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TITRE:

EMBRYONIC CELLS (15 OCTOBRE 2020)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

BLACK METAL



Un an et demi après "Horizon" qui faisait suite à un très long silence, Embryonic Cells est de retour pour enfoncer le clou...
STRUCK - 13.11.2020 -
5 photo(s) - (0) commentaire(s)

... et bien que nous étions conscients qu'Embryonic Cells avait la volonté de battre le fer rapidement après la sortie de "Horizon", le départ de Pierre Le Pape aurait éventuellement pu mettre à mal ce projet. Il n'en est rien ! C'est un Max Beaulieu plus motivé et dissert que jamais qui nous présente "Decline"....







Nous nous étions rencontrés en février 2019 pour la promo de "Horizon" qui faisait suite à un long silence. Près d’un an et demi plus tard, nous nous retrouvons en 2020 pour parler d’un nouvel album. Même si ce n’est pas une surprise car "Horizon" était, je cite, "un processus créatif qui est très long. Des morceaux présents dans "Horizon" ont été écrits il y a 3/ 4 voire 5 ans." : est-ce à penser que "Decline" était déjà dans les tuyaux quand nous nous sommes vus ?

Max Beaulieu : Non pas du tout ! Quasiment pas. En fait, la temporalité du processus créatif autour de "Decline" a été beaucoup plus rapide. Ça a vraiment été une fenêtre de créativité qui a fait beaucoup plus confiance à l’intuition, à la spontanéité : ça s’est fait de façon beaucoup plus naturelle.


"Decline" a vraiment été une fenêtre de créativité qui a fait beaucoup plus confiance à l’intuition, à la spontanéité


Tu avais avoué que "Horizon" marquait un nouveau départ et tu avais le sentiment de faire partie d'un groupe de gamins de 20 ans. Malgré tout, tu nous dis que "Embryonic Cells n’est donc pas pour moi un projet, c’est mon groupe de copains avec qui je m’éclate". Dans ces conditions, comment expliques-tu l’absence de Pierre Le Pape sur "Décline" sachant qu’il nous avait aussi avoué vouloir "battre le fer avec Embryonic Cells" ?

En fait, tu n’es pas sans savoir que Pierre Le Pape est un musicien qui est très, très sollicité. Il a ses propres groupes, ses propres projets en devenir. Il a une activité professionnelle qui est multidimensionnelle et qui officie au sein de plusieurs groupes dont Seth qui a plutôt une forte activité.
Cette suractivité de Pierre a aussi été conjuguée à mon déménagement : j’ai quitté ma Champagne-Ardennes pour le Vercors. Ça a donc également créé un contexte logistique qui fait qu’au bout d’un moment Pierre a dû prioriser en sachant qu’Embryonic Cells est -comme tu l’as dit- un groupe de copains : on aime jammer, on aime répéter, on aime se voir pour taper le bœuf ! Et lui en Champagne-Ardennes et nous en région Rhône-Alpes, tout ça devenait très compliqué, en plus lui qui avait une charge de travail qui n’arrêtait pas de s’élargir.
Donc, nous avons pris la décision d’un commun accord de se séparer, tout simplement. On entretient toujours d’excellents liens avec Pierre Le Pape : je suis très attentif à ce qu’il produit, ce qu’il compose, ses projets…


Les claviers de Pierre faisaient partie de l’ADN du groupe.




Mais est-ce que ça a eu un impact sur la composition de "Decline" ?

Oui, ça a changé beaucoup de choses parce que Pierre Le Pape nous accompagnait depuis 13 ans au sein d’Embryonic Cells. Les claviers de Pierre faisaient partie de l’ADN du groupe.


Nous avions beaucoup d’envies [...] il était hors de question de procrastiner ou de réitérer tout un tas d’années entre deux albums


Et en faisant un raccourci, peut-on en conclure que le processus de création très rapide de "Decline" est en partie due à l’absence de Pierre Le Pape ?

Oui, en quelque sorte. Déjà, nous avions beaucoup d’envies et puis, comme on s’est mis à beaucoup répéter, à beaucoup composer, il était hors de question de procrastiner ou de réitérer tout un tas d’années entre deux albums. En plus, sur "Horizon", nous avions bénéficié d’une dynamique de groupe avec une nouvelle visibilité qui nous propulsait.


Tu parles de dynamique de groupe mais avec le départ de Pierre Le Pape ne crains-tu pas qu’on résume à nouveau Embryonic Cells comme le projet de Max Beaulieu et non pas un groupe, ce qui te tenait particulièrement à cœur ?

Oui mais je crois que je ne me pose pas autant de questions. Mon prisme, c’est l’hédonisme. Il y a des gens qui apprécient nos albums ? Tant mieux ! Nous avons de la visibilité hier et aujourd’hui ? Tant mieux. En aurons-nous demain ? Peut-être pas mais est-ce si grave ? A partir du moment où je continue avec mes potes Fred et Djo (NdStruck : Fred Fantoni et Djo Lemay) -et peut-être demain avec une nouvelle personne à intégrer- nous continuons à prendre du plaisir à proposer notre musique, à jouer ensemble, à nous produire sur scène même si aujourd’hui, le concept est un petit peu chahuté… tant qu’il y a ça, ça me va très bien : ça veut dire que la boutique Embryonic Cells a une raison d’être !


Dans ces conditions, comment s’est déroulé le travail en studio pour un rendu aussi travaillé tout en conservant un son organique ?

Ecoute, pour cet album, on a fait appel à Mickael Kassapian responsable du studio Warmaudio à Décines. Et très rapidement, on a fait le choix en discutant avec Mickael pour cette expérience studio de faire de lui quasiment le quatrième du groupe : il a participé au processus créatif, il nous a parfois encouragé à forcer le trait sur certains aspects… On a eu des points de convergence, d’autres de divergences : il nous a donné plein d’idées. C’est lui, de par sa manière dont il a réceptionné l’historique d’Embryonic Cells avec nos albums précédents, qui a tenu à privilégier ce côté organique.


Tu évoquais sur le précédent album une vraie remise en question de ton travail vocal. Tu nous disais que Pierre Schaffner t’avait fait progresser en revoyant les accents, tonalités te permettant d’aller vers du chant clair. Première question, comment ça s’est passé sur scène ?

Non, ça n’a pas été très compliqué parce que j’ai une telle pratique de chanteur de salle de bain que j’ai une expérience plutôt naturelle (Rires) ! L’appropriation de ce type de chant -le chant clair- je ne l’aurais jamais amorcé si je n’avais pas été capable de le faire sur scène de façon naturelle. C’est vrai qu’au niveau des chants clairs que tu évoques, il y a eu un certain nombre de tournants qui ont été orchestrés sur "Horizon", je pense notamment au morceau ‘No Boudaries’ qui fait la part belle au chant clair. Et sur "Decline", je me trompe peut-être mais j’ai l’impression que c’est 50% du chant : j’étais vraiment très, très à l’aise !
L’expérience de chanter en studio ne reste pas mon expérience préférée en revanche, j’étais très bien entouré.


Mais as-tu continué à travailler avec Pierre Schaffner ?


Non, j’ai travaillé avec Mickael Kassapian du Warmaudio qui m’a encouragé à expérimenter, il nous a aidé à faire le tri.


Cet album est très mélodique, folk parfois, notamment sur le très beau 'You’re so Full of Fear'. Est-ce que cette évolution était nécessaire par rapport à l’album précédent qui sonnait plus âpre, presque plus black ?


C’est difficile de répondre pour moi parce que je manque peut-être un peu de recul. Le morceau que tu évoques ‘You’re so Full of Fear’ est pour moi une espèce d’hommage à Bathory. Je le trouve très proche de Bathory et j’ai pris conscience de ça un petit peu plus tard : je n’étais pas du tout lucide au moment de la composition. Et c’est en voyant le clip, en écoutant le morceau avec du recul que je me suis dit que ça faisait très Bathory mais ce n’est pas illogique finalement, je suis un fan de Bathory (Sourire) !
Pour moi Bathory, c’est aussi un groupe hybride mais c’est quand même un totem dans ma culture du black metal.


On adore mettre les gens dans des cases


Malgré tout, on a le sentiment à l’écoute de cet album qu’il n’est plus vraiment death ou black, mais presque doom. Est-ce que c’était votre désire de vous libérer du black et du death, de vous libérer de chaînes ?

On adore mettre les gens dans des cases. Je me souviens d’une critique très virulente à l’encontre de "Horizon" et Embryonic Cells qui disait que nous n’avions rien compris, nous ne savions pas qui nous étions en faisant du thrash, du black, du death… finalement, ça ne veut rien dire !


J’assume totalement le côté hybride d’Embryonic Cells




N'êtes-vous pas des précurseurs qui sont souvent incompris ?

Non, je ne pense pas. Je pense qu’il y a plein de groupes qui le font avec brio et tellement mieux que nous.
Mais pour revenir à cette critique, sa difficulté était de nous baptiser. J’entends tout à fait mais j’assume totalement le côté hybride d’Embryonic Cells. Nous sommes plusieurs mecs avec tous des influences bien diverses et en fait, comme notre processus collectif est collaboratif, forcément il y a tout un tas d’influences qui donnent du Embryonic Cells. On peut retrouver du Bathory, du Slayer, du thrash, du death, du black et même de la cold wave…


La mélodie est l’élément essentiel, comme si les titres étaient d’abord une mélodie puis une chanson. Est-ce que c’est comme cela que vous avez composé l’album : la mélodie, puis le reste ?

C’était déjà fortement amorcé sur "Horizon". Mais c’est intéressant ce que tu évoques parce qu’à l’instar de "Horizon", il y a énormément de morceaux de "Decline" qui ont été composés avec une ligne de chant au préalable. Il y a donc eu d’abord le chant, la mélodie qui s’est imposée sur le riff. Les riffs se sont créés sur la mélodie.


"Decline" [...] marque un tournant dans la carrière d’Embryonic Cells mais [..] n’est pas du tout exclu que sur le prochain album, Embryonic Cells fasse un album de black ultra-belliqueux avec un son de cave ultra-dégueulasse.



Finalement, ne pourriez-vous pas faire de la pop ou de la synth pop avec le même esprit mélodique, en suscitant autant de d’émotions ?

Pourquoi pas ? Pour moi, il y a un truc sur "Decline" qui marque un tournant dans la carrière d’Embryonic Cells. Ma mère m’a appelé au téléphone. Elle est gentille -c’est ma maman- donc elle a acheté l’album, elle l’a poliment écouté mais elle m’a dit "Tu sais quoi Maxime ? J’ai bien aimé : c’est la première fois que ça m’arrive !".
Je pense donc que c’est beaucoup plus accessible. Ce n’était pas du tout une construction de l’esprit ou une volonté, ça s’est fait ainsi de façon assez naturelle pour nous. Ecoute la musique d’Embryonic Cells élargit son potentiel d’audience : pourquoi pas ? Mais en même temps, il n’est pas du tout exclu que sur le prochain album, Embryonic Cells fasse un album de black ultra-belliqueux avec un son de cave ultra-dégueulasse.



Dans le prolongement, le chant grunt est également très mélodique comment as-tu travaillé le chant ? Comment donner une impression de mélodie à un chant crié ?

Je ne sais pas répondre à cette question. Ça sort comme ça. C’est peut-être un tout petit peu d’expérience, c’est peut-être à l’aube de mes 50 ans un tout petit peu de maturité, c’est peut-être aussi toutes les écoutes cumulées et accumulées… C’est peut-être tout ça ? Je ne sais pas…


J’ai le souhait que l’émotion fait vraiment partie intégrante de l’ADN d’Embryonic Cells.



Pour continuer avec cette émotion, n’est-elle pas l’essentiel, peu importe le style ou l’habillage ?

Ah oui, il faut que le morceau me procure quelque chose. Il faut que le riff ou la mélodie m’hérissent les poils. Il faut que ça me fasse chialer ou me mettre en colère. J’ai le souhait que l’émotion fait vraiment partie intégrante de l’ADN d’Embryonic Cells.


Tu as répondu en partie précédemment à cette question à savoir qu’il n’y a pas de solo, mais on finalement s’en fout car les mélodies suffisent. Est-ce que c’est ainsi que vous avez conçu le disque ?

C’est intéressant que tu évoques les solos. Il y a une période préhistorique d’Embryonic Cells je pense notamment à une démo qui s’appelle "Necro-Revelation" et c’était bourré de solos. Nous étions deux guitaristes avec des egos qui prenaient certainement trop de place. On se prenait pour Kerry King et Jeff Hanneman (NdStruck : guitaristes fondateurs de Slayer) et on faisait de la pâtisserie de solos : on faisait trop de solos. Et le temps allant, je me suis aperçu que -même si je ne suis pas un très bon soliste- j’aime faire des solos, j’aime également écouter des solos mais dans Embryonic Cells, on s’est aperçu que finalement, on n’en avait pas besoin. On a donc fait le choix ces dernières années d’évincer les solos.


En écoutant tes réponses et faisant le lien avec la précédente interview où nous avions convenu qu’après des années à l’état embryonnaire, Embryonic Cells passait au stade adolescent sur "Horizon", il semblerait que tout est allé très vite depuis et que le groupe est enfin adulte…

Ah merde (Rires) ! Mais c’est ma maman qui va être contente (Rires) !


Tous ces éléments ajoutés donnent une impression de musique symphonique comme Septicflesh. Est-ce que vous avez voulu créer une symphonie metal ?

Carrément ! Merci pour la comparaison que je trouve un peu intimidante parce que Septicflesh est un de mes grands groupes : si je dois sélectionner 20 albums, il y aura "Mystic Places of Dawn" qui est leur premier album sorti chez Holy Records.
Mais de là à dire que nous avons voulu créer une symphonie metal ? Peut-être… Une fois de plus, c’est très difficile de répondre mais ton oreille, ton regard sont tout aussi légitimes que les miens. En tout cas, ils sont plus objectifs que moi : j’ai tellement la tête dans le guidon que je ne suis pas du tout objectif, je ne sais pas ce que je fais.


Mais une telle journée promo n’est-elle pas compliquée dans le sens où tes interlocuteurs mettent sur des choses inconscientes ou non auxquelles tu ne sais pas vraiment répondre ?

Ça ne devient pas compliqué parce que je le dédramatise très facilement c’est-à-dire que je trouve ça super drôle. Je mets mon ego de côté mais de manière générale quand tu présentes ton album, nous avons eu des critiques qui nous ont dézingué. Ça fait partie du jeu et je dédramatise cet exercice. Je suis amusé et je suis vraiment preneur des regards et des sensibilités qui sont exprimés sur la musique des autres. On en parlait tout à l’heure mais vous portez des regards qui sont parfois insoupçonnés.


"Decline" est une sorte de conte, de récit mystico-collapsologique.




L’album est cohérent et donne une impression d’unité, de thème récurrent. La question qu’on se pose est de savoir s’il y a un fil rouge ? En effet, le disque donne un sentiment de naturel, comme s’il était lié à la nature ou ancré dans la nature, impression confirmée par le clip tourné en pleine nature.

La nature est très présente effectivement mais "Decline" est un baptême de titre qui n’est pas très joyeux. Et de quel déclin parlons-nous ? Nous parlons du déclin inexorable de notre monde, du bruit du tic-tac de plus en plus fort. "Decline" est une sorte de conte, de récit mystico-collapsologique.


Et pour cet album, aucun lien, aucun titre en lien avec Lovecraft ?

Lovecraft est étonnamment, bizarrement absent de "Decline"…


… C’est vraiment l’album de la maturité !

(Rires) Pas tout à fait parce que mon deuxième amour littéraire qui est Robert E. Howard plane toujours sur cet album et notamment le titre ‘From the Shadows into Day’ qui est en fait plus ou moins issu d’un des poèmes de Robert E. Howard, un poème qui évoque son suicide et qui est d’ailleurs son dernier écrit.


La pochette est mystérieuse, est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur sa genèse sachant qu’elle nous rappelle l’esprit black metal scandinave alors que votre disque s’éloigne de cette musique ?

Tu vois, une fois encore, tu portes un éclairage qui est totalement surprenant. Tu me dis que l’artwork fait scandinave old school alors que je ne trouve pas trop. Mais en même temps, c’est parfaitement recevable.
Cet artwork, je l’ai fait dans une certaine urgence -il s’est fait en quelques heures- et en fait, à la façon d’un monolithe un peu Kubrickien, l’idée était d’un passage. Nous évoquions tout à l’heure les épreuves que traverse l’Humanité actuellement -je pense que cette pandémie que nous vivons ensemble est un des signaux forts- je pense qu’en termes d’histoire de l’Humanité, nous sommes dans une espèce de transition. Ça suscite beaucoup de commentaires mais il y a énormément d’éditorialistes, de philosophes, de citoyens qui évoquent l’ancien monde et le nouveau monde. Et donc cette espèce de monolithe est une sorte de porte dans lequel on décide de s’engouffrer ou pas : il y a une idée de passage. J’aime beaucoup l’idée que tous les artworks d’Embryonic Cells que j’ai signé étaient très illustratifs avec des stabilisations symboliques, et sur ce dernier album j’aime beaucoup l’idée qu’il y ait une dimension plutôt abstraite à travers laquelle les imaginaires de chacune et chacun peuvent s’engouffrer et s’approprier le concept.


Tu parlais de transition. Cet album dégage un sentiment de mélancolie, de tristesse, est-ce que c’est ton sentiment face au monde moderne et donc une certaine nostalgie de l’ancien monde que tu évoquais ?

Justement, il y a des gens qui voient une espèce de lueur à travers cette porte. Des gens m’ont parlé d’un soleil bienveillant ou d’un feu autour d’un totem autour duquel on se réunissait pour se raconter une histoire. Au contraire, d’autres m’ont parlé d’un truc pas du tout invitant comme un feu nucléaire ou d’une ville en feu, personnellement, je le voyais plutôt ainsi. Donc tu vois bien qu’il y a une espèce de choix…


Ma nature profonde a plutôt tendance à voir des opportunités dans l’adversité.


Une interprétation à avoir mais la tienne est plutôt négative…

Je suis très partagé. Je suis un petit peu schizophrène sur cette question. Ma nature profonde a plutôt tendance à voir des opportunités dans l’adversité. On évoquait la pandémie, bien évidemment, elle a généré des morts, elle va en générer d’autres, elle créé un contexte liberticide, elle nous chahute sur nos valeurs, sur le plan économique, elle génère de la charge mentale et de la souffrance : c’est indéniable. Mais en même temps, pendant cette pandémie, j’ai assisté à des choses formidables. A l’échelle de mon territoire, dans mon petit village, j’ai vu de nouvelles solidarités émerger, ça a généré plein de collectifs qui en plus deviennent pérennes. Je trouve donc que c’est un moyen de changer de vêtement.


Peut-être qu’Embryonic Cells est un tank raffiné ?




Tu parlais de schizophrénie, comme votre musique finalement qui est glaciale, mais pleine de chaleur en même temps. Un vrai paradoxe comme cet album dans son intégrité qui est tout en paradoxes ? N’est-ce pas votre spécificité finalement ?

Peut-être, peut-être… Mais je suis un grand bipolaire (Sourire) !
Peut-être qu’Embryonic Cells est un tank raffiné ? (Sourire)


Toujours dans le paradoxe, cet album est assez court mais très élaboré, presque progressif. C’est un vrai défi mais avez-vous dû abandonner beaucoup d’idées pour atteindre cet essentiel ?

En fait, quand on a composé, on a généré un peu moins d’une vingtaine de morceaux pour finalement en éliminer la moitié. Il y a eu un gros travail de choix, d’écrémage. On s’est posé la question de sortir un double album.


Allez-vous garder des idées pour le prochain ?

Non, je pense qu’on a effacé l’ardoise et on a envie de se projeter dans une dynamique de nouveauté, on a besoin de fraîcheur.
C’était vraiment un travail où il a fallu tailler le diamant et c’était un travail d’ordonnancement, de choix. Et il y a un moment où nous voulions tendre vers la plus simple élémentarité. Il y a plein de trucs qui nous plaisaient beaucoup mais qu’on a évincés. C’était comme une sorte de Tetris, il y avait des pièces qui n’étaient pas logiques dans le puzzle et donc, on s’en est tout simplement débarrassé.


Qu’attends-tu désormais de cet album qui sort dans des circonstances particulières ? Avez-vous envisagé de décaler sa sortie ?

On s’est posé la question de le décaler mais en même temps, on avait aucune visibilité sur ce qui allait se passer. Est-ce qu’on allait sortir de cette crise ?


Dans ces conditions, qu’attends-tu de cet album sachant qu’en introduction de cette interview, tu me disais que ton plaisir était de jouer, ce qui est compliqué aujourd’hui ?

On ne peut pas jouer. Nous avions deux tournées qui étaient prévues qui avaient l’objet d’un gros travail de construction : une tournée en Europe de l’Est et une petite tournée française. Et nous avions vraiment à cœur de défendre ces nouveaux morceaux sur scène et en plus, c’est notre trip. Donc, c’est doublement frustrant !
Dans ces conditions, quelle est notre envie ? Je ne sais pas, je pourrais te répondre : élargir notre fanbase. Mais ce n’est pas tellement ça ! C’est compliqué. Dans ce contexte de Covid, on est en train de se poser la question comment un groupe continue à avoir le lien avec ses auditeurs.





Entretenir le lien donc…

Voilà ! On se pose la question du live numérique, la question d’avoir des collaborations avec d’autres groupes sur des micro-albums… On se pose plein de questions pour garder ce lien.


On croise les doigts pour la suite

Merci à toi !


Merci

Merci beaucoup.


Merci à ThibautK pour sa contribution et à Rock Metal Mag pour les photos...


Plus d'informations sur https://www.facebook.com/pg/embryonic-cells-179425228782758
 
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