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A PROPOS DE:

THOMAS JAMET (04 JUIN 2020)


TYPE:
INTERVIEW
GENRE:
ROCK PROGRESSIF

À l'occasion de la sortie de son second EP "Dark Matter Part. 2", Thomas James nous explique sa façon de travailler, ses attentes, et pourquoi la vie d'un "one-man-band" n'est pas un long fleuve tranquille.
PROGRACER - 16.06.2020 - 2 photo(s) - (0) commentaire(s)
Tu composes, tu joues, tu enregistres, tu mixes. Est-ce parce ce que tu préfères travailler seul ?

Alors petite rectification, je ne mixe pas. Le mixage et le mastering sont réalisés par Jean-Jacques Blondeau du Schizoid Sound Studio. Je travaille avec lui depuis le début. C’est lui qui s’était déjà occupé du mixage et du mastering de l’album qu’on avait sorti avec Hundred Miles ("Just A Matter Of Time"). C’est tout naturellement que j’ai continué de travailler avec lui, pour le mixage et le mastering de "Insterstellar, Pt.1" ainsi que "Dark Matter, Pt.2". Il intervient aussi en amont du mixage puisqu’il m’aide à « sculpter » mon son et me conseille sur mes compos. Et c’est dans son studio que j’enregistre la basse car je n’en ai pas encore chez moi (mais ça viendra !). Au final, je ne suis pas si seul !


Le travail d’un groupe et d’une équipe technique permet de répartir les tâches mais également d’apporter des idées nouvelles ? 

C’est certain ! Après l’expérience Hundred Miles, j’avais besoin de me retrouver moi-même et de voir ce que je pouvais faire en solo. J’écoute beaucoup de « One-Man Band » (comme Cloudkicker, Widek, …) et je me suis dit « pourquoi pas moi ». 


Tu as été le leader du groupe Hundred Miles. Est-ce que le groupe est en sommeil ou travaillez-vous toujours à de nouvelles compositions ?

Le groupe est définitivement terminé même s’il nous arrive de nous dire « Et si on recommençait ? ». Cela semble toutefois compliqué car nous sommes éparpillés entre la France, le Canada et les USA !


Hundred Miles est (ou était) plus heavy que ton travail solo. Est-ce aussi pour cela que tu as eu envie d’autre chose ?

« était » donc ! Je ne sais pas s’il était plus heavy. Nous avons sorti un album de 15 titres qui était, avec le recul, un peu un fourre-tout. C’est un peu le défaut des premiers albums, on se cherchait toujours un peu. Effectivement, les premiers morceaux étaient plus rock/heavy mais je pense que s’il y avait eu une suite, ça aurait pu tourner un peu sur ce que je fais maintenant. Dans mon premier EP "Interstellar Pt.1", il y a un morceau qui s’appelle 'Just A Matter Of Time', c’est le titre de l’album que nous avons sorti avec Hundred Miles et c’est un peu un clin d’œil. C’est clairement un morceau qui aurait pu être joué avec le groupe.


C’est  le mauvais côté d’être perfectionniste, on se dit que ce n’est jamais assez bon pour être terminé


Il s’est passé 4 ans entre “Interstellar Part. 1” et ce “Dark matter Part. 2”, c’est assez long entre deux EP. Pourquoi un tel délai ?

C’est très long, oui. Mais c’est la vie, les changements de travail, les déménagements, etc… Et tout simplement moins le temps de jouer aussi ! Mais je peux déjà le teaser en avant-première : je travaille activement sur la suite, et elle ne mettra pas 4 ans avant de voir le jour ! Après, comme nous en avons parlé plus haut, je suis seul et cela fait partie des difficultés ! Je mets beaucoup plus de temps à composer seul qu’avec Hundred Miles (je me souviens encore de l’époque où nous pouvions sortir une composition en 1 ou 2 répètes !). Et c’est également le mauvais côté d’être perfectionniste, on se dit que ce n’est jamais assez bon pour être terminé, du coup, on décale sans cesse la sortie de l’EP, c’est un peu ce qui s’est passé avec celui-là !





Interstellar, Dark matter, … tu es fan d’astronomie, de voyage spatial ? 

Pas spécialement ! C’est plus un clin d’œil aux autres artistes du genre. Cette thématique de l’espace revient très très (trop ?) souvent. Et finalement, je trouve que cela colle bien au style. Comme il n’y a pas de chant, je cherche au travers de l’artwork et du nom des chansons à créer l’univers de l’EP ! L’artwork est parfait pour illustrer ces thèmes.


J’ai lu qu’il est signé Judith Meyerson et qu’elle avait également réalisé celui d’ "Interstallar"... Tu aimes son travail ? 

Merci pour elle, c’est vrai qu’elle a fait un superbe travail. J’ai beaucoup de bons retours sur la pochette, presque plus que pour la musique (rires). Judith fait partie de ma famille et c’est tout naturellement que nous nous sommes mis d’accord pour travailler ensemble sur mes pochettes !


J’évite de trop intellectualiser ce que je fais, je fais « ma » musique, point barre !



Pas simple pour l’auditeur de déceler un concept ou une histoire au travers d’une musique instrumentale. Y en a-t-il un derrière ta musique ?

Un fil conducteur entre les deux albums ? Pour être tout à fait honnête, il n’y a pas de concept ou d’histoire ! Je tente juste de développer mon style composition après composition ! J’évite de trop intellectualiser ce que je fais, je fais de la musique, « ma » musique, point barre !


La batterie est très présente, particulièrement sur ‘Invisible Mile’ ou ‘Beyond The Horizon’. Est-ce volontaire ? 

Pas du tout, et si c’est vraiment le cas, je ne l’avais pas remarqué ! Il faudra que j’en parle avec Jean-Jacques (rires) ! Outre les commentaires positifs sur la pochette, j’ai de très bons retours sur le son global de l’EP. Nous avons vraiment pris le temps de travailler mon son en amont des étapes de mixage pour nous donner toutes les chances d’avoir un produit final de qualité. Quand je vois le gap entre mes deux EP, je me dis que nous y sommes parvenus !


Justement as-tu enregistré la batterie ou est-ce de la programmation ? 

Alors, n’étant pas batteur, je n’ai pas de batterie (et puis je n’aurais pas la place dans mon appartement parisien) donc oui, je la programme avec mon clavier midi et le logiciel Toontrack Superior Drummer 3. Je crois que j’ai toujours eu une affinité avec cet instrument et j’ai vraiment plaisir à composer et jouer les parties de batterie. Alors oui je ne suis pas batteur et les « vrais » batteurs l’entendront très probablement. Encore une fois, ce projet solo est un défi pour moi de voir jusqu’où je peux aller !  


Sur quel(s) types de guitare(s) joues tu ?

Je n’ai qu’une seule guitare électrique pour le moment, il s’agit d’une Carvin CS6, forme Lespaul donc ! Cela semble presque old school maintenant puisque la marque n’existe plus sous ce nom, elle a été renommée en Kiesel. Je souhaitais ne pas avoir la même guitare que tout le monde et Carvin/Kiesel propose un custom shop plutôt abordable et de qualité. C’est plutôt cool de se dire qu’on a une guitare unique ! Maintenant pour les spécialistes : touche en ébène, table en érable, corps en acajou, micro Bare Knuckle Aftermath et coldsweat, frettes en acier inoxydable, repères en abalone, voilà pour les specs !





Ta musique emprunte plusieurs codes au post rock, grâce notamment aux différents styles de guitares des intros ou des nappes cristallines d’arrière-plan. Quelles sont tes influences dans ce style ? 

C’est finalement assez étrange pour moi d’être catégorisé en post rock car ce n’est pas quelque chose que j’écoute beaucoup au quotidien. Mais si je devais citer des groupes post rock que j’aime bien, je dirai : If These Trees Could Talk, Russian Circles, SleepMakesWaves ou encore Tides From Nebula.


Les nombreuses ruptures de rythme et les changements de thèmes sont, quant à eux, dans un esprit très progressif. Des influences comme Devin Townsend y sont pour quelque chose ? 

Alors là oui, contrairement au Post Rock que j’écoute de temps en temps, Devin Townsend, lui, c’est pratiquement tous les jours que je l’écoute. Je ne compte plus le nombre de fois que je l’ai vu en concert, à Paris ou à Londres, je suis littéralement fan. J’ai toute sa discographie en vinyle (avec même quelques doublons). J’aime la musique autant que la personne et chaque album est une surprise, je suis vraiment admiratif !


Nous y avons également entendu un style proche de Nick Johnston. Est-ce une impression que tu partages ? Une comparaison que tu apprécies ? 

Nick Johnston est un très bon guitariste, alors oui j’apprécie la comparaison, c’est très flatteur ! Mais pour être honnête, je connais très peu sa discographie. Je l’ai cependant vu en concert quand il est passé à Paris il y a quelques années avec Intervals et Polyphia, c’était top !


Je sais que les artistes n’aiment pas beaucoup donner une étiquette à leur création, mais les auditeurs ont besoin de s’y accrocher pour choisir parmi la foultitude de productions chaque année. Est-ce que, du coup, “post-rock progressif” collerait bien à la façon dont tu envisages tes compositions ? 

Les amateurs de musique progressive ne vont peut-être pas valider car mes morceaux ne font que 3-4 minutes mais effectivement, si je devais me mettre une étiquette, celle-ci ne me dérangerait pas ! 


Je ne fais pas de musique pour gagner de l’argent mais si je peux me retrouver à l’équilibre ... cela me convient



Cette profusion d’offres musicales est-elle une des raisons de choisir un format EP, plus facile à “consommer” ? 

Comme nous l’avons dit, je suis seul à composer. Composer un album me prendrait vraiment beaucoup trop de temps. Tu l’as toi-même remarqué, 3 ans entre deux EP, c’est énorme ! Et puis, compte tenu de la profusion d’offres musicales et de la façon dont les gens consomment la musique, je ne trouve pas ça intéressant de sortir un album, encore moins quand on ajoute l’aspect financier. Un album coûte plus cher à produire qu’un EP. Je ne fais pas de musique pour gagner de l’argent mais si je peux me retrouver à l’équilibre en vendant quelques CD/Vinyle, cela me convient et clairement, sortir un album serait un gouffre financier pour moi !


Quelles sont tes attentes pour cet EP ?

Contrairement à mon premier EP "Interstellar, Pt. 1" où je n’ai fait aucune promo, j’ai envie de donner un petit coup de projecteur sur celui-là alors mes attentes sont simples : que le plus d’auditeurs possibles l’écoutent !





Comment envisages-tu l’avenir de ce projet spatial ? 

Je continue sur ma lancée, je ne pense pas être allé au bout du projet ou de ce que je pouvais donner. Le confinement m’a d’ailleurs permis d’avancer sur les prochaines « Part » et j’aime beaucoup les premières compos, de nouveaux instruments font leur apparition et les compos sont davantage développées, vraiment plus « prog » (rires).


Y en a-t-il d’autres sur lesquels tu travailles ? 

Je n’aime pas trop m’éparpiller, un projet à la fois ! Pour l’instant, je suis focus sur mon projet solo. Mais ensuite, j’aimerai m’entourer de guests pour créer autre chose. Une des remarques qu’on m’a fait sur ce nouvel EP, c’est qu’une voix aurait bien sa place alors j’aimerais bien voir ce que cela peut donner !


Un dernier mot pour les lecteurs de Music Waves ?

Merci à eux d’avoir pris le temps de lire mon interview et merci à eux s’ils ont pris le temps d’écouter le nouvel EP ! Si vous avez aimé, n'hésitez pas à me suivre sur mes réseaux sociaux (Instagram ou Facebook) et à venir me dire ce que vous en avez pensé, j’accepte la critique si elle est constructive, car elle me permettra d’avancer et de m’améliorer. Amateurs de vinyle, il m’en reste encore quelques-uns ! Enfin, chanteur.se, n’hésite pas à me contacter si ma musique te plait et que tu souhaites y poser ta voix !


Plus d'informations sur https://www.facebook.com/thomasjametmusicien/
 
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