se faire plaisir !


Cet album est donc une carte de visite pour à nouveau tourner ?

Raph : Oui mais si on nous propose demain de tourner pendant six mois à l’étranger, on y réfléchira à deux fois…

Bebert : Franchement, je pense que ce qui nous caractérise c’est le fait d’être une bande de potes qui fait la musique qu’elle a envie d’entendre. C’est la raison pour laquelle on a sorti un album il y a dix ans et même quand on avait sorti l’album précédent, on n’avait même pas fait de concert.


C’est un choix ?

Bebert : Oui !

Raph : Nous n’avions plus le temps parce qu’il faut les bosser les concerts : il faut répéter…


Mais on parlait du Hellfest 2017, pour pouvoir le faire, il faut tourner… c’est le cercle vicieux…

Raph : On attend de voir ce qu’on nous propose et en fonction de nos possibilités à nous cinq, on joue ou non…


Et si par exemple, on vous propose une belle date et que Jérôme ne peut pas assurer, comment allez-vous assurer ? Est-ce toi qui vas devoir reprendre les parties vocales ou uniquement jouer les morceaux instrumentaux ?

Raph : On verra !

Bebert : Il y a une partie des chansons que Jérôme chante que Raph peut chanter…

Raph : Oui mais je ne peux pas chanter en chant clair. On y a réfléchi et dans le cas d’une super date où il ne peut pas être présent, on s’adaptera !

Bebert : C’est la même chose si le second guitariste qui est en support rythmique ne peut pas être présent, on jouera qu’avec une guitare, c’est possible…


En revanche si la section rythmique n’est pas là, pas de concert…

Bebert : De toute façon, Raph est débranché pendant les concerts, il joue dans le vide…

Raph : Et lui, c’est la boîte à rythmes qui joue…


… d’où l’influence Devin Townsend…


Raph : Tu comprends tout, on ne peut rien te cacher (Rires) !


Et à ce titre, avez-vous des dates à annoncer ?

Bebert : Le festival Lions Metal près de Lyon début juin… C’est la seule date confirmée à ce jour. On a d’autres demandes mais rien de confirmé à ce jour…


Vous travaillez donc sur des dates à venir ?

Bebert : Oui mais on a plutôt tendance à attendre qu’on nous contacte que d’aller démarcher. On est sur des listes comme Garmonbozia mais ils ont tellement de groupes qu’on passe inaperçus…
Mais c’est vrai que d’avoir un peu d’actualité nous ouvre des portes ! Mais gagner de l’argent avec cet album n’est pas le but…


On ne rentabilisera jamais cet album mais ce n’est pas grave : c’est une passion, un loisir !




… ou du moins rentabiliser la mise ?

Bebert : On ne rentabilisera jamais cet album mais ce n’est pas grave : c’est une passion, un loisir ! Le temps qu’on passe dessus, on ne le compte pas ! C’est comme quelqu’un qui est intéressé par les sports mécaniques : il ne gagnera jamais d’argent !


Avez-vous toujours eu cet état d’esprit dès la création du groupe ?

Bebert : Oui, toujours !


Même pas au moment de la création du groupe, avoir cette ambition que toute jeune groupe a de conquérir le monde ?

Bebert : Oui, lorsqu’on a monté le groupe : on avait 20 ans…

Raph : Aujourd’hui, on en a 25 et on est un peu plus réalistes (Sourire) !

Bebert : Et puis, à l’époque, notre style musical était plus bourrin : c’était clair que ça ne plaisait pas à tout le monde…


Vous êtes donc épanouis aujourd’hui ?

Bebert : On n'a aucune contrainte…

Raph: … On a la liberté qu’on souhaite….


Et pourquoi dans ces conditions organiser une journée promotionnelle avec Replica parce qu’on ne ressent pas la volonté de défendre coûte que coûte cet album sur scène ?

Raph : Bien sûr qu’on veut défendre cet album sur scène !

Bebert : Nous allons faire quelques concerts mais il n’y aura pas une volonté absolue de partir à l’autre bout de la Terre et faire des concerts, des concerts, des concerts…

Raph : … on a d’autres contraintes à côté…

Bebert : Aujourd’hui, on a convenu avec notre label qui serait juste notre distributeur. On a voulu garder tous les droits. Le deal était que nous gardions tout mais nous faisons la promo nous-mêmes, c’est la raison pour laquelle nous sommes passés par Replica pour faire la promo… Ainsi, on maîtrise tout !
Le label -on peut le comprendre- a besoin de rentabilité or nous, on se fout de la rentabilité : on divise par cinq les coûts et puis voilà, c’est une passion comme d’autres font du VTT en mettant 10.000 balles dans leur VTT et bien nous, on les met dans le groupe à cinq… Mais ce qui nous dérangeait, c’est que le label fasse la promo pendant un mois et puis, c’est tout !





On a commencé par la question qu’on vous a trop souvent posée, au contraire quelle est celle que vous souhaiteriez que je vous pose ou à laquelle vous rêveriez de répondre ?

Raph : Quand est-ce qu’on mange (Rires) ? Parce qu’elle commence à être longue cette interview (Rires) !


Mais j’ai terminé justement ! Merci…

Raph : Merci beaucoup…

Bebert : Merci encore !


Merci à Noise pour sa contribution...


Plus d'informations sur https://www.facebook.com/carcariass
 
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