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TITRE:

AMARANTHE (10 AOUT 2020)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

METAL MELODIQUE



De passage à Paris, Amaranthe a pu nous faire part de leurs impressions sur la situation actuelle, Spotify, le nouvel album et leur possible évolution.
CALGEPO - 30.09.2020 -
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Amaranthe est un groupe qui ne laisse pas indifférent : soit on aime soit on déteste. La faute peut-être à des titres trop formatés, trop propres et des choix sonores hasardeux. Quoi qu'il en soit, le groupe continue sa progression et compte de plus en plus de fans. Le nouvel album pourrait remonter l'estime à l'égard du groupe grâce à une orientation plus heavy. Nous avons pu rencontrer la pétulante Elize et le posé Olof.


Nous sommes actuellement dans une période d’incertitudes concernant cette pandémie, comment confrontez-vous la sortie de cet album, cette promo avec la situation actuelle ? Avez vous pensé à repousser la sortie faute de pouvoir faire des live (ndlr : la tournée américaine a été annulée et européenne repoussée à 2021) ?

Olof  : Nous voulons être énergiques et positifs, on essaye de s’encourager comme on peut. Je pense que le besoin de musique est désormais plus grand. Je sais que beaucoup de groupes ont reporté leurs sorties et tournées en 2021 et ne pas pouvoir la promouvoir est une déchirure mais je pense que la musique devrait  aussi pouvoir parler d'elle-même parfois. On n’a pas toujours besoin de vous en parler beaucoup et de passer par une grande période de promotion même si nous aimons le faire, naturellement. Dans notre cas la plus grande partie de la promotion sera faite : notamment aujourd’hui nous avons fait ce petit voyage. Nous n'avons fait que des vols directs très courts vers les différents endroits. Ce n'est pas vraiment différent de prendre un bus pour aller au travail. Comme tout le monde le fait, ce n'est pas comme si la contagion se propageait davantage en avion qu'en bus. Nous nous sentons donc assez à l'aise pour faire cet entretien. Alors bien sûr c'est normal aussi de ressentir une certaine frustration parce que la vie que nous connaissions était moins stressante, plus libre. On s'est posé la question de savoir si ça ne craignait pas de nous exprimer sur le nouvel album en cette période troublée et en même temps avec le nouveau label, nous avions planifié plein de choses. Nous étions censés sortir l'album en octobre, mais ensuite, j’ai pensé qu'il est important que l'album sorte quand nous irons aux Etats-Unis, et cela devait se faire le 28 août.  Du coup avec la pandémie nous l’avons repoussé de quelques semaines. Nous avons repris les plans originaux de communication.




Entre "Helix" et "The Manifest", vous avez signé chez Nuclear Blast, qu’est-ce que cette signature change pour vous ? Est-ce que ça vous met une certaine pression ?

Elize : Je pense que cette signature n'est pas pour nous synonyme de pression. Ce qui est cool avec Nuclear, c'est qu'il n'a même pas demandé de démos au préalable s'agissant du nouvel album, ce que je trouve fantastique. Ils fondaient de l'espoir et avaient confiance en nous. Vous savez, quand ce genre de d'évènement devient une responsabilité au lieu d'une pression ? La responsabilité, c'est quand les gens vous permettent de faire votre propre truc et vous font confiance pour faire quelque chose de bien, la pression, c'est quand les gens vous le disent et vous menacent pour que vous fassiez de bonnes choses. Donc je pense que ça a été vraiment fantastique également car lorsque vous avez l'impression d'être respecté et très bien traité par l'équipe qui vous entoure, vous voulez les rendre fiers. De la fierté, c'est ce que je ressentais. Comme si j'allais avoir une nouvelle famille où l'on m'aimait et où je voulais les rendre fiers de moi. Je voulais donc faire de mon mieux pour composer.

Vous soutenez un rythme soutenu d’un album quasiment tous les 2 ans, qu’est-ce qui explique cette grande créativité ? Est-ce pour satisfaire le label qui vous demande beaucoup ?

Elize : C'est quelque chose qui nous vient très naturellement. Le fait est que nous sommes entre deux sorties d'albums et que nous sommes constamment en tournée, nous n'avons pas vraiment beaucoup d'occasions d'écrire. Mais nous sommes constamment en train de penser musique.

Olof : Comme Elize l'a dit, nous sommes constamment en train de créer pendant les moments où nous le pouvons, mais ce n'est qu'à des moments précis que nous avons le temps de nous asseoir ensemble et d'écrire correctement un album d’Amaranthe Et quand on appuie sur ce bouton, c'est juste de la musique.


Beaucoup d'artistes ne sont pas devenus paresseux, mais ils doivent peut-être se rendre compte que tout le monde veut faire partie du processus de création maintenant.


Ce rythme est peut-être dû aussi aux déclarations du CEO de Soptify qui explique que pour que les artistes gagnent plus ils doivent être plus productifs ?

Olof : C'est un conflit difficile entre leur création et la production. Oui, la productivité (embêté)... Cela dépend vraiment de la façon dont vous regardez les choses, une question de perspective. Je pense que les gens ont compris un peu ou mal compris ce qu'il essayait de dire parce que ce n'est pas Spotify qui a créé ces règles. C'est ainsi que les gens consomment la musique aujourd’hui, à une époque où beaucoup ont la possibilité de faire entendre leur musique parce que la production musicale est maintenant complètement devenue démocratique, quiconque possède un ordinateur peut faire de la musique. N’importe qui peut sortir de la musique et je ne peux pas voir ça comme une mauvaise chose. Je pense que beaucoup d'artistes ne sont pas devenus paresseux, mais ils doivent peut-être se rendre compte que tout le monde veut faire partie du processus de création maintenant. Je dois faire une comparaison si vous prenez Bach ou Mozart, par exemple, ils ont produit l'équivalent de 80 ou 90 disques en 15-20 ans. Si vous voulez être productif, vous pouvez être productif. Vous n'avez pas besoin d'attendre six ans pour enregistrer quelque chose. Mais cela dit, personne ne devrait être obligé de créer non plus, mais je pense que parce que Spotify l’a dit, personne n'y est obligé non plus. Ce n'est que mon opinion.


Lors de plusieurs interviews vous disiez adorer les pochettes où les membres apparaissent, c’était le cas pour "Helix", là c’est une sorte de Halo à la Batman qui est sur la pochette, est ce une volonté pour vous de mettre en avant le groupe (plus que les individualités) cette fois ?


Elize : Je pense que la pochette de "Helix" allait un peu dans ce sens parce que ça ressemble presque à un film Marvel et je pense que même si cette pochette d'album est très différente de celle d' "Helix", elle est toujours un peu dans le même univers. Le type qui a créé cette bonne pochette est Emanuel Shoe. Il a fait du concept art pour "Game of Thrones" et Cloud Atlas en 2014 je crois, et des trucs comme ça. Il était donc évident qu'il allait créer quelque chose de très cinématographique, ce qui est exactement ce que nous voulons. Nous sommes toujours sur la pochette de l'album, en tout petit c’est moi sur un jet ski (Rires).


 

Pour le précédent album, Nils avait intégré le groupe je crois 6 mois avant la sortie et n’avait peut-être pas pu participer à son écriture, pour ce nouvel album "Manifest" quel a été son apport, vous (Elize et Olof) qui disiez à l’époque avoir du confort à composer à deux, ça a été facile de changer un peu vos habitudes dans ce cas ?

Olof : Nous n’avons rien changé, nous étions très concentrés comme nous l’avons fait pour tant d'albums. Donc je pense que nous savions où nous voulions aller comme à chaque fois. Nous écrivons de manière si efficace et que tout se passe comme si tout était dans la tête, les arrangements, les mélodies vocales et les thèmes lyriques. La seule différence maintenant, c'est que j'ai rendu sa voix plus claire dans ma tête. On anticipe plus avec sa voix maniable.

Elize : Parce que comme tu l'as dit avant, nous avions écrit les chansons et puis il est arrivé : nous avons réalisé quand nous étions en studio que certaines chansons n'était peut-être pas bonnes pour sa voix et c'est pourquoi j'ai dû chanter un peu plus sur quelques chansons. Avec cet album, nous avons apprivoisé sa voix et pu nous adapter.


Nous voulons toucher les gens de manière positive. Je pense que c'est le travail des artistes.


L’album est certainement le plus puissant que vous ayez fait je pense au titre ‘Scream My Name’ ou ‘Boom !1’ qui frôle le rapcore, est ce que c’était totalement conscient de donner cette couleur à un album qui s’appelle "The Manifest" qui évoque peut-être une révolution sociale ?

Olof : Je n'appelle pas vraiment à la révolution sociale, mais nous voulons toucher les gens de manière positive. Je pense que c'est le travail des artistes, depuis plusieurs centaines d'années, d'influencer la société dans une certaine direction, mais il ne s'agit pas tant d'eux que de mettre en œuvre l'influence sur l'opinion politique d'une personne. Il s'agit plutôt de leur donner du pouvoir, plus précisément un sentiment. Donc, si nous pouvons être une petite partie de cela tant mieux, c'est quelque chose qui est presque central pour nous. Alors on constate qu'il y a beaucoup de dépression de nos jours, les gens sont déprimés. En regardant les médias sociaux et les médias traditionnels, ça te donne envie de te tirer une balle et donne l'impression que les gens ont peur. Je pense donc qu'il est plus important que jamais d'essayer de nous responsabiliser dans l’utilisation et le regard sur ces médias pour essayer d'apporter un peu de positif.




Et quel est le rôle précis  d'un artiste ? Est-ce que c’est votre rôle réellement de soulever de tels problèmes, surtout dans une société de plus en plus sombre, en matière d’environnement par exemple, vous avez une aura qui peut influencer vos fans ?

Elize : Je dois dire que je veux toujours avoir mon opinion ou mes déclarations. La question est : est ce que doit diffuser mon idéologie sur ce qui se passe dans le monde ? J’ai vraiment besoin d'exprimer cela, et je pense que la meilleure façon de le faire est d'être créatif ; cela ne veut pas dire que je force les autres à écouter ce que je pense, mais d'un autre côté, si je les exprime en chanson c'est donc le cas. Nous essayons donc de l'intégrer à notre processus créatif. Toutefois, je ne suis pas devenu une politicienne pour autant (rires). Il y a beaucoup de choses que vous pouvez faire pour changer en tant que musicien. J'ai parlé à des fans qui m'ont dit qu'ils étaient déjà déprimés et maintenant ils écoutent notre musique et ils ne sont plus déprimés. C’est gratifiant.


C'est juste de la musique, donc tout est basé sur les mêmes accords, les mêmes mélodies et tout n'est que des sons différents.


Est-ce que ce rééquilibrage, cette orientation encore plus metal est là pour faire taire certaines critiques qui vous considèrent comme un groupe plus pop ? La fameuse critique : trop pop pour du metal, trop metal pour de la pop...

Elize : Un petit peu, nous voulions essayer de combler un écart. Mais après avoir dit cela, vous savez, les gens ont des opinions bien arrêtées sur la musique. Depuis le départ je me suis demandé pourquoi on ne pourrait pas faire quelque chose qui inclut beaucoup de styles, pour que tout le monde puisse avoir ce qu'il veut dans le même album. Donc, vous savez, c'est vraiment à l'origine c'est une simple réflexion de toute façon. Rien de grave, c'est juste de la musique, donc tout est basé sur les mêmes accords, les mêmes mélodies et tout n'est que des sons différents.



Le fait de prévoir à l’avance de ne pas faire le même album l’un après l’autre ne vous fait pas craindre de perdre votre spontanéité, votre naturel et de perdre un peu de fraicheur ?

Olof : Je vois exactement ce que tu veux dire et je pense que cela peut essentiellement être un problème pour les groupes, mais je pense que nous n'avons jamais vraiment été comme ça. Alors peut-être pour les paroles mais pas pour la musique. Nous recherchons des émotions qui sont très souvent des émotions spontanées. Pour chaque album, nous passons de moins en moins de temps à trop réfléchir à ce que nous devrions faire et où nous devrions aller. C'est essentiellement ce que le titre signifie, c'est-à-dire que l'on manifeste la musique en tant que telle.



Pourtant j'ai l'impression que quand on est un jeune groupe on ne se pose pas trop de questions, on fonce et en général on réfléchit plus après quelques albums ?

Olof : Je pense que c'est l'inverse en fait parce que du côté musical, du côté des arrangements, disons, je vais passer beaucoup plus de temps à réfléchir aux processus sur ce que le son devrait apporter par rapport au premier album.

Elize : Au départ, il y a eu beaucoup de réflexion, mais je pense que plus nous avons avancé, plus nous nous sommes ouverts à la créativité. Nous savons maintenant ce que nous devrions faire et nous le faisons très spontanément. Je suis d'accord à cent pour cent avec Olof. Je suis d'accord aussi avec vous sur le fait que l'une des pires choses qui puisse arriver serait de perdre cette spontanéité. Ça n’arrivera pas parce que je suis très spontanée (Rires).


L’une de vos particularités connues est d’être 3 au chant, ce qui donne à votre musique un relief particulier et singulier, chacun a un rôle bien défini, pourquoi ne pas pousser le concept un peu plus loin en accentuant l’aspect théâtral un peu à la manière d’un Ayreon et proposer une sorte de concept album Metal, Dance, Pop and prog avec des développements plus grands ?

Elize : Nous avons beaucoup d'opportunités avec trois chanteurs en effet mais je pense que nous le faisons plus dans nos clips videos, nous travaillons notre acting dans les vidéos.

Olof : je pense qu'en terme de structures des chansons, c'est quelque chose que nous verrons toujours. Voyons comment elles évoluent et essayons de trouver de nouvelles perspectives. Actuellement, nous sommes vraiment heureux de ce que nous avons fait jusqu'à présent, mais cela ne nous empêche pas de faire des choses complètement différentes, comme sur cet album. Tout cela contribue également à l'atmosphère live qui peut être modifiée. Les chanteurs ont des interprétations parfois divergentes par rapport au studio, il y a toujours quelque chose de nouveau qui se passe et donc oui, il y a absolument plus à explorer, c'est certain.


Le temps file et le temps imparti est terminé, nous vous laissons le dernier mot pour nos lecteurs...

Olof : Nous voulons juste vous dire merci beaucoup d'écouter Amaranthe (Rires).

Elize : Restez optimistes, nous reviendrons dans un avenir très proche et surtout prenez soin de vous. Merci pour votre soutien.


Merci à vous.


Plus d'informations sur https://www.facebook.com/amarantheband/
 
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