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NO TERROR IN THE BANG (02 MARS 2020)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
POST ROCK

Music Waves n'a pas été terrifié par la rencontre avec Sofia et Alexis de No Terror In The Bang qui nous en disent un peu plus sur ce projet ambitieux et plein de promesses
CALGEPO - 05.03.2020 - 3 photo(s) - (0) commentaire(s)
La naissance d'un nouveau groupe a un goût particulier pour les webzines : celui de la découverte, surtout lorsque le projet en est à ses prémices (2 titres) prometteurs. Music Waves a pris contact avec Sofia et Alexis du groupe No Terror In The Bang, qui évoquent leur séduisante aventure.


No Terror In The Bang semble être né d’une rencontre et d’un coup de foudre artistique entre Alexis Damien et Sofia Bortoluzzi, ce sentiment est-il légitime ?


Alexis : Bonjour à tous !!  Oui, Sofia et moi avons quelques différences, mais on se rejoint sur l’essentiel : on est des music-addicts, on a la volonté de créer, de construire un projet fort, et on s’entend très bien. On écrit ensemble les morceaux spontanément. Sofia a quelque chose de différent, elle a une présence physique et vocale originale pour la scène Metal / Rock, qui emmène mon travail de composition ailleurs. On arrive à se critiquer et amender notre travail, c’est très facile! Ses influences hip-hop me poussent aussi dans d’autres chemins, vous aurez l’occasion de l’entendre dans l’album entier.

Sofia : Salut tout le monde ! Oui, ce sentiment est tout à fait légitime. Alex et moi sommes littéralement sur la même longueur d'ondes, il est chose aisée pour moi que de composer à ses côtés, c'est hyper agréable et surtout très enrichissant. Nous avons beaucoup de points communs et aussi un tas de choses à apprendre l'un à l'autre. De ce fait, nous avons réussi à construire un univers atypique qui nous ressemble et qui nous fait vibrer. C'est un plaisir de travailler ensemble.





Est-ce que No Terror In The Bang est un groupe bicéphale dans votre façon de travailler ?

Alexis : Oui, le processus est bien rodé désormais : je compose des maquettes, Sofia crée son chant et textes en fonction,  nous finalisons les structures ensemble. Ensuite, les membres du groupe enregistrent leurs parties en amenant leur patte dans l’interprétation.


Alexis tu as fait partie de plusieurs groupes (Pin-Up Went Down, Carnival in Coal, Void, Paradigm), qu’est-ce qui explique cette frénésie de participation dans plusieurs combos ?



Alexis : En réalité il y a encore d’autres groupes dont j’ai fait partie, cela s’explique facilement : ayant commencé jeune, la musique est devenu mon métier, donc j’ai du temps et de l’énergie à y consacrer, même pour des projets très indie. Enfin, les groupes, comme vous savez, ont des histoires parfois compliquées, ce qui les amène à s’arrêter. Pour Carnival in coal, j’étais uniquement batteur live sur une courte période, Void paradigm est un projet studio, Pin-up went down était quasiment un projet studio aussi. Je me suis produit dans de multiples autres contextes jazz.  Mais No Terror in the bang est un groupe très personnel, à vocation scénique, ça c’est sûr.


Nous recherchons particulièrement à faire découvrir aux auditeurs ces ambiances cinématographiques à la Tim Burton avec des orchestrations qui vous plongent dans un univers sombre et mystérieux.


Le premier titre sorti dans la chronologie est ‘Saule Pleureur’ avec une ambiance très éthérée, sombre et cinématographique, est-ce que le futur album adoptera cette couleur ?


Sofia :  Notre futur album adoptera effectivement cette couleur. Nous recherchons particulièrement à faire découvrir aux auditeurs ces ambiances cinématographiques à la Tim Burton avec des orchestrations qui vous plongent dans un univers sombre et mystérieux... Mais ce n'est pas tout ! Nous avons en réalité fait le choix d'avoir deux personnalités au sein de notre identité musicale. C'est pourquoi il y a la moitié de nos morceaux qui sont paradoxalement beaucoup plus metal. C'est là la particularité de No Terror In The Bang à mon sens. C'est comme si, d'une certaine façon, nous étions bipolaires musicalement parlant, de par cette opposition.

Alexis : Nos passages cinématographiques trouvent leurs influences chez des compositeurs de musique de film : Hildur Gudnadottir, Johann Jóhannsson, Danny Elfmann, Bernard Hermann, mais aussi chez des compositeurs classiques : Saint Saëns, Ravel, Stravinsky, Satie. En réalité, tout va s’éclairer quand nos douze titres seront sortis. Certains titres seront très « in your face » et simples comme 'Preacher of Steel' ou 'Uncanny'. Mais il y a aussi des passages aux harmonies proches de Radiohead (que je vénère) par exemple…





Sofia a des influences très hip hop, metal mais aussi très jazz un peu à la Amy Winehouse qui aurait rencontré Lana Del Rey, comment travailles-tu ta technique vocale qui semble être très large et sans limite ?


Sofia :  Wow ! C'est un sacré compliment ! Je suis flattée, bien évidement Amy Whinehouse et Lana Del Ray ont fait partie de mon éducation musicale, je les écoute depuis très jeune. Bien avant que je ne commence à prendre des cours de technique vocale, j'étais autodidacte. Donc forcément je tentais de reproduire ce que j'entendais, c'était plutôt instinctif et j'ai d'abord développé mon oreille. Aussi, j'ai une culture musicale assez large car je suis très ouverte d'esprit. J'aime énormément de styles musicaux et par conséquent, des influences de tous genres ! Aujourd'hui du haut de mes 20 ans, je me cherche encore, je suis en apprentissage continuel mais j'ai déjà ma personnalité musicale. Il est vrai que je dispose d'un ambitus assez large (étendue d'une mélodie, d'une voix ou d'un instrument, entre sa note la plus grave et sa note la plus élevée, Ndlr), mais tout le monde a ses limites bien évidemment ! Quoiqu'il en soit, le seul secret : c'est le travail. Je m'expérimente au chant saturé  depuis peu de temps.... Affaire à suivre !


Le metal symphonique n’a rien à voir avec ce que l’on fait, qui sera plus urbain et cinématographique.


Le deuxième titre est ‘Sublimation’ qui se drape dans une parure plus dense et moins linéaire, la composition en elle-même offre plusieurs mouvements et un refrain épique, on sent que l’expérimentation n’est jamais éloignée, No Terror affiche-t-il d’emblée le fait d’être insaisissable ?


Alexis : Nous avons imposé à notre premier album un axiome de dualité. Il faut penser noir et blanc, chaud et froid, dichotomie, droite-gauche, doux-amer, violent-mystérieux, etc... Cela amène un contraste très fort qui renforce le trait de chacune des parties. Pour connaitre depuis longtemps le milieu metal / indie etc, je sais que ce public aime la noirceur du cinéma, parfois le gothique, la littérature, le voyage en tous les cas, et pas seulement la violence et le headbanging. Je fais donc le pari que cette alternance saura emmener l’auditeur dans une bulle très spéciale, qui n’a à mon sens pas été très exploitée dans ce style. Le metal symphonique n’a rien à voir avec ce que l’on fait, qui sera plus urbain et cinématographique.


Avez-vous conscience que sortir ce genre de musique de nos jours est un risque de ne pas rencontrer un large public plus à même à entendre la musique plus qu’il ne l’écoute et s’y attarde ?


Alexis : Le rock n’est plus la musique dominante, il y a aussi le rap / hip-hop, l’electro c’est vrai. Mais il reste toujours un large public, même jeune pour le rock, le metal, sans parler de la musique classique ou dit « de cinéma », qui est de plus en plus écoutée. Je pense qu’on peut donc toucher plusieurs générations, mais à condition d’y mettre de la qualité et de savoir innover un peu, c’est ce que nous allons tenter de faire sur le long terme.





Vous n’avez pas encore de clip mais juste des vidéos avec des covers très élaborées qui donnent une idée de l’imagerie du groupe, est ce que des clips sont prévus et envisagez-vous du crowdfunding pour les financer ?


Alexis : Nous sommes actuellement en train de mettre en place 2 clips : un expérimental / intimiste sur un morceau « cinéma » et un autre plus standard sur un morceau « metal-rock ». Nous avons postulé à différents organismes d’aide, mais il est en effet possible que nous mettions en place un Kiss kiss bank bank dans les prochaines semaines. Rendez-vous sur notre site et Facebook pour cela.


Votre musique est très fusionnelle, elle pioche dans plusieurs genres, est-ce là que réside le fait de pouvoir créer quelque chose de relativement nouveau ?


Sofia : Je ne suis pas sûre que créer quelque chose de nouveau soit notre objectif premier. Forcément nous avons cherché un concept original, on veut sortir du lot. Mais il est évident que nous sommes avant tout restés fidèles à nous-mêmes. Il était carrément difficile de définir concrètement notre musique. Nous nous sommes aperçu avec Alex que nous pouvions tout aussi bien créer des compos orchestrales que d'autres avec des grosses guitares et de la saturation en mode metal, mais sans chant saturé.... Il a fallu que l'on homogénéise l'ensemble de nos chansons et voilà, NTITB est né !


On sent les groupes peu aventureux aujourd’hui alors que dans les années 60-70 voire dans les années 90 (Massive Attack, Portishead, Radiohead) ils l’étaient beaucoup plus de même que le public, n’est-ce pas un peu frustrant d’être né 50 ou 30 ans trop tard et qu’est-ce qui explique selon vous cette frilosité actuelle ?


Alexis : En réalité ce n’est le cas que des choses très mainstream, car si vous trainez sur Bandcamp par exemple, vous découvrez des groupes incroyables et éclectiques. Mais les choses les plus connues sont souvent les plus financées, et par conséquent essaient d’attirer un public très large. C’est la même chose au cinéma, il y a des blockbusters et des films dits "d’auteur". Mais il me semble que parfois, l’histoire arrive par erreur. Qui aurait pu prévoir la carrière de Rammstein ? C’est quand même très particulier et austère, et pourtant ça fait un carton.


Il me semble qu’en metal, il y a encore des choses à trouver avec les filles, et Sofia le prouve.



Alexis, tu as collaboré avec Asphodel aujourd’hui Sofia, qu’est-ce que les voix féminines t’apportent ?


Alexis : C’est vrai, j’aime beaucoup les voix féminines, qui m’apportent plus d’émotion en général que les masculines. Il me semble qu’en metal, il y a encore des choses à trouver avec les filles, et Sofia le prouve. Il me semble que metal ne veut pas dire forcement « chant guttural ». J’adore ça, mais je prône la diversité des voix : claires, enrouées, gutturale, hurlées…, le chant mélodique a évidemment encore toute sa place. Le chant guttural est plus uniformisé et sûrement moins personnel globalement. Le contraste entre une voix féminine et un mur du son, que voulez-vous c’est plus fort que moi, j’adore ! Mon modèle ultime étant Devin Townsend évidemment (qui est une femme de par sa générosité, si si je vous assure, c’est notre mère à tous !!).


L’album est prévu pour cette année, avez-vous pu d’ores et déjà tester les compositions sur scène ou est-ce encore relativement secret ?

Alexis : Le groupe sera prêt à jouer sur scène dans quelques mois, et nous recherchons des dates de concert.

Sofia : Personne n'a eu l'occasion de nous entendre jouer en live pour le moment. Nous sommes encore en phase de peaufinage dans la composition de certains morceaux, mais on a trop hâte de jouer sur scène ! Je crois bien que ça commence à nous démanger sérieusement !





On sent l’influence du cinéma dans votre travail, un univers très David Lynch, mystérieux, seriez-vous intéressés de travailler pour une bande originale et pour quel genre de film ou pour quel réalisateur ?


Alexis : j’adore Michel Gondry par exemple, dont la poésie dépasse l’entendement. J’adore François Ozon dans un style beaucoup plus psychologique. Donc la réponse est évidemment positive, ce serait un rêve en effet.

Sofia : J'avoue que je ne me suis jamais vraiment posé la question auparavant.... Si avec NTITB on devait jouer pour une BO je rêverais que ce soit pour une saga de film comme "Resident Evil" ou encore "Millenium" par exemple avec une nana ultra badass dans le rôle du personnage principal. Sinon en réalisateur, sans hésiter,  pour moi ce serait Tarantino.  Je l'adore. J'adore tous ses films, ce serait juste énorme.

Alexis : Quentin, si tu nous lis, Sofia a un sabre à la maison.


Dans quel état d’esprit vous sentez-vous alors que vous êtes certainement très proches de la sortie de l’album ?


Alexis : pour le moment, nous finalisons la composition et commençons les pre-productions. L’album commence à s’enregistrer début avril, et sortira probablement en septembre. J’en profite pour faire passer un message : si des structures label ou éditeurs sont intéressés, c’est le moment de prendre contact avec nous.




Qu’est-ce que vous attendez de la sortie de ces 2 titres ?

Sofia : Les deux premiers titres que nous avons sortis étaient dans le but de nous présenter.  Nous avons volontairement balancé le jour et la nuit sur les plateformes aussi pour surprendre les auditeurs et dévoiler ces deux facettes de notre identité musicale. Sans surprise, certains n'apprécient qu'un des deux singles, et d'autres les deux. C'est à la fois un avantage et un inconvénient selon moi. On peut toucher un plus large public en ayant une palette de couleurs avec autant de dégradés. Mais tant que les clips et notre album ne seront pas sortis, le public ne pourra pas forcément se faire une idée cohérente de notre projet.


Un dernier mot pour nos lecteurs ?


Alexis : attention au Domovoï (le groupe a failli s’appeler comme ça…) Et merci de votre attention, c’est un projet très personnel dans lequel on met beaucoup de nous, on espère que vous ne serez pas déçus ! Merci Music Waves !

Sofia : Effectivement ce projet nous tient énormément à cœur, c'est avec plaisir que nous vous le ferons découvrir très prochainement !


Merci à vous

Merci


Plus d'informations sur https://www.facebook.com/noterrorinthebang/
 
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