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TITRE:

THE GELATEENS (06 NOVEMBRE 2020)


TYPE:
INTERVIEWS
GENRE:

ROCK



La fusion apparait clairement comme un créneau à explorer pour apporter de nouvelles sonorités. Dans cette optique, Music Waves a été à la rencontre de THE GELATEENS pour nous parler de son premier album.
CALGEPO - 02.12.2020 -
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The Gelateens est un groupe de rock fusion qui mixe de belle façon le funk et le punk pour trouver un son qui est très singulier dans le paysage francophone. Music Waves ne pouvait pas passer à côté d'une rencontre avec Sofy et Pascal pour évoquer "Funky Punk DanSe Machine".


Vous avez adopté le nom de Gelateens, peut-on y voir un rapport à votre style musical de consistance épaisse en raison des styles que vous abordez et mélangez ?

Pascal : On cherchait un nom qui sonne aussi bien en anglais qu’en français, qui ne soit pas déjà pris par un groupe ni par autre chose dans les résultats Google. « Gélatine » nous faisait penser plutôt à quelque chose de fluide, mouvant et puis on a eu l’idée de l’écrire avec « teens » pour refléter notre indéfectible adolescence, qui ne date pourtant pas d’hier...




On a lu que Sofy a une formation de chanteuse jazz, que Sean aime le punk californien et que Pascal aime les groupes plutôt rock et groove, puis qu’un clavier, un DJ et un percussionniste latino vous accompagnent, comment se déroule la phase d’écriture entre vous ? Est-ce une phase de longues discussions et de prises de tête ?

Pascal : La composition s’est faite à quatre, guitare, batterie, clavier, chant. DJ et percus sont intervenus après coup. On a d’abord parlé de l’esprit qu’on voulait mettre dans notre musique : funky punk. Un genre nouveau pour faire danser tout le monde, des ados aux vieux rockers. Après chacun arrivait en répète avec une idée, un riff de guitare, une ligne de basse, des paroles… Et puis on développait ensemble. Pas de prise de tête, pas de tabou ni d’esprit de chapelle. Tout est permis si ça sonne groove et punk à la fois.

 Sofy : La compo et l’écriture en collaboration avec The Gelateens lors des répètes où chacun apporte des idées et du travail perso est pour moi facile et agréable. D’autant plus quand les influences de chacun sont différentes. C’est bien plus enrichissant ! L’amitié entre nous, humaine et musicale, nous permet d’explorer des univers plus variés, sans aucune restriction de genre ou de style et certainement sans prise de tête ! On se rejoint dans cette envie de mélange et de mixité.



Votre premier EP s’intitule "Funky Punk DanSe Machine", pourquoi ce « S » majuscule en plein milieu de Danse ?

 Pascal : Au départ une faute frappe, dance machine écrit danse machine. On l’a gardé parce que c’est l’orthographe française dans un disque tout en anglais, en clin d’œil. Et puis la majuscule pour bien l’assumer et éviter qu’on croie à… une faute de frappe.



Si c’est pour montrer votre attachement à la langue française, pourquoi ne pas chanter en français ou même mélanger les deux langues ?

 Pascal : Pour paraphraser le plus méconnu des rockers français, Dimi Dero « Si on faisait du flamenco on chanterait en espagnol ». Pour nous, funk et punk sont des musiques en anglais.

 Sofy : J’avoue, j’écris mes textes essentiellement en anglais, étant données mes influences musicales. Mais je ne renonce pas à m’essayer de nouveau à l’exercice de l’écriture exigeante du français, où s’associent le fond et la forme. Bien au contraire.


Se démarquer oui sans doute mais surtout faire danser tous les publics




Le fait de fusionner plusieurs genres est au cœur de Gelateens. Est-ce une volonté pour vous de créer un son nouveau pour se démarquer dans une industrie musicale qui aujourd’hui possède une pléthore de groupes par rapport à il y a une dizaine d’années ?

Pascal : Se démarquer oui sans doute, mais surtout faire danser tous les publics, sans notion de « genre musical », juste groove ou pas.



Votre EP sort à une période difficile. Alors que votre musique possède une grande énergie qui prend son ampleur certainement en live, l’idée de repousser sa sortie pour pouvoir le défendre par la suite sur scène vous a-t-elle effleuré l’esprit ?

Pascal : Non franchement, ça fait plus de 2 ans qu’on y travaille depuis l’écriture jusqu’à la production. Et puis on compte bien le défendre sur scène quand il aura rencontré son public. Pour ça on a mandaté l’agence de presse Dooweet qui nous donne une exposition médiatique. Le temps que le public nous découvre il sera temps de jouer live et la covid ne sera plus qu’un mauvais souvenir. Perfect timing !

Sofy : Au contraire, je pense que justement dans cette période si morose il est indispensable d’écouter de la musique, découvrir de la musique et jouer live, par vidéo interposées. Je pense même que l’envie est plus grande en ce moment si difficile et c’est l’intention de The Gelateens d’y contribuer.



Sofy lorsque tu chantes tu es très expressive, tu t’amuses un peu comme une actrice avec des moments de folie mais aussi tu sais te faire charmeuse, en quoi ta formation de jazz te sert-elle et as-tu une formation un peu théâtrale ?


Sofy :
J’ai effectivement suivi des cours dans une école de jazz (déchiffrage piano à l’American School of Modern music) sans finir le cursus. Mais j’ai avant tout commencé par un conservatoire et par du chant classique, en tant que soprano "coloratur". Mon professeur au bout de 3 ans a été très clair : il fallait bosser mon solfège, être une bonne lectrice et surtout arrêter la clope si je voulais en faire un métier... Par ailleurs, je faisais des vocalises a la piscine en classe de terminale et, par hasard, des musiciens de mon lycée m’ont recrutée dans leur groupe pop rock ! A l’époque je découvrais et m’inspirais d’artistes comme Nina Hagen, Kate Bush, Tori Amos… et encore aujourd'hui de PJ Harvey. Le rock m a attirée très vite ! Parce que sûrement très paresseuse et peut-être prétentieuse, je voulais écrire de mes propres chansons. C’est le cas dans mes albums et groupes précédents : Tulla Larsen (2014) groupe féminin et Killing Flies (2018), projet sur lequel avaient déjà participé Pascal et JB, notre clavier. J’ai aussi pris des cours de théâtre. Une chanson raconte une histoire, pas seulement autobiographique en ce qui me concerne. Elle exprime des sentiments, ce qui se rapproche évidemment du jeu d’un acteur, il me semble. D’ailleurs, je trouve en général les chanteurs assez bons dans ce rôle au cinéma.


La démarche a donc consisté à nous appliquer à garder le cap établi au départ, instiller du groove, du funk dans notre musique.




Le funk est dansant et le punk revendicatif mais ont l’énergie en commun : comment arrivez-vous à marier cet aspect à la fois festif et l’autre qui revêt l’expression d’une frustration comme se réclame le punk ?

 Pascal : Le punk rock est la culture d’origine pour Sean le guitariste californien et moi. La démarche a donc consisté à nous appliquer à garder le cap établi au départ, instiller du groove, du funk dans notre musique. De l’esprit punk on a surtout gardé l’énergie brute et le côté « do it yourself » plus que le « no future » des débuts. Et puis on connait pas mal de groupes punks et festifs !



On a l’impression que dans ce cahier des charges (de mélange) vous conservez une certaine liberté comme dans le très débridé ‘Slamming Doors’ qui possède une construction relativement progressive avec de magnifiques claviers très 70s ?

Pascal : Oui on nous a souvent fait remarquer le côté « prog » de Slamming Doors. Certains ont même comparé les parties clavier à celles de Deep Purple. Sur le disque il y a pas mal d’autres sons inattendus, un clavecin, des percus afro… Liberté totale, si ça nous plait c’est ok. L’offre musicale pléthorique de l’époque actuelle a fait exploser les codes et les genres, osons !


Dans ce titre il semble que vous utilisez quelques mesures de la Toccata et Fugue de Bach, le classique est quelque chose qui vous parle et que vous aimez utiliser dans votre approche musicale ?

Pascal : Bien vu, c’est bien la Toccata. Notre clavier est également professeur agrégé de musique. Il peut tout jouer. En live, ses solos sont improvisés et il injecte parfois quelques mesures de classique. On a trouvé ça excellent et on l’a gardé sur le disque.



Le son adopté semble donner une couleur très live à votre album studio, c’était totalement conscient cette coloration et doit-on y voir une volonté de sonner authentique à une époque où les machines ont envahi l’espace musical dans certains groupes ?

 Pascal : Oui c’est un choix délibéré. Les prises en studio ont été réalisées live, dans la mesure du possible et les instruments sont vintage. On doit « entendre la sueur » du musicien qui joue. Une gageure par les temps qui courent mais le résultat est bien comme on l’avait imaginé au départ. Dansant, avec de vraies personnes qui jouent. Même sur les titres avec programmations de batterie on a ajouté des batteries acoustiques. C’est aussi ce qu’on fait sur scène. What you hear is what you get.




La pochette est très minimaliste avec une vielle voiture façon le « Frelon Vert » avec un G sur la portière, la Gelateens mobile, êtes-vous les nouveaux super héros de la musique ?

 Pascal : Ah ah yes ! Super héros à la fois modernes et vintage.

Sofy : Grave ! Ha ha, la vielle « Rock & Royce » roule encore et groove ! Le moteur de notre super General Motors (ah ah ah !) ne gèle pas. Et si vous le dites, les « teens » que nous sommes restés sont peut-être de grands sauveurs pour tout le Genre Humain... ! Musical. Qui sait ? Ce serait génial... !



La période de pandémie on le sait n’est pas propice à la culture et en particulier pour la musique, comment vivez-vous cette période et en particulier votre relation avec vos fans ?

Pascal : Privés de concerts, nous sommes frustrés ! La scène est vraiment notre moteur et ça nous manque énormément. On essaie de garder le contact avec notre public via « les réseaux sociaux » comme on dit, mais vivement que ça reprenne, encore plus fort !


Qu’attendez-vous de cet EP ?

Pascal : C’est notre premier disque. On en a un autre en préparation, il est déjà enregistré et fera l’objet d’une nouvelle sortie prochainement. On espère trouver notre public et remplir des salles, jouer dans les festivals, tourner, car notre but est de jouer live. Rien ne remplace cette sensation avec le public et si, en plus, il connait déjà les titres et chante avec nous, là c’est le gros gros kiff !


Nous te laissons le dernier mot pour nos lecteurs ?

Pascal : Si vous avez 10 ans et êtes fan d’Angèle (comme ma fille) ou 72 ans et fan de Deep Purple (comme mon oncle), si vous bougez juste la tête en écoutant The Gelateens ou si vous vous éclatez comme un(e) taré(e), si ça vous fait du bien et que vous oubliez un peu le bruit du monde pendant 3 minutes 30, c’est nous qui vous disons MERCI.

Peace and love.






Plus d'informations sur https://www.facebook.com/the-gelateens-1390470607729955/
 
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