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A PROPOS DE:

AIRBAG (28 AVRIL 2020)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
ROCK PROGRESSIF

En plein confinement, nous avons pu interviewer Bjorn Riis, compositeur et guitariste de Airbag, par Skype à défaut de le rencontrer en personne, une entrevue en toute simplicité.
PROGRACER - 05.06.2020 - 5 photo(s) - (0) commentaire(s)
Comme c'est ta première fois en interview sur Music Waves, commençons par une de nos questions traditionnelles : quelle est la question que l'on t'a posé trop souvent ?

(Rires) Comment a démarré la création de cet album par rapport aux autres, je crois.


... et nous ne te la poserons pas aujourd'hui !

Merci ! (Rires)


Nous vivons une drôle de période dans le monde ces temps-ci avec le confinement, mais j'ai entendu que tu venais de reprendre le travail il y a quelques jours ...

Oui, la boîte où je travaille redémarre doucement, les écoles reprennent pour les petits et quelques boutiques ré-ouvrent. J'espère que bientôt on pourra sortir à nouveau dans les parcs, les musées et aller aux concerts, et ça fera du bien.


Comment as-tu vécu ce confinement ?

J'ai la chance de vivre en maison avec jardin, donc ça va. J'ai fait la classe à ma fille de 8 ans et finalement c'était agréable de pouvoir passer du temps en famille, même si ce ne sont pas vraiment des vacances. 


Nous avons la chance de ne pas avoir besoin d'écrire ou de jouer notre musique pour vivre


Ce sont des conditions difficiles pour les artistes, mais peut-être propice à l'écriture ?

Oui et non, car nous venons juste de terminer l'album. Nous avons la chance de ne pas avoir besoin d'écrire ou de jouer notre musique pour vivre. Nous avons tous un job à plein temps donc, sans contrainte sur la production de matériel. Mais pour beaucoup d'artistes, c'est beaucoup plus problématique en effet. Toutefois, ça m'a permis de travailler sur de nouvelles idées qui, je l'espère, verrons le jour bientôt sur un prochain album solo. Mais comme l'album est terminé, nous faisons simplement de la promotion et nous nous préparons à la sortie de l'album en juin.





Cette promo ne doit pas être évidente dans ces conditions ?

Eh bien, je te parle en ce moment. Désormais c'est une chose assez facile avec toutes les technologies à notre disposition dans un petit monde en somme. Nous avons les réseaux sociaux pour rester en contact avec nos fans. Ça ne change pas grand chose pour nous, en fait. La seule différence c'est que les contacts se font en ligne plutôt qu'en face-à-face mais c'est la seule différence en fait car notre plan de promotion suit le cours que nous avions plus ou moins prévu.


Par contre, ce qui se passe aujourd'hui est plutôt bon pour la planète ...

Oui, c'est le côté positif de la chose. C'est aussi intéressant de voir comment tous les pays vont repartir et la façon dont les gens vont se comporter. Aurons-nous appris quelque chose de ceci ?


Est-ce que ça va perturber vos plans de tournée et de festivals cette année ?

Non, parce que nous n'avons pas encore planifié de tournée cet été. Nous sommes en contact avec pas mal de promoteurs. Et nous pouvons attendre la fin de l'année ou le début 2021. Tout ce qui change, c'est que quelques shows ont été reportés à la fin de l'année, et je pense qu'on y verra plus clair d'ici cet automne. Mais encore une fois, nous n'avons pas d'urgence à devoir tourner pour vivre, donc rien de grave pour nous. 


Tant mieux ...

Oui, nous avons de la chance. Bien sûr, nous aurions préféré sortir l'album et démarrer une tournée  mais c'est impossible pour l'instant. 


Je crois que c'est une vraie chance de pouvoir le vivre comme ça et de n'être une rock star que le week-end


Vivre de votre musique n'est pas un objectif pour Airbag ou pour toi personnellement ?

Non, et ça ne l'a jamais été. Nous avons commencé à jouer à la fac donc nous avions déjà des métiers quand le premier album est sorti. On peut considérer ça plus comme un hobby que comme un métier. Mais aucun d'entre nous n'a jamais eu l'intention de devenir un de ces artistes affamés et j'admire ceux qui y parviennent. Mais ça nous rend plus libres de maitriser ce rythme et de faire ce que l'on aime sans en être dépendant. Je crois que c'est une vraie chance de pouvoir le vivre comme ça et de n'être une rock star que le week-end (Rires).





Nous avons essayé de  créer un équilibre entre ces influences rock et électroniques



"Machines And Men" nous a fait penser à Steven Wilson et Porcupine Tree pour ses sonorités electro et son rythme progressif. C'est une référence qui te plait ?


Oui. Nous avons toujours été fans de Steven Wilson, que ce soit en solo ou avec Porcupine Tree. Je suis un grand fan de No-man (NDLR. projet solo de S. Wilson créé en 1987) pour ma part. Mais je pense que notre principale source d'inspiration pour cet album est à chercher du côté des eighties. Nous avons tous les trois forgé notre culture musicale en écoutant des groupes anglais de cette période comme New Order ou les débuts de Tears For Fears. En commençant l'écriture de "A Day at The Beach", nous avons également subi l'influence de la série Stranger Things dont la B.O. est signé par un groupe anglais de musique électronique, S U R V I V E. Il ont fait un boulot incroyable sur cette série. Mais tu sais, nous avons grandi en écoutant des groupes classiques comme Led Zeppelin, Kiss, Deep Purple, Black Sabbath. Ils ont toujours été une influence importante pour moi, ce qui est probablement plus évident dans mon travail solo. Ce que l'on a essayé de faire sur cet album, c'est de créer un équilibre entre ces influences rock et électroniques.


J'ai déjà lu que tu étais un grand fan de Kiss, mais ça ne se ressent pas vraiment dans ta musique.

Non, en effet ! Mais j'ai commencé à écouter Kiss quand j'avais cinq ans environs alors c'est un héritage qui fait partie de moi. Je que je retiens d'eux au quotidien c'est cette formidable positivité dans leur attitude depuis 40 ans.  J'aime aussi leurs messages dynamiques comme "Crois en toi", ou "Fais ce que tu veux". C'est cette philosophie positive qui m'influence encore plus que leur musique.


Pourquoi choisir "Machines And Men" en particulier comme single alors qu'il est assez différent de ce que vous avez produit jusqu'ici ?

Au départ, le morceau s'appelait "Cold World". Nous l'avons joué en concert à plusieurs reprises l'année dernière et nous l'avons pas mal retravaillé. Il parle de la futilité et de l'impermanence de nos centres d'intérêt dans cette société hyper-connectée. Tu peux aimer une chose à un moment et la jeter l'instant d'après quand elle ne t'intéresse plus. C'est le thème de ce morceau et nous voulions le mettre en avant.





Est-ce un concept récurrent sur l'album ?


Oui et non. Ce n'est pas à proprement parler un concept album mais, comme sur tous nos albums, il y a une ligne directrice qui unit les chansons. Celui-ci parle des relations entre les gens, le "eux et nous" pris du point de vu des individus (NDLR. Us and them, est un concept anglo-saxon qui n'a pas vraiment d'équivalent en français). Par exemple, 'Into The Unknown' parle d'un homme qui quitte sa famille, sa culture, son pays pour migrer dans un autre pays et la chanson traite de ce qu'il peut ressentir.


"Machines and Men" est un excellent moyen de montrer l'évolution du groupe depuis 5 ans


Espérez-vous capter un nouveau public avec un titre aussi marqué ?

Pas vraiment. Bien sûr qu'il est toujours satisfaisant d'atteindre de nouveaux publics, mais le but était surtout de montrer que l'on a fait vraiment quelque chose de différent sur cet album. Le morceau a pas mal évolué depuis les premières fois où nous l'avons joué sur scène l'an passé et nous trouvons qu'il a atteint exactement ce que nous cherchions, et l'exposer ainsi est un excellent moyen de montrer l'évolution du groupe depuis "Disconnected" qui a maintenant 5 ans.


Le titre est un peu plus rock, comme 'Sunsets'. J'y ai même entendu des riffs presque metal. Est-ce une influence inconsciente de ton expérience solo récente ?

(Rires) Oui, peut-être l'est-il en effet. J'ai toujours essayé d'apporter ce genre de riffs dans les albums d'Airbag sans que les autre musiciens n'y soient très favorables. Mais cette fois, c'est venu plus naturellement. Nous avons également fait beaucoup de répétitions et d'arrangements avec Kristian Hunltgren, le bassiste de Wobbler, qui nous accompagne régulièrement sur scène depuis plusieurs années. Kristian, Henrick (batterie) et moi avons tous les trois été largement influencés par le classic rock. Nous sommes tous venus avec ce bagage et des idées plus rock. Certaines ont fini sur l'album.  


Comment fais-tu la différence quand tu composes entre ce qui peut aller à Airbag ou qui est pour ton projet solo ? Te mets-tu en mode "Airbag" ou en mode "Bjorn" pour composer ?

Non, c'est beaucoup plus une histoire de sensation à la guitare, et tout ce qui vient est très naturel. Je sais tout de suite si une chanson est plus pour Airbag ou pour mon projet solo. Par exemple, en écrivant le thème de "Machines and Men" j'ai su immédiatement qu'il était fait pour Airbag et nous avons commencé à travailler à partir de là. Tout ceci vient tout à fait naturellement.


Est-ce que Asle participe à l'écriture des textes ?

J'écris principalement les paroles, mais Asle, en tant que chanteur apporte sa contribution en modifiant quelques lignes, en adaptant certaines phrases car sa sensibilité lui permet d'améliorer l'ensemble. Mais l'écriture  au départ, c'est principalement mon job. 


As-tu sa voix à l'esprit quand tu écris pour lui ?

Pas vraiment, sur les démos, certaines lignes semblent taillées pour lui et d'autres pour moi.  Il apporte beaucoup au groupe pour tous ces arrangements, y compris pour les guitares. Nous parlons beaucoup des lignes vocales, des parties de guitares et nous avons trouvé un bon équilibre en travaillant ainsi. C'est un bon processus créatif que chacun partage son ressenti sur le travail du groupe. Je donne mon avis sur les parties électroniques, Henrick sur certaines phrases de guitares. C'est un process très inspirant pour nous.


Vous avez choisi de séparer le morceau titre en deux parties distinctes qui ont la même ligne rythmique. Pourquoi ce choix alors que vous avez habitué vos fans à de longues pièces progressives ?

L'album est constitué de quatre pièces principales. Le titre éponyme est une sorte de double interlude entre ces parties. En plus, il est très important pour l'histoire, particulièrement les paroles de la première partie. C'est un moyen différent de le faire qui nous est apparu important pour rompre avec certains stéréotypes habituels. 





Le rythme lent de 'Part 1' à un côté trip-hop à la Massive Attack, très lancinant. Est-ce encore une de ces inspiration nineties dont tu parlais tout à l'heure ?

Oui, tout à fait. Asle, qui travaille une bonne partie des arrangements électroniques est un grand fan de Massive Attack, d'où la référence. 


'Into The Unknown' se termine sur un fade out. C'est assez rare chez vous et plutôt peu apprécié des fans de rock progressif. Pourquoi ce choix ?

En fait, c'était tout à fait délibéré. En écrivant un album, nous avons toujours le format vinyle en tête. Le titre est censé terminer la face A. il nous a donc semblé naturel de faire un fade out sur ce solo aérien avant que 'Sunset' ne démarre sur un tout autre rythme. C'est certes anti-prog, mais tout à fait délibéré (Rires). Mais ce final a un effet bénéfique sur l'aspect narratif de l'album et sur son rythme. Sans prétention, on retrouve ce type d'artifice sur "Dark Side of The Moon" dont la face A se termine en fade out avec 'The Great Gig in the Sky', et la face B commence en trombe avec 'Money'. J'aime beaucoup ce contraste.


Ce solo est magnifique, comme celui de 'A Day at The Beach part 2'. Il regorge de feeling et d'une technique toute Gilmourienne avec cet écho plaintif, ces doubles bends. Est-ce la référence ultime pour toi ?

Oui, ou tout du moins l'un d'elles. J'ai toujours été très fan de David Gilmour et des Pink Floyd, et il a forcément été une grande force d'inspiration. Mais il y en d'autres comme Billy Gibbons de ZZ Top ou Zakk Wylde dans un style très différent. J'ai également un faible pour de plus anciens musiciens anglais comme Paul Kossoff (Free), Leslie West (Mountain) ou Tommy Iommy. 


 ... être comparé aux deux plus grands groupes de l'histoire du rock, je prends ça comme un énorme compliment.


Airbag a toujours été comparé à Pink Floyd pour les arrangements progressif et ton jeu de guitare.  Que réponds-tu à ceux qui vous comparent toujours à ce groupe ?

Je leur dis merci ! (Rires) Oui, si tu es comparé aux deux plus grands groupes de l'histoire du rock, c'est un énorme compliment. Honnêtement, je ne l'ai jamais entendu dans un sens négatif. 


L'artwork de l'album est une magnifique composition photographique. Avez-vous travaillé avec le même artiste qui habille tes albums solo ?

Non, c'est Asle, notre chanteur, qui est aussi graphiste et qui s'occupe de tous les visuels de nos albums. Cette photo est une opportunité, un jour de balade sur une des plages d'Oslo, un de ces moments où la lumière et l'ambiance vous offre une ambiance magnifique. Nous avons eu deux heures, pas plus pour faire la photo.


Et ces ours en peluche, la tête ensablée ont quelle signification ?

C'est un peu comme je te disais tout à l'heure, une façon d'exprimer le concept de s'intéresser autant qu'on le veut. Tu peux te coller la tête dans le sable et faire semblant qu'il n'y a rien d'important autour.





L'artwork ressemble à celui de "A Momentary Lapse of reason" de Pink Floyd. Est-ce un hommage voulu ou une coïncidence ?

Non, en tous cas pas à cette pochette en particulier. Toutefois, l'univers iconique et graphique de Pink Floyd a toujours été une source d'admiration et d'influence pour nous. Ça ne m'étonne donc pas que les gens puissent faire le rapprochement, ça montre que notre ADN est bien comme nous l'imaginons.


J'ai toujours adoré (...) ce petit moment avec les gars, où tu te regardes en te disant que tu as trouvé quelque chose de vraiment bon, c'est un sentiment énorme


Quel est ton meilleur souvenir en tant qu'artiste ?

Ah ... j'ai énormément de bons souvenirs. Alors, si je peux en avoir deux, ... J'ai toujours adoré le travail en studio quand nous travaillons sur de nouvelles chansons et ce petit moment avec les gars, où tu te regardes en te disant que tu as trouvé quelque chose de vraiment bon, c'est un sentiment énorme.  Mais également, en échangeant avec des fans qui me disent combien ils ont pu être touchés par notre musique et comment elle a pu les aider à traverser des épreuves difficiles de leur vie, c'est toujours très spécial d'entendre des choses comme ça. Il y a ce fan australien qui m'a dit un jour être obligé d'arrêter sa voiture en pleurant car un titre d'un de mes albums lui avait donné l'impression d'avoir été écrit pour sa femme décédée quelques semaines auparavant. Mais nous avons également des fans en Iran, en Syrie ou dans des pays où ils n'ont pas la possibilité d'écouter de musique occidentale, voire pas de musique du tout. Quand ils te disent qu'ils ont utilisé un internet illégal pour télécharger ta musique, je ne sais pas comment répondre à ça.


Et au contraire, le pire souvenir ?

(Rires) ... je ne vois pas ... Il y a forcément eu quelques différends avec des promoteurs ou des couacs en concert, mais rien dont nous n'avons pu venir à bout ... Ah si ! Lors de notre première participation à Cruise To The Edge (NDLR Croisière prog autour de Miami), nos bagages ont été perdus entre Oslo et Miami. Nous n'avions que deux jours avant le départ de la croisière durant lesquels nous avons tenté de récupérer nos instruments et nos affaires. Une partie est enfin arrivée quelques heures avant le départ mais plusieurs choses étaient perdues ou abîmées, et en ouvrant l'étui de ma guitare, je me suis aperçu qu'elle avait été cassée en deux. C'est vraiment le pire en fin de compte.


Nous sommes très fiers de cet album et que nous avons hâte de le partager avec les fans


Nous avons commencé avec la question qui t'as été posée trop souvent, quelle est celle que tu aimerais que l'on te pose ?

Je pourrais probablement parler de Kiss pendant des heures (Rires) ! Je ne sais pas trop, mais ce que je peux dire c'est que nous sommes très fiers de cet album et que nous avons hâte de le partager avec les fans, d'avoir leur avis dessus et de le jouer devant eux. 


Avez-vous prévu de jouer en France ?

Je l'espère. Nous n'avons pas eu l'occasion de venir en France encore mais nous avons été contactés par plusieurs promoteurs, donc oui, je l'espère vraiment.


Merci d'avoir pris le temps de répondre à nos question et à bientôt pour une interview spéciale sur Kiss alors.

(Rires) Merci à toi, quand tu veux (Rires) !


Plus d'informations sur http://www.airbagsound.com
 
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