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A PROPOS DE:

KARRAS (02 MARS 2020)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
HARDCORE

Quand un super groupe composé de membres de Mass Hysteria, AqME... se réunissent, ça donne Karras un groupe fou qui s'approprie les codes des films d'horreur et "None More Heretic" album qui braconne du côté du grindcore, hardcore, death'n'roll, thrash...
STRUCK - 13.03.2020 - 11 photo(s) - (0) commentaire(s)
Le nom de Karras ne sera désormais plus jamais seulement lié à celui du prêtre de "L'Exorciste", interprèté par Jason Miller. Avec "None More Heretic" -le all-star band à la française composé de membres de Mass Hysteria, d'AqME- Yann Heuraux, Etienne Sarthou et Diego Janson s'amusent à nous faire peur avec ce premier jet sanglant qui ne devrait pas rester sans suite...


Quelle est la question qu’on vous a trop souvent posée et à laquelle vous auriez marre de répondre ?

Diego Janson : Pourquoi fais-tu de la musique ? Pourquoi tu as un groupe qui s’appelle Karras ?

Yann Heurtaux : Je t’avoue que ça dépend de mon humeur. Même si ça concerne une question qu’on m’a posé deux cent fois, parfois, j’ai envie de m’étaler et répondre longuement et d’autres fois, je vais répondre en deux mots parce que ça me saoule !





Rassure-moi d’entrée, dans quel état d’esprit es-tu en début d’interview ?

Etienne Sarthou : (Rires) Tu passes en deuxième, ça va !

Yann : (Sourire) Je suis plutôt cool ! Tout dépend aussi de la personne qui mène l’interview…

Diego : C’est une question de feeling…


Comme son nom et le visuel de l'album le laissent aisément deviner, Karras fait référence à l'Exorciste. Mais il se dit que le projet est né du fait que nous n'étiez pas d'accord sur l'interprétation de la fin du film. Est-ce une blague ou bien la vérité ?

Etienne : C’est un peu les deux (Rires) ! Disons que c’est parti du nom lui-même. Quand on a démarré ce projet -Diego et moi- nous n’avions pas de nom pour ce projet. Diego m’a envoyé un texto en me proposant Karras mais sa référence n’était pas du tout l’Exorciste mais plutôt un livre de science-fiction…

Diego : … qui s’appelle "Le berceau du chat" qui est un livre de science-fiction dans lequel il y a une secte, la secte des Karas et je trouvais le nom cool…

Etienne : … Et moi, je n’avais pas du tout compris ça parce que je ne connais pas du tout ce bouquin. Et quand il m’a proposé ce nom, j’ai répondu "Ah super comme le nom du prêtre de l’Exorciste !" en pensant qu’il avait fait une faute car il manque un "r" au nom…
Nous sommes partis sur ce nom et de ce nom, on s’est dit que ce serait cool de baser nos textes là-dessus et broder autour…


Et de ton côté Yann, pas de troisième interprétation ?

Etienne : (Rires) !

Yann : Je vais être très sincère quand ils m’ont présenté le projet, j’ai écouté la musique et j’ai trouvé ça mortel ! Mais ça faisait tellement longtemps que j’avais vu le film l’Exorciste -dont je suis fan malgré tout- que je ne souvenais plus du tout que le nom du prêtre était Karras, donc je n’ai pas fait le rapprochement !


Nous sommes fans de l’Exorciste et nous nous sommes dit "pourquoi ne pas inventer l’histoire du prêtre Karras après sa défenestration ?"




Etienne tu évoquais des textes brodés autour du personnage Karras, donc. Quelle est l’histoire que vous nous racontez au travers des textes de "None More Heretic" ?

Diego : C’est la raison pour laquelle nous répondions à ta précédente question que c’était vrai et faux en même temps. Nous sommes fans de l’Exorciste et nous nous sommes dit : pourquoi ne pas inventer l’histoire du prêtre Karras après sa défenestration ?". C’est donc une fiction où nous faisons voyager ce personnage au Purgatoire, en Enfer, revenir sur Terre et il retrouve notamment Reagan… On a poussé le concept jusqu’au bout à partir du nom Karras et de l’Exorciste…


Tu as raconté les périples de ce personnage central mais comment ça se termine ?

Diego : Mal !

Etienne : Très mal (Rires) ! Il s’aperçoit que la fille est plus twisted que lui (Rires) !

Diego : Il se drogue et il finit très mal parce qu’il est perdu dans les méandres de la Terre. Le dernier morceau (NdStruck : ‘The End Of All Happy Endings’) signifie la fin de tout happy end !


Nous avions envie de nous faire peur comme des mômes !



Etienne, avec ce prêtre, il semblerait qu’avec Deliverance, le thème de la religion semble décidément te coller à la peau...

Etienne : Non, pas vraiment, parce que l’histoire qu’on narre dans Karras n’est pas vraiment religieuse : c’est un religieux mais on ne parle pas de religion en vérité. C’est une fiction, un délire un peu comme si on écrivait un film d’horreur et un film d’horreur peut être pris au sérieux comme il peut être pris à la rigolade : on ne sait pas trop, par moments. On est toujours entre deux eaux.
Si dans Délivrance, Pierre (NdStruck : Pierre Duneau) est extrêmement engagé dans ses textes, je ne dirais pas que nous prenons la chose plus à la légère dans Karras mais quand même puisqu’il y a un côté délire dans ce que nous avons écrit. Nous avions envie de nous faire peur comme des mômes !


Contrairement à Delivrance, nous ne sommes pas dans de la double interprétation ?

Etienne : Sans aucun doute ! Il faut que Karras soit un peu plus fun. On peut se permettre des libertés parce que ce que nous avons écrit n’est que de l’imagination et nous pouvions donc nous permettre de vraiment délirer.

Diego : On peut amener le personnage n’importe où : on peut l’amener sur Mars le prochain album, ça ne posera aucun souci (Sourire) !

Etienne : Ça y est, tu l’as dit : merde (Rires) !


On a compris que Karras était né de la rencontre d’Etienne et Diego mais comment Yan s’est greffé au projet sachant que vous venez tous d’horizons assez différents ?

Yann : Pas vraiment ! On connaît Etienne au travers d’AqME mais il a également sorti avec Grymt sur lequel j’avais flashé il y 15 ans…


Ça ne nous rajeunit pas…

Etienne : Putain, c’est vrai (Rires) !

Yann : J’écoute du metal extrême depuis que j’ai 15 ans, je viens de là. J’étais dans un groupe de death quand Mass Hysteria est venu me chercher.  Je connais Diego parce que nous traînons dans les mêmes concerts, nous avons les mêmes potes… Nous écoutons beaucoup de grind.


On fait tous des choses différentes mais on a en commun cette passion du metal extrême.




C’est plus un retour aux sources ?

Yann : C’est ce qui nous a rapproché. On fait tous des choses différentes mais on a en commun cette passion du metal extrême. Nous écoutons aussi bien du death que du grind, des trucs punk… et c’est ce regroupement qui fait Karras et qui nous plait !
Mine de rien, autant Etienne dans AqME que moi dans Mass Hysteria, nous sommes confinés dans un style et au bout de 25 ans, c’est un peu un exutoire d’en sortir !


Autant Etienne dans AqME que moi dans Mass Hysteria, nous sommes confinés dans un style et au bout de 25 ans, c’est un peu un exutoire d’en sortir !



On a le sentiment que cette envie a toujours été présente. Dans ces conditions, pourquoi ne pas l’avoir expriméE ?

Yann : Parce que tout simplement, on n’a pas le temps ! J’ai eu plein de projets… A un moment, on a eu un projet avec Diego mais ça n’a jamais abouti faute de temps ! J’arrive dans un projet déjà fini et ça me plaît ! Donc je me lance même si je sais qu’au niveau des plannings ça va être compliqué mais ça me plaît tellement qu’on va quand même essayer de le faire !

Etienne : Même si on se connaissait, on ne se connaissait pas tous directement. Parce que je connaissais très bien Yann mais je ne connaissais pas Diego que je ne connaissais uniquement de vue : nous n’avions jamais joué ensemble. Mais quand on s’est rencontrés et qu’il m’a montré des riffs et que j’ai joué dessus, ça marchait très bien !

Diego : Ça a matché (Sourire) !

Etienne : Et quand on a fait les premières répétitions avec Yann, on s’est dit exactement la même chose ! On se connaissait déjà sans le savoir et c’est ainsi quand tu rencontres des musiciens avec lesquels il y a une connexion. Et quand c’est le cas, tout devient plus facile, on ne se pose pas de question et les choses se font vraiment d’elles-mêmes.


Tu dis que tout est facile, en revanche de notre point de vue, il va y avoir malgré tout une difficulté que Yann soulevait tout à l’heure à savoir votre emploi du temps pris par vos groupes respectifs… si bien qu’on serait tenté de considérer Karras non pas comme un groupe mais un projet qui, de loin, à tout du jouet de musiciens à l'agenda surchargé…

Etienne : C’est possible mais c’est un jouet dont nous avons envie de nous servir régulièrement (Rires) !

Yann : Je pense que tout est possible. Bien sûr, ce n’est pas évident mais je pense que c’est faisable et nous sommes en train de le prouver. Mais si tout est bien programmé à l’avance, ça devrait le faire !

Diego : Je poserais la question dans l’autre sens. A savoir que nous n’avons pas tant de temps que ça mais on fait l’effort de se voir au moins une fois par semaine pour répéter. On fera le nombre de concerts qu’on pourra faire et tout ce qu’on fera, ce sera cool !


Vous avez répondu en partie mais il y a dans ce projet une telle urgence, une telle spontanéité qui pourrait faire de lui un simple one-shot un peu culte comme le "Speak English or Die" de S.O.D. en son temps mais tu nous as coupé l’herbe sous le pied en nous annonçant un prochain album avec l’envoi du personnage sur Mars...

Diego : (Rires) !

Etienne : C’est vrai !

Yann : Tous ces projets que ce soit S.O.D, Terrorizer ou dernièrement Killer Be Killed que j’adore avec les mecs de Mastodon et Max Cavalera… en général, ça donne des trucs très cool… mais je ne pense pas que Karras soit un one-shot parce que nous n’en avons pas envie. Nous n’allons pas calculer les choses, on va le faire au feeling en allant droit à l’essentiel sans se disperser ! On va faire le maximum pour un truc mortel au Hellfest, on va essayer des gros plans cool…
Etienne : Mais définitivement, ce ne sera pas un one-shot !


Dans Karras, il fallait que ce soit urgent et si tu commences à trop réfléchir et moins utiliser ton instinct, ça sera moins fun !




On a évoqué ce qui faisait la force de ces one-shots -cette spontanéité, cette urgence- ne craignez-vous de la perdre dans un deuxième jet ?

Etienne : C’est une chose à laquelle je fais très attention. Pendant la composition du premier album, Diego avait souvent envie de revoir des choses… et je n’ai pas cessé de lui dire qu’on ne touche à rien, on ne change rien. Ça a été écrit en une heure et une répétition : on ne touche à rien, c’est ainsi que ça doit être !
Dans la plupart des groupes auxquels je participe, j’essaie toujours d’avoir un peu de recul et de savoir ce qui est le mieux pour le groupe. A cet égard, je ne te répondrais pas du tout la même chose pour Delivrance ou AqME où je te dirais qu’il faut réfléchir, il faut penser les arrangements etc… Dans Karras, il fallait que ce soit urgent et si tu commences à trop réfléchir et moins utiliser ton instinct, ça sera moins fun !
Pour l’instant, ce que nous sommes en train de faire à nouveau, c’est à nouveau ça. Ça ne nous empêchera pas de nous poser forcément plus de questions au deuxième qu’au premier mais je suis sûr qu’on va faire attention à ça parce qu’il faut que ce soit fun et spontané. Et comme on a tous du talent -pardon- on en a assez pour qu’en étant spontané, ça ne foire pas ! On peut se permettre de faire des titres quand je te dis en 5 minutes, c’est vraiment 5 minutes et qui n’ont pas bougé d’un iota !


On le dit "None More Heretic" est très court et transpire une forme d'impulsivité. L'album a-t-il été long sinon compliqué à réaliser quand comme toi, Etienne, on est control freak ?

Etienne : La manière d’être control freak dans Karras, c’est de dire qu’on ne touche plus à rien (Rires) !

Yann : Quand tu as plusieurs projets comme nous, il y a des choses que tu ne peux pas faire avec tes groupes respectifs, ces idées, ces riffs qui peuvent être injectés dans Karras.

Diego : On a commencé à composer de nouveaux morceaux. On a tout fait dans la spontanéité et pour l’instant, on a gardé le même état d’esprit : c’est cool ! Après avoir enregistré cet album, on pouvait se poser la question de comment faire ensuite, et finalement, on a fait la même chose à savoir qu’on amène des riffs…

Yann : … et il y aura une nouveauté, c’est que je n’ai pas composé sur ce premier album. Donc la spontanéité qu’ils ont pour ce premier album, je vais l’avoir pour le deuxième ! Et donc ce sera au troisième qu’on peut se poser la question et qu’il n’y aura peut-être plus rien (Rires) !


En vous écoutant ainsi, ne peut-on pas dire que ce projet est finalement un peu fou ?

Diego : Il va bien avec la folie des mecs avec qui je suis (Rires)…


C’est une très bonne réponse… Mais comment expliquez-vous que cette folie soit si bien accueillie que ce soit au Sylak Open Air, le futur Hellfest et la sortie de ce premier album chez Verycords ?

Etienne : Le côté super-groupe attire forcément les regards. La signature avec Verycords est en très grande partie due à la présence de Yann et la fidélité de Verycords à son égard en tant qu’artiste aussi bien dans Mass Hysteria que ces éventuels autres projets.
Pour le coup, Mehdi (NdStruck : Mehdi El Jaï) le patron de Verycords est venu nous voir en répétition après nous avoir dit qu’il voulait nous signer et puis, après quelques morceaux, il nous a dit que c’était hallucinant, c’était trop bien et il ne s’attendait pas à ce que ce soit aussi bien !


Si nous n’avions pas été au standing que les gens attendent des trois musiciens que nous sommes, nous n’aurions peut-être pas eu cette signature et attiré le Hellfest.




Ce qui est surprenant car ce n’est pas aussi bien dans vos groupes respectifs…

Etienne : (Rires) Exactement, d’habitude, on joue super mal et là, tous les trois, vous jouez super bien : c’est bizarre (Rires) !
Si nous n’avions pas été au standing que les gens attendent des trois musiciens que nous sommes, nous n’aurions peut-être pas eu cette signature et attiré le Hellfest. Nous sommes exigeants avec nous-mêmes c’est-à-dire que quand nous allons monter sur scène, il va falloir qu’on soit bons : nous sommes tous là depuis 20 ans ! Je pense que les gens savent que nous sommes exigeants et quand on fait des trucs que ce soit Yann ou moi-même -les gens connaissent un peu moins Diego- il faut que ce soit bien, il faut qu’il y ait un niveau de qualité élevé. Et sans bullshit, l’album a été fait vite, écrit vite, enregistré vite… ce que tu as sur l’album, tu l’auras sur scène ! A mon avis, ça rassure les gens qui ont des festivals, des maisons de disques à notre égard et ça explique probablement qu’on nous regarde d’un œil sérieux !

Yann : Medhi de Verycords n’est spécialement un mec qui écoute du grind, il écoute du metal, il a une grosse culture musicale… Mais il y a un côté dans Karras comme chez Gojira qui va au-delà de la musique en touchant des gens d’autres horizons. Gojira va toucher des gens qui n’écoutent pas du tout de death avec l’émotion que dégage leur musique et j’ai retrouvé ça dans Karras.


Dans ces conditions, je suppose que tu as hâte d’apporter ta patte sur les compositions du deuxième album ?

Yann : Oui, je ne dirais pas que je restais timide jusqu’à présent mais je regarde comment ils travaillent et puis, petit à petit, je ramène mes idées… on verra !

Etienne : Il a plein de manières de participer à un groupe. Yann nous apporte déjà, être avec Yann est une évidence et tous les choix on les fait ensemble : nous discutons, nous ne sommes parfois pas d’accord et il nous conseille en nous donnant son avis… puisqu’on lui donne ce crédit, peu importe qu’il ait participé ou non à l’écriture de l’album, sa présence est une évidence ! L’alchimie est artistique mais elle est également humaine.

Diego : Et il a un peu plus de recul que nous sur les choses !

Yann : J’ai une anecdote marrante à savoir qu’un truc est en train de se poser, un truc que j’aime particulièrement et je les vois partir dans tous les sens… Et à la fin, je leur donne mon avis sans chercher à imposer quoi que ce soit en leur disant que c’était mieux au début (Rires) ! Et finalement, ils se rendent compte que c’est vrai !
Ce sont des petites choses mais je n’impose rien du tout : j’ai juste un peu plus de recul sur les choses !


Malgré ou à cause de votre pedigree respectif, vous n'allez peut-être pas manquer de susciter quelques critiques quant au résultat de la bête. Certains ne verront peut-être en "None More Heretic" que du Napalm Death mal branlé. Que leur répondez-vous ?

Diego : (Rires) Bien branlé ou mal branlé, rien que le fait d’être comparé à Napalm Death, c’est cool !

Etienne : Ça me va bien aussi mais pour mon information, Napalm Death, c’est branlé (Rires) ?

Yann : Tant mieux si les gens en parlent. Depuis le temps que je fais de la musique, tu apprends à relativiser les critiques. Il y a des gens qui sont anti-tout et du moment que tu es français, ça ne sera pas bien ! Je n’apporte pas de crédit à ces gens…

Diego : C’est basique ce que je vais dire mais on ne peut pas plaire à tout le monde, et heureusement ! Les critiques bonnes ou mauvaises sont des critiques qui te font avancer.

Etienne : Et personnellement, soit je suis naïf, soit je suis prétentieux, soit je suis les deux en même temps mais je ne suis pas du tout inquiet.

Diego : Comme tous les groupes, il faut qu’on en parle en bien ou en mal…

Yann : … mais ce serait bien que ce soit du 50/50 quand même (Rires)… Mais tu ne pourras jamais empêcher les haters comme les appellent…

Diego : Et c’est également pour ça qu’on fait de la musique, pour être confronté à ces critiques et prendre en compte les choses mauvaises qu’on peut dire…

Yann : La réflexion que je n’aime pas, c’est qu’on me dise qu’on ne comprenne pas ce que je fais dans un tel groupe. Ça m’horripile parce que le mec ne me connaît pas, me met dans une case…

Etienne : Pour ces gens, tu n’as le droit d’avoir qu’un groupe, qu’une seule facette !

Diego : Les gens nous -surtout les deux autres lascars- mettent dans une case mais la preuve est qu’ils peuvent en sortir !


Même si Etienne commençait déjà à en sortir avec Deliverance…

Etienne : J’emmerde tout le monde parce que plus personne ne sait où me caser et ça me va très bien (Rires) !

Diego : Mais un musicien reste un musicien et peut jouer de tout !

Yann : Mais c’est très français, aux Etats-Unis, on n’a jamais fait chier Kerry King parce qu’il faisait un solo avec Sum41. C’est très français de critiquer !

Etienne : Et pour en revenir à Karras, quand bien même il y aurait des gens qui n’aimeraient pas le disque, c’est tant pis pour eux, ils se priveront de bons moments et je serai ravi de leur faire avaler leur chapeau en concert (Sourire) !


On a évoqué Napalm Death, si je vous dis qu’on peut également entendre des réminiscences du Entombed période "Wolverine Blues" : qu'en pensez-vous ?

Etienne : Je ne vois pas de quoi tu veux parler (Rires) ?

Diego : Bien sûr !

Yann : Tu vois, contrairement à Diego et Etienne qui sont des grands fans de la deuxième période d’Entombed, je suis resté calé à "Left Hand Path" et "Clandestine" qui sont les deux premiers albums et quand ils ont fait un truc un peu plus rock, j’ai moins écouté…


Dans l’écriture de l’album, je faisais gaffe à ne pas tomber dans la caricature du death’n’roll […] le but du jeu est d’avoir différents codes et les mélanger ensemble.




Et en entendant cette réponse comme la précédente où tu disais à tes camarades que leurs compositions étaient mieux au début… ne peut-on pas dire que tu es le Francis Cabrel du groupe ?

Etienne : (Rires) On est tous des vieux cons maintenant : on a chacun nos chapelles ! Mais si je dis également souvent que c’était mieux avant, c’est que c’est surtout moins bien maintenant (Rires) !

Diego : Et pour en revenir à Entombed…

Etienne : Oui pardon, c’est sérieux : il y a la religion, la politique et Entombed !

Diego : Entombed sont arrivés à la même période avec Napalm Death, Carcass. Il y a eu une émulsion de groupes, j’étais ado à cette époque et j’ai pris ça en pleine face.

Yann : Toute cette scène venue du label de Jacob Bannon avec Converge… Je suis passionné de cette scène…

Etienne : … et ils ont tous écouté Entombed ! A mort (Rires) !

Yann : Après je ne critique pas mais j’ai du mal avec des groupes comme Parkway Drive ou Architects… des groupes qui étaient un peu punk au début et qui sont devenus ultra-aseptisés dans le son… tout est trop propre ! Je trouve des côtés cool dans ces groupes mais ça me touche beaucoup moins que les trucs bien purs !

Etienne  : Et pour revenir au côté Entombed dans Karras, c’est Diego le garant de tout ça ! Personnellement, j’adore Entombed mais en général, quand j’écris, ça ne ressemble pas tant que ça à Entombed - pour une raison que j’ignore d’ailleurs (Rires) ! Et Diego a un côté Entombed pas embarrassant c’est-à-dire que c’est une influence qu’on ressent mais qu’il arrive à ressortir sans que ce soit du copier/ coller…
Dans l’écriture de l’album, je faisais gaffe à ne pas tomber dans la caricature du death’n’roll qu’a pu faire à un moment par exemple Black Breath qui était pas mal mais qui était très caricatural en essayant de détourner des trucs, d’ajouter d’autres influences, orientations… le but du jeu est d’avoir différents codes et les mélanger ensemble. C’est pour ça qu’on a autant les codes du grindcore que du hardcore -parce qu’il y a clairement des riffs hardcore- mais il y a effectivement des riffs death’n’roll par moment, il y a des trucs purement thrash à la Slayer ou Metallica…


Et toi, Yann, quel code vas-tu rajouter dans le deuxième album ?

Yann : Je suis très axé grindcore et je vais peut-être les pousser à aller vers des morceaux plus comme ‘Pazuzu Chord’ ou ‘Deathcrusher’…





Avant de se quitter, j’allais vous demander ce que vous attendiez de cet album mais on peut estimer qu’une grande partie de vos attentes est atteinte avec outre la signature sur Verycords, ce Hellfest qui se profile ?

Etienne : Se faire remarquer, montrer qu’on existe !

Diego : Jouer et partager des scènes avec des groupes cools qu’on aime.

Yann : Personnellement, ça va me permettre de partager des scènes avec des groupes que je n’aurais pas partagées avec Mass Hysteria. Là, on va pouvoir jouer avec Cannibal Corpse…

Diego : L’objectif est de jouer, de se faire plaisir parce qu’on se fait vraiment plaisir à jouer ensemble.

Etienne : Les gens le ressentiront parce qu’on ne peut pas tricher avec ça !

Diego : Comme les footballeurs disent à propos des matchs, on va prendre les choses étape par étape.

Etienne : Si les gens aiment l’album et viennent nous voir en concert, on sera très contents !


Merci

Karras : Merci à toi !





Et merci à Childeric Thor pour sa contribution....


Plus d'informations sur https://www.facebook.com/karrasband/
 
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